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B2 · chapitre 1 Chapitre offert

La relation client omnicanale

Ce que tu sauras faire : Choisir et articuler les canaux de la relation client à distance, cartographier un parcours client omnicanal, expliquer ce qu'apporte une solution de communication unifiée (fonctions, services, sécurité, gestion des incidents) et décrire les processus commerciaux pris en charge par la GRC et le PGI.

1 h 45 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz

1. La relation client à distance, première porte d’entrée vers l’entreprise

Pour beaucoup de clients, l’entreprise, c’est d’abord une voix au téléphone, une réponse dans une fenêtre de discussion ou un e-mail. Ce chapitre ouvre le bloc 2 : il montre comment organiser ces échanges à distance pour qu’ils forment une seule relation, quel que soit le canal.

ALe centre de relation client de Solvane

Tu retrouves Solvane, le fabricant d’articles culinaires d’Andrézieux-Bouthéon. Au bloc 1, tu as suivi Maxence Quéré, l’alternant, sur les routes avec Thibault Lagarde. À l’automne 2026, il travaille aussi sur des dossiers de l’équipe de Gaëlle Ferrière, responsable e-commerce et relation client. Son premier rendez-vous a lieu sur le plateau du centre de relation client (CRC) : dix téléconseillers (8,5 équivalents temps plein), encadrés par le superviseur Yannick Duroc, ouvert du lundi au samedi de 9 h à 19 h. En novembre et décembre, quand les commandes de fin d’année affluent, une partie des appels est confiée à un prestataire, Ligérien Contact.

Gaëlle commence par les chiffres de 2025.

Exemple chiffré

Les contacts reçus par le CRC de Solvane en 2025 (réel)

Le CRC a reçu 112 000 contacts : 68 % par téléphone, 18 % par la discussion en direct du site (le chat), 14 % par e-mail ou par le formulaire du site.

Canal Calcul Contacts
Téléphone 112 000 × 0,68 76 160
Discussion en direct 112 000 × 0,18 20 160
E-mail et formulaire 112 000 × 0,14 15 680
Total 112 000

Les motifs se répartissent ainsi : suivi de commande et de livraison 34 % (38 080 contacts), utilisation du robot Solvane Chef et recettes 21 % (23 520), garantie et service après-vente 15 % (16 800), conseil avant achat 13 % (14 560), retours et remboursements 8 % (8 960), autres 9 % (10 080).

Interprétation : un contact sur trois sert seulement à savoir « où en est ma commande ». C’est une question simple, répétitive, à laquelle le client pourrait répondre seul si l’information lui était donnée au bon moment. À l’inverse, les questions sur le robot et la garantie demandent un vrai conseiller, qui connaît le produit et le dossier du client.

Gaëlle ajoute un chiffre qui l’inquiète : 21 % des contacts (23 520) portent sur une demande que le client avait déjà faite, et dans six cas sur dix, il avait changé de canal entre-temps (un e-mail resté sans réponse, puis un appel). « Le client, lui, a l’impression de parler à une seule entreprise. Nous, nous lui répondons avec trois outils qui ne se parlent pas. » C’est le point de départ de tout le chapitre.

BQu’est-ce que la relation client à distance ?

Définition

La relation client à distance

C’est l’ensemble des échanges entre une entreprise et ses clients ou prospects sans présence physique simultanée, par l’intermédiaire d’un outil de communication : téléphone, e-mail, discussion en direct, messagerie, réseaux sociaux, visioconférence, espace client, application. Elle peut être entrante (le client prend contact) ou sortante (l’entreprise appelle ou écrit).

On parle aussi de relation client digitale quand l’échange passe par un outil numérique, et de centre de contacts (plutôt que « centre d’appels ») quand le service traite plusieurs canaux, pas seulement le téléphone.

La relation à distance a trois caractéristiques qui la distinguent du face-à-face (étudié au bloc 1).

  • Elle est médiatisée : un outil s’interpose entre le client et l’entreprise. Si l’outil fonctionne mal (attente, coupure, robot qui ne comprend pas), c’est toute la relation qui en souffre, même si le conseiller est excellent.
  • Elle est traçable : chaque échange laisse une trace (enregistrement, conversation écrite, fiche de contact). L’entreprise peut donc reprendre l’historique, à condition de l’avoir enregistré au bon endroit.
  • Elle est mesurable : nombre de contacts, délais, taux de résolution… Ces indicateurs sont étudiés au chapitre B2-04.

En B to B, la relation à distance complète le terrain : chez Solvane, les petits comptes professionnels (classe C du portefeuille de Thibault) peuvent être suivis par le CRC, par téléphone et par e-mail, pendant que les technico-commerciaux visitent les comptes importants (chapitres B1-03 et B1-04). En B to C, elle est souvent le principal lien entre la marque et le client : un acheteur du robot Solvane Chef sur le site ne rencontrera peut-être jamais personne de Solvane.

CL’expérience client

Définition

L'expérience client

L’expérience client est l’ensemble des perceptions et des émotions que le client retire de toutes ses interactions avec l’entreprise, avant, pendant et après l’achat, quel que soit le canal. Elle ne se décrète pas : c’est le client qui la vit et qui la juge.

Trois notions aident à l’analyser.

  • Le point de contact : chaque occasion où le client est en relation avec l’entreprise (une publicité, la fiche produit, le SMS de livraison, un appel au CRC, la facture).
  • L’irritant (ou point de friction) : un détail qui agace le client et lui fait perdre du temps ou de la confiance (attente au téléphone, question posée deux fois, réponse contradictoire entre deux canaux).
  • Le moment de vérité : un point de contact décisif, où l’opinion du client bascule. Pour le robot Solvane Chef, c’est souvent la première utilisation : si la recette guidée échoue, le client appelle, et la qualité de cet appel décide de ce qu’il dira du produit.

On résume souvent l’objectif par l’idée d’effort client : plus le client doit faire d’efforts pour obtenir une réponse (chercher le bon numéro, attendre, répéter, rappeler), plus son expérience est mauvaise, même si la réponse finale est bonne. La mesure de l’effort et de la satisfaction est traitée au chapitre B2-04.

Piège

Confondre expérience client et satisfaction. La satisfaction se mesure sur un contact (« Êtes-vous satisfait de cet appel ? »). L’expérience porte sur l’ensemble du parcours : un client peut être satisfait de chaque conseiller et garder une mauvaise expérience parce qu’il a dû contacter trois fois Solvane pour le même problème.

2. Canaux, supports et médias de la relation à distance

Téléphone, e-mail, discussion en direct, agent conversationnel, réseaux sociaux, visioconférence : chaque canal a ses forces et ses limites. Le bon choix dépend de la demande du client, pas de la mode du moment.

AClasser les canaux

On classe habituellement les contacts selon quatre critères : en présence ou à distance, synchrones (échange en temps réel) ou asynchrones (réponse différée), entrants ou sortants, humains ou automatisés. Au chapitre B1-05, tu as aussi vu que les canaux n’ont pas la même richesse : la visioconférence transmet la voix et l’image, l’e-mail seulement le texte. Ces quatre critères restent valables ; on ajoute ici deux mots du vocabulaire professionnel.

Définition

Canal, support et média

  • Le canal est la voie par laquelle passe l’échange : téléphone, e-mail, discussion en direct, messagerie instantanée, réseau social, visioconférence, courrier, espace client.
  • Le support est le matériel ou l’application qui permet d’utiliser ce canal : smartphone, casque et logiciel téléphonique du conseiller, application mobile de la marque, fenêtre de discussion du site.
  • Le média désigne le moyen de diffusion d’un message vers un public (site, réseau social, newsletter, vidéo) : il sert autant à informer qu’à dialoguer.

BLe panorama des canaux à distance

Les principaux canaux de la relation client à distance
Canal Mode Points forts Limites Usage typique chez Solvane
Téléphone (avec serveur vocal) synchrone, entrant ou sortant échange humain, voix, émotion, résolution des cas complexes attente aux heures de pointe, coût élevé par contact, pas de trace écrite pour le client panne du robot, garantie, client mécontent
Rappel programmé (callback) synchrone, à l’initiative du client évite l’attente, lisse la charge du plateau il faut rappeler à l’heure promise rappel demandé depuis le site quand l’attente dépasse 5 minutes
E-mail et formulaire asynchrone, entrant ou sortant trace écrite, pièces jointes (photos, factures), pas d’horaire délai de réponse, échanges en « ping-pong » demande de garantie avec photo du produit
Discussion en direct (chat) synchrone (ou presque) réponse rapide, le client reste sur la page, un conseiller peut suivre 2 ou 3 discussions exige des conseillers à l’écrit irréprochable, horaires d’ouverture question avant achat sur la fiche du robot
Agent conversationnel (chatbot, voicebot) synchrone, automatisé disponible jour et nuit, coût très faible par conversation, réponses aux questions fréquentes ne comprend pas tout, agace s’il empêche de joindre un humain suivi de commande, horaires, documentation
Messagerie instantanée et SMS asynchrone ou synchrone canal personnel du client, lu rapidement, notifications intrusif si mal utilisé, règles strictes pour la prospection SMS de suivi de livraison, confirmation de rendez-vous de démonstration
Réseaux sociaux public ou privé, asynchrone proximité, visibilité, communauté un message public peut devenir viral, en bien ou en mal réponse à un commentaire, message privé (chapitre B2-06)
Visioconférence et assistance vidéo synchrone on voit le produit ou l’écran du client, démonstration à distance rendez-vous à organiser, connexion du client aide à la première utilisation du robot, rendez-vous avec une école hôtelière
Espace client, foire aux questions, tutoriels (selfcare) asynchrone, autonome le client trouve seul, à toute heure contenu à tenir à jour, inutile si mal rangé suivi de commande, notices, vidéos de recettes
Courrier asynchrone formel, valeur de preuve lent, coûteux mise en demeure, réponse à une réclamation écrite
Définition

Le selfcare

Le selfcare (ou autoassistance) regroupe les dispositifs qui permettent au client de trouver seul la réponse ou d’agir seul sur son dossier, sans conseiller : espace client, suivi de colis en ligne, foire aux questions, tutoriels vidéo, agent conversationnel, communauté d’utilisateurs.

Bien conçu, le selfcare règle plus vite les questions simples et libère les conseillers. Mal conçu (foire aux questions introuvable, agent en boucle), il ajoute un contact au lieu d’en retirer un.

CChoisir le canal selon la demande

Il n’existe pas de « meilleur canal ». Il existe un canal adapté à chaque type de demande. Deux critères aident à choisir : la complexité de la demande (et sa charge émotionnelle) et son urgence pour le client.

Orienter chaque demande vers le canal adapté
Complexité et charge émotionnelle de la demande faible forte Urgence pour le client faible forte Automatisé, immédiat agent conversationnel, SVI SMS et notifications proactives page de suivi de commande ex. « Où est mon colis ? » Humain, en temps réel téléphone avec un conseiller expert discussion en direct, rappel prioritaire assistance vidéo ex. robot en panne avant un repas Autonomie du client (selfcare) foire aux questions, tutoriels espace client, communauté e-mail d'information ex. entretien de la cocotte Humain, différé et documenté formulaire avec photos, e-mail rendez-vous en visioconférence rappel programmé ex. demande de garantie recours humain toujours possible
Plus la demande est simple, plus le client peut la régler seul ou avec un outil automatisé. Plus elle est complexe ou chargée d'émotion, plus il lui faut un conseiller ; si elle est en plus urgente, il faut un échange synchrone avec un humain. Le passage vers un humain doit toujours rester possible.
Méthode

Choisir les canaux à proposer pour un motif de contact

  1. Lister les motifs de contact et leur volume (ce que les clients demandent vraiment, d’après les données du CRC).
  2. Qualifier chaque motif : complexité, charge émotionnelle, urgence, besoin de pièces (photo, facture), valeur commerciale (une vente en jeu ou non).
  3. Associer un canal principal (là où le client trouvera la réponse le plus facilement) et un canal de recours humain.
  4. Vérifier la faisabilité : l’information nécessaire est-elle disponible dans ce canal ? Le conseiller y aura-t-il accès au dossier ?
  5. Mettre en avant le canal choisi au bon moment du parcours (lien dans l’e-mail de confirmation, bouton sur la fiche produit) et mesurer le résultat (contacts évités, satisfaction).
Exemple

Gaëlle oriente trois motifs de contact

Motif Complexité, émotion, urgence Canal principal Recours humain
« Où en est ma commande ? » faible, faible, moyenne SMS et e-mail proactifs à chaque étape, page de suivi dans l’espace client, agent conversationnel discussion en direct si le colis est en retard
« Le robot affiche un code d’erreur » forte, forte, forte (le client a des invités ce soir) téléphone avec un conseiller formé au robot assistance vidéo pour voir l’appareil
« La cocotte a un éclat d’émail » (garantie) moyenne, moyenne, faible formulaire de garantie avec photos rappel par un conseiller si le dossier est incomplet

Maxence remarque que le premier motif n’est pas traité par un « meilleur » canal entrant, mais par un contact sortant envoyé avant que le client ne s’inquiète : c’est la proactivité, l’un des critères de performance du référentiel.

Définition

La relation client proactive

Être proactif, c’est contacter le client avant qu’il ne le fasse, pour l’informer ou régler un problème qu’il n’a pas encore signalé : alerte de retard de livraison, rappel de rendez-vous, conseil d’utilisation quelques jours après l’achat, information sur un rappel de produit. Chaque contact proactif utile évite un contact entrant et montre au client qu’on s’occupe de lui.

Piège

Confondre proactivité et prospection. Prévenir un client que sa commande aura deux jours de retard, c’est de l’information liée à son contrat : c’est toujours possible. Lui proposer par téléphone un nouveau produit sans rapport avec sa commande, c’est de la prospection : depuis le 11 août 2026, il faut son consentement préalable pour le démarcher par téléphone (C. consom., art. L223-1, chapitre B1-04), comme pour l’e-mail et le SMS (CPCE, art. L34-5).

DL’automatisation et l’intelligence artificielle

Les agents conversationnels s’appuient de plus en plus sur l’intelligence artificielle générative : ils comprennent des questions formulées librement et rédigent des réponses. D’autres outils aident le conseiller sans parler au client : résumé automatique de la conversation, suggestion de réponse tirée de la base de connaissances, transcription des appels, détection du motif pour orienter le contact.

Ces outils sont utiles s’ils respectent trois règles de bon sens : dire au client qu’il parle à une machine, lui laisser toujours une porte de sortie vers un humain, et faire relire par un conseiller ce qui engage l’entreprise (un geste commercial, une prise en charge sous garantie). La première est désormais une obligation légale.

Point juridique

Agent conversationnel : informer le client qu'il échange avec une IA — règlement (UE) 2024/1689, article 50, à jour au 14/10/2026

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle (règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024, modifié par le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026) impose, à son article 50, que les systèmes d’IA destinés à interagir directement avec des personnes soient conçus pour que ces personnes soient informées qu’elles échangent avec un système d’IA, sauf si c’est évident pour une personne raisonnablement attentive. Cette obligation de transparence s’applique depuis le 2 août 2026. Un règlement européen s’applique directement en France, sans loi de transposition.

Ce que cela veut dire concrètement : l’agent conversationnel du site de Solvane doit se présenter comme tel dès le premier message (« Je suis l’assistant automatique de Solvane… »), et non sous un prénom qui laisserait croire à un conseiller. Le cadre général du règlement (approche par les risques, sanctions) est étudié en CEJM, chapitre 16, où l’article 50 a été lu sur EUR-Lex le 14/10/2026.

Point juridique

Le numéro du service client ne peut pas être surtaxé — Code de la consommation, à jour au 14/10/2026

Le numéro de téléphone qu’un consommateur appelle pour obtenir la bonne exécution d’un contrat conclu avec un professionnel ou le traitement d’une réclamation ne peut pas être surtaxé, et il doit être indiqué dans le contrat et dans la correspondance (article L121-16 du Code de la consommation, qui transpose l’article 21 de la directive 2011/83/UE). Sont admis les numéros géographiques ou mobiles ordinaires et les numéros spéciaux gratuits ou facturés au prix d’un appel normal. Un numéro surtaxé reste possible pour le conseil avant achat ou la prise de commande, à condition d’indiquer clairement qu’il ne sert ni au suivi du contrat ni aux réclamations. Le manquement est puni d’une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale (article L132-21).

Ce que cela veut dire concrètement : le numéro du CRC de Solvane, qui traite le suivi des commandes, la garantie et les réclamations, doit être un numéro au prix d’un appel normal ou gratuit. Créer un numéro surtaxé « pour financer le service client » serait illégal pour ces motifs.

3. Du multicanal à l’omnicanal : le parcours client

Proposer beaucoup de canaux ne suffit pas : encore faut-il qu’ils soient reliés. L’omnicanal se construit en partant du parcours réel du client et en supprimant, un par un, les endroits où il doit tout recommencer.

AMulticanal, cross-canal, omnicanal : rappel appliqué à la relation à distance

Le chapitre B1-01 a montré qu’un fabricant combine souvent plusieurs canaux de distribution ; le chapitre MCO B1-01 définit les trois niveaux d’organisation des canaux du point de vue d’un magasin. Retiens-les ici sous l’angle du service client à distance.

Définition

Trois niveaux de relation entre les canaux

  • Multicanal : l’entreprise offre plusieurs canaux, mais chacun fonctionne séparément, avec ses outils et ses informations. Le conseiller du téléphone ne voit pas l’e-mail envoyé la veille.
  • Cross-canal : certains parcours passent d’un canal à l’autre de façon organisée (le client commence une discussion sur le site et reçoit le récapitulatif par e-mail ; il demande un rappel depuis la page d’aide).
  • Omnicanal : tous les canaux s’appuient sur une même vision du client et un même historique. Le client passe d’un canal à l’autre sans rupture ; chaque conseiller reprend là où le précédent s’est arrêté, et l’entreprise donne la même réponse partout.
Exemple

Le même client, trois organisations

Mme Inès Bertholet a acheté un robot Solvane Chef sur le site. Le bol ne se verrouille plus. Elle envoie un e-mail avec une photo, puis, sans réponse au bout de deux jours, elle appelle.

  • Multicanal (Solvane en 2025) : le téléconseiller ne voit pas l’e-mail, qui est dans une boîte partagée. Il redemande la description et la photo. Mme Bertholet répète tout, et l’e-mail reçoit plus tard une seconde réponse, différente.
  • Cross-canal : l’e-mail a créé un dossier, mais il faut le rechercher à la main ; le conseiller le retrouve en deux minutes, s’il pense à le chercher.
  • Omnicanal : à l’appel, le numéro de Mme Bertholet est reconnu ; sa fiche s’affiche avec l’e-mail, la photo et la commande. Le conseiller commence par : « Vous nous avez écrit mardi pour le verrouillage du bol, je reprends votre demande. »

BLe parcours client et ses points de contact

Définition

Le parcours client

Le parcours client est la suite des étapes que vit un client, de la naissance de son besoin jusqu’à l’après-vente et au rachat, avec, à chaque étape, les points de contact qu’il utilise. Dans un contexte omnicanal, il passe sans cesse d’un canal à l’autre : il découvre un produit sur un réseau social, l’essaie lors d’une démonstration, l’achète en ligne, pose une question par téléphone.

La cartographie du parcours client (en anglais customer journey map) représente ce parcours sur un seul document. Elle croise, pour chaque étape, ce que fait le client, les points de contact utilisés, ce qu’il ressent, et les irritants et moments de vérité. Elle sert à voir le parcours avec les yeux du client, alors que l’entreprise le voit en général service par service (le marketing, la vente directe, la logistique, le CRC).

Le parcours omnicanal d'un acheteur du robot Solvane Chef
Étape Points de contact Ressenti Irritants 1 Découvrir 2 S'informer 3 Acheter 4 Être livré 5 Prendre en main 6 Utiliser, SAV réseaux sociaux démonstration à domicile site et avis chat conseil application conseillère VDI ou solvane.fr paiement 4 fois e-mail commande SMS transporteur appel au CRC atelier (VDI) vidéos, recettes appel au CRC communauté formulaire téléphone, chat positif positif inquiet fragile agacé ① Où est mon colis ? ② Recette ratée moment de vérité ③ Répéter sa demande à chaque étape, le client change de canal : c'est là que l'information se perd
Six étapes, des points de contact physiques et à distance, et les trois irritants relevés par Gaëlle et Maxence : l'attente sur le suivi de livraison, la première utilisation (moment de vérité) et la demande de garantie qui oblige à répéter. Chaque irritant devient un projet d'amélioration.
Méthode

Cartographier un parcours client omnicanal

  1. Choisir un client type (persona) et un objectif précis : « acheter et utiliser le robot », « obtenir une réparation sous garantie ».
  2. Découper le parcours en étapes, du besoin à l’après-vente (en général 5 à 7).
  3. Relever les points de contact de chaque étape, physiques et à distance, y compris ceux que l’entreprise ne maîtrise pas (avis en ligne, forum d’utilisateurs).
  4. Noter le ressenti du client à chaque étape (positif, neutre, négatif), à partir de faits : verbatims, avis, motifs de contact, réclamations.
  5. Repérer les irritants et les moments de vérité, en particulier aux changements de canal (c’est là que l’information se perd).
  6. Proposer des actions pour chaque irritant, avec un responsable et un indicateur.
Exemple

Ce que Maxence tire de la cartographie

Irritant Cause Action proposée Indicateur
« Je ne sais pas quand je serai livré » (étape 4) le transporteur envoie un suivi, Solvane rien ; le client appelle e-mail et SMS automatiques à chaque étape, page de suivi dans l’espace client contacts « suivi de commande » pour 100 commandes
Échec de la première recette (étape 5, moment de vérité) l’atelier de prise en main n’est pas proposé aux acheteurs en ligne e-mail de bienvenue avec vidéo de démarrage, rendez-vous d’assistance vidéo offert appels « utilisation » dans les 30 jours suivant l’achat
Répéter sa demande de garantie (étape 6) e-mail, téléphone et discussion en direct dans trois outils séparés historique unique des contacts, visible par tous les conseillers part des contacts réitérés

CLes conditions de l’omnicanal dans la relation à distance

Gaëlle résume ce qu’il faut réunir pour passer du multicanal à l’omnicanal.

Les conditions de l’omnicanal et leur traduction concrète
Condition Ce que cela veut dire Ce qui manque encore à Solvane (2025)
Une vision unique du client un seul dossier par client, avec ses commandes, ses contacts et ses préférences, quel que soit le canal (on parle de référentiel client unique ou de « vision à 360° ») la discussion en direct et la boîte e-mail n’alimentent pas le dossier du CRM
Un historique partagé chaque contact, sur n’importe quel canal, est enregistré et visible par tous ceux qui en ont besoin les échanges écrits restent dans les outils d’origine
Une reconnaissance du client le système identifie le client dès le début (numéro appelant, connexion à l’espace client, numéro de commande) le conseiller cherche la fiche à la main
Une même réponse partout une base de connaissances commune (procédures, réponses types, informations produits) des réponses types différentes au téléphone et par e-mail
Une orientation intelligente chaque demande est dirigée vers le bon conseiller (compétence robot, garantie, professionnels) un seul groupe d’appel pour tout le monde
Une organisation cohérente des objectifs communs à tous les canaux, des conseillers formés à l’écrit et à l’oral le chat est traité « quand on a le temps »
Définition

La base de connaissances

La base de connaissances est un ensemble organisé d’informations (fiches produits, procédures, réponses aux questions fréquentes, solutions aux pannes courantes) partagé par les conseillers et, en partie, par les clients (foire aux questions, agent conversationnel). Elle garantit que la même question reçoit la même réponse, sur tous les canaux, quel que soit le conseiller.

DCe que coûte l’absence d’omnicanal

Les irritants coûtent au client (temps, agacement) et à l’entreprise. Gaëlle demande à Maxence de le chiffrer.

Exemple chiffré

Le coût des contacts réitérés et des questions de suivi (Solvane, 2025)

Données (estimations de Gaëlle, coût complet moyen par contact reçu) : téléphone 6,00 € ; discussion en direct 4,20 € ; e-mail et formulaire 4,80 €. Conversation résolue par un agent conversationnel : 0,60 € (devis d’un éditeur). Les 76 160 appels sont les appels reçus, débordement et appels non décrochés compris (appels présentés : voir le chapitre B2-04).

1. Coût total des contacts 2025

Canal Contacts Coût unitaire Coût
Téléphone 76 160 6,00 € 456 960,00 €
Discussion en direct 20 160 4,20 € 84 672,00 €
E-mail et formulaire 15 680 4,80 € 75 264,00 €
Total 112 000 616 896,00 €

Coût moyen d’un contact = 616 896 ÷ 112 000 = 5,508 €.

2. Coût des contacts réitérés = 23 520 × 5,508 = 129 548,16 €. Près d’un euro sur cinq dépensé par le CRC sert à traiter une demande déjà formulée.

3. Deux leviers étudiés pour 2027

  • Si la vision unique du client réduit d’un tiers les contacts réitérés : 23 520 ÷ 3 = 7 840 contacts évités, soit 7 840 × 5,508 = 43 182,72 € par an.
  • Si les messages proactifs et le selfcare règlent seuls 45 % des contacts « suivi de commande » : 38 080 × 0,45 = 17 136 contacts, qui coûteraient 0,60 € au lieu de 5,508 € : économie = 17 136 × (5,508 − 0,60) = 17 136 × 4,908 = 84 103,49 € par an.

Interprétation : ce sont des ordres de grandeur, à présenter avec leurs hypothèses. Ils ne signifient pas des postes supprimés, mais du temps libéré pour les demandes difficiles (robot, garantie) et la vente, à comparer au coût des outils (partie suivante).

4. La communication unifiée

Pour relier les canaux, il faut relier les outils. La communication unifiée réunit dans une même plateforme la téléphonie, la messagerie, la visioconférence et les échanges écrits, et la branche sur les logiciels de gestion. Elle apporte de la fluidité, mais aussi des risques à maîtriser.

ADe quoi parle-t-on ?

Définition

La communication unifiée

La communication unifiée (en anglais unified communications, UC) est l’intégration, dans une même solution et une même interface, des outils de communication de l’entreprise : téléphonie (fixe et mobile), messagerie vocale, messagerie instantanée et présence, audio et visioconférence, partage d’écran, e-mail, et parfois SMS et réseaux sociaux. Elle permet de joindre la bonne personne par le bon canal, depuis n’importe quel poste, et de passer d’un mode à l’autre sans changer d’outil.

Dans un centre de relation client, la communication unifiée se prolonge par une solution de centre de contacts : elle reçoit les contacts de tous les canaux, les oriente vers les conseillers, affiche la fiche du client et produit les statistiques. Quand ces solutions sont louées sur internet, on parle de UCaaS (unified communications as a service) et de CCaaS (contact center as a service).

Une plateforme de communication unifiée reliée aux logiciels de gestion
Canaux Téléphone Discussion en direct E-mail, formulaire Messageries, SMS Visio, partage d'écran Plateforme de communication unifiée SVI, routage selon compétence files d'attente, rappel présence, messagerie interne enregistrement, supervision installée sur place ou louée (cloud) contact Poste unique du conseiller conversation + fiche du client + ticket en cours GRC (CRM) fiche, historique, tickets PGI commandes, stocks, factures CTI : remontée de fiche et appel en un clic connecteurs : chaque échangeest enregistré Un seul dossier client, quel que soit le canal : c'est la base technique de l'omnicanal.
Les contacts arrivent par tous les canaux sur une même plateforme, qui les oriente vers le bon conseiller. Celui-ci travaille sur un poste unique : il voit la conversation et, grâce au couplage avec le CRM et le PGI, la fiche du client et ses commandes. Chaque échange revient s'enregistrer dans l'historique du client.

BLes fonctionnalités et leurs caractéristiques

Les fonctionnalités d’une solution de communication unifiée et de centre de contacts
Fonctionnalité Ce qu’elle fait Ce qu’elle apporte à la relation client
Téléphonie sur IP (ToIP) et softphone la voix passe par le réseau informatique ; le téléphone devient un logiciel sur l’ordinateur ou le smartphone le conseiller peut travailler sur le plateau, en télétravail ou en mobilité avec le même numéro
Serveur vocal interactif (SVI) accueille l’appelant, lui fait choisir un motif (touches ou voix), donne des informations simples orienter dès le début, répondre aux questions simples sans attendre
Distribution automatique des appels (ACD) et routage répartit les contacts selon des règles : compétence du conseiller, langue, client prioritaire, temps d’attente le client tombe sur le conseiller qui peut lui répondre
Couplage téléphonie-informatique (CTI) relie la téléphonie au CRM : la fiche du client s’affiche à l’arrivée de l’appel (« remontée de fiche ») ; numérotation en un clic le client est reconnu, le conseiller gagne du temps
File d’attente et rappel messages d’attente, estimation du temps, proposition d’être rappelé moins d’abandons et d’énervement
Discussion en direct, e-mail, messageries dans le même outil le conseiller traite tous les canaux dans une seule fenêtre continuité, réponses homogènes
Présence et messagerie interne indique qui est disponible, occupé, en réunion ; permet de questionner un expert pendant l’appel résoudre au premier contact grâce à l’avis d’un collègue
Conférence, visio, partage d’écran, co-navigation réunir plusieurs personnes, voir l’écran du client ou le guider sur le site assistance technique, démonstration à distance
Messagerie vocale unifiée le message vocal arrive aussi par e-mail, parfois transcrit aucun message perdu
Enregistrement des appels conserve les conversations formation, contrôle qualité (cadre légal ci-dessous)
Supervision et statistiques état du plateau en temps réel, historique des indicateurs piloter l’activité (chapitre B2-04)
Connecteurs (interfaces de programmation, ou API) échanges automatiques avec le CRM, le PGI, le site, l’outil de gestion des demandes une seule vérité sur le client
Définition

Le couplage téléphonie-informatique (CTI)

Le CTI (computer telephony integration) relie le système téléphonique au système d’information. À l’arrivée d’un appel, il identifie le numéro, interroge le CRM et affiche automatiquement la fiche du client sur l’écran du conseiller. Il permet aussi d’appeler en un clic depuis la fiche et d’enregistrer automatiquement l’appel dans l’historique.

Ces fonctions ont des caractéristiques à comparer quand on choisit une solution :

  • le mode de fourniture : solution installée sur place (un autocommutateur, l’IPBX, acheté par l’entreprise) ou solution en ligne louée par abonnement (cloud), le plus souvent facturée par utilisateur et par mois ;
  • la capacité d’intégration : connecteurs disponibles avec le CRM et le PGI de l’entreprise ;
  • la disponibilité garantie et le support (horaires, délais d’intervention) ;
  • la sécurité et le lieu d’hébergement des données ;
  • l’ergonomie pour les conseillers et la mobilité (application mobile, télétravail) ;
  • l’évolutivité : ajouter des postes en période de pointe, des canaux, des fonctions (agent conversationnel, transcription).

CLes services associés et le contrat

Une solution de communication unifiée n’est pas seulement un logiciel : c’est un ensemble de services fournis par un opérateur ou un éditeur, souvent avec un intégrateur qui l’installe et la relie aux autres logiciels.

Les services d’une offre de communication unifiée
Service Contenu
Mise en service paramétrage (SVI, files, règles de routage, comptes), portabilité des numéros existants, connexion au CRM, formation des utilisateurs
Abonnement licences par utilisateur, minutes ou forfaits d’appels, stockage des enregistrements, mises à jour
Support et maintenance assistance aux utilisateurs, correction des pannes, horaires (jours ouvrés ou 24 h sur 24)
Engagement de niveau de service (SLA) disponibilité garantie, délais d’intervention et de rétablissement, pénalités si l’engagement n’est pas tenu
Hébergement et protection des données lieu d’hébergement, sauvegardes, clauses de sous-traitance des données personnelles
Réversibilité récupération des données et des numéros si l’entreprise change de prestataire
Définition

L'engagement de niveau de service (SLA)

Un SLA (service level agreement) est la partie du contrat par laquelle le prestataire s’engage sur des niveaux de service mesurables : taux de disponibilité (part du temps où le service fonctionne), délai de prise en charge d’un incident, délai de rétablissement. En cas de manquement, le client obtient en général des pénalités (avoir sur l’abonnement).

Un taux de disponibilité paraît toujours élevé : il faut le traduire en temps d’indisponibilité autorisé pour le comprendre.

Exemple chiffré

Que signifie une disponibilité de 99,5 % ou de 99,95 % ?

Formule : indisponibilité autorisée = (1 − taux de disponibilité) × durée de la période.

Sur un mois de 30 jours (30 × 24 × 60 = 43 200 minutes) :

Disponibilité garantie Calcul Indisponibilité autorisée par mois
99,5 % 0,005 × 43 200 216 minutes, soit 3 h 36
99,9 % 0,001 × 43 200 43,2 minutes
99,95 % 0,0005 × 43 200 21,6 minutes

Interprétation : l’écart semble minuscule ; il représente pourtant dix fois plus de panne autorisée sans pénalité. À 120 appels par heure un jour de pointe, une panne de 3 h 36, c’est plus de 400 clients qui ne joignent pas l’entreprise.

Méthode

Comparer deux offres de communication unifiée

  1. Partir des besoins : nombre de postes (et de postes en pointe), canaux à traiter, intégration au CRM et au PGI, télétravail, enregistrement, statistiques.
  2. Vérifier les fonctions indispensables : une offre qui n’a pas le couplage avec le CRM ne règle pas le problème de la vision unique du client.
  3. Calculer le coût total sur la durée d’engagement : mise en service + abonnements × nombre de mois + options (connecteurs, stockage, minutes).
  4. Comparer les engagements de service (disponibilité traduite en minutes, horaires du support, délais) et la sécurité (authentification, chiffrement, hébergement des données).
  5. Conclure en reliant le coût aux gains attendus (contacts évités, temps gagné, ventes) et aux risques : le moins cher n’est pas toujours le moins coûteux.
Exemple

Le projet « Omni 2027 » de Solvane : deux offres pour le CRC

Gaëlle a reçu deux offres pour 12 postes (10 téléconseillers, Yannick et elle-même), engagement de 36 mois, montants HT :

Élément Celtrane Ondelis
Abonnement par poste et par mois 68 € 52 €
Mise en service 4 200 € 2 900 €
Connecteur avec le CRM de Solvane inclus 180 € par mois
Disponibilité garantie 99,95 % 99,5 %
Support 24 h sur 24, 7 jours sur 7 jours ouvrés, 9 h-18 h
Hébergement des données France Union européenne (Irlande)

Coût sur 36 mois :

  • Celtrane : 68 × 12 × 36 + 4 200 = 29 376 + 4 200 = 33 576 € ;
  • Ondelis : 52 × 12 × 36 + 2 900 + 180 × 36 = 22 464 + 2 900 + 6 480 = 31 844 €.

Ondelis coûte 1 732 € de moins sur trois ans (environ 48 € par mois). Mais le CRC est ouvert le samedi, jour sans support chez Ondelis, qui autorise 3 h 36 de panne par mois contre 21,6 minutes. Gaëlle penche pour Celtrane : l’écart est faible face au coût d’une panne un jour de pointe.

DSécuriser la communication unifiée

Relier tous les outils et les ouvrir sur internet crée de la fluidité… et des portes d’entrée pour les attaques. La cybersécurité en général est étudiée en CEJM (chapitre 16) ; voici les risques propres à la relation client à distance.

Les risques de sécurité de la communication unifiée et les parades
Risque Exemple Parades
Piratage du système téléphonique (fraude aux appels) un pirate prend le contrôle d’un compte et passe, la nuit, des centaines d’appels vers des numéros surtaxés à l’étranger, facturés à l’entreprise mots de passe robustes, authentification à plusieurs facteurs, blocage des destinations internationales inutiles, alerte en cas de consommation anormale
Usurpation d’identité et ingénierie sociale un faux client, qui connaît le nom et l’adresse d’une cliente, demande au téléphone de changer l’adresse de livraison ; un faux technicien demande un mot de passe procédure d’identification de l’appelant avant toute modification (questions de contrôle, code envoyé par SMS), ne jamais communiquer d’identifiant
Interception ou fuite de données conversation ou fichier d’enregistrements accessible à des personnes non autorisées chiffrement des communications et des enregistrements, droits d’accès limités, traçabilité des consultations
Indisponibilité panne de l’opérateur, saturation du lien internet, attaque par déni de service lien internet de secours, redondance chez le prestataire, plan de continuité (renvoi vers mobiles, message d’information, débordement chez un prestataire)
Hameçonnage (phishing) visant les conseillers faux e-mail « mettez à jour votre mot de passe de la plateforme » sensibilisation, filtrage, authentification à plusieurs facteurs
Erreur humaine e-mail contenant la facture d’un client envoyé à un autre vérification du destinataire, modèles de réponse, formation
Point juridique

Sécurité des données, prestataire et violation de données — RGPD, articles 28, 32, 33 et 34, à jour au 14/10/2026

Les conversations, enregistrements et fiches clients sont des données personnelles. Le règlement général sur la protection des données (règlement (UE) 2016/679) impose à l’entreprise, responsable du traitement :

  • de prendre des mesures de sécurité adaptées au risque : chiffrement, contrôle des accès, sauvegardes, capacité à rétablir le service après un incident (article 32) ;
  • de ne confier les données qu’à un sous-traitant (l’opérateur de la plateforme, le prestataire de débordement) présentant des garanties suffisantes, avec un contrat qui encadre sa mission (article 28) ;
  • en cas de violation de données (perte, vol, accès non autorisé), de la notifier à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance, sauf si elle n’est pas susceptible d’engendrer un risque pour les personnes (article 33), et d’informer les clients concernés si le risque est élevé (article 34).

Ce que cela veut dire concrètement : si un conseiller de Ligérien Contact consulte des fiches de clients de Solvane qu’il n’a pas à traiter, ou si un fichier d’enregistrements est accessible sur internet, c’est une violation de données. Ligérien Contact, sous-traitant, doit prévenir Solvane sans tarder, et c’est Solvane qui notifie la CNIL. Le détail de ces règles (registre, analyse d’impact, droits des personnes) est étudié en CEJM, chapitre 14 ; la protection des données clients au chapitre B2-03.

L’enregistrement des appels est une fonction courante des plateformes. Il touche à la fois les clients et les conseillers, et il est strictement encadré.

Point juridique

Enregistrer les appels du CRC — à jour au 14/10/2026

Côté salariés (Code du travail). Aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance (article L1222-4). Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, le comité social et économique est informé et consulté avant la mise en œuvre de moyens permettant un contrôle de l’activité des salariés (article L2312-38). Toute restriction aux libertés doit être justifiée par la tâche et proportionnée au but recherché (article L1121-1). Ces articles ont été lus sur Légifrance le 14/10/2026 pour le chapitre 14 de CEJM.

Côté clients : des repères de la CNIL à manier avec prudence. La page de la CNIL sur l’écoute et l’enregistrement des appels date de 2009 et la CNIL la signale comme « obsolète et en cours de mise à jour » (consultée le 14/10/2026). Ses repères : un objectif précis (formation, évaluation, qualité de service), pas d’enregistrement permanent et systématique sauf texte particulier, un interlocuteur informé dès le début de l’appel et qui peut s’opposer (motif légitime), une conservation de six mois au plus (un an pour les grilles d’évaluation), un accès limité et des lignes non enregistrées pour les salariés. Avant tout paramétrage, on vérifie sur cnil.fr l’existence d’une recommandation plus récente.

Ce que cela veut dire concrètement : Solvane (168 salariés) qui active l’enregistrement sur sa nouvelle plateforme doit consulter son CSE avant, informer chaque téléconseiller, diffuser un message en début d’appel (« Cet appel peut être enregistré à des fins de formation ; vous pouvez vous y opposer en le signalant au conseiller »), régler la durée de conservation dans l’outil (règle actuelle : 30 jours, grilles 12 mois, chapitre B2-05) et limiter l’écoute à Yannick et à Gaëlle. Les outils de supervision et l’évaluation des conseillers sont étudiés aux chapitres B2-04 et B2-05.

EGérer les incidents

Même bien choisie, une plateforme connaît des incidents : un SVI qui ne décroche plus, une remontée de fiche qui ne fonctionne pas, une discussion en direct inaccessible. La qualité d’un service se juge aussi à la façon dont il réagit.

Définition

L'incident

Un incident est un événement non prévu qui interrompt un service ou en dégrade la qualité : panne totale, lenteur, fonction indisponible, erreur. On le distingue d’une demande (un utilisateur demande un nouveau compte) et d’un problème (la cause profonde d’incidents qui se répètent, que l’on cherche à supprimer).

Le processus de gestion d'un incident
1 Détecter alerte, conseiller, client 2 Enregistrer ticket : heure, symptômes 3 Prioriser impact × urgence → P1 à P4 4 Contourner mode dégradé, autre canal escalade : N1 → N2 → N3 5 Rétablir, clôturer service vérifié, clients recontactés 6 Analyser causes, durée, respect du SLA, actions prévenir le retour Informer en continu (étapes 2 à 5) conseillers · clients (SVI, site, réseaux sociaux) · direction
L'incident est détecté puis enregistré dans un ticket, qualifié et classé par priorité selon son impact et son urgence. On cherche d'abord à rétablir le service, au besoin par une solution de contournement ou en escaladant vers un niveau plus expert, en informant les clients et l'équipe pendant toute la durée. Après la clôture, l'analyse des causes évite que l'incident se reproduise.

La priorité d’un incident se fixe en croisant son impact (combien de clients ou de conseillers sont touchés, quelles conséquences commerciales) et son urgence (à quelle vitesse la situation s’aggrave). Chez Solvane, la règle est la suivante.

La matrice de priorité des incidents du CRC de Solvane
Urgence forte Urgence moyenne Urgence faible
Impact fort (tout le CRC ou un canal entier) P1 — prise en charge en 15 min P2 — 1 h P3 — 4 h
Impact moyen (une fonction, plusieurs conseillers) P2 — 1 h P3 — 4 h P4 — 1 jour ouvré
Impact faible (un poste, une gêne mineure) P3 — 4 h P4 — 1 jour ouvré P4 — 1 jour ouvré

L’escalade fait passer l’incident à un niveau plus compétent quand le niveau actuel ne peut pas le résoudre dans le délai : niveau 1 (le superviseur ou le référent outil vérifie les réglages simples), niveau 2 (le service informatique ou le support de l’éditeur), niveau 3 (les experts de l’éditeur ou de l’opérateur). En attendant, on cherche une solution de contournement qui permet de continuer à servir les clients en mode dégradé.

Exemple

L'incident du 28 novembre 2025

Le vendredi 28 novembre 2025, jour de forte activité commerciale, l’autocommutateur du CRC tombe en panne à 10 h 20. Les appels sonnent dans le vide. Le service n’est rétabli qu’à 13 h 00 par le mainteneur.

Durée : de 10 h 20 à 13 h 00 = 2 h 40 = 160 minutes. Ce jour-là, le CRC recevait environ 120 appels par heure : 160 ÷ 60 × 120 = 320 appels n’ont pas abouti (estimation).

Ce qui a manqué : l’incident a été signalé par un client sur un réseau social, 25 minutes après le début de la panne ; personne ne savait qui appeler chez le mainteneur ; aucun message n’a été mis sur le site ; les conseillers sont restés inoccupés au lieu de traiter la discussion en direct et les e-mails.

Ce que Gaëlle a mis en place depuis : une procédure d’incident affichée sur le plateau (contacts du support, matrice de priorité), un mode dégradé (renvoi des appels vers les mobiles des conseillers, bandeau d’information sur le site, renfort de la discussion en direct, rappel des clients ayant appelé pendant la panne à partir de la liste des appels manqués), et une analyse après incident systématique. Cette panne est aussi un argument pour la disponibilité garantie de 99,95 % et le support 7 jours sur 7 de l’offre Celtrane.

Méthode

Réagir à un incident sur un canal de relation client

  1. Détecter et enregistrer : ouvrir un ticket (heure de début, symptômes, canaux touchés, nombre de clients concernés).
  2. Qualifier et prioriser : impact × urgence ; décider qui prévenir.
  3. Contourner pour continuer à servir les clients : basculer sur un autre canal, renvoyer les appels, mobiliser le prestataire de débordement.
  4. Informer : les conseillers (consignes, réponse type), les clients (message du SVI, bandeau du site, réseaux sociaux), la direction si l’incident est grave.
  5. Escalader si le délai cible est dépassé, et suivre l’intervention du prestataire.
  6. Clôturer quand le service est rétabli et vérifié ; recontacter les clients qui n’ont pas pu joindre l’entreprise.
  7. Analyser : cause, durée, conséquences, respect du SLA (pénalités), actions pour éviter que cela se reproduise.
Piège

Oublier que certains incidents techniques sont aussi des violations de données. Si la panne s’accompagne d’un accès non autorisé aux fiches clients ou aux enregistrements, la gestion de l’incident déclenche en plus l’obligation de notification à la CNIL sous 72 heures (RGPD, art. 33).

5. Les processus commerciaux dans la GRC et le PGI

Derrière chaque contact client, il y a un processus : une commande à suivre, un produit à réparer, un remboursement à faire. La GRC et le PGI organisent ces processus ; la qualité de la relation à distance dépend de la façon dont ils s’enchaînent.

AQu’est-ce qu’un processus commercial ?

Définition

Le processus

Un processus est un enchaînement d’activités, réalisées par un ou plusieurs acteurs, qui transforme une entrée (une demande, une commande) en un résultat utile au client (une réponse, une livraison, un remboursement). Un processus a un déclencheur, des étapes, des acteurs, des règles (délais, validations) et une fin mesurable.

Les principaux processus commerciaux de la relation à distance
Processus Déclencheur Résultat Logiciels mobilisés
Traitement d’une demande client appel, e-mail, discussion, message réponse apportée, demande close GRC (module service client), communication unifiée
Commande à distance jusqu’à l’encaissement commande sur le site ou par téléphone produit livré, facture réglée site marchand, PGI (ventes, stocks, comptabilité), GRC (historique)
Retour et remboursement demande de rétractation ou de retour produit repris, client remboursé GRC, PGI (avoir, stock), transporteur
Garantie et service après-vente réclamation sur un produit produit réparé ou remplacé GRC (ticket), PGI (pièce, échange, avoir)
Campagne sortante liste de clients à contacter rendez-vous, ventes, informations transmises GRC (module marketing), communication unifiée (numérotation)

Rappel du chapitre B1-10 : la GRC (CRM) gère la relation (contacts, activités, opportunités, demandes), le PGI gère dans une base unique ventes, stocks, production et comptabilité ; ils sont interfacés. On regarde ici comment leurs modules prennent en charge les processus de la relation à distance.

BLes modules de la GRC

Une solution de GRC se compose de modules, que l’entreprise active selon ses besoins.

Les modules d’une solution de GRC
Module Fonctions Utilisateurs chez Solvane
Ventes (automatisation de la force de vente) comptes, contacts, opportunités, devis, prévisions technico-commerciaux (bloc 1), CRC pour la vente par téléphone
Marketing segmentation, campagnes multicanales (e-mail, SMS), scénarios automatiques (e-mail de bienvenue, relance de panier), suivi des consentements marketing, Gaëlle
Service client tickets (demandes), règles d’affectation, délais de traitement contractuels, base de connaissances, enquêtes de satisfaction, portail client CRC, service après-vente
Centre de contacts (souvent fourni par la plateforme de communication unifiée et intégré) réception des contacts multicanaux, remontée de fiche, journal d’appels téléconseillers
Analyse (décisionnel) tableaux de bord, segmentation, prévisions direction, superviseur
Collaboration et portail partage d’informations avec les partenaires, revendeurs ou vendeurs à domicile réseaux (bloc 3)

On retrouve les trois usages vus au bloc 1 : une GRC opérationnelle (ventes, marketing, service client au quotidien), analytique (exploiter les données) et collaborative (partager l’information entre services et avec les partenaires).

CLe ticket, colonne vertébrale du service client

Définition

Le ticket

Un ticket (ou dossier, ou demande) est la fiche créée dans la GRC pour chaque demande d’un client. Il porte un numéro, le client, le canal d’origine, le motif, la priorité, le statut, le conseiller responsable, l’historique de tous les échanges et le délai de traitement à respecter. Tous les contacts qui concernent la même demande, quel que soit le canal, s’y rattachent.

Le ticket est la traduction concrète de l’omnicanal : Mme Bertholet peut écrire, puis appeler, puis discuter en ligne, il n’y a qu’un dossier, et chaque conseiller le voit en entier. Son cycle de vie suit des statuts : nouveau → qualifié et affecté → en cours → en attente (du client, d’une pièce, d’un autre service) → résolu → clos (après confirmation du client ou un délai fixé), avec, souvent, une courte enquête de satisfaction à la clôture.

Le processus de garantie du robot Solvane Chef, d'un logiciel à l'autre
Cliente GRC (ticket) Conseillère PGI et entrepôt formulaire + photo ticket créé, accusé envoyé affectation (compétence robot) voit commande, appelle en 1 clic échange créé (0 €, garantie) préparation, expédition livrée, SMS reçu résolu, puis clos + enquête « en cours » statut du ticket : « en attente : livraison » À chaque changement de statut, la cliente reçoit un message : elle n'a pas besoin de rappeler.
La demande de la cliente crée un ticket dans la GRC. Le conseiller consulte la commande et la garantie dans le PGI, organise l'enlèvement et la réparation, puis le PGI enregistre l'échange ou l'avoir. À chaque étape, le statut du ticket change et la cliente est informée automatiquement : elle n'a jamais à rappeler pour savoir où en est sa demande.
Exemple

La demande de Mme Bertholet dans le processus cible

  1. Mardi 3 mars 2026, 20 h 40 — Mme Bertholet remplit le formulaire de garantie avec la photo du bol. La GRC crée le ticket n° 2026-48213 (motif « garantie robot », priorité normale, délai de réponse : 1 jour ouvré) et lui envoie un accusé de réception avec ce numéro.
  2. Mercredi 4 mars, 9 h 15 — le ticket est affecté à Amandine Ricard, conseillère formée au robot. Grâce au connecteur, elle voit dans la fiche la commande du PGI (achat le 14/02/2026, robot sous garantie) et la photo.
  3. Mercredi, 9 h 30 — Amandine appelle la cliente en un clic depuis la fiche (couplage téléphonie-informatique). Diagnostic : pièce de verrouillage cassée. Elle lui propose l’envoi d’une pièce ou l’échange du bol ; la cliente choisit l’échange.
  4. Mercredi, 9 h 40 — Amandine crée dans le PGI une commande de remplacement à 0 € liée à la garantie ; le stock est mis à jour, l’entrepôt prépare le colis. Le ticket passe « en attente — livraison ».
  5. Vendredi 6 mars — le transporteur livre ; un SMS automatique informe la cliente. Le ticket passe « résolu », puis « clos » trois jours plus tard avec une enquête de satisfaction.

Si Mme Bertholet appelle le jeudi, le conseiller qui décroche voit immédiatement le ticket et son statut : il n’a rien à lui redemander.

DDécrire et améliorer un processus

En étude de cas E5, on te demande souvent d’analyser un processus existant et de proposer des améliorations. L’outil de base est la représentation en couloirs (ou logigramme « en nageoires ») : une ligne par acteur ou par logiciel, et les étapes placées dans la ligne de celui qui les réalise. Les endroits où une flèche change de couloir sont les interfaces : c’est là que se perdent les informations et le temps.

Méthode

Analyser et améliorer un processus de relation client à distance

  1. Délimiter le processus : déclencheur, résultat attendu par le client, acteurs, logiciels.
  2. Représenter les étapes réelles (et non celles de la procédure théorique), en couloirs.
  3. Repérer les dysfonctionnements : doubles saisies, recherches manuelles, informations qui ne passent pas d’un logiciel à l’autre, attentes, validations inutiles, absence d’information du client.
  4. Mesurer : délai total, nombre de contacts du client, part des demandes réglées au premier contact, coût.
  5. Proposer des améliorations : connecteur entre logiciels, automatisation (accusé de réception, notifications), règle d’affectation, base de connaissances, formation, suppression d’une étape.
  6. Chiffrer et prévoir le suivi : coût, gain, indicateur de résultat, responsable, date.

ELa rigueur du reporting dans la data client

Le référentiel exige « la rigueur du reporting dans la data client ». Concrètement, chaque contact traité laisse une trace exploitable par les autres : le motif (choisi dans une liste, pas tapé librement), le résultat (résolu, en attente, transféré), une note courte et factuelle, la prochaine action et sa date. Ces données alimentent à la fois le dossier du client (le prochain conseiller saura tout), les indicateurs du CRC (chapitre B2-04) et la connaissance client (chapitre B2-03).

Exemple

Deux notes pour le même appel

Note inutilisable : « Cliente pas contente, voir avec SAV. »

Note exploitable : « 04/03/2026 — Appel sortant. Motif : garantie robot (verrouillage du bol). Ticket 2026-48213. Échange du bol accepté, livraison prévue le 06/03. Cliente informée par SMS. Prochaine action : clôture après livraison. »

À retenir

Ce qu'une note de contact doit permettre

Le conseiller suivant doit pouvoir reprendre la demande sans rien redemander au client. Si ce n’est pas le cas, la note est à refaire. Les règles de rédaction des commentaires (faits objectifs, aucune donnée sensible, droit d’accès du client) sont celles du chapitre B1-10.

Méthode

Traiter une étude de cas E5 sur l'omnicanal et la communication unifiée

  1. Lire le contexte comme un consultant : canaux proposés, volumes, motifs, outils, organisation, irritants signalés dans les annexes (avis, verbatims, indicateurs).
  2. Situer le niveau d’organisation (multicanal, cross-canal, omnicanal) en le justifiant par des faits du dossier.
  3. Relier les problèmes à leurs causes : outil non relié, information non partagée, processus mal conçu, canal mal choisi pour le motif.
  4. Calculer ce qui peut l’être (volumes, coûts, disponibilité, coût d’une offre sur la durée) en posant données, formule, calcul, résultat et interprétation.
  5. Préconiser des solutions précises (canal, fonctionnalité, connecteur, procédure), justifiées, chiffrées, avec leurs limites (coût, formation, sécurité, droit).
  6. Rédiger dans une forme professionnelle (note, tableau comparatif, procédure) en citant les annexes.

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Erreur Ce qu’il faut faire
Croire que l’omnicanal, c’est être présent sur tous les canaux relier les canaux : vision unique du client, historique partagé, même réponse partout
Chercher « le meilleur canal » associer à chaque motif un canal adapté (complexité, émotion, urgence) et un recours humain
Confondre proactivité et prospection informer le client sur son contrat est toujours possible ; le démarcher exige son consentement (e-mail, SMS, téléphone)
Laisser croire au client qu’il parle à un humain l’agent conversationnel se présente comme une IA (règlement (UE) 2024/1689, art. 50) et laisse joindre un conseiller
Mettre un numéro surtaxé sur le service client suivi de commande et réclamations : numéro au prix d’un appel normal ou gratuit (C. consom., art. L121-16)
Confondre communication unifiée et simple standard téléphonique la communication unifiée intègre téléphonie, écrit, visio, présence et se branche sur la GRC et le PGI
Comparer des offres sur l’abonnement mensuel seulement calculer le coût total sur la durée d’engagement et traduire la disponibilité en minutes
Enregistrer tous les appels, sans prévenir objectif précis, information des salariés et des clients, consultation du CSE, durée limitée (repère CNIL de 2009, en cours de mise à jour : 6 mois)
Gérer une panne dans l’improvisation procédure : enregistrer, prioriser (impact × urgence), contourner, informer, escalader, clôturer, analyser
Oublier la dimension « données » d’un incident violation de données → notification à la CNIL sous 72 heures si risque (RGPD, art. 33)
Écrire des notes de contact vagues motif, résultat, note factuelle, prochaine action : le suivant reprend sans rien redemander

L’essentiel du chapitre

À retenir

À retenir

  • La relation client à distance passe par un outil (téléphone, écrit, visio, selfcare) : elle est médiatisée, traçable et mesurable. L’expérience client est l’ensemble des perceptions sur tout le parcours ; on la dégrade en multipliant l’effort client et les irritants.
  • Canal = par où passe l’échange ; support = avec quoi ; média = moyen de diffusion vers un public. On choisit le canal selon la complexité, la charge émotionnelle et l’urgence de la demande, avec toujours un recours humain. Le selfcare règle les questions simples ; la proactivité évite des contacts entrants.
  • Multicanal (canaux séparés), cross-canal (passages organisés), omnicanal (même vision du client et même historique partout). Conditions : vision unique du client, historique partagé, reconnaissance du client, base de connaissances, routage, organisation cohérente.
  • La cartographie du parcours client croise étapes, points de contact, ressenti, irritants et moments de vérité, pour proposer des actions mesurées.
  • La communication unifiée intègre téléphonie sur IP, messageries, présence, visio, partage d’écran et e-mail dans une même solution ; reliée à la GRC par le CTI et des connecteurs, elle affiche la fiche du client à chaque contact. Fonctions clés : SVI, routage (ACD), rappel, enregistrement, supervision.
  • Une offre se compare sur le coût total (mise en service + abonnements × durée + options), les fonctions indispensables, le SLA (indisponibilité autorisée = (1 − taux) × durée), le support et la sécurité.
  • Sécurité : fraude aux appels, usurpation, fuite, indisponibilité, hameçonnage, erreur humaine → authentification à plusieurs facteurs, procédure d’identification de l’appelant, chiffrement, droits d’accès, plan de continuité. RGPD : sécurité (art. 32), contrat avec le sous-traitant (art. 28), violation notifiée à la CNIL sous 72 heures (art. 33).
  • Enregistrement des appels : objectif précis, information préalable des salariés (L1222-4) et des clients, consultation du CSE à partir de 50 salariés (L2312-38), conservation limitée (repère de la CNIL, page de 2009 en cours de mise à jour : 6 mois).
  • Incident : détecter, enregistrer, prioriser (impact × urgence), contourner (mode dégradé), informer, escalader, clôturer, analyser.
  • Les processus commerciaux (demande client, commande jusqu’à l’encaissement, retour, garantie, campagne sortante) s’appuient sur les modules de la GRC (ventes, marketing, service client, centre de contacts, analyse, collaboration) et du PGI. Le ticket rassemble tous les échanges d’une même demande. Chaque contact laisse une note exploitable : motif, résultat, faits, prochaine action.

Sources et références

  • Arrêté du 19 février 2018 portant définition et fixant les conditions de délivrance du BTS « Négociation et digitalisation de la relation client », modifié par l’arrêté du 19 mars 2024 ; annexe I b, bloc 2 « Relation client à distance et digitalisation » (compétence « Créer et entretenir la relation client à distance » ; savoirs technologiques, de communication et de gestion commerciale) ; annexe II d, définition de l’épreuve E5.
  • Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 sur l’intelligence artificielle, articles 50 et 113, modifié par le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 : texte lu sur EUR-Lex le 14/10/2026 pour le chapitre 16 de CEJM, repris ici.
  • Code de la consommation, article L121-16 (numéro non surtaxé) : texte lu sur Légifrance le 14/10/2026 pour le chapitre MCO B1-08 (audité), repris ici ; montant des amendes relevé sur la fiche pratique de la DGCCRF « Service client : attention, le numéro de téléphone ne peut pas être surtaxé » (economie.gouv.fr, publiée le 18/10/2024, consultée le 14/10/2026) ; article de sanction L132-21 lu sur Légifrance le 23/10/2026 (3 000 € / 15 000 €, conforme). Article L223-1 (démarchage téléphonique) et CPCE, article L34-5 : voir le chapitre B1-04.
  • Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD), articles 28, 32, 33 et 34 ; Code du travail, articles L1121-1, L1222-4 et L2312-38 : textes vérifiés le 14/10/2026 pour le chapitre 14 de CEJM, repris ici.
  • CNIL, « L’écoute et l’enregistrement des appels sur le lieu de travail » (cnil.fr, page publiée le 05/05/2009, signalée par la CNIL « obsolète et en cours de mise à jour », relue le 14/10/2026 à l’audit) : repères donnés avec prudence.
  • Cybersécurité et directive NIS 2 : CEJM, chapitre 16. Protection des données clients : chapitre B2-03. Indicateurs du centre de relation client : chapitre B2-04. CRM, PGI et commentaires : chapitre B1-10.

Contenu original FuturBTS. Les entreprises et les personnes citées sont fictives. Aucun passage, exemple ou exercice n’est repris d’un manuel existant.

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