Aller au contenu
FUTUR BTS FuturBTS
B1 · chapitre 1 Chapitre offert

Les bases du marketing

Ce que tu sauras faire : Analyser le marché d'une entreprise qui vend à des particuliers, des professionnels ou des acheteurs publics, comprendre sa démarche marketing (positionnement, marchéage, marque) et en tirer le cadre de ton action commerciale sur le terrain.

1 h 50 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Exercice 1

Stratégique ou opérationnel ?

Application

Voici dix décisions prises chez Solvane. Pour chacune, indique si elle relève du marketing stratégique ou du marketing opérationnel, puis, pour les décisions opérationnelles, la variable du marchéage concernée (produit, prix, distribution, communication).

  1. Faire des écoles hôtelières la cible prioritaire de la Ligne Pro pour les cinq prochaines années.

  2. Accorder 7 % de remise sur les commandes d’au moins 8 000 € HT.

  3. Ajouter une sauteuse compatible induction à la Ligne Pro en 2027.

  4. Ne plus viser la restauration rapide.

  5. Réserver le robot Solvane Chef à la vente directe et au site solvane.fr.

  6. Réserver un stand de 36 m² au salon Horeca Rhône Expo.

  7. Se positionner comme « l’inox professionnel français, robuste et réparable ».

  8. Référencer la Ligne Pro chez un nouveau grossiste pour la restauration.

  9. Publier chaque mois une vidéo de chef ambassadeur sur un réseau social professionnel.

  10. Étudier l’intérêt d’entrer sur le marché de la restauration collective en Suisse.

Voir le corrigé détaillé

Démarche. Pose-toi deux questions : la décision engage-t-elle l’entreprise pour plusieurs années sur le choix d’un marché, d’une cible ou d’une image (stratégique) ? Ou met-elle en œuvre ces choix par une action concrète, souvent annuelle (opérationnel) ?

Décision Niveau Variable du marchéage Indice
a) écoles hôtelières, cible prioritaire pour cinq ans stratégique — choix d’une cible, horizon long
b) 7 % de remise dès 8 000 € HT opérationnel prix condition tarifaire
c) sauteuse induction en 2027 opérationnel produit évolution de la gamme
d) ne plus viser la restauration rapide stratégique — choix (ici, exclusion) d’un segment
e) Solvane Chef réservé à la vente directe et au site opérationnel distribution choix des canaux (distribution exclusive)
f) stand au salon Horeca Rhône Expo opérationnel communication action ponctuelle de promotion
g) « l’inox professionnel français, robuste et réparable » stratégique — positionnement
h) nouveau grossiste opérationnel distribution ajout d’un intermédiaire
i) vidéo mensuelle de chef ambassadeur opérationnel communication contenu publié régulièrement
j) étudier la restauration collective en Suisse stratégique — choix d’un nouveau marché
Piège

Le piège de l'exercice

La décision e) peut sembler stratégique, car elle a des effets durables. Mais elle met en œuvre un positionnement (« le chef qui cuisine avec vous », par la démonstration) en choisissant les canaux : c’est une décision de distribution, donc de marketing opérationnel. Ce qui est stratégique, c’est d’avoir choisi le positionnement et la cible du robot.

Exercice 2

B to C, B to B ou B to G ?

Application

Pour chaque vente, indique s’il s’agit de B to C, de B to B ou de B to G, et justifie en une phrase.

  1. Une conseillère culinaire indépendante vend un robot Solvane Chef à un couple, lors d’une démonstration à domicile.

  2. Florent Ancelin signe la convention annuelle de Solvane avec l’enseigne d’hypermarchés Hyperval.

  3. Le lycée hôtelier public de Saint-Chamond achète 40 sauteuses après une mise en concurrence.

  4. Une brasserie de Villeurbanne commande des couteaux à Thibault.

  5. Un particulier achète une cocotte sur solvane.fr.

  6. La cuisine centrale d’une commune achète des marmites après publication d’un avis de marché.

  7. Un hôtel-restaurant indépendant de Roanne achète des poêles chez un grossiste pour la restauration, qui les avait achetées à Solvane. (Deux ventes : qualifie chacune.)

Pour terminer, explique avec tes mots pourquoi la demande du restaurant de la phrase d) est une demande dérivée, et donne un évènement qui pourrait faire baisser les ventes de Thibault sans que la qualité de Solvane soit en cause.

Voir le corrigé détaillé
Vente Type Justification
a) robot vendu à un couple B to C l’acheteur est un foyer qui achète pour son usage personnel
b) convention avec Hyperval B to B l’acheteur est une enseigne, un professionnel qui revend ; le produit finira chez un particulier, mais Solvane vend à l’enseigne (on parle aussi de B to B to C)
c) lycée hôtelier public, mise en concurrence B to G un établissement public achète selon les règles de la commande publique
d) brasserie de Villeurbanne B to B un professionnel achète pour son activité
e) cocotte sur solvane.fr B to C un particulier achète en ligne pour lui
f) cuisine centrale d’une commune B to G une personne publique achète après un avis de marché
g) poêles via un grossiste deux ventes B to B Solvane vend au grossiste (professionnel) ; le grossiste vend à l’hôtel-restaurant (professionnel)

La demande dérivée. La brasserie n’achète pas des couteaux pour elle-même : elle les achète parce que ses clients viennent manger chez elle. Sa demande dépend donc de celle de ses propres clients. Évènements qui feraient baisser les ventes de Thibault sans lien avec la qualité de Solvane (un seul attendu) : une baisse de fréquentation des restaurants (hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat), une hausse du coût de l’énergie qui pousse les restaurants à reporter leurs investissements, des fermetures de restaurants dans le secteur.

Exercice 3

Mesurer le marché des cocottes en fonte

Calcul

Le service marketing de Solvane dispose des données suivantes sur le marché français des cocottes en fonte émaillée vendues aux particuliers (données fictives, montants en millions d’euros, prix de vente aux consommateurs).

2024 2025
Marché en volume (pièces) 410 000 398 000
Marché en valeur (M€) 50,6 51,8
Ventes de Solvane en volume (pièces) 41 000 44 500
Ventes de Solvane en valeur (M€) — 7,2

En 2025, le leader, Fontaurel, a réalisé 18,4 M€ ; le deuxième, Kesselberg, 9,1 M€.

  1. Calcule le taux d’évolution du marché en valeur et en volume entre 2024 et 2025. Que constates-tu ?
  2. Calcule le prix moyen d’une cocotte en 2024 et en 2025, et son évolution en pourcentage. Explique le constat de la question 1.
  3. Calcule la part de marché de Solvane en volume et en valeur en 2025.
  4. Calcule le prix moyen d’une cocotte Solvane en 2025. Compare-le au prix moyen du marché et explique pourquoi la part de marché en valeur de Solvane est supérieure à sa part en volume.
  5. Calcule la part de marché relative de Solvane et celle de Fontaurel. Interprète.
  6. Calcule l’évolution des ventes de Solvane en volume. Solvane a-t-elle gagné des parts de marché en volume ? Justifie par un calcul.
Voir le corrigé détaillé

1. Évolution du marché

  • En valeur : (51,8 − 50,6) ÷ 50,6 × 100 = + 2,37 %.
  • En volume : (398 000 − 410 000) ÷ 410 000 × 100 = − 2,93 %.

Le marché progresse en valeur mais recule en volume : les Français achètent moins de cocottes, mais dépensent plus au total.

2. Prix moyen

  • 2024 : 50 600 000 ÷ 410 000 = 123,41 €.
  • 2025 : 51 800 000 ÷ 398 000 = 130,15 €.
  • Évolution : (130,15 − 123,41) ÷ 123,41 × 100 = + 5,46 %.

La hausse du prix moyen (+ 5,46 %) fait plus que compenser la baisse des quantités (− 2,93 %) : c’est pour cela que la valeur progresse. Le prix moyen peut augmenter parce que les prix montent ou parce que les clients choisissent des modèles plus haut de gamme.

3. Parts de marché de Solvane en 2025

  • En volume : 44 500 ÷ 398 000 × 100 = 11,18 %.
  • En valeur : 7,2 ÷ 51,8 × 100 = 13,90 %.

4. Prix moyen de Solvane

7 200 000 ÷ 44 500 = 161,80 €, contre 130,15 € pour le marché. Une cocotte Solvane se vend en moyenne environ 24 % plus cher (161,80 ÷ 130,15 = 1,243). Comme chaque cocotte vendue rapporte plus que la moyenne, Solvane pèse plus en euros qu’en pièces : sa part en valeur dépasse sa part en volume. C’est le signe d’un positionnement plus haut de gamme que la moyenne.

5. Parts de marché relatives

  • Part de Fontaurel : 18,4 ÷ 51,8 × 100 = 35,52 %.
  • Solvane (non leader) : 13,90 ÷ 35,52 = 0,391 (ou directement 7,2 ÷ 18,4).
  • Fontaurel (leader) : 18,4 ÷ 9,1 = 2,02.

Fontaurel vend deux fois plus que son premier poursuivant : il domine nettement le marché. Solvane réalise environ 0,39 fois les ventes du leader : c’est un acteur important, mais nettement derrière lui.

6. Évolution des ventes de Solvane

  • Volume : (44 500 − 41 000) ÷ 41 000 × 100 = + 8,54 %, alors que le marché recule de 2,93 %.
  • Part de marché en volume : 2024 : 41 000 ÷ 410 000 × 100 = 10,00 % ; 2025 : 11,18 %.

Solvane a gagné 1,18 point de part de marché en volume : elle progresse sur un marché qui recule, donc elle prend des ventes à ses concurrents.

Piège

Point ou pour cent ?

On passe de 10,00 % à 11,18 % : c’est une hausse de 1,18 point, et non de 1,18 %. En pourcentage, la part de marché a augmenté de 11,8 % (1,18 ÷ 10,00). Précise toujours de quoi tu parles.

Exercice 4

Les variables du marchéage et la stratégie push-pull

Application

Pour accompagner le lancement de la sauteuse induction de la Ligne Pro, Olivier Massard a listé des actions.

  1. Une fiche technique détaillée (épaisseur du fond, compatibilité, entretien) remise aux chefs.

  2. Une remise de lancement de 10 % accordée pendant trois mois aux grossistes qui la référencent.

  3. Des démonstrations de cuisson par un chef ambassadeur sur le stand du salon Horeca Rhône Expo.

  4. Une garantie de 5 ans en usage professionnel et un service de reconditionnement payant.

  5. Une formation d’une heure des vendeurs de Districhef à l’argumentaire de la sauteuse.

  6. Des vidéos de recettes réalisées avec la sauteuse, publiées sur les réseaux sociaux professionnels.

  7. La vente en direct par Thibault aux écoles et aux collectivités, et par les grossistes aux restaurants.

  8. Un prix catalogue fixé à 104 € HT, au-dessus de la sauteuse classique (96 € HT).

  9. Des échantillons prêtés gratuitement à dix écoles hôtelières pendant un mois.

  1. Classe chaque action dans une variable du marchéage (produit, prix, distribution, communication). Une action peut en concerner deux : justifie alors.
  2. Parmi les actions de communication et de prix, lesquelles relèvent d’une logique push et lesquelles d’une logique pull ? Justifie.
  3. Explique pourquoi Solvane a intérêt à combiner les deux logiques pour ce produit.
Voir le corrigé détaillé

1. Classement

Action Variable Justification
a) fiche technique remise aux chefs communication (et produit) elle informe sur le produit ; elle fait aussi partie du produit global (documentation d’usage)
b) remise de lancement de 10 % aux grossistes prix (et distribution) réduction de prix accordée pour obtenir le référencement chez les intermédiaires
c) démonstrations au salon communication action hors-médias de promotion
d) garantie 5 ans et reconditionnement produit services qui forment le produit global
e) formation des vendeurs de Districhef distribution (et communication) elle aide l’intermédiaire à bien vendre le produit
f) vidéos de recettes communication contenus diffusés en ligne
g) vente directe aux écoles, grossistes pour les restaurants distribution choix des circuits
h) prix catalogue de 104 € HT prix niveau de prix, au-dessus de la sauteuse classique
i) échantillons prêtés aux écoles communication (promotion) faire essayer pour convaincre

2. Push ou pull

  • Push (efforts dirigés vers les intermédiaires) : b) remise aux grossistes, e) formation des vendeurs de Districhef.
  • Pull (efforts dirigés vers les utilisateurs finaux, qui vont demander le produit) : c) démonstrations au salon, f) vidéos, i) échantillons, a) fiche technique remise aux chefs.
  1. n’est ni push ni pull : c’est un niveau de prix, valable pour tous.

3. Pourquoi combiner

La sauteuse est vendue aux restaurants par des grossistes. Le push garantit qu’elle est référencée et bien présentée par ces intermédiaires ; le pull crée la demande des chefs, qui la réclameront à leur grossiste. Sans push, un chef convaincu ne trouve pas le produit chez son fournisseur ; sans pull, le grossiste n’a aucune raison de mettre en avant un produit plus cher que sa propre marque. Pour un produit nouveau et plus cher que la concurrence, il faut les deux.

Exercice 5

Analyser un positionnement

Analyse

Maxence a interrogé 50 chefs de cuisine et chefs de travaux d’écoles du secteur de Thibault. Il leur a demandé de noter, de 1 (très faible) à 5 (très élevé), quatre offreurs d’ustensiles professionnels en inox sur deux critères : le prix perçu et la robustesse et le service perçus. Résultats (moyennes, données fictives) :

Offreur Prix perçu Robustesse et service perçus
Varnier Cuisine Pro 4,1 4,3
Hollberg 2,6 2,9
Districhef (marque propre) 1,9 2,2
Solvane Ligne Pro (perçu) 3,4 3,5

Le positionnement voulu par Olivier Massard pour la Ligne Pro est : « L’inox professionnel français, robuste et réparable, avec un service de proximité, moins cher que le leader. » Il vise une note de 4,2 en robustesse et service, pour un prix perçu de 3,5.

  1. Représente ces offreurs sur une carte perceptuelle (prix perçu en abscisse, robustesse et service en ordonnée), en ajoutant le positionnement voulu de Solvane.
  2. Quel est le concurrent le plus proche de Solvane ? Avec qui se bat-elle vraiment ?
  3. Analyse l’écart entre positionnement perçu et positionnement voulu.
  4. Évalue le positionnement voulu selon les quatre qualités d’un bon positionnement (simple, attractif, crédible, différenciant).
  5. Propose trois actions concrètes de Thibault et de Solvane pour réduire l’écart, en précisant la variable du marchéage concernée.
Voir le corrigé détaillé

1. Carte perceptuelle

Axe horizontal : prix perçu (de 1 à 5) ; axe vertical : robustesse et service perçus (de 1 à 5). Les points se placent ainsi :

  • en bas à gauche, Districhef (1,9 ; 2,2) puis Hollberg (2,6 ; 2,9) : les offres économiques ;
  • au centre, Solvane perçue (3,4 ; 3,5) ;
  • en haut à droite, Varnier (4,1 ; 4,3) : l’offre premium ;
  • Solvane voulue (3,5 ; 4,2) : presque à la hauteur de Varnier en robustesse et service, mais moins chère.

Les offreurs s’alignent sur une diagonale : dans l’esprit des chefs, « plus c’est cher, plus c’est robuste ».

2. Concurrent le plus proche

On compare les écarts :

  • avec Hollberg : 0,8 en prix et 0,6 en robustesse ;
  • avec Varnier : 0,7 en prix et 0,8 en robustesse.

Les deux sont à des distances comparables (environ 1 point), dans des directions opposées. Solvane est perçue entre les deux : un client qui veut économiser la compare à Hollberg, un client qui veut la qualité la compare à Varnier. Elle se bat donc sur deux fronts, ce qui est inconfortable : elle n’est ni la moins chère, ni la plus robuste dans l’esprit des clients.

3. Écart entre perçu et voulu

  • Prix perçu : 3,4 contre 3,5 voulu : l’écart est négligeable.
  • Robustesse et service : 3,5 contre 4,2 voulu : écart de 0,7 point. Les chefs ne perçoivent pas encore la qualité et le service que Solvane veut mettre en avant.

Le problème n’est donc pas le prix : c’est que la valeur n’est pas perçue. Le positionnement est juste mais pas assez affirmé.

4. Les quatre qualités

Qualité Évaluation
Simple moyennement : quatre idées (français, robuste, réparable, proximité) plus une comparaison de prix ; on pourrait le resserrer sur « robuste et réparable, fabriqué en France »
Attractif oui pour les écoles et les cuisines collectives (durée de vie, critère environnemental des marchés publics) ; moins pour les restaurants très sensibles au prix
Crédible oui : fabrication dans la Loire, garantie de 5 ans, service de reconditionnement, commercial de proximité ; mais la notoriété de l’inox Solvane est faible
Différenciant oui : ni Varnier ni Hollberg ne proposent la réparation ; la place « robuste mais moins cher que le leader » est libre sur la carte

5. Actions proposées (trois attendues, exemples)

Action Variable Effet attendu
prêter des ustensiles en essai aux écoles et aux chefs communication faire éprouver la robustesse plutôt que l’affirmer
mettre en avant la garantie de 5 ans et le reconditionnement sur les devis et les fiches techniques produit et communication rendre visibles les services, souvent ignorés
présenter le coût d’usage sur cinq ans (prix ÷ durée de vie) dans l’argumentaire de Thibault prix (présentation du prix) montrer qu’un produit plus cher à l’achat coûte moins cher à l’usage
publier des témoignages de chefs de travaux et de chefs clients communication preuves par des pairs, qui rassurent
augmenter la fréquence des visites aux écoles distribution, force de vente concrétiser la « proximité » promise
Exercice 6

Fixer le prix d’un nouveau couteau professionnel

Calcul et analyse

Solvane lance en 2027 un couteau de chef de 25 cm dans sa Ligne Pro. Données (fictives) :

  • coût de revient unitaire estimé par le bureau d’études : 21,00 € HT ;
  • repère de la gamme : sur les produits du catalogue 2026 de la Ligne Pro, le coût de revient représente 55 % du prix catalogue (cours, partie 5) ; le prix du couteau, produit nouveau, n’est pas encore fixé ;
  • prix des couteaux de chef 25 cm concurrents (tarifs professionnels relevés en octobre 2026) : Varnier Cuisine Pro 52,00 € HT, Hollberg 34,00 € HT, Districhef 31,00 € HT ;
  • deux options étudiées :
    • option A : prix catalogue de 44,00 € HT ; ventes estimées : 4 200 couteaux par an ;
    • option B : prix catalogue de 36,00 € HT ; ventes estimées : 6 000 couteaux par an ;
  • conditions générales de vente de la Ligne Pro : remise de 4 % sur les commandes de 3 000 € à moins de 8 000 € HT, puis escompte de 1 % pour paiement à 10 jours (réductions successives).
  1. Pour chaque option, calcule la marge unitaire, le taux de marge sur coût, le chiffre d’affaires annuel et la marge totale annuelle.

  2. Quelle stratégie de prix chaque option représente-t-elle par rapport aux concurrents ? Nomme-la.

  3. Une école passe une commande de 5 000 € HT au tarif, dont 12 couteaux, et paie à 10 jours. Calcule le prix net unitaire d’un couteau et la marge unitaire restante dans chaque option. Quel est le taux global de réduction ?

  4. Pour chaque option, calcule la part du coût de revient dans le prix catalogue et compare-la au repère de 55 % de la gamme.

  5. Quelle option recommandes-tu ? Argumente en tenant compte des résultats chiffrés et du positionnement de la Ligne Pro (voir le cours).

Voir le corrigé détaillé

1. Comparaison des deux options

Option A (44,00 €) Option B (36,00 €)
Marge unitaire 44,00 − 21,00 = 23,00 € 36,00 − 21,00 = 15,00 €
Taux de marge sur coût 23,00 ÷ 21,00 × 100 = 109,52 % 15,00 ÷ 21,00 × 100 = 71,43 %
Chiffre d’affaires annuel 44,00 × 4 200 = 184 800 € 36,00 × 6 000 = 216 000 €
Marge totale annuelle 23,00 × 4 200 = 96 600 € 15,00 × 6 000 = 90 000 €

2. Stratégies de prix

  • Option A (44 €) : sous le leader (Varnier, 52 €, soit 15,38 % moins cher) mais nettement au-dessus d’Hollberg (34 €) et de Districhef (31 €). C’est un prix intermédiaire, ni écrémage ni pénétration : Solvane se place sous le leader, comme son positionnement l’annonce, sans se confondre avec les produits importés.
  • Option B (36 €) : très proche des prix d’entrée (2 € au-dessus d’Hollberg, 5 € au-dessus de Districhef) et 30,77 % sous le leader. C’est une stratégie de pénétration : prix bas pour gagner du volume.

3. Prix net pour une école (commande de 5 000 € HT, paiement à 10 jours)

La commande est comprise entre 3 000 € et 8 000 € HT : remise de 4 %, puis escompte de 1 %.

  • Coefficient : 0,96 × 0,99 = 0,9504 ; taux global de réduction : 1 − 0,9504 = 4,96 %.
  • Option A : 44,00 × 0,9504 = 41,82 € ; marge restante : 41,82 − 21,00 = 20,82 €.
  • Option B : 36,00 × 0,9504 = 34,21 € ; marge restante : 34,21 − 21,00 = 13,21 €.

4. Comparaison au repère de la gamme (55 %)

  • Option A : 21,00 ÷ 44,00 × 100 = 47,73 % du prix catalogue, sous le repère : le couteau serait plus margé que le reste de la gamme.
  • Option B : 21,00 ÷ 36,00 × 100 = 58,33 %, au-dessus du repère : le couteau serait un peu moins margé que la gamme (taux de marge sur coût de 71,43 % au lieu de 81,82 %).
  • Pour respecter exactement le repère, il faudrait un prix de 21,00 ÷ 0,55 = 38,18 € HT, entre Hollberg (34 €) et Varnier (52 €), plus près des produits importés que du leader.

Le repère de 55 % décrit le catalogue 2026 : ce n’est pas une règle qui fixe le prix d’un produit nouveau, mais un point de comparaison. Les deux options restent au-dessus du prix plancher de la direction (taux de marque de 30 % sur le prix net, chapitre 06 : 21,00 ÷ 0,70 = 30,00 €) : même après les remises de la question 3, l’option B laisse un taux de marque de 13,21 ÷ 34,21 = 38,6 %.

5. Recommandation

Les chiffres favorisent l’option A : 6 600 € de marge en plus par an (96 600 − 90 000), avec moins de pièces à produire. Il faut les confronter au positionnement de la Ligne Pro : « l’inox professionnel français, robuste et réparable, moins cher que le leader ».

  • L’option A est cohérente : moins chère que Varnier, le leader, dont la robustesse est mieux perçue (exercice 5), et nettement plus chère que les offres importées, ce qui signale la qualité. Elle respecte le repère de la gamme (question 4).
  • L’option B place le couteau au niveau des produits importés (2 € au-dessus d’Hollberg) : le prix brouille le message « fabrication française, robuste », rapporte moins de marge et s’écarte du repère de la gamme. Elle ne se justifierait que si les 6 000 couteaux étaient sûrs et si Solvane cherchait d’abord le volume.

Recommandation argumentée : l’option A, à condition de vérifier l’hypothèse de 4 200 couteaux par an (par exemple par un test auprès de quelques écoles, cible prioritaire). Une réponse en faveur de B est acceptable si elle s’appuie sur un objectif explicite de conquête en volume et sur un argumentaire qui distingue le couteau Solvane des produits importés.

Piège

Choisir l’option qui fait le plus gros chiffre d’affaires (B) en pensant que c’est la plus rentable, ou celle qui a le plus gros taux de marge (A) sans regarder les quantités. Le bon indicateur de rentabilité est la marge totale ; le bon critère de décision combine la marge totale et la cohérence avec le positionnement.

Exercice 7

Marque et marché public : le point de vue du droit

Droit

Réponds à chaque situation en suivant la méthode : règle (article et ce qu’il dit) → application aux faits → conclusion. Les articles utiles sont ceux étudiés dans le cours.

Situation 1. La marque « Solvane Chef » a été déposée à l’INPI le 3 mars 2017 et enregistrée. Bérénice Vautrin demande à Maxence jusqu’à quand elle est protégée et ce qu’il faut faire.

Situation 2. Depuis 2019, Solvane vend une gamme de couteaux sous le nom « Lame d’Ondaine », sans l’avoir déposé. En 2025, une entreprise concurrente dépose et fait enregistrer la marque « Lame d’Ondaine » pour des couteaux. Le directeur commercial pense que « le nom est à nous, puisque nous l’utilisons depuis six ans ». Qu’en dis-tu, au vu des articles du cours ? Quelle leçon en tirer pour les futures gammes ?

Situation 3. Une cuisine centrale intercommunale a lancé le 15 septembre 2026 une consultation pour des ustensiles de cuisson. Le règlement indique un seul critère : « le prix le plus bas ». Ce règlement te paraît-il conforme au Code de la commande publique ?

Situation 4. Pour une autre consultation, les critères sont : prix 50 %, valeur technique 30 %, délais et service après-vente 10 %, performance environnementale 10 %. Thibault hésite à baisser fortement son prix pour être le moins cher. Explique-lui, à partir de l’article L2152-7, pourquoi ce n’est pas forcément la meilleure idée, et cite trois éléments de l’offre de Solvane qui peuvent lui rapporter des points.

Voir le corrigé détaillé

Situation 1 — Durée de la marque « Solvane Chef »

  • Règle : selon l’article L712-1 du Code de la propriété intellectuelle, la propriété de la marque s’acquiert par l’enregistrement, qui produit ses effets à compter de la date de dépôt pour dix ans indéfiniment renouvelables.
  • Application : déposée le 3 mars 2017, la marque est protégée dix ans à compter du dépôt : elle arrive à échéance en mars 2027.
  • Conclusion : Solvane doit demander le renouvellement à l’INPI : la déclaration se fait dans l’année qui précède l’expiration (article R712-24), donc dès maintenant et, par prudence, avant le 3 mars 2027 (les modalités pratiques sont vues en CEJM 06). Elle peut renouveler sans limite, tous les dix ans.

Situation 2 — « Lame d’Ondaine »

  • Règle : article L712-1 : la propriété de la marque s’acquiert par l’enregistrement, et non par l’usage.
  • Application : Solvane utilise le nom depuis 2019, mais ne l’a jamais déposé. Le concurrent l’a déposé et fait enregistrer en 2025 pour des couteaux : c’est lui qui est titulaire de la marque.
  • Conclusion : le directeur commercial se trompe : utiliser un nom ne suffit pas à en devenir propriétaire. Solvane risque même de devoir cesser d’utiliser ce nom pour ses couteaux. Les recours possibles (par exemple si le dépôt a été fait de mauvaise foi) relèvent du droit de la propriété industrielle étudié en CEJM 06 et nécessitent un conseil juridique.
  • Leçon : avant de lancer une gamme, vérifier la disponibilité du nom et le déposer pour les produits et services visés, avant toute communication.

Situation 3 — Critère unique « prix le plus bas »

  • Règle : article L2152-7 du Code de la commande publique (en vigueur depuis le 22/08/2026) : le marché est attribué à l’offre économiquement la plus avantageuse, sur la base de critères dont au moins un prend en compte les caractéristiques environnementales de l’offre. L’article R2152-7 (en vigueur depuis le 21/08/2026) précise qu’un critère unique est possible, mais seulement s’il s’agit du coût déterminé selon une approche globale qui prend en compte les caractéristiques environnementales.
  • Application : la consultation a été lancée le 15 septembre 2026, donc après l’entrée en vigueur de ces règles. Le seul critère du « prix le plus bas » ne tient compte d’aucune caractéristique environnementale.
  • Conclusion : le règlement ne paraît pas conforme au Code de la commande publique. Solvane peut interroger l’acheteur pendant la consultation pour le lui signaler (les recours eux-mêmes ne sont pas au programme de ce chapitre).

Situation 4 — Baisser fortement le prix ?

  • Règle : article L2152-7 : le marché va à l’offre économiquement la plus avantageuse, appréciée sur plusieurs critères, et non à la moins chère.
  • Application : le prix ne compte que pour 50 %. Une forte baisse de prix améliore la note de prix, mais réduit la marge et ne compense pas forcément une meilleure note de valeur technique, de service et d’environnement chez un concurrent. Solvane a intérêt à soigner les 50 % restants, où elle est forte.
  • Éléments de l’offre de Solvane qui rapportent des points (trois attendus) : la robustesse et l’épaisseur des ustensiles (valeur technique) ; la compatibilité induction (valeur technique) ; la garantie de 5 ans en usage professionnel et le service de reconditionnement (service après-vente, performance environnementale : durée de vie, réparabilité) ; la fabrication dans la Loire (moins de transport, à documenter) ; des délais de livraison courts grâce à la proximité de l’usine.
Exercice 8

Analyser le résultat d’un appel d’offres

Calcul et analyse

La cuisine centrale d’une communauté d’agglomération de la Loire a renouvelé ses ustensiles de cuisson (voir le cours, partie 2). Critères publiés : prix 40 %, valeur technique 40 %, performance environnementale 20 %. La note de prix est calculée ainsi : note prix = (prix de l’offre la moins chère ÷ prix de l’offre notée) × 20. Les autres critères sont notés sur 20 par l’acheteur.

Candidat Prix de l’offre (€ HT) Note de valeur technique /20 Note environnementale /20
Solvane 18 400 18 17
Varnier Cuisine Pro 16 900 15 12
Hollberg 15 700 12 9
  1. Calcule la note de prix de chaque candidat (deux décimales).
  2. Calcule la note globale pondérée sur 20 de chaque candidat et établis le classement.
  3. Lors d’une consultation de 2024, la même cuisine centrale utilisait les critères prix 70 % et valeur technique 30 %. Avec les mêmes offres, quel aurait été le classement ? Conclus sur l’effet de la pondération.
  4. Jusqu’à quel prix (arrondi à l’euro) Solvane aurait-elle pu monter tout en restant première avec les critères actuels, les autres offres restant identiques ?
  5. Thibault doit rendre compte du résultat à Olivier Massard. Rédige en cinq à huit lignes les enseignements commerciaux de cette consultation pour les prochaines réponses de Solvane.
Voir le corrigé détaillé

1. Notes de prix (offre la moins chère : Hollberg, 15 700 €)

  • Solvane : 15 700 ÷ 18 400 × 20 = 17,07.
  • Varnier : 15 700 ÷ 16 900 × 20 = 18,58.
  • Hollberg : 15 700 ÷ 15 700 × 20 = 20,00.

2. Notes globales (prix × 0,4 + technique × 0,4 + environnement × 0,2)

Candidat Prix (×0,4) Technique (×0,4) Environnement (×0,2) Note globale /20 Rang
Solvane 6,83 7,20 3,40 17,43 1
Varnier 7,43 6,00 2,40 15,83 2
Hollberg 8,00 4,80 1,80 14,60 3

Calcul pour Solvane : 17,07 × 0,4 + 18 × 0,4 + 17 × 0,2 = 6,83 + 7,20 + 3,40 = 17,43 (calcul fait avec la note de prix non arrondie).

Solvane remporte le marché alors qu’elle est la plus chère (17,2 % plus chère que Hollberg : 18 400 ÷ 15 700 = 1,172).

3. Avec les critères de 2024 (prix 70 %, technique 30 %)

Candidat Calcul Note /20 Rang
Hollberg 20,00 × 0,7 + 12 × 0,3 17,60 1
Varnier 18,58 × 0,7 + 15 × 0,3 17,51 2
Solvane 17,07 × 0,7 + 18 × 0,3 17,35 3

Avec ces critères, Solvane serait arrivée dernière et Hollberg aurait gagné. La pondération décide du résultat : quand le prix pèse lourd et qu’aucun critère environnemental n’existe, l’offre la moins chère l’emporte ; quand la valeur technique et l’environnement pèsent 60 %, l’offre la plus durable gagne. D’où l’intérêt pour Solvane du critère environnemental devenu obligatoire.

4. Prix maximal pour rester première

Solvane reste première tant que sa note dépasse celle de Varnier (15,83, qui ne change pas tant que Hollberg reste le moins cher).

  • Partie hors prix de Solvane : 7,20 + 3,40 = 10,60.
  • Il faut : note prix × 0,4 > 15,832 − 10,60 = 5,232, soit une note de prix > 13,08.
  • Note prix = 15 700 ÷ prix × 20 > 13,08, soit prix < 15 700 × 20 ÷ 13,08 ≈ 24 006 € HT.

Solvane aurait pu proposer jusqu’à environ 24 000 € HT (30 % de plus que son offre) et rester première. Hypothèse : les autres offres et les notes techniques et environnementales restent identiques.

Ce calcul n’invite pas à gonfler les prix : l’acheteur public peut juger une offre inacceptable si elle dépasse son budget, et les concurrents ajusteront leur offre la prochaine fois. Il montre surtout la marge de sécurité que donnent à Solvane ses points forts techniques et environnementaux.

5. Enseignements pour Olivier Massard (exemple)

« Nous remportons le marché de la cuisine centrale avec 17,43/20, devant Varnier (15,83) et Hollberg (14,60), bien que notre offre soit la plus chère. La différence vient de la valeur technique (18/20) et du critère environnemental (17/20), désormais obligatoire dans les marchés publics. Avec l’ancienne pondération de 2024 (prix 70 %), nous aurions été derniers. Enseignements : 1) dans les marchés publics, ne pas brader nos prix, mais documenter précisément la durée de vie, la réparabilité et l’origine de nos produits ; 2) lire systématiquement la pondération avant de fixer le prix ; 3) suivre les autres consultations des collectivités de la Loire, où ce nouveau critère nous avantage. »

Exercice 9

Lire l’environnement et vérifier la cohérence d’un

Analyse

Document 1 — Notes de veille de Maxence (septembre 2026)

  • « D’après plusieurs chefs, de plus en plus de cuisines professionnelles passent à l’induction lors de leur rénovation. »
  • « Depuis août 2026, les marchés publics doivent comporter un critère environnemental. »
  • « La région annonce un plan de rénovation des ateliers de cuisine de plusieurs lycées professionnels. »
  • « Trois restaurants clients ont fermé dans le secteur cette année ; d’autres disent reporter leurs achats. »
  • « Un importateur propose une sauteuse inox à 49 € HT, présentée comme “professionnelle”. »
  • « Les élèves des écoles hôtelières sont très présents sur les réseaux sociaux de vidéos culinaires. »

Document 2 — Proposition d’un stagiaire de l’équipe marketing pour lancer la sauteuse induction

Variable Proposition
Produit sauteuse inox fond induction, garantie 2 ans, sans service de reconditionnement
Prix 69 € HT (coût de revient : 57,20 € HT), pour être « le plus agressif du marché »
Distribution en plus des grossistes, vente en hypermarché Hyperval au rayon culinaire
Communication prospectus distribués dans les boîtes aux lettres autour de Lyon
Cible « tous les cuisiniers, professionnels et particuliers »
  1. Classe chaque fait du document 1 dans la grille PESTEL et indique s’il constitue une opportunité ou une menace pour la Ligne Pro, en une phrase chacun.
  2. Relève dans le document 2 au moins quatre incohérences, avec le positionnement de la Ligne Pro, avec sa cible, ou entre les variables elles-mêmes. Explique chacune.
  3. Propose un marchéage corrigé pour la sauteuse induction (cible, produit, prix indicatif justifié, distribution, communication), cohérent avec le positionnement et avec les opportunités relevées.
Voir le corrigé détaillé

1. Grille PESTEL

Fait Facteur Opportunité ou menace pour la Ligne Pro
passage des cuisines à l’induction technologique opportunité pour la sauteuse induction ; menace pour les anciens produits non compatibles
critère environnemental obligatoire dans les marchés publics légal (et politique) opportunité : la durabilité de la Ligne Pro devient un critère noté
plan régional de rénovation des ateliers de lycées politique (décision publique) opportunité : futurs marchés d’équipement dans la cible prioritaire
fermetures et reports d’achats de restaurants économique menace : demande dérivée en baisse chez les restaurants
sauteuse importée à 49 € HT « professionnelle » micro-environnement (concurrence) ; hors PESTEL au sens strict menace : pression sur les prix, confusion des acheteurs
élèves très présents sur les réseaux de vidéos culinaires socioculturel opportunité : communication auprès des futurs chefs (pull)

Le prix d’un concurrent n’est pas un facteur du macro-environnement : il relève de l’analyse de la concurrence (micro-environnement). Le signaler montre que tu maîtrises la différence.

2. Incohérences du document 2 (quatre attendues)

Élément Incohérence Avec quoi
garantie de 2 ans, sans reconditionnement contredit « robuste et réparable » ; la Ligne Pro est garantie 5 ans et réparable positionnement
prix de 69 € HT « le plus agressif » la marge n’est que de 11,80 € (69 − 57,20), soit 20,6 % du coût ; le prix est même sous le prix plancher fixé par la direction (57,20 ÷ 0,70 = 81,71 €, chapitre 06) ; surtout, un prix bas contredit le positionnement « robuste, moins cher que le leader mais pas bradé » et signale aux chefs une qualité inférieure positionnement, rentabilité
vente chez Hyperval la Ligne Pro est un produit professionnel ; la grande distribution vise les particuliers et brouille l’image ; conflit possible avec les grossistes cible, distribution existante
prospectus dans les boîtes aux lettres touche des particuliers, pas des chefs ni des écoles cible
cible « tous les cuisiniers » absence de ciblage, contraire aux cibles fixées (écoles, restaurants traditionnels, collectivités) stratégie
ensemble prix bas + grande distribution + prospectus grand public : le marchéage est cohérent entre ses variables pour un produit grand public, mais pas avec le produit ni la cible annoncés cohérence globale

3. Marchéage corrigé (exemple)

Variable Proposition Justification
Cible écoles et centres de formation (priorité 1), restaurants traditionnels en rénovation, cuisines collectives publiques cibles de la Ligne Pro ; opportunités induction et rénovation des ateliers
Produit sauteuse inox fond induction, garantie 5 ans en usage professionnel, reconditionnement, fiche d’entretien robustesse et réparabilité ; critère environnemental
Prix autour de 104 € HT au tarif (au-dessus de la sauteuse classique à 96 € pour valoriser l’induction, sous le prix du leader), remises dans la politique habituelle marge préservée (104 − 57,20 = 46,80 € par pièce au tarif) ; cohérence avec le positionnement
Distribution vente directe par Thibault aux écoles et collectivités (réponses aux consultations) ; grossistes pour les restaurants circuits existants ; pas de grande distribution
Communication push : formation des vendeurs des grossistes ; pull : démonstrations au salon Horeca Rhône Expo, prêts aux écoles, vidéos courtes avec des élèves et des chefs ambassadeurs sur les réseaux sociaux atteindre les décideurs et les futurs chefs
Piège

Corriger chaque variable isolément. Le correcteur attend un ensemble dont tous les éléments servent la même cible et le même positionnement. Relis ta proposition ligne par ligne en te demandant : « Est-ce que cela renforce “robuste et réparable” auprès des écoles et des restaurants ? »

Exercice 10

Entraînement E4 : de l’analyse du marché à l’action

Entraînement E4

Durée conseillée : 1 h 30 (dont 40 min pour préparer les questions 1 à 3, comme en loge). Ce cas reprend la structure de l’épreuve E4 : contexte du ciblage et de la prospection (phase 1), simulation d’un échange avec le supérieur sur un choix d’action (phase 2), exploitation et remontée de l’information (phase 3).

Contexte. Maxence Quéré, alternant chez Solvane, est chargé par Thibault Lagarde de préparer le développement de la Ligne Pro auprès des établissements de formation aux métiers de la restauration (écoles hôtelières publiques et privées, centres de formation d’apprentis) du secteur Rhône-Alpes-Auvergne. Il doit présenter ses propositions à Olivier Massard, directeur commercial et marketing.

Annexe 1 — Le segment des établissements de formation (fichier CRM et recherches de Maxence, octobre 2026, données fictives)

Donnée Valeur
Établissements de formation du secteur 64
dont clients actifs de Solvane 14
Achat moyen annuel d’un établissement client en Ligne Pro (2025) 8 600 € HT
Achat d’un nouvel établissement client la première année (estimation) 4 800 € HT
Mode d’achat établissements publics : procédures de la commande publique (devis comparés pour les petits montants, consultations pour les montants plus importants) ; établissements privés et CFA : achat direct après devis
Décideurs chef de travaux ou responsable des ateliers, avec les enseignants de cuisine ; service gestion ou intendance pour l’achat

Annexe 2 — Relevé concurrentiel sur ce segment (extrait)

Critère Solvane Ligne Pro Varnier Cuisine Pro Hollberg
Prix moyen d’une batterie atelier (12 pièces) 1 080 € HT 1 240 € HT 820 € HT
Garantie 5 ans 3 ans 2 ans
Fabrication France (Loire) France Asie, importé par une société allemande
Réparation, reconditionnement oui non non
Visites des écoles Thibault, 1 à 2 fois par an commercial dédié aux écoles, 3 fois par an aucune, vente par catalogue et grossistes
Notoriété spontanée auprès des chefs de travaux 18 % 52 % 9 %

Annexe 3 — Deux actions possibles pour le premier semestre 2027 (budget maximal : 7 000 €)

Action A : prêt de batteries d’essai Action B : stand aux « Rencontres régionales des formateurs en hôtellerie »
Principe prêter pendant un mois une batterie d’atelier à 12 établissements non clients, avec une démonstration par Thibault tenir un stand d’une journée au salon annuel des enseignants de cuisine de la région
Coût estimé 380 € par prêt (transport, reconditionnement, casse) 6 900 € (stand, déplacement, supports)
Résultat attendu 40 % des établissements testeurs deviennent clients 30 établissements non clients rencontrés ; 15 % deviennent clients
Atout complémentaire les élèves utilisent le produit en conditions réelles visibilité auprès de tous les formateurs ; contact avec les prescripteurs

On retient pour tout nouveau client un achat de 4 800 € HT la première année (annexe 1).

Annexe 4 — Informations recueillies par Maxence lors des visites

  • Le chef de travaux d’un lycée de Saint-Étienne évoque un projet régional de rénovation d’ateliers de cuisine, « peut-être l’an prochain ».
  • Deux enseignants signalent que Hollberg a proposé une batterie complète à 760 € HT à un CFA de Clermont-Ferrand.
  • Plusieurs ateliers passent à l’induction ; une partie des ustensiles Solvane anciens n’y est pas compatible.
  • Un enseignant suggère des fiches pédagogiques (entretien de l’inox, techniques de cuisson) fournies avec le matériel.

Travail à faire

Phase 1 — Le contexte du ciblage

  1. Présente, comme tu le ferais oralement en cinq minutes, le contexte marketing de l’action : l’entreprise et ses marchés, le type de marché auquel appartient ce segment (B to B, B to G, ou les deux), la cible et le positionnement de la Ligne Pro sur ce segment. Rédige tes notes sous forme de plan détaillé (dix à quinze lignes).
  2. Calcule le taux de pénétration de Solvane sur ce segment et le chiffre d’affaires supplémentaire qu’apporterait, la première année, la conquête de 25 % des établissements non clients. Que t’apprennent ces chiffres ?
  3. À partir de l’annexe 2, formule la proposition de valeur de la Ligne Pro pour ce segment et prépare la réponse à l’objection « Hollberg est beaucoup moins cher ».

Phase 2 — Préparer la simulation avec Olivier Massard

  1. Compare les deux actions de l’annexe 3 : coût total, nombre de nouveaux clients attendus, chiffre d’affaires attendu la première année, coût par nouveau client, chiffre d’affaires généré pour 1 € dépensé.
  2. Prépare l’argumentaire que tu présenteras à Olivier Massard pour défendre l’action que tu recommandes : trois arguments chiffrés ou qualitatifs, une objection probable de sa part et ta réponse.

Phase 3 — Exploiter et remonter l’information

  1. Classe les informations de l’annexe 4 par ordre de priorité pour Solvane, en justifiant, et indique pour chacune à qui elle doit être transmise et ce qu’elle pourrait changer dans la politique commerciale (produit, prix, distribution, communication).
  2. Rédige la note de remontée d’information (dix à quinze lignes) que Maxence adresse à Olivier Massard, avec copie à Thibault.
Voir le corrigé détaillé

Phase 1 — Le contexte du ciblage

1. Plan détaillé de l’exposé (exemple)

  1. L’entreprise : Solvane, PME familiale de la Loire (168 salariés, 31,2 M€ de CA en 2025), fabricant d’articles culinaires ; vend en B to C (site, vente directe), en B to B (distributeurs, CHR) et en B to G (établissements publics). Canal professionnel : 10 % du CA.
  2. Le segment : 64 établissements de formation aux métiers de la restauration dans le secteur. Marché mixte : B to G pour les établissements publics (procédures de la commande publique), B to B pour les écoles privées et les CFA (achat direct sur devis). Décision collective : chef de travaux, enseignants, intendance.
  3. La cible et le positionnement : les établissements de formation sont la cible prioritaire de la Ligne Pro : prescripteurs des futurs chefs, sensibles à la robustesse. Positionnement : « l’inox professionnel français, robuste et réparable, avec un service de proximité, moins cher que le leader ».
  4. La concurrence : Varnier (leader, plus cher, très connu, commercial dédié), Hollberg (importé, beaucoup moins cher, sans service). Solvane : garantie de 5 ans (contre 3 et 2 ans) et réparation, mais faible notoriété (18 %).
  5. L’enjeu : Solvane ne touche qu’un peu plus d’un établissement sur cinq ; l’objectif est d’en conquérir une partie au premier semestre 2027, avec un budget de 7 000 €.

2. Taux de pénétration et potentiel

  • Taux de pénétration : 14 ÷ 64 × 100 = 21,88 %.
  • Non-clients : 64 − 14 = 50 établissements.
  • Conquête de 25 % : 50 × 0,25 = 12,5, soit 12 ou 13 établissements ; chiffre d’affaires supplémentaire la première année : 50 × 0,25 × 4 800 = 60 000 € HT.

Lecture : près de quatre établissements sur cinq ne sont pas clients : le potentiel de conquête est important. 60 000 € représentent environ 60 % des 99 200 € de croissance demandés à Thibault pour 2027 (cours, partie 8), et un client fidélisé achète ensuite davantage (8 600 € par an en moyenne). Ce segment mérite donc une action spécifique.

3. Proposition de valeur et réponse à l’objection

Proposition de valeur : « Pour les établissements de formation, dont le matériel est malmené par des élèves débutants, la Ligne Pro offre des ustensiles fabriqués dans la Loire, garantis 5 ans en usage professionnel et réparables, moins chers que le leader, avec un commercial qui se déplace pour former les enseignants et suivre le matériel. »

Objection « Hollberg est beaucoup moins cher » (méthode : reconnaître, comparer sur la durée, prouver) :

« Vous avez raison, à l’achat, la batterie Hollberg coûte 820 € contre 1 080 € pour la nôtre, soit 260 € de plus. Mais regardons ce que vous payez vraiment : Hollberg est garanti 2 ans, nous 5 ans, et nous réparons nos ustensiles. Si une batterie d’atelier doit être remplacée deux fois plus souvent, elle vous coûte plus cher sur cinq ans. Je vous propose de tester une batterie Solvane pendant un mois avec vos élèves. »

La comparaison sur la durée est une hypothèse à étayer : le cas ne donne pas la durée de vie réelle des produits. À l’oral, n’avance pas de chiffre que tu ne peux pas prouver ; propose plutôt l’essai ou un témoignage d’établissement client.

Phase 2 — Préparer la simulation avec Olivier Massard

4. Comparaison des actions

Indicateur Action A : prêts d’essai Action B : stand au salon des formateurs
Coût total 12 × 380 = 4 560 € 6 900 €
Nouveaux clients attendus 12 × 40 % = 4,8 30 × 15 % = 4,5
CA attendu la 1re année 4,8 × 4 800 = 23 040 € 4,5 × 4 800 = 21 600 €
Coût par nouveau client 4 560 ÷ 4,8 = 950 € 6 900 ÷ 4,5 = 1 533,33 €
CA pour 1 € dépensé 23 040 ÷ 4 560 = 5,05 € 21 600 ÷ 6 900 = 3,13 €

Les deux actions respectent le budget de 7 000 € ; elles ne peuvent pas être menées ensemble (4 560 + 6 900 = 11 460 €).

5. Argumentaire pour l’action A (exemple ; l’action B peut être défendue si l’argumentation est solide)

  • Argument 1 — rentabilité : pour un nombre de nouveaux clients comparable, l’action A coûte 2 340 € de moins et rapporte 5,05 € de CA par euro dépensé contre 3,13 €. Le coût d’acquisition d’un client est de 950 € contre 1 533 €.
  • Argument 2 — cohérence avec le positionnement : notre point faible est la perception de la robustesse (notoriété de 18 %) ; l’essai par les élèves en conditions réelles est la meilleure preuve, bien plus convaincante qu’un stand.
  • Argument 3 — préparation des marchés publics : les établissements testeurs connaîtront nos produits avant les rénovations d’ateliers annoncées ; une démonstration réussie pèse dans la note de valeur technique.
  • Objection probable d’Olivier Massard : « Le salon nous rendrait visibles auprès de tous les formateurs de la région, pas seulement de 12 établissements. »
  • Réponse : « C’est vrai, et c’est l’atout du salon. Mais avec 7 000 €, il faut d’abord des résultats mesurables. Je propose l’action A au premier semestre ; avec les 2 440 € restants, nous pouvons préparer des fiches pédagogiques et des témoignages des établissements testeurs, que nous utiliserons au salon l’an prochain si le budget le permet. »

Phase 3 — Exploiter et remonter l’information

6. Hiérarchisation des informations

Priorité Information Pourquoi Destinataire Effet possible sur la politique commerciale
1 projet régional de rénovation des ateliers gros marchés potentiels dans la cible prioritaire ; information à confirmer rapidement Olivier Massard (et Thibault) distribution et communication : veille des avis de marché, offre type « atelier rénové » préparée à l’avance
2 passage des ateliers à l’induction, anciens produits non compatibles risque de perdre des clients actuels ; opportunité de renouvellement Olivier Massard, chef de produit produit : offre de reprise ou de remplacement ; mise en avant de la sauteuse induction
3 batterie Hollberg à 760 € HT pression sur les prix ; à vérifier (une seule source, indirecte) Thibault, Olivier Massard prix : préparer l’argumentaire coût d’usage ; pas de baisse de prix sans analyse
4 fiches pédagogiques suggérées idée peu coûteuse, qui différencie Solvane auprès des enseignants service marketing produit global et communication : fiches fournies avec le matériel

7. Note de remontée d’information (exemple)

À : Olivier Massard, directeur commercial et marketing — Copie : Thibault Lagarde De : Maxence Quéré — Date : octobre 2026 Objet : informations terrain — établissements de formation (Ligne Pro)

Lors des visites d’octobre, j’ai recueilli quatre informations utiles pour la Ligne Pro. 1. Rénovation d’ateliers (à confirmer) : un chef de travaux de Saint-Étienne évoque un projet régional de rénovation d’ateliers de cuisine, peut-être l’an prochain. Je propose de vérifier auprès de la région et de surveiller les avis de marché ; une offre type « atelier rénové » pourrait être préparée. 2. Induction : plusieurs ateliers passent à l’induction et une partie de nos anciens ustensiles n’y est pas compatible. Risque de perte de clients ; opportunité pour la sauteuse induction et une offre de remplacement. 3. Prix concurrent (source indirecte) : deux enseignants rapportent une batterie Hollberg à 760 € HT proposée à un CFA de Clermont-Ferrand. À vérifier ; je suggère de renforcer l’argument du coût d’usage plutôt que de baisser nos prix. 4. Idée client : un enseignant suggère des fiches pédagogiques fournies avec le matériel (entretien de l’inox, techniques de cuisson). Coût faible, forte valeur pour les enseignants.

Ces informations sont saisies dans le CRM avec leur source et leur niveau de fiabilité. Je reste disponible pour en discuter.

Astuce

Ce que valorise le jury

En phase 3, le jury apprécie que tu distingues les faits vérifiés des informations à confirmer, que tu hiérarchises, que tu adresses chaque information à la bonne personne et que tu proposes une suite concrète. Une note qui se contente de rapporter des propos, sans tri ni proposition, reste insuffisante.

Prêt pour le quiz ?

10 questions pour vérifier que tout est acquis.

Faire le quiz