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B2 · chapitre 1 Chapitre offert

Veiller et protéger ses créations

Ce que tu sauras faire : Mettre en place et faire vivre la veille de la PME (sources, qualification, alerte, diffusion, mise à jour des procédures), repérer les créations de l'entreprise, préparer leur protection auprès de l'INPI en chiffrant les coûts, et réagir avec méthode à une contrefaçon.

1 h 40 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Exercice 1

Classer les informations de veille

Application

Louna reçoit les informations suivantes. Pour chacune, indique : a) le domaine de veille (réglementaire, financière, commerciale, économique, créations et propriété intellectuelle) ; b) l’axe du plan de veille de Corlay concerné (A1 à A5) ; c) la source officielle ou la vérification qui permettrait de la confirmer.

  1. Un technicien rapporte qu’un hôtel client vient d’acheter deux fours d’une marque que Corlay ne distribue pas.
  2. Un décret modifie les obligations de récupération des fluides frigorigènes lors du démontage des chambres froides.
  3. Le Bodacc annonce la liquidation judiciaire d’un restaurant qui a deux factures impayées chez Corlay.
  4. Un syndicat de restauration scolaire publie un avis de marché pour trois cellules de refroidissement.
  5. La fédération professionnelle signale une hausse de 9 % du prix de l’inox sur un an.
  6. Une société de Blois vient d’être immatriculée sous le nom « Korlay Cuisines ».
  7. La Banque du Loiret annonce une hausse de ses taux pour les crédits d’équipement.
  8. Wendel lance une gamme de chambres froides utilisant un nouveau fluide frigorigène.
Voir le corrigé détaillé

Démarche. Demande-toi d’abord de quoi parle l’information (une règle, de l’argent, des clients et des concurrents, la conjoncture, une création), puis qui chez Corlay doit la suivre, enfin où on peut la confirmer.

Information a) Domaine b) Axe c) Vérification
1. Fours concurrents chez un hôtel client commerciale (concurrence) A3 fiche d’intervention du PGI ; site et catalogue du fabricant concurrent ; échange avec le client
2. Décret sur la récupération des fluides réglementaire A1 (et A4 pour la technique) texte au Journal officiel, lu sur Légifrance, avec sa date d’entrée en vigueur
3. Liquidation d’un restaurant débiteur financière A2 annonce du Bodacc ; fiche de l’entreprise au registre ; compte client du PGI
4. Avis de marché pour trois cellules commerciale (marchés publics) A3 avis publié sur le site de publication des marchés ou le profil d’acheteur ; règlement de la consultation
5. Hausse du prix de l’inox économique A4 (et A3 pour l’effet sur les prix de vente) statistiques officielles de prix (Insee) ; tarifs des fabricants
6. Société « Korlay Cuisines » créations et propriété intellectuelle (et commerciale) A5 registre des entreprises ; data.inpi.fr pour vérifier si un dépôt de marque a été fait
7. Hausse des taux de la banque financière A2 courrier de la banque ; taux publiés par la Banque de France
8. Nouvelle gamme Wendel, nouveau fluide commerciale et technique (fournisseurs) ; réglementaire si le fluide est lié à une interdiction A4 documentation officielle de Wendel ; lettre de la fédération ; réglementation sur les fluides
Piège

Une même information peut toucher deux domaines (n° 8). Classe-la d’après la décision qu’elle éclaire : ici, faut-il former les techniciens et revoir l’offre ? C’est d’abord un sujet technique et commercial, avec une vérification réglementaire.

Exercice 2

Quelle protection pour quelle création ?

Application

Pour chaque création, indique la protection adaptée (marque, brevet, dessin ou modèle, droit d’auteur, secret des affaires, ou plusieurs), si elle suppose un dépôt, et qui en est titulaire a priori.

  1. Le texte de présentation du contrat « Sérénité » sur le site, rédigé par Corinne Lestrade.
  2. Le nom « Corlay ».
  3. La méthode de chiffrage des appels d’offres et le barème interne de 52 € l’heure.
  4. Un support de tablette d’intervention au design original, dessiné par Noémie Pinchon pour le stand du salon et qu’un fabricant voudrait produire.
  5. Le gabarit de pose de hotte de Patrice Mounier et Grégory Maillet.
  6. Les 30 photos de chantiers de Mme Clarisse Halvane (contrat de cession de 2023).
  7. Le fichier des 380 clients actifs, avec leurs équipements et leurs contrats.
  8. Une macro du tableur, développée par Céline dans le cadre de ses fonctions, qui calcule automatiquement les relances.
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Création Protection Dépôt ? Titulaire a priori
1. Texte du site sur « Sérénité » droit d’auteur, s’il est original non Corinne Lestrade, autrice salariée : la règle d’attribution automatique à l’employeur ne vaut que pour les logiciels ; Corlay doit prévoir une cession écrite (ou faire valoir une œuvre collective si les conditions sont réunies)
2. Nom « Corlay » marque (plus dénomination sociale et nom commercial) oui pour la marque Corlay Équipement, si elle dépose
3. Méthode de chiffrage, barème secret des affaires non Corlay, à condition de protéger l’information (accès limité, mention, clauses)
4. Support de tablette au design original dessin ou modèle ; éventuellement droit d’auteur oui pour le modèle Noémie Pinchon est l’autrice : il faut régler par écrit la cession à Corlay avant le dépôt
5. Gabarit de pose de hotte brevet (si nouveau et inventif) ou secret oui pour le brevet d’abord les deux techniciens ; Corlay peut se le faire attribuer contre un juste prix (L611-7 CPI)
6. Photos de Mme Halvane droit d’auteur non Mme Halvane est l’autrice ; Corlay est cessionnaire des droits d’exploitation prévus au contrat (web, imprimés, France, 10 ans)
7. Fichier clients secret des affaires ; droit du producteur de base de données ; RGPD pour les données personnelles non Corlay, si elle protège le fichier
8. Macro de calcul des relances droit d’auteur (logiciel), si elle est originale non Corlay : les droits patrimoniaux sur un logiciel créé par un salarié dans ses fonctions reviennent à l’employeur (L113-9 CPI, CEJM-15)
Piège

Les lignes 1 et 8 se ressemblent (une salariée crée quelque chose dans son travail) mais la règle diffère : pour un logiciel, les droits vont à l’employeur ; pour un texte, une photo ou un dessin, ils restent en principe à l’auteur salarié.

Exercice 3

Chiffrer des dépôts

Calcul

Utilise le barème INPI au 2 juillet 2026 et les taxes de l’EUIPO présentés dans le cours. Pour le brevet, voici en plus le tarif normal : dépôt 26 €, rapport de recherche 520 €, délivrance 90 €, revendication à partir de la 11e 42 €, annuités de la 2e à la 5e année 38 € ; et la 6e annuité : 76 € au tarif normal, 57 € au tarif réduit.

  1. Olivier Corlay envisage finalement de déposer la marque « Corlay » dans trois classes (11, 35 et 37). Calcule le coût du dépôt, puis celui du renouvellement dans dix ans. Le dépôt en classe 11 te semble-t-il utile ?
  2. Calcule le coût d’une marque de l’Union européenne dans les mêmes trois classes, déposée par voie électronique. Que coûterait une quatrième classe ?
  3. Corlay dépose une demande de brevet comportant 14 revendications. Calcule les redevances jusqu’à la délivrance, puis les annuités de la 2e à la 6e année incluses, au tarif réduit puis au tarif normal. Quelle économie le tarif réduit procure-t-il sur la période ? Rappelle à quelles conditions Corlay y a droit.
  4. Un modèle de support de tablette est déposé avec quatre reproductions en couleur. Calcule le coût du dépôt, puis le coût total pour dix ans de protection.
  5. Louna veut dater, par une enveloppe Soleau électronique, un dossier de croquis et de photos de 70 Mo. Combien cela coûte-t-il ? Ce dépôt donne-t-il un monopole à Corlay ?
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1. Marque française en trois classes

  • Dépôt = 190 + 2 × 40 = 270 € ; renouvellement = 290 + 2 × 40 = 370 €.
  • La classe 11 (appareils de cuisson et de réfrigération) n’est utile que si Corlay vend un jour des appareils sous son propre nom. Aujourd’hui, elle vend sous les marques des fabricants : déposer en classe 11 coûte 40 € de plus et expose, au bout de cinq ans sans usage, à une déchéance pour ces produits. Mieux vaut s’en tenir aux classes 35 et 37 (230 €), quitte à déposer plus tard.

2. Marque de l’Union européenne (voie électronique)

  • Trois classes : 850 + 50 + 150 = 1 050 €. Une quatrième classe : + 150 € → 1 200 €.
  • Rapportée à l’activité de Corlay (zone de 1 h 30 autour de Saran), cette dépense ne se justifie pas aujourd’hui.

3. Brevet, 14 revendications, jusqu’à la 6e annuité

Redevance Tarif réduit Tarif normal
Dépôt (avec la 1re annuité) 13 26
Rapport de recherche 260 520
Délivrance 45 90
Revendications 11 à 14 (4 ×) 4 × 21 = 84 4 × 42 = 168
Jusqu’à la délivrance 402 804
Annuités 2 à 5 (4 ×) 4 × 19 = 76 4 × 38 = 152
Annuité 6 57 76
Annuités 2 à 6 133 228
Total 535 € 1 032 €

Économie : 1 032 − 535 = 497 €. Conditions du tarif réduit : entreprise de moins de 250 salariés dont 25 % au plus du capital est détenu par une entité qui ne remplit pas cette condition. Corlay (11 salariés, capital détenu par deux personnes physiques) y a droit ; la réduction se demande au moment du dépôt.

4. Dessin ou modèle, quatre reproductions en couleur

  • Dépôt = 39 + 4 × 47 = 227 €. Dix ans = dépôt + une prorogation à cinq ans (52 €) = 279 €.

5. Enveloppe Soleau électronique de 70 Mo

  • 15 € jusqu’à 50 Mo + 10 € pour la tranche de 50 Mo supplémentaire = 25 €.
  • L’INPI la conserve cinq ans ; on peut la proroger par périodes de cinq ans (même tarif), jusqu’à vingt ans.
  • Aucun monopole : l’enveloppe prouve seulement la date et le contenu du dossier. Elle sert de preuve si un tiers revendique plus tard la même création ; elle ne remplace ni un brevet, ni un dépôt de modèle.
Piège

Pour le brevet, la première annuité est comprise dans la redevance de dépôt : on ne compte les annuités qu’à partir de la deuxième année. Et les revendications ne se paient qu’à partir de la 11e.

Exercice 4

À qui appartient la création ?

Droit

Pour chaque situation, indique à qui appartiennent les droits, en citant la règle applicable, et ce que Corlay doit faire.

  1. Le gabarit de pose de hotte, mis au point par deux techniciens (contrat de technicien d’installation et de maintenance, sans mission inventive) à l’atelier, avec le matériel de Corlay, après la chute d’un collègue.
  2. Hypothèse : en 2027, Corlay recrute un technicien supérieur dont le contrat prévoit qu’il doit « concevoir et développer un boîtier de télésurveillance des chambres froides ». Il invente un capteur original.
  3. Le logo de Corlay, créé en 2019 par M. Romain Ferlane, graphiste indépendant, payé 1 200 € HT, sans clause de cession. Corlay veut le déposer comme marque.
  4. Hervé Charron, magasinier, invente chez lui, le week-end, un moulinet de pêche.
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Démarche. Qualifie la création (invention ? œuvre ?), identifie l’auteur et son statut (salarié avec ou sans mission inventive, prestataire), applique la règle, puis dis ce que Corlay doit faire.

  1. Le gabarit. Invention de salariés sans mission inventive et sans études confiées : elle appartient en principe aux deux techniciens (art. L611-7, 2, CPI). Mais elle a été faite dans le cours de leurs fonctions, à l’atelier, avec le matériel de Corlay : Corlay peut se la faire attribuer, contre un juste prix. À faire : déclaration de l’invention par les salariés, accord écrit (sinon nul) fixant l’attribution et le prix, confidentialité, puis dépôt mentionnant les inventeurs.

  2. Le capteur du technicien supérieur. Son contrat comporte une mission inventive correspondant à ses fonctions : l’invention appartient à Corlay (art. L611-7, 1). Le salarié a droit à une rémunération supplémentaire, dont les conditions sont fixées par la convention collective, un accord ou le contrat. À faire : l’informer du dépôt et de la délivrance ; prévoir la rémunération supplémentaire.

  3. Le logo. C’est une œuvre de l’esprit, protégée par le droit d’auteur sans formalité. Le graphiste est un prestataire : avoir payé la création ne rend pas Corlay propriétaire des droits (CEJM-15). Sans cession écrite, les droits sont restés chez M. Ferlane ; déposer le logo comme marque porterait atteinte à son droit antérieur (le dépôt pourrait être annulé). À faire : obtenir une cession écrite qui mentionne chaque droit cédé (reproduction, représentation, adaptation), les supports, le territoire et la durée (art. L131-3 CPI), puis déposer.

  4. Le moulinet de pêche. Invention sans lien avec les fonctions, le domaine ou les moyens de l’entreprise : elle appartient à Hervé Charron, et Corlay n’a aucun droit d’attribution. Le salarié doit seulement en informer l’employeur, qui en accuse réception.

Piège

Ne confonds pas « fait au travail » et « appartient à l’employeur ». Pour une invention, seule la mission inventive (ou les études confiées) donne automatiquement les droits à l’employeur ; dans les autres cas, il doit demander l’attribution et payer.

Exercice 5

Qualifier et trier les informations de novembre

Calcul et analyse

Applique la grille de qualification de Corlay (source, date, pertinence, recoupement, notes de 1 à 3 ; 10 à 12 retenue, 7 à 9 à vérifier, 6 ou moins écartée) aux informations suivantes, reçues entre le 2 et le 13 novembre 2026.

Information Source Date Pertinence Recoupement
J1. Arrêté publié au Journal officiel fixant de nouvelles règles de formation pour les techniciens qui manipulent des fluides frigorigènes officielle 6/11/2026 directe texte lu sur Légifrance
J2. Vidéo d’un influenceur : « les cuisines à induction vont être obligatoires dans tous les restaurants » anonyme non datée secteur aucune
J3. Un commercial de Lavéo annonce oralement une hausse de tarif de 5 % au 1er janvier professionnelle 9/11/2026 directe aucune autre source
J4. Bodacc : redressement judiciaire du Relais d’Olivet, client qui doit deux factures (jugement du 3/11, publié le 9/11/2026) officielle 9/11/2026 directe jugement confirmé par l’annonce officielle
J5. Message d’un technicien : un concurrent propose aux cantines un contrat de maintenance « Sérénité Plus » salarié (constat direct) 12/11/2026 directe capture de la plaquette
J6. Courriel d’un inconnu proposant de vendre « le fichier clients de Thermelia Pro » anonyme 13/11/2026 directe aucune
  1. Note chaque information et indique la décision.
  2. Pour les informations retenues, évalue l’impact et l’urgence (1 à 4) et indique s’il faut une alerte ou une mention dans la synthèse mensuelle. Justifie.
  3. Pour les informations à vérifier, indique comment les vérifier.
  4. Que doit faire Louna de l’information J6 ? Justifie juridiquement et du point de vue de l’éthique.
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1. Qualification

Information Source Date Pertinence Recoupement Total Décision
J1 Arrêté au Journal officiel 3 3 3 3 12 retenue
J2 Vidéo d’influenceur 1 1 2 1 5 écartée
J3 Annonce orale de Lavéo 2 3 3 1 9 à vérifier
J4 Bodacc, Relais d’Olivet 3 3 3 3 12 retenue
J5 Contrat « Sérénité Plus » d’un concurrent 3 3 3 2 11 retenue
J6 Offre du « fichier de Thermelia » 1 3 3 1 8 à vérifier selon la grille, mais à rejeter (question 4)

Pour J5, la source est un constat direct d’un salarié (3) ; la plaquette capturée provient de la même observation et n’est pas une source indépendante : recoupement 2.

2. Impact, urgence et suite

Information Impact Urgence Suite Justification
J1 4 2 synthèse mensuelle en tête, et transmission immédiate du texte à Patrice Mounier les techniciens doivent être en règle (habilitations) ; l’urgence dépend de la date d’entrée en vigueur, à lire dans l’arrêté
J4 3 4 alerte immédiate à Céline et Olivier Corlay la créance doit être déclarée au mandataire dans les deux mois de la publication au Bodacc, soit avant le 9 janvier 2027 (chapitre B1-04)
J5 3 2 synthèse mensuelle ; demande de recherche d’antériorité sur « Sérénité » (exercice 9) risque de confusion avec le nom du contrat de Corlay, qui n’est pas déposé ; pas de perte immédiate

3. Vérifier J3. Demander une confirmation écrite à Lavéo (nouveau tarif daté et signé, ou courrier officiel), comparer avec la convention annuelle en cours (B1-07) ; en attendant, ne pas modifier les prix de vente. L’information est utile à la négociation annuelle 2027.

4. J6, le fichier de Thermelia Pro. Louna ne répond pas, n’ouvre aucune pièce jointe (risque d’hameçonnage : B2-08) et transmet le message à Olivier Corlay.

  • Juridiquement : le fichier clients d’un concurrent est très probablement un secret des affaires (information non connue, à valeur commerciale, protégée) ; l’obtenir ou l’utiliser en sachant (ou en devant savoir) qu’il a été pris de façon illicite engagerait la responsabilité de Corlay (art. L151-4 à L151-6 C. com.), constituerait un acte de concurrence déloyale et un traitement illicite de données personnelles (RGPD).
  • Éthiquement : la veille se fait par des moyens loyaux ; Corlay ne voudrait pas que ses propres données soient vendues ainsi.
Piège

La grille dit « à vérifier » pour J6, mais une information obtenue de façon déloyale ne se vérifie pas : elle se refuse. La qualification juge la fiabilité ; la loyauté de la collecte est une condition préalable.

Exercice 6

Un plan de veille pour la facture électronique

Analyse

Corlay reçoit ses factures électroniques sur une plateforme agréée depuis le 1er septembre 2026 et doit émettre les siennes au plus tard le 1er septembre 2027. Louna suit ce projet (chapitre B2-02). Olivier Corlay lui demande d’ajouter au plan de veille un axe consacré à ce sujet.

  1. Formule cinq questions précises auxquelles cet axe doit répondre, en partant des décisions à prendre d’ici septembre 2027.
  2. Pour chaque question, propose une source fiable, un responsable, un rythme et un destinataire (présente ta réponse sous forme de tableau).
  3. Indique deux sources à éviter ou à manier avec prudence, et pourquoi.
  4. Propose trois indicateurs qui permettront de juger, en septembre 2027, si cette veille a été utile.
  5. Cite deux procédures internes que cette veille pourrait conduire à mettre à jour.
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1 et 2. Questions et organisation (exemple de réponse ; d’autres formulations sont acceptées si elles sont précises et datées)

Question Source Responsable Rythme Destinataire
Q1. Le calendrier d’émission obligatoire (1er septembre 2027 pour Corlay) est-il confirmé ou modifié ? impots.gouv.fr, Journal officiel (Légifrance), entreprendre.service-public.fr Louna mensuel, puis hebdomadaire à partir de mai 2027 Céline, Olivier Corlay
Q2. Quelles mentions nouvelles nos factures doivent-elles porter, et notre PGI les gère-t-il ? textes officiels, documentation de l’administration fiscale, éditeur du PGI Louna avec Céline mensuel Céline
Q3. Notre plateforme agréée évolue-t-elle (tarifs, fonctions, maintien de l’agrément) ? liste officielle des plateformes agréées, lettres de la plateforme Louna mensuel Céline, Olivier Corlay
Q4. Quelles obligations nouvelles pour les factures adressées aux clients publics et aux clients étrangers ? textes officiels ; portail de facturation des acheteurs publics Céline trimestriel Céline, Corinne Lestrade
Q5. Quelles difficultés rencontrent les PME déjà passées à l’émission ? fédération professionnelle, chambre de commerce, cabinet Daumerac & Associés Louna mensuel équipe projet

3. Sources à manier avec prudence : les lettres commerciales des éditeurs de logiciels (intérêt à vendre, parfois anciennes : l’information I7 du cours) ; les réseaux sociaux et forums (non datés, non vérifiables) ; les résumés produits automatiquement sans renvoi au texte officiel.

4. Indicateurs (trois au choix) : nombre d’informations retenues et d’alertes sur l’axe ; délai entre la publication d’un texte et sa diffusion chez Corlay ; nombre de modifications du paramétrage du PGI ou des procédures faites à temps ; taux de factures émises sans rejet au premier mois ; nombre d’erreurs de facturation liées à une règle mal connue.

5. Procédures à mettre à jour : procédure de facturation et de numérotation (B1-03) ; procédure de contrôle des factures fournisseurs reçues (B1-07) ; archivage des factures (B4-03) ; fiches clients du PGI (identifiants, adresses de facturation).

Exercice 7

Faire sa veille ou la confier ?

Calcul

Pour 2027, Olivier Corlay hésite entre deux organisations (44 semaines travaillées).

  • Option A, veille interne : Louna 2,5 h par semaine (coût horaire interne 14 €) ; Patrice Mounier 0,5 h par semaine (coût horaire chargé d’un technicien : 31 €) ; revue professionnelle 240 € par an ; surveillance de la marque « Corlay » par l’INPI 360 € par an.
  • Option B, veille en partie externalisée : un prestataire fournit, pour 190 € HT par mois, des alertes sur les marchés publics, le Bodacc et les dépôts de marques proches de « Corlay » ; Louna garde 1 h par semaine pour qualifier et diffuser ; Patrice garde 0,5 h par semaine ; revue professionnelle 240 € par an.
  1. Calcule le coût annuel de chaque option et l’écart.
  2. Le marché de la commune A (41 800 € HT), repéré par la veille en 2026, a été vendu avec un taux de marque de 20 %. Exprime le coût de chaque option en pourcentage de la marge de ce marché.
  3. Cite trois avantages de l’option A et deux avantages de l’option B qui ne se mesurent pas en euros.
  4. Rédige en cinq lignes la recommandation de Louna à Olivier Corlay.
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1. Coûts annuels

Option A : Louna 2,5 × 44 = 110 h × 14 € = 1 540 € ; Patrice 0,5 × 44 = 22 h × 31 € = 682 € ; revue 240 € ; surveillance INPI 360 €. Total A = 2 822 €.

Option B : prestataire 190 × 12 = 2 280 € ; Louna 1 × 44 = 44 h × 14 € = 616 € ; Patrice 682 € ; revue 240 €. Total B = 3 818 €.

Écart : 3 818 − 2 822 = 996 € de plus pour l’option B.

2. Rapport à la marge du marché de la commune A

Marge = 41 800 × 20 % = 8 360 €. Option A : 2 822 ÷ 8 360 × 100 = 33,76 % ; option B : 3 818 ÷ 8 360 × 100 = 45,67 %. Dans les deux cas, un seul marché gagné grâce à la veille couvre son coût annuel.

3. Avantages non chiffrés

  • Option A : connaissance fine du métier et des clients (sources terrain), compétence développée par Louna (utile pour son E51), réactivité interne, confidentialité (pas de tiers dans la boucle), adaptation immédiate du plan.
  • Option B : couverture plus large et plus régulière (pas d’oubli pendant les congés ou les pics d’activité), outils professionnels de surveillance, temps libéré pour l’analyse et la diffusion.

4. Recommandation (exemple)

Je vous propose de garder l’option A en 2027 : elle coûte 996 € de moins et repose sur la connaissance du terrain, qui est notre point fort. Pour éviter les trous de veille, je prépare une fiche de remplacement pendant mes absences à l’école. Nous ferons le bilan en décembre 2027 : si le volume d’alertes augmente ou si une information importante nous échappe, l’option B pourra être reconsidérée.

Exercice 8

Korlay Cuisines, un nom trop proche

Droit

Scénario 2027. Olivier Corlay a déposé à l’INPI le 14 décembre 2026 la marque semi-figurative « Corlay », pour les services de vente d’équipements de cuisine professionnelle (classe 35) et d’installation, d’entretien et de réparation de ces équipements (classe 37). La marque a été enregistrée sans opposition.

Le 15 avril 2027, la veille de Louna repère une SARL immatriculée en mars 2027 à Blois sous le nom « Korlay Cuisines Pro », qui propose sur son site « la conception, l’installation et la maintenance de cuisines professionnelles » dans le Loir-et-Cher et le Loiret. Deux clients ont déjà appelé Corlay pour demander s’il s’agissait d’une nouvelle agence.

  1. Corlay a-t-elle un droit à faire valoir ? Sur quoi repose-t-il, et depuis quand ?
  2. Raisonne en quatre étapes (droit, signes, services, risque de confusion) pour dire s’il y a contrefaçon.
  3. Quelles preuves Louna doit-elle rassembler, et lesquelles doit-elle proposer au dirigeant de faire établir par un professionnel ?
  4. Korlay Cuisines Pro prévoit un chiffre d’affaires de 180 000 € HT pour 2027. Un avocat estime qu’une licence de marque dans ce secteur se négocierait à 3 % du chiffre d’affaires. Quel serait le plancher d’une indemnité forfaitaire pour une année ? Quels autres éléments le juge pourrait-il prendre en compte ?
  5. Olivier Corlay se demande s’il peut « attendre de voir si cette société dure ». Explique-lui les deux risques de l’attente.
  6. Qu’aurait pu faire Corlay si elle n’avait pas déposé sa marque en 2026 ?
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1. Le droit de Corlay. Corlay est propriétaire de la marque « Corlay » pour les services désignés en classes 35 et 37, grâce à l’enregistrement ; ce droit prend effet à la date de dépôt, le 14 décembre 2026, donc avant l’immatriculation de Korlay Cuisines Pro (mars 2027). La marque est en vigueur (dix ans) et Corlay l’utilise.

2. Raisonnement en quatre étapes

  • Le droit : marque enregistrée, en vigueur, en France.
  • Les signes : « Korlay » et « Corlay » se prononcent de la même façon, ne diffèrent que d’une lettre et n’ont pas de sens propre : forte similitude visuelle et phonétique ; l’ajout « Cuisines Pro » est descriptif et ne suffit pas à distinguer.
  • Les services : conception, installation et maintenance de cuisines professionnelles : identiques ou très similaires aux services de la classe 37 (et de la classe 35 pour la vente), même clientèle, même zone.
  • Le risque de confusion : il est certain, et même déjà constaté (deux clients ont cru à une agence de Corlay). → Contrefaçon de marque (usage dans la vie des affaires d’un signe similaire pour des services identiques, avec risque de confusion : CEJM-06), engageant la responsabilité civile de Korlay Cuisines Pro.

3. Les preuves

  • Par Louna : captures datées du site et des réseaux de Korlay Cuisines Pro, extrait du registre (date d’immatriculation, activité), certificat d’enregistrement de la marque « Corlay », attestations écrites des deux clients (nom, date de l’appel, ce qu’ils ont compris), registre de veille montrant la date de découverte (15 avril 2027).
  • À proposer au dirigeant : un constat par un commissaire de justice sur le site internet ; si des documents commerciaux sont distribués, une saisie-contrefaçon sur autorisation du juge, préparée par un avocat.

4. L’indemnité

Redevance hypothétique = 180 000 × 3 % = 5 400 € pour une année. L’indemnité forfaitaire doit être supérieure à ce montant. Le juge pourrait aussi retenir, séparément, les ventes perdues par Corlay (clients détournés), le préjudice moral (atteinte à l’image, confusion) et les bénéfices réalisés par Korlay Cuisines Pro grâce à la confusion.

5. Les risques de l’attente

  • La prescription : l’action se prescrit par cinq ans à compter du jour où Corlay a connu les faits (ici, le 15 avril 2027, date prouvée par la veille).
  • La tolérance : si Korlay Cuisines Pro déposait sa propre marque et que Corlay tolérait son usage pendant cinq ans en connaissance de cause, Corlay ne pourrait plus agir contre elle (sauf mauvaise foi). Plus concrètement, chaque mois d’attente installe le nom dans l’esprit des clients et augmente le préjudice.

6. Sans dépôt en 2026, Corlay n’aurait pu invoquer que sa dénomination sociale et son nom commercial (antérieurs et connus localement) sur le terrain de la concurrence déloyale, en prouvant leur usage, leur notoriété dans la zone et la faute de Korlay : procédure plus incertaine. Et Korlay aurait même pu déposer la marque avant elle.

Piège

Ne réponds pas « pas de contrefaçon parce que l’orthographe est différente ». La similitude s’apprécie visuellement, phonétiquement et intellectuellement, et par rapport à un client moyen : un nom qui se prononce pareil pour les mêmes services suffit à créer la confusion.

Exercice 9

Le nom « Sérénité » est-il libre ?

Analyse

Corlay utilise depuis plusieurs années le nom « Sérénité » pour ses contrats de maintenance (140 contrats au 31/12/2025). Avant de proposer à Olivier Corlay de le déposer, Louna fait une recherche sur data.inpi.fr. Voici les résultats (fictifs).

Marque Titulaire Date de dépôt Classes et produits ou services État
SÉRÉNITÉ une mutuelle 2012 36 : assurances enregistrée, renouvelée en 2022
SÉRÉNITÉ Élévia (maintenance d’ascenseurs) 2019 37 : installation, entretien et réparation d’ascenseurs enregistrée
SÉRÉNITÉ PRO Frigélec Services (SAS, Nantes) 14/05/2024 37 : entretien et réparation d’appareils de cuisson et de réfrigération professionnels enregistrée
SEREN’CHEF un fabricant italien 2021 11 : appareils de cuisson enregistrée
  1. Pour chaque marque, apprécie le risque de confusion avec un dépôt « Sérénité » de Corlay en classe 37 (signes, produits ou services, conclusion).
  2. Corlay utilisait le nom avant le dépôt de Frigélec. Cela suffit-il à la protéger ? Que lui apprend cet exemple sur la règle du « premier déposant » ?
  3. Propose à Olivier Corlay trois options, avec leurs avantages et leurs risques.
  4. Quelle procédure interne Louna doit-elle proposer pour que cette situation ne se reproduise pas avec un futur nom de contrat ou de service ?
Voir le corrigé détaillé

1. Risque de confusion avec un dépôt de Corlay en classe 37

Marque antérieure Signes Produits ou services Risque
SÉRÉNITÉ (mutuelle, classe 36) identiques assurances : sans rapport avec la maintenance d’équipements faible (sauf renommée exceptionnelle, non établie)
SÉRÉNITÉ (Élévia, classe 37) identiques maintenance d’ascenseurs : même classe, mais services de nature, de clientèle et de circuits différents faible à moyen : la classe ne suffit pas, il faut comparer les services ; à faire apprécier par un conseil
SÉRÉNITÉ PRO (Frigélec, classe 37) très similaires (« Pro » est descriptif) entretien et réparation d’appareils de cuisson et de réfrigération professionnels : identiques à ceux de Corlay fort : dépôt de Corlay exposé à une opposition ; l’usage actuel du nom par Corlay pourrait être attaqué
SEREN’CHEF (classe 11) ressemblance partielle appareils de cuisson (produits) vs maintenance (services) : liés mais différents faible à moyen

2. L’usage antérieur de Corlay. Utiliser un nom sans le déposer ne donne pas de droit de marque : la propriété de la marque s’acquiert par l’enregistrement ; Frigélec, qui a déposé la première, est propriétaire. Corlay n’est pas sans arguments (usage antérieur connu, éventuel dépôt de mauvaise foi si Frigélec connaissait l’usage de Corlay), mais ce sont des contestations longues et incertaines. Leçon : déposer avant de lancer, et surveiller les dépôts des autres.

3. Trois options

Option Avantages Risques
A. Rebaptiser le contrat avec un nom distinctif, vérifié et déposé (par exemple un nom associé à la marque « Corlay », après recherche) sécurité juridique ; nom propre à Corlay coût de changement (documents, contrats en cours, communication) ; perte de notoriété du nom actuel
B. Garder « Sérénité » et chercher un accord de coexistence avec Frigélec (zones et clientèles différentes, Nantes / Loiret) continuité commerciale dépend de la bonne volonté de Frigélec ; peut coûter ; Frigélec pourrait au contraire agir
C. Faire analyser par un conseil la validité du dépôt de Frigélec (mauvaise foi, caractère distinctif de « Sérénité » pour une maintenance) peut libérer le nom procédure longue et coûteuse, issue incertaine

La décision appartient à Olivier Corlay ; l’option A est souvent la plus sûre pour une PME.

4. Procédure interne « nouveau nom » : tout nouveau nom de produit, de contrat ou de service fait l’objet, avant tout document ou communication, d’une recherche d’antériorité (marques, sociétés, noms de domaine), d’une note au dirigeant et, si le nom est retenu, d’un dépôt ; le nom est ensuite inscrit dans l’axe A5 du plan de veille pour surveillance.

Exercice 10

Cas de synthèse : protéger les créations de Corlay

Entraînement E51

Ce cas prépare l’épreuve E51 : tu rédiges un extrait de ton dossier (analyse d’un risque et conduite d’un projet intégrant une veille), puis tu prépares l’oral (5 minutes d’exposé, 25 minutes d’entretien). Tu es Louna Rolland, apprentie chez Corlay Équipement ; nous sommes le 23 novembre 2026.

Annexe 1 — Message d’Olivier Corlay, 2 novembre 2026

Louna, ton inventaire m’a ouvert les yeux. Tu peux en faire un projet pour ton dossier E51 : je veux savoir quels risques nous courons sur nos créations, ce que tu proposes, ce que cela coûte et dans quel ordre le faire. Je déciderai le 30 novembre. Levamat nous a envoyé une proposition pour le gabarit : regarde-la aussi.

Annexe 2 — Situation au 23 novembre 2026

  • Marque « Corlay » : recherche INPI faite (80 €), dépôt dans les classes 35 et 37 proposé (230 €).
  • Logo : M. Ferlane accepte de céder ses droits d’auteur (reproduction et représentation, tous supports, monde, durée de la protection) pour 500 € HT.
  • Gabarit : accord de confidentialité signé avec Levamat le 9 novembre ; avis préliminaire du cabinet Ascenso PI : « la nouveauté paraît préservée, les deux chantiers n’ayant pas permis aux clients d’en comprendre le fonctionnement, mais l’appel du 2 octobre reste un risque » ; devis : 3 800 € HT de recherche et de rédaction ; demande prévue avec 12 revendications, au tarif réduit.
  • Photos copiées par Thermelia Pro : toujours en ligne ; constat par commissaire de justice : devis de 350 € HT.
  • Pièces « type Fornelli » : consigne d’achat diffusée le 12 octobre ; Fornelli informé.
  • Veille : plan validé le 12 octobre ; coût annuel estimé à 2 514 €.

Annexe 3 — Proposition de Levamat (6 novembre 2026)

Licence exclusive de fabrication et de vente du gabarit, sous réserve qu’une demande de brevet soit déposée : redevance de 6 % du prix de vente HT ; prix de vente prévu 450 € HT ; prévision de 400 gabarits vendus par an.

Annexe 4 — Grille de criticité de Corlay (chapitre B2-03)

Probabilité et gravité notées de 1 à 4 selon les échelles validées le 14/10/2026 ; criticité = probabilité × gravité ; zones : prioritaire de 8 à 16, à traiter de 4 à 6, à surveiller de 1 à 3 ; tout risque de gravité 4 doit faire l’objet d’une mesure de protection.

Risque Probabilité Gravité
P1. Dépôt du nom « Corlay » ou d’un nom proche par un tiers 2 3
P2. Litige avec le graphiste sur le logo 2 2
P3. Perte de la nouveauté ou de la propriété du gabarit 3 3
P4. Atteinte à l’image par la copie des photos 4 1
P5. Pose de pièces contrefaisantes (risque électrique chez un client) 2 4

Travail à faire

Partie 1 — L’extrait du dossier E51

  1. Présente en cinq à six lignes le contexte du projet, le risque traité et ton rôle (périmètre du référentiel).
  2. Calcule la criticité des cinq risques, classe-les et indique leur zone. Lesquels sont prioritaires ?
  3. Propose un plan d’actions (une action au moins par risque) : action, responsable, échéance, coût de la première année. Calcule le budget total de la première année, veille comprise.
  4. Calcule les redevances annuelles que la licence Levamat rapporterait et le délai au bout duquel elles couvriraient le coût du brevet de la première année (honoraires compris). Quelles réserves dois-tu exprimer sur ce calcul ?
  5. Montre en quoi ton projet « intègre une veille » : cite trois éléments concrets.
  6. Rédige la note de synthèse (quinze lignes au plus) que tu remets à Olivier Corlay pour sa décision du 30 novembre.

Partie 2 — Préparer l’oral

  1. Construis le plan de ton exposé de cinq minutes (quatre parties, avec le temps prévu pour chacune).
  2. Prépare ta réponse aux questions suivantes de la commission : a) « Pourquoi ne pas avoir breveté le gabarit dès septembre ? » ; b) « À qui appartient cette invention ? » ; c) « Votre veille a-t-elle produit des résultats mesurables ? » ; d) « Qu’auriez-vous fait si Thermelia Pro avait refusé de retirer les photos ? »
Voir le corrigé détaillé

Partie 1 — L’extrait du dossier E51

1. Contexte et rôle (exemple)

Corlay Équipement (Saran, 11 salariés) vend, installe et entretient des équipements de cuisine professionnelle. En octobre 2026, la veille a révélé trois atteintes possibles à ses créations : photos copiées par un concurrent, invention d’un technicien décrite à un fabricant sans précaution, nom « Corlay » jamais déposé. À la demande du président, j’ai conduit un projet pour recenser ces créations, évaluer les risques et préparer leur protection, en organisant une veille. Mon rôle était de préparer, chiffrer et proposer ; les décisions appartiennent au président.

2. Criticité

Risque Probabilité Gravité Criticité Zone
P3 Perte de la nouveauté ou de la propriété du gabarit 3 3 9 prioritaire
P5 Pose de pièces contrefaisantes 2 4 8 prioritaire (et gravité 4 : mesure de protection obligatoire)
P1 Dépôt du nom par un tiers 2 3 6 à traiter
P2 Litige sur le logo 2 2 4 à traiter
P4 Copie des photos 4 1 4 à traiter

Deux risques prioritaires : P3 et P5. P5 est déjà couvert par une mesure (consigne d’achat, contrôle à réception), qu’il faut maintenir et vérifier ; P3 demande des décisions rapides. Les trois autres sont à traiter dans l’année, et peu coûteux à réduire.

3. Plan d’actions et budget de la première année

Risque Action Responsable Échéance Coût (€)
P3 accord écrit d’attribution avec les deux inventeurs (juste prix à négocier) ; confidentialité maintenue O. Corlay, préparé par Louna décembre 2026 à fixer
P3 e-Soleau du dossier de croquis et photos Louna immédiat 15
P3 demande de brevet : dépôt, rapport de recherche, 2 revendications au-delà de 10 (tarif réduit) conseil Ascenso PI janvier 2027 13 + 260 + 42 = 315
P3 honoraires du conseil conseil janvier 2027 3 800
P1 recherche de disponibilité INPI (faite) Louna octobre 2026 80
P1 dépôt de la marque, classes 35 et 37 Louna, signé par O. Corlay décembre 2026 230
P2 cession écrite des droits du logo (avant le dépôt de la marque semi-figurative) O. Corlay décembre 2026 500
P4 constat par commissaire de justice, puis mise en demeure O. Corlay décembre 2026 350
P5 consigne d’achat et contrôle à réception (déjà fait) Céline fait 0
Tous veille (plan du 12 octobre) Louna continu 2 514
Total première année 7 804

La délivrance du brevet (45 €) et les annuités viendront les années suivantes ; le juste prix dû aux inventeurs s’ajoutera.

4. Licence Levamat

  • Redevances annuelles = 6 % × 450 € × 400 = 10 800 €.
  • Coût du brevet la première année = 315 + 3 800 = 4 115 € ; délai de couverture = 4 115 ÷ 10 800 = 0,38 an, soit environ 4,6 mois de redevances.
  • Réserves : les volumes sont une prévision de Levamat ; la licence suppose le dépôt, et sa valeur dépend de la délivrance du brevet ; les redevances arrivent après les ventes (pas avant fin 2027) ; il faut déduire le juste prix des inventeurs ; le contrat de licence (exclusivité, minimum garanti, durée, contrôle des ventes) se négocie avec un conseil ; le risque lié à l’appel du 2 octobre n’est pas totalement levé.

5. La veille intégrée au projet (trois éléments) : le plan de veille validé le 12 octobre, avec un axe A5 « nos créations » ; la découverte des photos copiées et des pièces contrefaisantes par la veille, avec alerte et procédure mise à jour ; la recherche d’antériorité sur « Corlay » et la surveillance prévue après le dépôt (data.inpi.fr, alertes sur le nom).

6. Note de synthèse (exemple)

Objet : protection des créations de Corlay — décision du 30 novembre

L’inventaire d’octobre fait apparaître deux risques prioritaires : la perte du gabarit de pose de hotte (criticité 9) et la pose de pièces contrefaisantes (8), déjà encadrée par la consigne d’achat du 12 octobre. Je propose : 1. Gabarit : signer en décembre un accord écrit avec Patrice Mounier et Grégory Maillet (attribution contre un juste prix), puis déposer une demande de brevet en janvier avec le cabinet Ascenso PI (4 115 € la première année). La licence proposée par Levamat (6 % de 450 € × 400 gabarits) rapporterait environ 10 800 € par an si ses prévisions se réalisent. 2. Marque « Corlay » : déposer en classes 35 et 37 (230 €), après la cession du logo par M. Ferlane (500 €). 3. Photos : faire constater la copie (350 €), puis adresser une mise en demeure à Thermelia Pro. 4. Maintenir la veille (2 514 € par an) et la consigne d’achat des pièces. Budget de la première année : 7 804 €, hors juste prix des inventeurs. Votre décision sur les points 1 à 3 est nécessaire avant le 30 novembre.

Louna Rolland

Partie 2 — Préparer l’oral

7. Plan de l’exposé (5 minutes)

  1. Le contexte et le déclencheur : Corlay, trois alertes d’octobre (1 min).
  2. L’analyse du risque : inventaire, criticité, deux risques prioritaires (1 min 15).
  3. Le projet : veille organisée, actions de protection, coûts, décisions du président (1 min 45).
  4. Le bilan et les limites : résultats, ce qui reste à faire, ce que j’ai appris (1 min).

8. Réponses aux questions

  1. « Pourquoi ne pas avoir breveté dès septembre ? » — Personne n’avait identifié le gabarit comme une invention : c’est la veille et l’inventaire qui l’ont révélé. C’est justement l’enseignement du projet : nous avons créé une procédure « créations » (déclaration interne, confidentialité avant toute présentation extérieure). La décision de déposer appartient au président, sur avis d’un conseil.

  2. « À qui appartient cette invention ? » — Aux deux techniciens d’abord, car leur contrat ne comporte pas de mission inventive ; mais elle a été faite dans le cours de leurs fonctions et avec nos moyens, donc Corlay peut se la faire attribuer contre un juste prix, par un accord écrit (art. L611-7 CPI).

  3. « Votre veille a-t-elle produit des résultats mesurables ? » — Oui : cinq informations retenues en octobre, quatre alertes, une déclaration de créance faite à temps, un avis de marché transmis le jour même, une copie de photos et une offre de pièces contrefaisantes repérées ; coût de 2 514 € par an, soit 30,07 % de la marge d’un seul marché de 41 800 € HT.

  4. « Si Thermelia Pro avait refusé ? » — J’aurais préparé pour le président le dossier de preuves (constat, contrat de cession des photos, calcul du préjudice : au moins 720 € de redevances) ; il aurait décidé avec un avocat d’une action en justice, éventuellement en référé pour obtenir le retrait rapide, en sachant que l’action se prescrit par cinq ans (règle générale de l’art. 2224 C. civ. pour le droit d’auteur).

Astuce

À l’oral, chaque réponse suit la même structure : la notion (attribution, criticité, prescription), le fait daté de ton projet, et ton rôle (« j’ai préparé, le président a décidé »).

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