1. Une veille au service de la création
On ne crée pas à partir de rien. Avant de chercher des idées, une agence regarde ce qui se fait, ce qui change et ce qui lasse. Cette veille n’est pas une collection d’images : c’est une démarche organisée, au service d’une demande précise.
ALa demande de Hugo
Mardi 20 octobre 2026, chez Orvenne Communication, agence de communication à Rouen. Hugo Delaunay, directeur de clientèle (il suit les clients et coordonne leurs projets), revient d’un rendez-vous au Havre avec Nadia Corbière, déléguée générale (la salariée qui dirige le festival au quotidien) de Ciné-Marées. Ciné-Marées est l’annonceur : l’organisation qui commande la communication et la paie.
Ce festival de courts métrages (films de moins d’une heure, souvent quelques minutes) fêtera sa 10e édition du 17 au 21 mars 2027 et lancera sa communication le 14 janvier 2027. Nadia veut une affiche, un programme imprimé, une bande-annonce (courte vidéo qui donne envie de venir) et une présence plus forte sur les réseaux sociaux, avec deux priorités : célébrer les dix ans et rajeunir le public.
Margaux Fontenelle, directrice de création (responsable des idées et de l’image des campagnes), animera le jeudi 12 novembre 2026 la séance de créativité : une réunion où l’équipe cherche des idées (chapitre B2-04). Hugo confie la préparation à Jade Morvan, alternante (elle partage son temps entre l’école et l’agence) en 2e année de BTS Communication :
« Jade, avant la séance, il nous faut une veille créative et technologique sur le festival. Tu as trois semaines. Je veux une note de veille et une planche d’inspiration pour le lundi 9 novembre. Et range tout proprement dans le dossier du client. »
Jade a déjà lu des magazines et regardé des affiches. Mais une veille professionnelle, c’est autre chose : il faut savoir quoi chercher, où, comment trier, comment présenter et comment stocker. C’est l’objet de ce chapitre.
La veille créative est la première étape de la production d’une solution de communication. Elle prépare la recherche d’idées (chapitre B2-04) : une séance de créativité nourrie par une bonne veille produit des pistes originales (on sait ce qui existe déjà) et adaptées (on connaît la cible, les codes du secteur et les possibilités techniques).
BVeille créative et veille technologique
La veille
La veille est une activité organisée et continue de collecte, de tri, d’analyse et de diffusion d’informations sur l’environnement, pour anticiper les évolutions et éclairer des décisions. La notion générale et les grands types de veille (économique, juridique, concurrentielle…) sont étudiés en culture économique, juridique et managériale (CEJM, chapitre CEJM-07).
Dans le bloc 2 du diplôme (concevoir et réaliser des solutions de communication), la veille a un but précis : nourrir la création et la production. Le référentiel (le texte officiel qui décrit le BTS) en distingue deux formes, souvent menées ensemble.
Veille créative et veille technologique
- La veille créative surveille les productions de communication et les tendances esthétiques : campagnes, affiches, vidéos, typographies (styles de lettres), couleurs, tons, façons de raconter, œuvres et courants culturels dont la communication s’inspire.
- La veille technologique surveille les moyens de produire et de diffuser : nouveaux formats des plateformes, outils de création, techniques d’impression, papiers et encres, écrans, procédés interactifs.
| Veille créative | Veille technologique | |
|---|---|---|
| Question | qu’est-ce qui se crée, et qu’est-ce qui marque ? | avec quoi peut-on produire et diffuser ? |
| Objets | campagnes, visuels, tons, slogans, univers graphiques, tendances | formats, logiciels, fonctionnalités, procédés d’impression, supports |
| Exemple pour Ciné-Marées | comment les festivals de cinéma construisent leurs affiches ; comment on célèbre un anniversaire | format vertical pour la bande-annonce ; papier et encres du programme |
| Débouché | pistes créatives (B2-04), choix justifiés devant le client | faisabilité, coûts, choix des prestataires (B2-06, B2-07, B2-10) |
Les deux veilles se complètent : une idée créative sans moyen de la produire reste sur le papier ; une technique nouvelle sans idée ne sert à rien.
CTrois veilles à ne pas confondre
Le mot « veille » revient dans plusieurs chapitres, avec la même méthode mais un objet différent.
| Chapitre | Veille | Pour quoi faire ? |
|---|---|---|
| B1-04 | veille informationnelle et études | comprendre l’annonceur et son marché pour établir le diagnostic et la stratégie |
| B2-01 (ce chapitre) | veille créative et technologique | concevoir et produire des solutions de communication |
| B3-03 | veille automatisée de l’écosystème media et digital | repérer les innovations pour construire des offres de régie ou d’agence média |
La veille créative n’est pas la recherche d’idées. La veille rassemble et analyse ce qui existe ; la séance de créativité invente ce qui n’existe pas encore. Une note de veille peut suggérer des directions (« pistes à explorer »), mais elle ne propose pas d’accroche ni de visuel finis. Elle ne copie pas non plus : on s’inspire d’un code, jamais d’une création précise.
2. L’information, matière de la veille
La veille transforme des éléments bruts en informations utiles. Encore faut-il savoir ce qu’est une information, d’où elle vient et ce qui fait sa valeur.
ADe la donnée à la connaissance
Donnée, information, connaissance
- Une donnée est un élément brut, sans interprétation : un chiffre, une date, une image, un mot-clé.
- Une information est une donnée (ou un ensemble de données) mise en contexte et porteuse de sens pour quelqu’un, à un moment donné.
- Une connaissance est une information comprise, reliée à d’autres et mobilisable pour agir.
Exemple : « 9 000 » est une donnée. « Ciné-Marées a enregistré 9 000 entrées en 2026 » est une information. « Le festival attire surtout un public fidèle, et la 10e édition doit conquérir des spectateurs plus jeunes » est une connaissance : elle guide la création.
La valeur d’une information dépend de celui qui la reçoit et de son besoin. Une nouvelle fonctionnalité de montage vidéo est une information précieuse pour la bande-annonce de Ciné-Marées ; elle est sans intérêt pour le journal interne de Dalbrecq.
BInformation primaire ou secondaire
Information primaire, information secondaire
- Une information primaire est recueillie directement, pour le besoin de l’étude, par celui qui mène la veille : observation sur le terrain, photographie d’une vitrine, entretien, questionnaire, test d’un outil.
- Une information secondaire existe déjà : elle a été produite par d’autres, pour d’autres besoins, et on la réutilise : article, étude publiée, site, archive, palmarès, rapport.
| Information primaire | Information secondaire | |
|---|---|---|
| Avantages | adaptée exactement au besoin ; récente ; exclusive (les concurrents ne l’ont pas) | rapide à obtenir ; souvent peu coûteuse ; volume important |
| Limites | longue et parfois coûteuse à recueillir ; échantillon réduit | pas toujours adaptée ; parfois datée ; fiabilité variable ; accessible à tous |
| Chez Jade | visite du hall du cinéma du Havre partenaire pour observer les affiches exposées ; trois questions posées à des étudiants à la sortie d’une séance | palmarès de festivals, articles de la presse professionnelle, pages d’aide des plateformes vidéo |
En pratique, on commence par l’information secondaire (rapide) et on la complète par des recherches complémentaires primaires quand une question reste ouverte. C’est ce que demande le référentiel : « mettre en forme les résultats de la veille et des recherches complémentaires ».
Pour une information secondaire, remonte toujours à la source d’origine : un article qui cite « une étude récente » ne suffit pas. Retrouve l’étude, son auteur, sa date et la période observée. Si tu ne la trouves pas, ne reprends pas le chiffre.
CCe qui fait la valeur d’une information
Une information n’a de valeur que si elle est utile et sûre. Six critères la jugent.
| Critère | Question à se poser | Exemple de défaut |
|---|---|---|
| Pertinence | répond-elle à une question de mon plan de veille ? | une belle affiche de festival de musique, sans lien avec le cinéma ni avec la cible |
| Fiabilité | l’auteur est-il identifié et compétent ? la source est-elle d’origine ? peut-on recouper ? | une image partagée sans auteur ni date sur un réseau social |
| Actualité | est-elle datée ? est-elle encore valable ? | une fonctionnalité d’une plateforme supprimée depuis |
| Précision | est-elle assez détaillée pour être utilisée ? | « les jeunes aiment la vidéo » |
| Accessibilité | peut-on la consulter et la conserver légalement ? | un article payant copié depuis le compte d’un ami |
| Coût | le temps ou l’argent dépensé est-il raisonnable ? | trois heures pour retrouver une campagne secondaire |
L’évaluation de la fiabilité d’un contenu est développée au chapitre CDC-02. Dans la veille créative, le risque principal est l’attribution erronée : un visuel présenté comme une campagne réelle alors que c’est un projet d’étudiant ou une image retouchée.
Sur les réseaux d’images, une même création circule des milliers de fois sans son auteur ni sa date. Avant de citer une « campagne » dans une note de veille, vérifie qu’elle a bien été diffusée, par quel annonceur, quand et où. Sinon, présente-la pour ce qu’elle est : une « création repérée sur tel réseau, auteur non identifié », ou écarte-la.
3. Structurer une démarche de veille
Une veille efficace suit un cycle : on définit un besoin, on choisit des sources, on collecte, on trie, on met en forme, on stocke et on évalue. Elle combine une veille permanente, menée par l’agence toute l’année, et des recherches ponctuelles pour chaque demande.
ALe cycle de la veille
| Étape | Ce que l’on fait | Livrable |
|---|---|---|
| 1. Définir le besoin | traduire la demande en questions de veille, en axes et en mots-clés | plan de veille |
| 2. Choisir les sources | repérer les sources créatives et techniques, les évaluer | liste de sources notées |
| 3. Collecter | mettre en place les outils push, mener les recherches pull et les observations | éléments collectés, datés |
| 4. Sélectionner et analyser | trier, vérifier, regrouper, repérer les codes et les tendances | éléments retenus et classés |
| 5. Mettre en forme et diffuser | rédiger, composer une planche, présenter à l’équipe | note de veille, planche d’inspiration |
| 6. Stocker et évaluer | ranger, protéger, mesurer ce qui a servi, ajuster les sources | dossier de veille, bilan |
BDéfinir le besoin
Tout commence par la demande : le brief de l’annonceur (document qui résume ses objectifs, sa cible, son budget et ses délais) et, quand il existe, le brief créatif rédigé par l’agence (la construction du brief relève du bloc 1, chapitres B1-03 et B1-06). La veille ne cherche pas « tout sur le cinéma » : elle répond à des questions précises.
Le plan de veille
Le plan de veille est le document court qui cadre une veille : objet et commanditaire, questions à traiter, axes de recherche, mots-clés, sources prévues, période, responsables, livrables et date de remise. Il évite de se disperser et permet de rendre compte du travail.
Le plan de veille de Jade pour Ciné-Marées
Objet : préparer la séance de créativité du 12/11/2026 pour la communication de la 10e édition (affiche, programme, bande-annonce, réseaux sociaux). Commanditaire : Hugo Delaunay. Période : du 21/10 au 6/11/2026. Livrables : note de veille et planche d’inspiration, le 9/11/2026.
| Axe | Questions | Mots-clés (exemples) |
|---|---|---|
| A. Codes des festivals de cinéma | comment les festivals, surtout de courts métrages, construisent-ils leurs affiches et bandes-annonces ? quels codes reviennent ? | affiche festival court métrage ; bande-annonce festival ; identité visuelle festival cinéma |
| B. Célébrer un anniversaire | comment des événements culturels ont-ils célébré une 10e ou une 20e édition ? | 10e édition festival ; anniversaire identité visuelle ; dix ans événement culturel |
| C. Parler aux 18-25 ans | quels formats, tons et réseaux pour un public jeune et cinéphile ? | vidéo verticale cinéma ; format court festival réseaux sociaux |
| D. Mer, port, marée | quels univers visuels autour de la mer et du Havre sont saturés ou au contraire peu exploités ? | affiche mer graphisme ; illustration port ; marée design |
| E. Technique | quels formats vidéo et quelles techniques d’impression responsables pour le programme ? | format 9:16 bande-annonce ; papier recyclé programme ; encres végétales impression |
- Relis la demande et souligne ce qui oriente la création : cible, objectifs, supports, contraintes, ton, budget, délai.
- Formule trois à six questions de veille, chacune utile à une décision créative ou technique.
- Regroupe-les en axes (codes du secteur, cible, thème, technique…).
- Traduis chaque axe en mots-clés : synonymes, termes anglais du métier, noms de supports et de formats.
- Prévois les sources, la période, le temps disponible, les livrables et leur date.
- Fais valider le plan par ton responsable avant de collecter.
CChoisir les sources
Une source est l’origine d’une information : une personne, une organisation, un média, une base, un lieu. Une bonne veille croise des sources variées : institutionnelles et indépendantes, françaises et étrangères, numériques et physiques, spécialisées et grand public.
| Famille | Exemples | Ce qu’on y trouve |
|---|---|---|
| Palmarès et prix de la création | festivals et prix de la communication (par exemple les Cannes Lions, festival international de la créativité, ou le palmarès du Club des directeurs artistiques) | campagnes primées, souvent documentées (annonceur, agence, date) |
| Presse professionnelle | magazines de la communication et du marketing (par exemple Stratégies, CB News) | campagnes récentes, analyses, nominations, tendances du secteur |
| Archives et musées | archives de l’INA, Gallica (BnF), collection publicité du musée des Arts décoratifs | campagnes et affiches anciennes, histoire des codes |
| Plateformes de création | portfolios de graphistes et de studios (Behance, Dribbble), réseaux d’images (Pinterest, Instagram) | tendances graphiques, travaux d’auteurs, inspirations, mais aussi beaucoup de copies |
| Le secteur de l’annonceur | sites et réseaux des autres festivals, pages des salles, programmes papier | codes du secteur, pratiques des concurrents ou des pairs |
| Le terrain | rue, vitrines, halls de cinéma, salons, festivals, magasins | information primaire : supports réels, emplacements, réactions du public |
| Sources techniques | centres d’aide et annonces officielles des plateformes, salons de l’innovation, sites et catalogues des imprimeurs et papetiers, labels environnementaux | formats, spécifications, nouveautés, contraintes techniques |
Pour la veille technologique, préfère la source officielle : la page d’aide d’une plateforme donne le format exact accepté et sa date de mise à jour ; un article de blog le recopie parfois avec retard ou erreur. Note toujours la date de consultation : les spécifications changent souvent.
Pour comparer des sources, on utilise une grille pondérée : chaque critère reçoit un poids (un pourcentage) selon son importance, et la somme des poids fait 100 %. Chaque source reçoit une note par critère. On calcule la note globale, puis on garde les meilleures sources et on surveille les autres de loin.
La grille de sources de Jade
Données : critères et poids choisis avec Hugo (pertinence 35 %, fiabilité 30 %, actualité 20 %, accès et coût 15 %) ; notes de 1 à 5.
| Source | Pertinence | Fiabilité | Actualité | Accès et coût | Note globale |
|---|---|---|---|---|---|
| Site d’un grand festival de courts métrages | 5 | 5 | 4 | 5 | 4,80 |
| Compte d’un graphiste sur une plateforme de portfolios | 4 | 3 | 5 | 5 | 4,05 |
| Magazine professionnel de la communication (abonnement de l’agence) | 4 | 5 | 4 | 2 | 4,00 |
| Tableau d’épingles anonyme sur un réseau d’images | 3 | 1 | 3 | 5 | 2,70 |
Formule : note globale = Σ (poids × note). Le signe Σ (sigma) veut dire « somme de » : on multiplie la note de chaque critère par son poids, puis on additionne les produits. Un poids de 35 % s’écrit 0,35 dans le calcul. Contrôle : 0,35 + 0,30 + 0,20 + 0,15 = 1, soit 100 %.
Calcul pour la première source : 0,35 × 5 = 1,75 ; 0,30 × 5 = 1,50 ; 0,20 × 4 = 0,80 ; 0,15 × 5 = 0,75. Somme : 1,75 + 1,50 + 0,80 + 0,75 = 4,80 sur 5. Pour le tableau anonyme : 0,35 × 3 + 0,30 × 1 + 0,20 × 3 + 0,15 × 5 = 1,05 + 0,30 + 0,60 + 0,75 = 2,70 sur 5.
Interprétation : le tableau d’épingles est gratuit et facile d’accès, mais sa fiabilité très faible (images sans auteur) le fait chuter. Jade peut l’utiliser pour repérer des pistes, à condition de remonter ensuite aux créations d’origine ; elle ne le cite pas comme source.
DUne veille permanente et des recherches ponctuelles
Le référentiel demande de « structurer une démarche de veille permanente ». Une agence ne repart pas de zéro à chaque brief : elle entretient une veille de fond, partagée par toute l’équipe, et la complète par des recherches ciblées pour chaque demande.
| Veille permanente | Recherche ponctuelle | |
|---|---|---|
| Déclencheur | aucun : elle tourne toute l’année | une demande d’annonceur, un brief |
| Objet | tendances créatives et techniques générales du secteur | les questions du plan de veille |
| Outils | surtout push : alertes, flux, infolettres, abonnements | surtout pull : requêtes, archives, terrain, entretiens |
| Organisation | rôles répartis, rythme fixe, espace partagé | une personne ou un binôme, un délai |
| Livrable | lettre de veille périodique, réunion courte | note de veille, planche d’inspiration |
La veille permanente chez Orvenne
Chez Orvenne, chaque pôle surveille son domaine : la création (Margaux Fontenelle et l’équipe graphique) suit les tendances visuelles et les palmarès ; le digital (Yanis Belkacem) suit les nouveautés des plateformes ; la production (Pauline Ravel) suit les techniques d’impression et les offres des prestataires. Chacun dépose ses trouvailles, décrites et sourcées, dans l’espace partagé « VEILLE ». Le lundi à 9 h 30, un « café veille » de 15 minutes permet à chacun de présenter une ou deux trouvailles. Une fois par mois, l’agence diffuse en interne une lettre de veille d’une page, « La Vigie », préparée à tour de rôle. Jade part de ce fonds.
Une veille permanente se définit par des rôles (qui surveille quoi), un rythme (quand on collecte, quand on partage), des outils (alertes, flux, espace partagé) et un format de diffusion (réunion, lettre). Sans ces quatre éléments, elle s’arrête à la première période chargée.
4. Rechercher et collecter
Collecter, c’est faire venir l’information à soi ou aller la chercher. Les deux logiques, push et pull, ont chacune leurs outils et leurs limites. La qualité de la collecte dépend surtout de la précision des mots-clés et de la rigueur avec laquelle on note la source de chaque élément.
APush et pull
Push et pull
- En push (« pousser »), l’information vient à toi sans que tu la demandes à chaque fois : tu t’abonnes une fois, puis tu reçois. Exemples : alerte d’un moteur de recherche, flux RSS lu dans un agrégateur (expliqués ci-dessous), infolettre (lettre d’information reçue par courriel), notification d’un compte suivi.
- En pull (« tirer »), tu vas chercher l’information au moment où tu en as besoin : requête dans un moteur, consultation d’une base ou d’une archive, visite d’un site, d’un salon ou d’un lieu, entretien.
Le flux RSS mérite une explication. Beaucoup de sites (magazines, blogs, pages d’actualité) publient la liste de leurs nouveaux articles dans un format standard, le flux RSS (de l’anglais Really Simple Syndication, « diffusion vraiment simple »). Un agrégateur (lecteur de flux) rassemble les flux de dizaines de sites dans une seule page, sans publicité ni algorithme de tri : tu vois chaque nouveauté, dans l’ordre. C’est un outil simple et gratuit de veille permanente.
Ce qu'ont rapporté les deux logiques à Jade (21/10 au 6/11/2026)
Données : Jade compte, pour chaque canal, les éléments reçus ou consultés et ceux qu’elle retient après le tri.
| Canal | Reçus ou consultés | Retenus | Rendement |
|---|---|---|---|
| Alertes de moteur de recherche (push) | 41 | 6 | 14,6 % |
| Flux RSS de 7 sites (push) | 88 | 11 | 12,5 % |
| Infolettres professionnelles (push) | 17 | 3 | 17,6 % |
| Recherches ciblées (pull) | 52 | 18 | 34,6 % |
| Total | 198 | 38 | 19,2 % |
Formule : rendement = éléments retenus ÷ éléments reçus ou consultés × 100. Il dit combien d’éléments sur 100 valaient la peine d’être gardés.
Calcul pour les recherches ciblées : 18 ÷ 52 = 0,346 ; × 100 = 34,6 %. Ensemble du push : retenus 6 + 11 + 3 = 20 ; reçus 41 + 88 + 17 = 146 ; 20 ÷ 146 × 100 = 13,7 %. Total : 38 ÷ 198 × 100 = 19,2 %.
Interprétation : le push apporte 146 ÷ 198 × 100 = 73,7 % du volume, mais seulement 20 ÷ 38 × 100 = 52,6 % des éléments retenus. Le pull, ciblé sur les questions du plan, a un rendement plus de deux fois supérieur (34,6 ÷ 13,7 = 2,5 fois). Le push reste utile pour ne rien manquer ; Jade resserrera ses alertes (mots-clés plus précis) pour réduire le bruit.
BMots-clés et opérateurs de recherche
Une recherche efficace repose sur des mots-clés bien choisis. Un mot-clé trop général (« affiche ») noie l’information ; un mot-clé trop étroit (« affiche festival court métrage Le Havre 2019 ») ne ramène rien.
- Pars des questions du plan de veille et isole les notions essentielles (objet, secteur, support, cible).
- Ajoute les synonymes et les termes du métier : « bande-annonce », « teaser » (courte vidéo qui annonce sans tout montrer), « trailer » (bande-annonce en anglais) ; « identité visuelle », « charte graphique » (le document qui fixe logo, couleurs et typographies d’une marque).
- Pense à l’anglais, langue de nombreuses sources créatives : « short film festival poster », « film festival key visual » (visuel principal).
- Combine les mots-clés avec les opérateurs du moteur (tableau ci-dessous).
- Teste, observe, ajuste : si les résultats sont hors sujet, exclus un terme ; s’ils sont trop peu nombreux, élargis.
- Conserve tes meilleures requêtes dans le plan de veille : elles serviront aux alertes et à la prochaine veille.
| Opérateur | Effet | Exemple |
|---|---|---|
| “…” (guillemets) | expression exacte | “festival de courts métrages” |
| - (signe moins) | exclut un mot | affiche festival -musique |
| OR (en majuscules) | l’un ou l’autre | bande-annonce OR teaser festival |
| site: | limite à un site ou à un domaine (la fin de l’adresse, comme .fr) | identité visuelle festival site:fr |
| filetype: | limite à un type de fichier | programme festival filetype:pdf |
| intitle: | mot présent dans le titre de la page | intitle:“10e édition” festival |
Les opérateurs varient d’un moteur à l’autre et peuvent évoluer : vérifie-les dans l’aide du moteur que tu utilises. Au 23/10/2026, l’aide de Google présente les guillemets, le signe moins, site: et filetype: (ainsi que before: et after: pour les dates), mais pas OR ni intitle: ; l’aide de Bing présente site:, filetype: et une recherche dans le titre (intitle:). Teste toujours une requête avant de l’enregistrer. Sur les plateformes d’images et les réseaux sociaux, la recherche passe surtout par les mots-dièse (hashtags) et les comptes à suivre : repère quelques comptes de référence plutôt que de parcourir des milliers de publications.
CLes outils de la collecte
| Outil | Logique | Usage en veille créative et technologique | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Alerte de moteur de recherche | push | être prévenu des nouvelles pages contenant une requête | résultats bruyants si la requête est large |
| Agrégateur de flux RSS | push | suivre en un lieu les nouveautés de magazines et de sites | tous les sites ne proposent pas de flux |
| Infolettres et abonnements | push | recevoir les sélections de la presse professionnelle, des palmarès, des fournisseurs | crée vite une surcharge : une adresse dédiée aide |
| Comptes suivis sur les réseaux | push | voir les créations de studios, d’illustrateurs, de festivals | l’algorithme filtre ce que tu vois |
| Moteur de recherche, recherche d’images | pull | répondre à une question précise ; retrouver l’origine d’une image (recherche par image) | vérifier l’auteur et la date |
| Archives et bases | pull | retrouver une campagne ancienne, l’histoire d’un code | consultation parfois sur place ou payante |
| Outil d’écoute du web | push et pull | repérer ce qui se dit sur un sujet ou une marque | surtout utilisé pour l’e-réputation, ce qui se dit d’une marque en ligne (B2-12) |
| Outil de capture et de prise de notes | stockage | garder une trace datée d’une page, avec son adresse | une capture n’autorise pas la réutilisation |
Les outils de veille automatisée plus avancés sont présentés au chapitre B3-03. Ici, on attend surtout des outils de base bien maîtrisés.
DLes recherches complémentaires
Quand la veille laisse une question sans réponse, on mène une recherche complémentaire, le plus souvent primaire :
- observer sur le terrain : où sont posées les affiches du festival, à quelle hauteur, à côté de quoi, sous quelle lumière ;
- interroger quelques personnes de la cible ou de l’annonceur : trois questions courtes à la sortie d’une séance, un échange avec une bénévole ;
- tester un outil ou un format : exporter une bande-annonce en 9:16 (image verticale, 9 unités de large pour 16 de haut, comme un téléphone tenu debout) pour voir ce que le recadrage fait à l’image ;
- demander un renseignement technique à un prestataire (entreprise extérieure qui fournit un service) : grammage (poids du papier en grammes par mètre carré, qui indique son épaisseur), délai, échantillon de papier.
La recherche complémentaire de Jade
La veille montre que beaucoup d’affiches de festivals jouent sur le noir de la salle. Jade se demande si un fond sombre restera lisible sur les panneaux du Havre. Le samedi 31 octobre, elle photographie, avec l’accord du cinéma partenaire, le hall et les vitrines où l’affiche sera exposée, et note l’éclairage. Elle constate que les affiches sombres se reflètent dans les vitrines en plein jour. Cette information primaire, impossible à trouver en ligne, rejoindra sa note de veille.
ENoter la source de chaque élément
Une trouvaille sans sa source est inutilisable : on ne peut ni la vérifier, ni la citer, ni savoir si on a le droit de la montrer. Chaque élément collecté reçoit une fiche (ou une ligne d’un tableau de veille).
Décrire un élément collecté
- Quoi : nature de l’élément (affiche, vidéo, article, fonctionnalité, procédé), titre ou description en quelques mots.
- Qui : annonceur, agence ou auteur ; à défaut, « non identifié ».
- Quand : date de diffusion ou de publication, date de ta consultation.
- Où : adresse de la page ou lieu, média, pays.
- Pourquoi : l’axe et la question du plan de veille auxquels il répond.
- Droits : qui détient les droits ; usage possible (interne seulement, citation, licence).
- Mots-clés : pour le retrouver plus tard.
5. Sélectionner et analyser
La collecte apporte surtout du bruit. Il faut trier sans regret, vérifier ce qu’on garde, puis analyser : regrouper, comparer, repérer les codes qui reviennent et ceux qui manquent. C’est là que la veille devient utile à la création.
ATrier selon le besoin créatif
Le référentiel demande de « sélectionner de l’information en réponse à un besoin créatif ». On ne garde pas ce qui est beau : on garde ce qui aide à décider.
Trier les éléments collectés
- Premier filtre, la pertinence : l’élément répond-il à une question du plan ? Sinon, on l’écarte (ou on le verse à la veille permanente s’il intéresse l’agence).
- Deuxième filtre, la fiabilité : auteur, date, diffusion réelle vérifiés ? Sinon, on vérifie ou on écarte.
- Troisième filtre, l’apport : l’élément apporte-t-il quelque chose de nouveau par rapport à ceux déjà retenus ? On garde le meilleur exemple de chaque idée, pas dix exemples de la même.
- Classer les éléments retenus par axe du plan de veille.
- Noter en une phrase ce que chaque élément apprend (« ce que j’en retiens »).
Trier, c’est aussi accepter de jeter. Une note de veille de 60 images sans commentaire n’est pas une veille : c’est un album. L’équipe créative a besoin de peu d’éléments, bien choisis et commentés.
BRepérer les codes d’un secteur
Chaque secteur a ses codes récurrents : des couleurs, des symboles, des cadrages, des tons, des formules qui reviennent d’une communication à l’autre. Ils aident le public à reconnaître le secteur, mais ils peuvent aussi rendre toutes les communications semblables.
La théorie des codes, des symboles et des références culturelles est étudiée en cultures de la communication (chapitres CDC-04 et CDC-07) ; ici, on apprend à les repérer dans un corpus de veille (l’ensemble des éléments réunis pour l’analyse).
Codes récurrents d'un secteur
Les codes récurrents d’un secteur sont les éléments de forme et de fond que l’on retrouve dans une grande partie de ses communications : signes visuels, couleurs, typographies, cadrages (la façon dont l’image est découpée), personnages, tons, promesses, formats. Repérés par la veille, ils sont classés en trois catégories : les codes à respecter (attendus par le public), les codes saturés (trop vus, qui banalisent) et les espaces libres (peu exploités, où se différencier).
Les codes repérés par Jade dans 24 affiches de festivals de cinéma
Jade rassemble les affiches de 24 éditions récentes de festivals de cinéma français et européens (décrites et sourcées dans son tableau de veille). Elle compte, pour chaque code, le nombre d’affiches où il apparaît.
| Code | Affiches | Classement de Jade |
|---|---|---|
| Nom du festival et dates en gros caractères | 24 sur 24 | à respecter (fonction d’information) |
| Pellicule, bobine ou clap | 11 | saturé, et daté (le numérique a remplacé la pellicule) |
| Faisceau du projecteur ou salle sombre | 9 | saturé |
| Fauteuils rouges | 5 | saturé |
| Illustration originale d’un artiste invité | 8 | à respecter pour un festival culturel (signature d’auteur) |
| Lieu ou paysage de la ville du festival | 7 | utile pour l’ancrage local |
| Public représenté (spectateurs, visages) | 3 | espace libre |
| Chiffre de l’édition mis en scène | 2 (deux anniversaires) | espace libre pour une 10e édition |
Ce tableau ne dit pas ce qu’il faut créer. Il montre les pièges (pellicule, fauteuils rouges) et la place libre (le public, le chiffre 10).
Pour repérer les codes, place les visuels côte à côte (sur une planche ou un mur) et pose toujours les mêmes questions : couleurs dominantes ? typographie ? personnage ou objet central ? cadrage ? ton du texte ? Un élément qui revient dans une grande partie du corpus est un code du secteur.
CAnalyser pour en tirer des enseignements
Analyser, c’est passer de « ce que j’ai vu » à « ce que cela signifie pour notre demande ». Trois opérations y aident.
| Opération | Question | Exemple pour Ciné-Marées |
|---|---|---|
| Regrouper | quels éléments disent la même chose ? | plusieurs festivals confient leur affiche à un illustrateur différent chaque année |
| Comparer | qu’est-ce qui distingue les communications les plus marquantes ? | les éditions anniversaires les plus mémorables racontent l’histoire du festival au lieu d’empiler les chiffres |
| Interpréter | qu’est-ce que cela implique pour notre annonceur, sa cible, ses supports ? | pour toucher les 18-25 ans, la bande-annonce doit exister en format vertical, avec des sous-titres, dans une version très courte |
L’analyse distingue aussi les tendances durables (une évolution de fond des usages ou des techniques) des effets de mode (un style qui passera dans quelques mois). Une campagne s’appuie sur les premières ; elle ne reprend un effet de mode que par clin d’œil.
DCe que la veille technologique doit trancher
La veille technologique ne se contente pas de lister des nouveautés : elle dit ce qui est faisable, à quel coût et avec quelles contraintes.
Les constats techniques de Jade
- Vidéo : les plateformes de vidéo courte et les « stories » (publications en plein écran qui disparaissent après 24 heures) privilégient le format vertical 9:16 ; la bande-annonce du festival, tournée en 16:9 (format horizontal de la télévision), devra être recadrée ou recomposée. Jade a vérifié les formats acceptés sur les pages d’aide officielles de trois plateformes, consultées le 28/10/2026. Les plateformes proposent un sous-titrage automatique, qu’il faudra relire.
- Impression : l’imprimeur habituel d’Orvenne propose des papiers recyclés ou issus de forêts gérées durablement (labels FSC, Forest Stewardship Council, ou PEFC, Programme for the Endorsement of Forest Certification) et des encres à base végétale ; Orvenne s’est engagée à imprimer sur papier certifié 100 % de ses volumes en 2027.
- Lien papier-numérique : un code QR (carré de points que l’on scanne avec un téléphone pour ouvrir une page) sur le programme peut renvoyer vers la billetterie en ligne ; il doit être testé à la taille réelle d’impression.
- Outils de génération d’images (logiciels d’intelligence artificielle qui créent une image à partir d’un texte) : Margaux veut savoir s’ils peuvent servir aux esquisses. Jade note les conditions d’utilisation des outils de l’agence et signale que l’usage d’images générées dans une production finale pose des questions de droits à traiter avec le chapitre B2-11.
6. Mettre en forme les résultats
Une veille ne sert que si elle est lue et utilisée. Sa mise en forme dépend du destinataire et de l’usage : une note pour décider, une planche pour inspirer, un tableau pour retrouver. Dans tous les cas, on va à l’essentiel et on cite ses sources.
AChoisir le bon format
| Format | Contenu | Destinataire et usage |
|---|---|---|
| Note de veille (ou note de synthèse) | une à deux pages : contexte, enseignements par axe, sources, pistes à explorer | responsable, équipe créative, parfois client ; pour décider |
| Planche d’inspiration (moodboard) | composition d’images, de couleurs, de typographies, de matières, avec légendes | équipe créative ; pour inspirer et partager une ambiance |
| Tableau de veille | une ligne par élément : description, source, date, axe, enseignement, droits | toute l’équipe ; pour retrouver et vérifier |
| Lettre de veille | sélection périodique courte de trouvailles commentées | toute l’agence ; pour entretenir la culture commune |
| Présentation orale | quelques visuels commentés en 5 à 10 minutes | séance de créativité, réunion client ; pour lancer une discussion |
La planche d'inspiration
La planche d’inspiration (en anglais moodboard) est un document visuel qui rassemble des images, des couleurs, des typographies, des textures et des mots pour exprimer une ambiance ou une direction possible. Elle sert de support de discussion entre créatifs, et parfois avec le client. Chaque élément y est légendé (source, auteur) : ce n’est pas une maquette, et rien de ce qu’elle contient n’est destiné à être repris tel quel.
BRédiger une note de veille
Rédiger une note de veille
- En-tête : destinataire, auteur, date, objet (« Veille créative et technologique — Ciné-Marées 2027 »), période couverte.
- Rappel de la demande en deux ou trois lignes : annonceur, objectifs, supports, cible.
- Enseignements par axe : pour chaque axe du plan, deux à quatre constats, chacun appuyé sur un ou deux exemples décrits et sourcés.
- Codes du secteur : à respecter, saturés, espaces libres (un petit tableau suffit).
- Contraintes et possibilités techniques : formats, procédés, coûts ou délais à prévoir.
- Pistes à explorer : trois ou quatre directions ouvertes, formulées comme des questions ou des intentions, pas comme des créations finies.
- Sources : liste datée, avec renvoi au tableau de veille et à la planche.
Extrait de la note de veille de Jade (9/11/2026)
Axe B — Célébrer un anniversaire. Les éditions anniversaires observées utilisent deux registres : la rétrospective (affiches des éditions passées, chiffres cumulés) et la projection (« les dix prochaines années »). La rétrospective parle aux fidèles ; la projection parle davantage aux nouveaux publics, priorité de Ciné-Marées. Deux festivals du corpus ont mis en scène le chiffre de l’édition dans le visuel lui-même ; aucun n’a montré son public.
Pistes à explorer : faire du chiffre 10 un élément graphique (vague, marée, horizon) ; montrer le public du festival plutôt que la salle ; une bande-annonce verticale très courte pensée d’abord pour le téléphone.
Écris chaque constat sous la forme fait → source → conséquence : « Huit affiches sur vingt-quatre sont signées par un illustrateur invité (tableau de veille, lignes 3 à 10) : un visuel d’auteur est attendu pour un festival culturel. » Le lecteur voit d’où vient l’idée et ce qu’elle implique.
CComposer une planche d’inspiration
Une bonne planche est lisible (douze à vingt éléments au plus), organisée (zones par direction ou par thème) et commentée (une légende courte par élément). Elle peut proposer deux ou trois directions contrastées, pour que la séance de créativité choisisse.
Les éléments de la planche posent une question de droits : une affiche, une photo ou une illustration trouvées en ligne sont des œuvres protégées. La partie suivante explique comment les conserver et les montrer sans faute. Pour cette raison, beaucoup d’agences composent leurs planches avec des liens vers les créations, leurs propres photos, des images sous licence de la banque d’images de l’agence et des descriptions de campagnes.
DPrésenter sa veille à l’équipe
À la séance du 12 novembre, Jade dispose de dix minutes. Elle ne lit pas sa note : elle montre la planche, énonce trois constats forts, présente le tableau des codes et termine par ses pistes à explorer.
Mettre en forme, c’est adapter : au destinataire (créatif, directeur de clientèle, client), à l’usage (décider, inspirer, retrouver) et au temps disponible. Dans tous les formats : peu d’éléments, des commentaires, des sources datées, et une distinction nette entre ce qu’on a observé et ce qu’on propose.
7. Stocker et protéger la veille
Les éléments de veille, les notes et surtout les pistes créatives ont de la valeur : il faut pouvoir les retrouver, les partager avec les bonnes personnes et les protéger. Il faut aussi respecter les droits de ceux qui ont créé les contenus collectés.
ALe système d’information de l’agence
Le système d'information
Le système d’information (SI) d’une organisation est l’ensemble organisé des ressources (personnes, procédures, données, matériels, logiciels, réseaux) qui permettent de collecter, stocker, traiter et diffuser l’information utile à son activité.
Chez Orvenne, la veille passe par plusieurs composantes du SI : l’espace de stockage collaboratif (dossiers partagés), l’outil de gestion de projet (tâches et échéances, chapitre B2-02), la messagerie, les logiciels de PAO (publication assistée par ordinateur : mise en page, retouche d’images) et l’outil d’écoute du web. La transformation du travail par le numérique et la place du SI dans l’organisation sont étudiées en CEJM (chapitre CEJM-16).
La sécurité d’un SI se juge d’après quatre besoins.
| Besoin | Définition | Pour la veille d’Orvenne |
|---|---|---|
| Disponibilité | l’information est accessible quand on en a besoin | la note de veille est là le jour de la séance, même si l’ordinateur de Jade tombe en panne |
| Intégrité | l’information n’est ni altérée ni modifiée sans contrôle | la version validée par Hugo n’est pas écrasée par un brouillon |
| Confidentialité | seules les personnes autorisées y accèdent | les pistes de Ciné-Marées ne sont pas visibles par d’autres clients ni par des tiers |
| Traçabilité (ou preuve) | on sait qui a fait quoi, et quand | on peut dater une piste créative et savoir qui l’a déposée |
BOrganiser le stockage
Organiser le stockage d'une veille
- Une arborescence stable (l’organisation des dossiers et sous-dossiers) : un espace « veille permanente » pour l’agence ; dans l’espace de chaque client, un dossier par projet avec des sous-dossiers numérotés (brief, veille, pistes, production).
- Un nommage normé : date à l’envers (AAAAMMJJ), client, objet, version, sans espace ni accent (« 20261109_CineMarees_note_veille_v02 ») ; les fichiers se classent seuls par date.
- Une fiche ou un tableau de veille : une ligne par élément, avec sa source, sa date, ses mots-clés et ses droits.
- Des versions : on ne remplace pas une version validée, on crée « v02 » ; la version envoyée au client est en PDF.
- Des droits d’accès : lecture pour tous sur la veille permanente ; accès limité à l’équipe du projet pour le dossier client ; dossier « pistes » encore plus restreint.
- Un ménage régulier : à la fin du projet, on archive, on supprime les doublons et les éléments dont on n’a plus besoin.
CSécuriser les contenus et les pistes
Les pistes créatives sont le cœur de la valeur d’une agence : une piste divulguée avant la présentation au client peut être copiée, ou perdre son effet de surprise. Le droit protège d’ailleurs les informations confidentielles d’une entreprise, à condition qu’elle les protège elle-même. La règle figure dans le Code de commerce (abrégé « C. com. »).
Le secret des affaires — art. L151-1 C. com., à jour au 21/10/2026
Principe : une information est protégée au titre du secret des affaires si elle remplit trois conditions : elle n’est pas généralement connue ni facilement accessible aux professionnels du secteur ; elle a une valeur commerciale, réelle ou potentielle, parce qu’elle est secrète ; son détenteur a pris des mesures de protection raisonnables pour la garder secrète.
Conséquence : une agence qui laisse ses pistes dans un dossier ouvert à tous, ou qui les envoie sur une messagerie personnelle, aura du mal à invoquer le secret si elles sont divulguées. Les mesures de protection font partie des conditions. La notion est aussi présentée en CEJM (chapitre CEJM-21).
Les règles de sécurité d'Orvenne pour la veille
- Pas de copie de fichiers clients sur une clé USB personnelle ni dans une messagerie personnelle ; on partage par lien depuis l’espace de l’agence, avec une date d’expiration.
- Mots de passe propres à chaque personne et double authentification (un code reçu sur le téléphone en plus du mot de passe) sur l’espace collaboratif.
- Dossier « 03_Pistes » réservé à Margaux, Hugo, Lucien Ferrand (concepteur-rédacteur, il écrit les textes) et Jade pendant le projet.
- Sauvegarde automatique quotidienne, en plusieurs exemplaires : la règle dite « 3-2-1 », recommandée par l’ANSSI et la CNIL, consiste à garder trois copies des données (l’original et deux sauvegardes) sur deux supports différents, dont une hors ligne (débranchée du réseau, donc à l’abri d’un rançongiciel) ; la CNIL conseille aussi d’en conserver au moins une dans un lieu distinct des locaux.
- Clause de confidentialité dans les contrats des indépendants (free-lances, payés à la mission) et des prestataires qui accèdent aux dossiers.
- Pour prouver la date d’une piste ou d’une création, l’agence peut recourir à l’horodatage électronique (un enregistrement qui prouve la date et l’heure d’un fichier) ou à un dépôt daté (CEJM-15 ; antériorité des créations : B2-11).
Une veille contient parfois des données personnelles, c’est-à-dire des informations qui permettent d’identifier une personne : nom et coordonnées d’un illustrateur repéré, liste d’influenceurs avec leurs audiences, photos de personnes reconnaissables prises sur le terrain. Le RGPD (règlement général sur la protection des données, texte européen) s’applique alors.
La sécurité des données personnelles — art. 32 du règlement (UE) 2016/679 (RGPD), à jour au 21/10/2026
Principe : le responsable du traitement (celui qui décide pourquoi et comment les données sont utilisées, ici l’agence) et ses sous-traitants (prestataires qui traitent les données pour lui) doivent prendre des mesures techniques et organisationnelles qui garantissent un niveau de sécurité adapté au risque : par exemple chiffrement (rendre les données illisibles sans une clé), maîtrise de la confidentialité, de l’intégrité et de la disponibilité des systèmes, capacité à rétablir les données après un incident, contrôle régulier des mesures. Les personnes qui ont accès aux données ne les traitent que sur instruction.
Pour la veille : ne collecte que les données utiles (le nom professionnel et le portfolio d’un illustrateur, pas sa vie privée), range-les dans l’espace protégé du projet, supprime-les quand elles ne servent plus. Les autres règles du RGPD (principes, droits des personnes, sanctions) sont étudiées en CEJM (chapitre CEJM-14) ; l’image des personnes, au chapitre B2-11.
DRespecter les droits des contenus collectés
La veille manipule sans cesse des œuvres : affiches, photos, illustrations, vidéos, articles. Elles sont presque toutes protégées par le droit d’auteur : les droits que la loi donne au créateur d’une œuvre. Ses règles figurent dans le Code de la propriété intellectuelle (CPI).
La protection des œuvres — art. L111-1, L112-1 et L112-2 CPI, à jour au 21/10/2026
Principe : l’auteur d’une œuvre de l’esprit (une création de forme originale, qui porte la marque de la personnalité de son auteur) a sur elle un droit de propriété exclusif, du seul fait de sa création : aucun dépôt ni aucune mention « © » n’est nécessaire. Toutes les œuvres sont protégées, quels que soient leur genre, leur forme, leur mérite ou leur destination : une affiche publicitaire ou une photo de produit l’est autant qu’un tableau. La loi cite notamment les œuvres graphiques et typographiques, photographiques, audiovisuelles, les illustrations et les œuvres des arts appliqués.
Pour la veille : une affiche de festival trouvée en ligne a un ou plusieurs auteurs (illustrateur, graphiste, photographe) ; le fait qu’elle soit accessible à tous ne la rend pas libre.
Reproduire sans autorisation — art. L122-4 et L335-3 CPI, à jour au 21/10/2026
Principe : toute reproduction (copie, quel que soit le procédé) ou représentation (communication au public) d’une œuvre, en tout ou en partie, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit (ses héritiers ou ceux à qui il a cédé ses droits) est illicite, c’est-à-dire interdite. Il en va de même pour une adaptation ou une transformation.
Conséquence : la reproduction, la représentation ou la diffusion d’une œuvre en violation des droits de l’auteur constitue le délit de contrefaçon (art. L335-3), puni de trois ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende (art. L335-2). L’auteur peut aussi demander au juge des dommages et intérêts, une somme qui répare son préjudice.
La loi prévoit des exceptions, limitées. Deux reviennent souvent dans les discussions sur la veille ; elles couvrent beaucoup moins de situations qu’on ne le croit.
Les exceptions au droit d'auteur — art. L122-5 CPI, à jour au 21/10/2026
Principe : une fois l’œuvre divulguée, l’auteur ne peut pas interdire certains usages, notamment :
- la copie privée : une copie faite à partir d’une source licite (obtenue légalement), strictement réservée à l’usage privé de celui qui la fait et non destinée à une utilisation collective ;
- les analyses et courtes citations justifiées par un but critique, pédagogique, scientifique ou d’information, à condition d’indiquer clairement le nom de l’auteur et la source.
Toutes les exceptions ont une limite commune : elles ne doivent ni porter atteinte à l’exploitation normale de l’œuvre, ni causer un préjudice injustifié à l’auteur.
Pour la veille d’agence : la copie privée ne couvre pas une planche partagée avec une équipe pour un projet client, car l’usage est professionnel et collectif. La courte citation vise un extrait court intégré dans une analyse : une affiche reproduite en entier n’est pas une courte citation.
Concrètement, les agences combinent plusieurs précautions :
| Situation | Bonne pratique |
|---|---|
| Garder la trace d’une campagne vue en ligne | conserver le lien vers la page d’origine, une description écrite et les références (annonceur, agence, date) |
| Composer une planche d’inspiration interne | privilégier liens, photos personnelles, images sous licence de la banque d’images de l’agence ; légender chaque élément ; garder la planche en interne |
| Montrer des exemples à un client | décrire les campagnes et renvoyer à leur source ; ne pas intégrer de visuels de tiers dans un document remis ou publié |
| S’inspirer d’un code (une couleur, un cadrage) | possible : un code ou une idée générale n’appartient à personne ; ne pas reprendre la composition, le dessin, la photo eux-mêmes |
| Diffuser des articles de presse à l’équipe ou au client | envoyer le lien et un résumé personnel ; copier et rediffuser les articles exige une licence (voir ci-dessous) |
| Utiliser un élément dans une production | jamais sans autorisation ou licence écrite : c’est l’objet du chapitre B2-11 |
Rediffuser des articles de presse — art. L122-10 CPI et licences du CFC, à jour au 21/10/2026
Principe : la publication d’une œuvre emporte cession du droit de reproduction par reprographie (photocopie et procédés équivalents sur papier) à un organisme de gestion collective (il encaisse les droits pour le compte des auteurs et des éditeurs) agréé par le ministère de la Culture. Pour la presse et le livre, cet organisme est le Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC), qui gère aussi, par mandat des éditeurs, des droits de rediffusion numérique.
En pratique : le CFC rappelle que rediffuser sans autorisation des articles de presse entre salariés, sous forme de panorama de presse (compilation d’articles), à des clients ou sur un site, est illicite ; il propose des licences adaptées (panorama de presse, diffusion à des contacts externes, usage sur le web). Un abonnement à un journal permet de le lire, pas de rediffuser ses articles. Une agence qui envoie chaque mois à l’équipe une compilation d’articles copiés doit être couverte par une licence ; à défaut, la lettre de veille se limite à des liens et à des résumés rédigés par l’agence.
« Je l’ai trouvée sur internet, donc elle est libre de droits » : c’est faux. « Je cite l’auteur, donc j’ai le droit » : c’est faux aussi, sauf dans le cadre étroit de la courte citation. Une image n’est utilisable librement que si son auteur l’a placée sous une licence (une autorisation d’usage, à certaines conditions) qui le permet, ou si elle est entrée dans le domaine public (en principe 70 ans après la mort de l’auteur). Dans le doute, on décrit et on renvoie à la source.
EÉvaluer et ajuster la veille
Dernière étape du cycle : vérifier que la veille a servi. Jade fait un court bilan après la séance de créativité.
Faire le bilan d'une veille
- Utilité : combien d’éléments de la note ont été repris dans la séance ? quelles questions sont restées sans réponse ?
- Rendement des sources et des canaux : lesquels ont apporté les éléments retenus ? (rendement = retenus ÷ reçus) ; supprimer les alertes trop bruyantes, ajouter les sources découvertes.
- Temps passé : comparer au temps prévu ; repérer ce qui a pris trop de temps (tri, vérification).
- Stockage : tout est-il rangé, nommé, décrit, protégé ?
- Capitalisation : verser à la veille permanente ce qui peut servir à d’autres clients (sans les informations confidentielles du projet).
8. Valoriser sa veille à l’E6
La veille est une compétence évaluée à l’épreuve E6, l’épreuve du BTS consacrée au bloc 2. Elle doit apparaître dans le portfolio (le dossier qui rassemble tes réalisations) et dans au moins une fiche descriptive de situation professionnelle, et tu dois pouvoir l’expliquer et la défendre devant la commission (le jury).
ADans le portfolio et les fiches
Le dossier de l’E6 comprend un tableau synoptique (tableau récapitulatif) de tes réalisations et trois fiches descriptives de situation professionnelle qui, ensemble, couvrent toutes les activités du bloc 2, dont la veille créative et technologique. La veille apparaît rarement seule : elle est en général la première phase d’une réalisation (une affiche, une campagne sur les réseaux, un événement).
Dans une fiche, décris ta veille de façon concrète :
- la demande et le besoin créatif auquel elle répondait ;
- ton plan de veille : axes, mots-clés, sources, période ;
- tes outils (push et pull) et tes recherches complémentaires ;
- ce que tu as retenu et pourquoi (critères de sélection) ;
- la mise en forme (note, planche) et ce que l’équipe en a fait ;
- tes précautions de stockage et de droits.
Ne joins pas au portfolio une planche remplie de visuels de tiers sans légende ni source. La commission comprend un professionnel : il repérera le problème de droits, et tout plagiat (présenter le travail d’un autre comme le sien) est sanctionné comme une fraude. Montre plutôt ta méthode, tes descriptions, tes propres photos et des liens.
BRépondre aux questions de la commission
La commission te demande de justifier tes choix et fait varier les paramètres : « et si vous aviez eu une semaine au lieu de trois ? », « et si la cible avait été les familles ? ».
| Question | Éléments de réponse attendus |
|---|---|
| Comment avez-vous choisi vos sources ? | critères (pertinence, fiabilité, actualité, coût), grille, diversité des sources, vérification de l’origine |
| Quelle différence entre votre veille et une recherche sur internet ? | plan de veille, questions précises, push et pull, tri, analyse, mise en forme, stockage, bilan |
| Qu’avez-vous fait des éléments de veille ? | note, planche, séance de créativité, pistes retenues, lien avec la production |
| Aviez-vous le droit de reproduire ces images ? | droit d’auteur, exceptions limitées, usage interne, liens, descriptions, licences, B2-11 |
| Et avec une semaine seulement ? | resserrer le plan sur deux axes, partir de la veille permanente, privilégier le pull ciblé, note plus courte |
Devant la commission, une veille se défend par sa méthode (plan, sources, tri), son utilité (ce qu’elle a changé dans la création) et sa rigueur (sources datées, stockage, droits). Prépare un exemple chiffré : nombre d’éléments collectés et retenus, temps passé, pistes nourries.
Erreurs fréquentes
| Erreur | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Collecter « tout ce qui est joli » sans plan | partir de la demande, formuler des questions, des axes et des mots-clés, et faire valider le plan |
| Confondre veille et recherche d’idées | la veille analyse ce qui existe ; les pistes créatives naissent en séance (B2-04) |
| Confondre information primaire et secondaire | primaire = recueillie par toi pour ce besoin ; secondaire = déjà produite par d’autres |
| Confondre push et pull | push = l’information vient à toi (alertes, flux) ; pull = tu vas la chercher (requêtes, terrain) |
| Garder des éléments sans source ni date | décrire chaque élément : quoi, qui, quand, où, pourquoi, droits |
| Citer une image virale comme une campagne réelle | vérifier l’annonceur, la date et la diffusion ; sinon écarter ou signaler « auteur non identifié » |
| Rendre un album d’images sans commentaire | peu d’éléments, classés par axe, chacun avec « ce que j’en retiens » |
| Croire qu’une image trouvée en ligne est libre | toute œuvre est protégée dès sa création ; copie privée et courte citation ne couvrent pas une planche d’équipe ni une production |
| Rediffuser des articles copiés dans une lettre de veille | liens et résumés personnels, ou licence du CFC |
| Stocker les pistes sur une clé USB ou une messagerie personnelle | espace de l’agence, accès restreint, sauvegarde, partage par lien |
L’essentiel du chapitre
À retenir
- Veille créative : productions et tendances esthétiques ; veille technologique : moyens de produire et de diffuser. Elles nourrissent la création (B2-04) et la production (B2-06, B2-07).
- Donnée brute → information (donnée porteuse de sens) → connaissance (mobilisable). Information primaire : recueillie par soi pour le besoin ; secondaire : déjà produite par d’autres. Qualités : pertinence, fiabilité, actualité, précision, accessibilité, coût.
- Cycle : définir le besoin (plan de veille : questions, axes, mots-clés, sources, période, livrables) → choisir les sources (grille pondérée) → collecter → sélectionner et analyser → mettre en forme → stocker et évaluer.
- Veille permanente (rôles, rythme, outils, diffusion) + recherches ponctuelles et complémentaires (terrain, entretiens, tests).
- Push : l’information vient à toi (alertes, flux RSS, infolettres, comptes suivis). Pull : tu vas la chercher (requêtes avec opérateurs, archives, terrain). Rendement = retenus ÷ reçus.
- Analyse : trier (pertinence, fiabilité, apport), regrouper, comparer, interpréter ; repérer les codes du secteur : à respecter, saturés, espaces libres.
- Restitution : note de veille (décider), planche d’inspiration (inspirer), tableau de veille (retrouver), lettre de veille (entretenir) ; constats « fait → source → conséquence » ; pistes à explorer, pas de création finie.
- SI et sécurité : disponibilité, intégrité, confidentialité, traçabilité ; nommage AAAAMMJJ, versions, droits d’accès, sauvegardes ; secret des affaires si mesures de protection raisonnables (L151-1 C. com.) ; RGPD art. 32.
- Droits : œuvre protégée dès sa création (L111-1, L112-1 CPI) ; reproduction sans consentement illicite (L122-4), contrefaçon 3 ans et 300 000 € (L335-2, L335-3) ; copie privée et courte citation très limitées (L122-5) ; rediffuser des articles : licence CFC (L122-10).
Sources et références
- Arrêté du 19/12/2022 portant définition du BTS Communication,
modifié par l’arrêté du 8/07/2024 : annexe III, bloc 2, activité «
Veille créative et technologique au service de la demande » (compétence
C2.1 et savoirs « Le cadre informationnel des activités de communication
») ; définition de l’épreuve E6 (annexe IV, version de 2024). Voir
ANALYSE_REFERENTIEL_COMMUNICATION.md. - Lus sur Légifrance le 21/10/2026 : Code de la propriété intellectuelle, art. L111-1 (version en vigueur depuis le 27/12/2020), L112-1, L112-2, L122-4, L122-5 (version en vigueur depuis le 01/01/2023), L122-10 (depuis le 24/12/2016), L335-2 (depuis le 05/06/2016) et L335-3 (depuis le 14/06/2009) ; Code de commerce, art. L151-1 (depuis le 01/08/2018).
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), art. 32, lu le 21/10/2026.
- Centre français d’exploitation du droit de copie, page « Entreprises privées & publiques » (cfcopies.com, consultée le 21/10/2026) : licences standard, panorama de presse, externe ciblée et web.
- FuturBTS : CEJM-07 (veille et environnement), CEJM-14 (données personnelles), CEJM-15 (preuve et horodatage), CEJM-16 (numérique et management), CEJM-21 (secret des affaires) ; Communication B1-03, B1-04, B1-06, B2-02, B2-04, B2-06, B2-07, B2-11, B2-12, B3-03, CDC-02, CDC-04, CDC-07.
- ANSSI, Sauvegarde des systèmes d’information : les fondamentaux, ANSSI-BP-100, v1.1 du 27/11/2025, recommandations R11 et R12 (messervices.cyber.gouv.fr) ; CNIL, « Sécurité : Sauvegarder » (cnil.fr) : lus le 23/10/2026.
- Aide de la recherche Google, « Affiner les recherches sur le Web » (support.google.com) ; aide Microsoft Bing, « Mots-clés de recherche avancée » (support.microsoft.com) : consultées le 23/10/2026.
Contenu original FuturBTS. Orvenne Communication, Ciné-Marées et les personnes citées sont fictifs ; le corpus d’affiches, les chiffres de collecte et les constats de Jade sont inventés pour l’exemple. Les organisations réelles citées comme sources (festivals, magazines, archives, plateformes, CFC) n’ont aucun lien avec Orvenne. Aucun passage, exemple ou exercice n’est repris d’un manuel existant.