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B2 · chapitre 1 Chapitre offert

Le droit du commerce international

Ce que tu sauras faire : Repérer les règles qui encadrent un contrat international (conventions, accords commerciaux, droit de l'Union, usages), déterminer la loi applicable et le juge compétent, savoir quand la convention de Vienne s'applique, tenir compte du système juridique du partenaire et agir de façon éthique, notamment face à la corruption.

2 h de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Sauf indication contraire, les exercices se situent chez Drévalis SAS (Annecy) entre novembre 2026 et mars 2027. Drévalis, ses partenaires, leurs contrats et leurs montants sont fictifs. Les règles de droit, la liste des États parties à la convention de Vienne et les accords commerciaux sont ceux du cours, à jour au 21/10/2026. Cours de change : BCE du 20/10/2026, 1 € = 1,1215 USD. Arrondis les montants au centime et les pourcentages au dixième.

Exercice 1

Les mots du droit international

Application

Associe chaque terme (1 à 8) à sa définition (a à h).

  1. Conflit de lois
  2. Convention multilatérale
  3. Lex mercatoria
  4. Loi de police
  5. Contravention essentielle
  6. Clause attributive de juridiction
  7. Sentence arbitrale
  8. Paiement de facilitation
  1. Petite somme versée à un agent public pour accélérer une formalité à laquelle on a droit.

  2. Règle impérative jugée essentielle par un pays, qui s’applique quelle que soit la loi choisie par les parties.

  3. Situation dans laquelle plusieurs droits nationaux pourraient s’appliquer au même contrat.

  4. Manquement si grave qu’il prive l’autre partie de l’essentiel de ce qu’elle attendait du contrat.

  5. Décision rendue par un ou plusieurs arbitres choisis par les parties.

  6. Ensemble des règles nées de la pratique du commerce international et non d’un État.

  7. Clause qui désigne le tribunal qui tranchera un litige.

  8. Traité qui lie plusieurs États.

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Terme Définition Repère
1. Conflit de lois c plusieurs droits nationaux possibles : on applique une règle de conflit (Rome I)
2. Convention multilatérale h ex. la CVIM, 97 États parties
3. Lex mercatoria f ex. Incoterms® 2020, RUU 600, principes d’UNIDROIT
4. Loi de police b Rome I, art. 9
5. Contravention essentielle d CVIM, art. 25
6. Clause attributive de juridiction g Bruxelles I bis, art. 25
7. Sentence arbitrale e exécution facilitée par la convention de New York de 1958
8. Paiement de facilitation a interdit en droit français (art. 435-3 C. pén.)
Piège

Ne confonds pas la loi de police (une règle impérative qui s’applique malgré le choix des parties) et la loi applicable (le droit national choisi par les parties ou désigné par Rome I). Un contrat soumis au droit suisse reste soumis aux règles françaises de lutte contre la corruption.

Exercice 2

Vrai ou faux ?

Droit

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifie en une ou deux phrases.

  1. Un traité ratifié et publié par la France a une autorité supérieure à celle des lois françaises.
  2. La convention de Vienne s’applique à une lampe Lueur 400 vendue sur le site de Drévalis à un randonneur suisse pour son usage personnel.
  3. Les Incoterms® 2020 s’appliquent à toutes les ventes internationales, même si le contrat ne les mentionne pas.
  4. Sans clause, un contrat d’achat de Drévalis auprès d’un fournisseur italien est soumis au droit italien devant un juge français.
  5. Écrire « le contrat est régi par le droit français » suffit pour écarter la convention de Vienne.
  6. Un jugement d’un tribunal français condamnant Almfeld Sport (Munich) peut être exécuté en Allemagne sans procédure d’exequatur.
  7. Le Royaume-Uni est partie à la convention de Vienne de 1980.
  8. Drévalis, avec 92 salariés, est tenue par la loi Sapin II de mettre en place un programme anticorruption complet.
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  1. Vrai. L’article 55 de la Constitution donne aux traités ratifiés et publiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve d’application par l’autre partie.
  2. Faux. La CVIM exclut les ventes à un consommateur pour un usage personnel, familial ou domestique (art. 2). Seules les ventes entre professionnels sont visées.
  3. Faux. Les Incoterms sont des règles de la lex mercatoria, rédigées par la CCI : ils ne s’appliquent que si le contrat y fait référence (ex. « EXW Annecy, Incoterms® 2020 »).
  4. Vrai. À défaut de choix, Rome I soumet la vente de marchandises à la loi du pays du vendeur (art. 4, § 1, a), ici l’Italie. La CVIM s’applique aussi, puisque la France et l’Italie sont parties.
  5. Faux. Le droit français comprend la CVIM, que la France a ratifiée. Pour l’écarter, il faut une mention expresse (art. 6).
  6. Vrai. Une décision rendue dans un État membre est reconnue et exécutoire dans les autres sans exequatur (Bruxelles I bis, art. 36 et 39).
  7. Faux. Le Royaume-Uni ne figure pas dans la liste des États parties de la CNUDCI. La CVIM peut s’appliquer à une vente avec un client britannique seulement par le cas b) (loi d’un État partie désignée).
  8. Faux. L’article 17 vise les sociétés d’au moins 500 salariés dont le chiffre d’affaires dépasse 100 millions d’euros. Drévalis n’est pas visée, mais ses grands clients peuvent lui imposer leurs exigences.
Exercice 3

Classer les sources

Application

Pour chaque règle ou texte, indique sa catégorie (convention bilatérale, convention multilatérale, accord commercial, droit de l’Union européenne, lex mercatoria, droit national) et explique en une phrase pourquoi elle peut concerner Drévalis.

  1. La convention de Vienne du 11 avril 1980 sur la vente internationale de marchandises.

  2. Les Incoterms® 2020 de la Chambre de commerce internationale.

  3. L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Suisse.

  4. Le règlement (CE) n° 593/2008, dit Rome I.

  5. Les Règles et usances uniformes relatives aux crédits documentaires (RUU 600).

  6. L’article 435-3 du Code pénal.

  7. La convention de New York de 1958 sur les sentences arbitrales étrangères.

  8. Les principes d’UNIDROIT relatifs aux contrats du commerce international.

  9. L’accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada.

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Règle Catégorie Pourquoi elle concerne Drévalis
a) Convention de Vienne (1980) convention multilatérale elle régit la plupart des ventes de Drévalis à ses clients étrangers et de ses achats en Chine, en Italie et au Portugal
b) Incoterms® 2020 lex mercatoria (règles de la CCI) le tarif export est EXW Annecy ; chaque offre précise un Incoterm (FCA, DAP, CIP…)
c) Accord UE-Suisse accord commercial bilatéral (accord de libre-échange) les lampes et bâtons originaires de l’Union peuvent entrer en Suisse avec moins de droits de douane : argument pour Gratlauf
d) Règlement Rome I droit de l’Union européenne (règlement) il désigne la loi applicable aux contrats de Drévalis devant un juge européen
e) RUU 600 lex mercatoria (règles de la CCI) Drévalis utilise le crédit documentaire avec Lumiaxe et l’envisage avec Andesur
f) Art. 435-3 C. pén. droit national (loi pénale française) il punit la corruption d’agents publics étrangers commise par ses salariés, même à l’étranger
g) Convention de New York (1958) convention multilatérale elle permet de faire exécuter une sentence arbitrale chez un client hors d’Europe (Chili, Canada, Japon)
h) Principes d’UNIDROIT lex mercatoria (principes rédigés par une organisation intergouvernementale, appliqués si les parties ou les arbitres les choisissent) ils peuvent servir de règles neutres dans un contrat avec un partenaire d’un autre système juridique
i) AECG UE-Canada accord commercial (accord de libre-échange, appliqué à titre provisoire depuis 2017) il peut réduire les droits de douane payés par Northbrae sur les produits originaires de l’Union
Piège

La convention UE-Suisse est bilatérale même si l’Union compte 27 États : il y a deux parties, l’Union et la Suisse. Et les principes d’UNIDROIT ne sont pas une convention : aucun État ne les a ratifiés, ils s’appliquent par choix.

Exercice 4

Quelle part des ventes relève de la CVIM ?

Calcul et analyse

Claire Vautrin, responsable export, veut savoir quelle part des ventes export de Drévalis relève directement de la convention de Vienne (les deux pays sont parties, cas a). Elle te remet les ventes export 2025 (en euros HT).

Pays Ventes 2025
Allemagne 2 300 000
Italie 900 000
Espagne 760 000
Benelux 520 000
Suisse 1 180 000
Royaume-Uni 1 050 000
Canada 980 000
Japon 774 000
  1. Calcule le total des ventes export 2025.
  2. À l’aide du tableau des États parties du cours, calcule le montant et la part des ventes export qui relèvent directement de la CVIM (cas a).
  3. Calcule la part des ventes vers le seul pays non partie. Explique dans quel cas la CVIM peut quand même s’appliquer à ces ventes.
  4. Parmi les ventes qui relèvent directement de la CVIM, calcule la part réalisée hors de l’Union européenne (en pourcentage du total export). Que conclus-tu sur l’intérêt de bien connaître la convention ?
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1. Total des ventes export 2025

2 300 000 + 900 000 + 760 000 + 520 000 + 1 180 000 + 1 050 000 + 980 000 + 774 000 = 8 464 000 €.

2. Ventes relevant directement de la CVIM (cas a)

Tous les pays sont parties, sauf le Royaume-Uni : Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Suisse, Canada et Japon.

  • Montant : 8 464 000 € − 1 050 000 € = 7 414 000 €.
  • Part : 7 414 000 € ÷ 8 464 000 € × 100 = 87,6 %.

3. Ventes vers le Royaume-Uni

1 050 000 € ÷ 8 464 000 € × 100 = 12,4 %.

La CVIM peut quand même s’appliquer par le cas b) : si la loi applicable est celle d’un État partie. Sans clause, Rome I désigne la loi du vendeur, Drévalis, donc le droit français ; la France est partie sans réserve de l’article 95 : devant un juge français, la CVIM s’applique. Une clause choisissant le droit anglais l’écarterait, puisque le Royaume-Uni n’est pas partie.

4. Part hors de l’Union européenne parmi les ventes directement couvertes

Suisse + Canada + Japon = 1 180 000 + 980 000 + 774 000 = 2 934 000 €, soit 2 934 000 ÷ 8 464 000 × 100 = 34,7 % du total export.

Conclusion. Près de neuf euros d’export sur dix relèvent directement de la CVIM, dont plus d’un tiers avec des pays hors de l’Union, où le droit local est très différent. La CVIM est donc le droit commun des ventes export de Drévalis : l’équipe export doit en connaître les règles (délais de dénonciation, résolution, dommages et intérêts) et décider consciemment de la garder ou de l’écarter.

Exercice 5

Quelle loi s’applique ?

Droit

Pour chaque contrat, détermine la loi nationale applicable devant un juge français, puis indique si la convention de Vienne s’applique (cas a, cas b ou non). Justifie à chaque fois.

  1. Vente de 2 000 paires de bâtons Crête Alu à Almfeld Sport (Munich), sans clause de loi applicable.

  2. Achat de 30 000 tubes en aluminium à Tubolario Brenni (Lecco, Italie), sans clause de loi applicable.

  3. Vente de lampes Lueur 900 à Gratlauf Outdoor (Berne), contrat qui prévoit : « droit suisse ».

  4. Vente de bâtons Crête Carbone à Fellcroft Outdoor (Kendal, Royaume-Uni), sans clause de loi applicable.

  5. Achat de tubes en carbone à Kaoyen Carbon Works (Taichung, Taïwan), sans clause de loi applicable.

  6. Achat de tubes à Kaoyen, contrat qui prévoit : « droit français, à l’exclusion de la convention de Vienne du 11 avril 1980 ».

  7. Pour le contrat e), quel risque cela représente-t-il pour Drévalis et quelle clause Mathieu Perrod devrait-il négocier ?

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Contrat Loi applicable (juge français) CVIM ?
a) Vente à Almfeld (Allemagne), sans clause droit français : loi du vendeur, Drévalis, dont l’administration centrale est à Annecy (Rome I, art. 4 et 19) oui, cas a : France et Allemagne parties
b) Achat à Tubolario (Italie), sans clause droit italien : loi du vendeur oui, cas a : France et Italie parties
c) Vente à Gratlauf (Suisse), « droit suisse » droit suisse : choix exprès des parties (art. 3), valable même pour un pays hors de l’Union (art. 2) oui, cas a : France et Suisse parties ; « droit suisse » ne l’écarte pas
d) Vente à Fellcroft (Royaume-Uni), sans clause droit français : loi du vendeur oui, cas b : le Royaume-Uni n’est pas partie, mais la loi désignée est celle de la France, État partie sans réserve
e) Achat à Kaoyen (Taïwan), sans clause droit taïwanais : loi du vendeur non : Taïwan n’est pas partie et la loi désignée n’est pas celle d’un État partie
f) Achat à Kaoyen, « droit français, à l’exclusion de la CVIM » droit français : choix exprès non : exclusion expresse (art. 6) ; le Code civil s’applique

g) Risque et clause à négocier. Avec le contrat e), Drévalis est soumise à un droit qu’elle ne connaît pas, dans une langue qu’elle ne lit pas : délais pour se plaindre, garanties et dommages et intérêts sont incertains. Mathieu Perrod devrait négocier une clause choisissant le droit français : la CVIM s’appliquerait alors par le cas b), avec des règles connues et neutres, et le Code civil compléterait. Il peut aussi envisager une clause d’arbitrage, puisque l’exécution d’un jugement français à Taïwan n’est pas garantie.

Piège

La règle par défaut de Rome I désigne la loi du vendeur, quel que soit le pays de l’entreprise qui pose la question. À l’export, Drévalis est vendeuse (droit français) ; à l’import, elle est acheteuse (droit du fournisseur).

Exercice 6

La réclamation d’Almfeld

Droit

Le jeudi 10 décembre 2026, Drévalis livre à Almfeld Sport, à Munich (DAP Munich, rendu à Munich), 600 lampes Lueur 900 à 46 € HT l’unité. Le contrat ne contient aucune clause de loi applicable ni de garantie particulière. Almfeld ouvre les cartons le lundi 14 décembre et constate que 40 lampes ont un interrupteur bloqué. Son acheteur, Jonas Weidinger, ne prévient Drévalis que le mardi 9 mars 2027, par courriel : « 40 lampes défectueuses, nous refusons de payer toute la livraison et nous annulons la commande. »

  1. La convention de Vienne s’applique-t-elle à cette vente ? Justifie.
  2. Calcule la valeur des lampes défectueuses et leur part dans la livraison.
  3. Almfeld a-t-elle respecté ses obligations d’examen et de dénonciation ? Quel délai maximal la convention fixe-t-elle dans tous les cas ?
  4. Almfeld peut-elle « annuler » toute la commande ? Raisonne à partir de la notion de contravention essentielle.
  5. Propose à Théo la réponse que Drévalis pourrait faire, en deux ou trois phrases, en restant commercialement constructif.
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1. Application de la CVIM. Oui. C’est une vente de marchandises entre deux professionnels établis dans des États différents (France, Allemagne), tous deux parties à la convention (cas a, art. 1er). Le contrat ne l’écarte pas. Sans clause, le droit français (loi du vendeur) compléterait les questions non réglées.

2. Valeur et part des lampes défectueuses

  • Valeur de la livraison : 600 × 46 € = 27 600 € HT.
  • Valeur des lampes défectueuses : 40 × 46 € = 1 840 € HT.
  • Part : 40 ÷ 600 × 100 = 6,7 % de la livraison.

3. Examen et dénonciation.

  • Examen : Almfeld a ouvert les cartons le 14 décembre, quatre jours après la livraison : c’est un examen rapide (art. 38).
  • Dénonciation : elle a attendu le 9 mars 2027, soit près de trois mois après avoir constaté un défaut visible. La CVIM exige une dénonciation dans un délai raisonnable après la découverte (art. 39). Pour un défaut apparent sur des produits commerciaux, trois mois de silence risquent d’être jugés trop longs : Almfeld pourrait perdre le droit d’invoquer le défaut.
  • Délai maximal : dans tous les cas, deux ans après la remise effective, soit au plus tard le dimanche 10 décembre 2028, sauf garantie contractuelle plus longue.

4. « Annuler » toute la commande ? Annuler revient ici à résoudre le contrat. La résolution suppose une contravention essentielle (art. 25 et 49). Un défaut sur 6,7 % des lampes, réparable ou remplaçable, ne prive pas Almfeld de l’essentiel de ce qu’elle attendait : les 560 autres lampes sont vendables. La résolution totale n’est donc pas justifiée, et le refus de payer toute la livraison non plus. Au mieux, si la dénonciation est jugée faite à temps, Almfeld peut demander le remplacement ou la réparation des 40 lampes, ou une réduction du prix de 1 840 €.

5. Réponse proposée. « Nous regrettons ce défaut et vous proposons de remplacer les 40 lampes dès la semaine prochaine, à nos frais. Les 560 autres lampes étant conformes, nous vous remercions de régler la facture selon les conditions convenues, déduction faite des 1 840 € correspondant aux lampes remplacées jusqu’à leur livraison. Pour l’avenir, merci de nous signaler tout défaut dès sa découverte. » Drévalis peut juridiquement opposer le retard de dénonciation, mais Almfeld est son premier client : un geste commercial préserve la relation (chapitre « Traiter une réclamation », B1-08).

Piège

Avoir juridiquement raison n’oblige pas à l’invoquer. L’assistant présente à sa responsable les deux lectures : la position juridique (dénonciation tardive, pas de résolution totale) et la solution commerciale.

Exercice 7

Un contrat de common law

Analyse

Northbrae Outfitters (Vancouver, Canada) envoie à Drévalis un projet de contrat d’approvisionnement de 22 pages, en anglais. Claire te montre trois extraits.

Extrait 1 (en anglais). “1. Definitions. In this Agreement, ‘Products’ means the trekking poles and headlamps listed in Schedule A; ‘Territory’ means the Provinces of British Columbia and Alberta.”

Extrait 2 (en anglais). “14. Entire Agreement. This Agreement constitutes the entire agreement between the parties and supersedes all prior negotiations, representations and agreements, whether written or oral.”

Extrait 3 (en anglais). “18. Governing Law. This Agreement shall be governed by the laws of the Province of British Columbia.”

  1. Traduis le sens de chaque extrait en français courant.
  2. À quel système juridique appartient la Colombie-Britannique ? Explique pourquoi le contrat est si long et commence par des définitions.
  3. Pendant la négociation, Megan Holloway, l’interlocutrice de Northbrae, a promis par courriel que Northbrae présenterait les bâtons Crête dans ses vitrines pendant le premier mois. Quel est le risque créé par l’extrait 2 ? Que faut-il faire ?
  4. La clause 18 désigne le droit de la Colombie-Britannique. La convention de Vienne pourrait-elle quand même s’appliquer ? Raisonne avec le cours, en signalant ce qui resterait à vérifier.
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1. Sens des extraits

  • Extrait 1 — Définitions : « Dans le présent contrat, “Produits” désigne les bâtons de randonnée et lampes frontales énumérés à l’annexe A ; “Territoire” désigne les provinces de Colombie-Britannique et d’Alberta. »
  • Extrait 2 — Intégralité de l’accord : « Le présent contrat constitue l’intégralité de l’accord entre les parties et remplace toutes les négociations, déclarations et accords antérieurs, écrits ou oraux. »
  • Extrait 3 — Loi applicable : « Le présent contrat est régi par le droit de la province de Colombie-Britannique. »

2. Système juridique. La Colombie-Britannique relève de la common law (le Québec est la seule province dont le droit privé est civiliste). Le droit y vient d’abord des décisions des juges, et le juge s’attache surtout aux mots du contrat. Les rédacteurs cherchent donc à tout prévoir par écrit et à définir chaque mot important, pour éviter qu’un juge ne donne à un terme un sens inattendu : d’où un contrat long qui commence par des définitions.

3. Risque de l’extrait 2. La clause d’intégralité écarte tout ce qui a été promis avant la signature et ne figure pas dans le contrat. La promesse de Megan Holloway (vitrines pendant le premier mois), faite par courriel, disparaîtrait. Il faut donc l’intégrer dans le contrat (clause ou annexe « actions promotionnelles ») avant de signer, ou obtenir un avenant signé. Plus généralement, Camille relit tous les échanges de la négociation et vérifie que chaque engagement utile figure dans le texte.

4. La CVIM malgré la clause 18 ? Oui, très probablement :

  • le Canada est partie à la CVIM et sa déclaration de l’article 93 couvre la Colombie-Britannique depuis l’adhésion de 1991 (état de la CNUDCI) : la vente est donc conclue entre deux établissements situés dans des États parties (cas a) ;
  • choisir le droit de la Colombie-Britannique, c’est choisir le droit d’une unité d’un État partie : comme pour « droit français », ce choix n’écarte pas à lui seul la convention ;
  • seule une exclusion expresse (art. 6) l’écarterait. Il faut donc relire tout le contrat pour s’assurer qu’aucune autre clause n’exclut la convention, puis décider avec Claire s’il vaut mieux la garder (règles neutres, connues de Drévalis) ou non.
Exercice 8

Cadeaux, commissions et douane

Analyse

Pour chaque situation, qualifie juridiquement les faits (comportement normal, risque à signaler, corruption d’agent public étranger, corruption privée), cite la règle applicable (loi ou code de conduite de Drévalis) et indique ce que doit faire le salarié concerné.

  1. À Shenzhen, un intermédiaire propose à Julien Favre de « faire passer plus vite » un lot à la douane chinoise contre 200 USD en espèces.

  2. Pendant l’appel d’offres de Drévalis pour choisir un transitaire, un concurrent de Transcolline Logistique offre à Mathieu Perrod deux billets pour une finale de coupe d’Europe, d’une valeur de 900 €.

  3. Kenta Ishida (Yamakaze Trading) invite Claire Vautrin et Camille à dîner pendant un salon professionnel à Osaka.

  4. Un agent commercial indépendant en Espagne demande que sa commission de 6 % soit versée sur un compte ouvert dans un pays tiers, au nom d’une société dont il ne donne pas le nom.

  5. À Noël, Almfeld Sport envoie au service export une boîte de spécialités bavaroises d’une valeur d’environ 40 €.

  6. Le directeur des achats d’un client potentiel suggère à Sofia Marques qu’« un geste personnel » de 2 % du montant de la première commande l’aiderait à « convaincre son comité ».

Pour terminer, explique en quelques lignes pourquoi Drévalis, qui n’est pas soumise à l’article 17 de la loi Sapin II, a intérêt à avoir ses propres règles de conduite.

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Situation Qualification Règle Conduite à tenir
a) 200 USD pour accélérer la douane chinoise corruption d’agent public étranger (paiement de facilitation), même par intermédiaire art. 435-3 C. pén. (10 ans, 1 000 000 €) ; code de conduite : aucun paiement à un agent public refuser, noter les faits (date, lieu, personne), informer Mathieu Perrod et Nathalie Grosjean ; accepter le délai normal
b) Billets à 900 € offerts pendant l’appel d’offres risque de corruption privée : valeur élevée, au moment d’une décision si une contrepartie est recherchée : art. 445-1 C. pén. pour le concurrent qui propose, art. 445-2 pour Mathieu s’il acceptait (corruption passive) ; code : déclaration au-delà de 80 €, aucun cadeau lié à une décision en cours refuser poliment, déclarer l’offre à la direction, la mentionner dans le dossier de l’appel d’offres
c) Dîner pendant un salon comportement normal : usage de la relation, valeur raisonnable, aucune décision en jeu code de conduite : invitations occasionnelles et raisonnables autorisées accepter, en informer la responsable export
d) Commission sur un compte d’une société inconnue dans un pays tiers risque à signaler : signal d’alerte de corruption ou de fraude (destinataire opaque) code : virement sur un compte au nom de l’intermédiaire, dans son pays refuser ce mode de paiement, exiger le compte de l’agent en Espagne, alerter Nathalie Grosjean
e) Boîte de spécialités à 40 € comportement normal : cadeau symbolique de fin d’année code : moins de 80 €, sans lien avec une décision accepter et partager avec l’équipe
f) « Geste personnel » de 2 % demandé par un acheteur corruption privée (sollicitation d’un salarié d’une entreprise privée ; y céder est puni) art. 445-1 C. pén. (5 ans, 500 000 €) refuser clairement, consigner l’échange, alerter la direction ; continuer la négociation sur des bases normales ou y renoncer

Pourquoi des règles propres à Drévalis ? Même sans obligation légale (moins de 500 salariés et de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires), Drévalis a intérêt à avoir ses règles :

  • ses salariés à l’étranger savent quoi répondre sur-le-champ, sans improviser ;
  • l’entreprise réduit son risque pénal et le risque pour sa réputation ;
  • ses grands clients, souvent soumis à la loi Sapin II, évaluent leurs fournisseurs : des règles écrites deviennent un argument commercial ;
  • un dispositif d’alerte permet de traiter un problème avant qu’il ne grandisse.
Piège

La frontière ne dépend pas seulement du montant : un cadeau modeste offert pendant un appel d’offres peut poser problème, alors qu’un dîner de salon sans décision en jeu est normal. Regarde toujours le moment et la contrepartie attendue.

Exercice 9

Le fournisseur défaillant

Calcul et analyse

Le lundi 7 décembre 2026, Drévalis commande à Lumiaxe Electronics (Shenzhen) 15 000 kits (module LED et batterie) pour les lampes Lueur 400, au prix de 6,20 USD l’unité, FOB Shenzhen (franco à bord au port de Shenzhen). Le contrat ne contient pas de clause de loi applicable.

Le lundi 4 janvier 2027, Lumiaxe écrit qu’elle ne livrera pas au prix convenu, en raison de la hausse du prix des cellules de batterie, et propose 7,40 USD. Drévalis déclare le contrat résolu le mardi 5 janvier et achète le lundi 18 janvier 2027 les 15 000 kits à un autre fabricant, à 6,85 USD l’unité. Pour éviter l’arrêt de l’atelier, une partie est expédiée par avion : supplément de fret de 1 850 USD.

  1. La convention de Vienne s’applique-t-elle ? Justifie (pense à la réserve de l’article 95 faite par la Chine).
  2. Drévalis pouvait-elle résoudre le contrat avant même la date de livraison ? Explique.
  3. Calcule, en dollars puis en euros, l’indemnité que Drévalis peut réclamer à Lumiaxe. Présente le calcul étape par étape.
  4. Lumiaxe répond que la hausse des cellules est un cas d’exonération (art. 79). Que penses-tu de cet argument ?
  5. Variante : Drévalis a attendu le 8 février sans raison et acheté à 7,10 USD. Calcule la part de la perte que Lumiaxe pourrait refuser d’indemniser, en dollars et en euros. Quelle règle s’applique ?
  6. Le contrat portait-il un risque de change pour Drévalis ? Calcule la valeur en euros du contrat initial au cours du 20/10/2026 (à titre indicatif) et renvoie au chapitre qui traite ce risque.
Voir le corrigé détaillé

1. Application de la CVIM. Oui. Vente de marchandises entre professionnels établis en France et en Chine, deux États parties : c’est le cas a) (art. 1er, 1, a). La réserve de l’article 95 faite par la Chine ne concerne que le cas b) ; elle ne joue pas ici. Sans clause, Rome I désigne le droit chinois (loi du vendeur) pour les questions que la CVIM ne règle pas.

2. Résolution avant la date de livraison. Oui. Lumiaxe a déclaré qu’elle ne livrerait pas au prix convenu : il est manifeste qu’elle commettra une contravention essentielle (refuser de livrer aux conditions du contrat prive Drévalis de l’essentiel). La CVIM permet alors de résoudre le contrat par anticipation (art. 72) ; comme Lumiaxe a déjà déclaré qu’elle n’exécuterait pas, Drévalis n’avait pas à lui demander d’abord des garanties. La proposition à 7,40 USD est une nouvelle offre, que Drévalis peut refuser.

3. Indemnité (art. 75 et 74)

Étape Calcul Résultat
Prix du contrat 15 000 × 6,20 USD 93 000,00 USD
Prix de remplacement 15 000 × 6,85 USD 102 750,00 USD
Différence de prix (6,85 USD − 6,20 USD) × 15 000 = 0,65 USD × 15 000 9 750,00 USD
Supplément de fret aérien (perte prévisible : sans kits, l’atelier s’arrête) — 1 850,00 USD
Indemnité totale 9 750,00 USD + 1 850,00 USD 11 600,00 USD
En euros (BCE 20/10/2026) 11 600,00 USD ÷ 1,1215 USD/€ 10 343,29 €

L’achat de remplacement a eu lieu 13 jours après la résolution, à un prix raisonnable : il remplit la condition d’un rachat « raisonnable et rapide ».

4. L’argument de l’exonération (art. 79). Il est faible. L’exonération suppose un empêchement indépendant de la volonté, imprévisible lors de la conclusion et insurmontable. Une hausse du prix d’un composant rend le contrat moins rentable pour Lumiaxe, mais ne l’empêche pas de livrer : c’est un risque commercial normal pour un fabricant, qui pouvait se couvrir. D’ailleurs, Lumiaxe propose de livrer à 7,40 USD : la livraison est donc possible.

5. Variante : achat tardif à 7,10 USD

  • Différence réclamée : (7,10 − 6,20) × 15 000 = 0,90 × 15 000 = 13 500,00 USD.
  • Différence qui aurait été payée en rachetant rapidement : 9 750,00 USD.
  • Perte évitable : 13 500,00 − 9 750,00 = 3 750,00 USD, soit 3 750,00 ÷ 1,1215 = 3 343,74 €.

Règle : la victime doit prendre des mesures raisonnables pour limiter sa perte (art. 77). Lumiaxe peut demander que l’indemnité soit réduite de la perte évitable : elle resterait limitée à 9 750 + 1 850 = 11 600,00 USD.

6. Risque de change. Oui : le contrat est libellé en dollars alors que Drévalis tient ses comptes en euros. Si l’euro baisse face au dollar avant le paiement, la facture coûte plus cher en euros. À titre indicatif, au cours du 20/10/2026 : 93 000,00 USD ÷ 1,1215 = 82 924,65 €. La mesure et la couverture de ce risque sont traitées au chapitre « Évaluer et couvrir les risques » (B2-13).

Piège

Ne divise pas un montant en dollars par l’inverse du cours. Le cours BCE se lit « 1 € = 1,1215 USD » : pour passer des dollars aux euros, on divise par 1,1215 ; pour passer des euros aux dollars, on multiplie.

Exercice 10

Entraînement E5 : la demande d’Andesur Aventura

Entraînement E5

Contexte. Drévalis SAS (Annecy, 92 salariés) conçoit et vend des bâtons de randonnée, des lampes frontales et des gourdes. Le jeudi 19 novembre 2026, Andesur Aventura SpA, chaîne de magasins de plein air de Santiago (Chili), a adressé une demande d’offre pour 1 200 paires de bâtons Crête Carbone et 800 lampes Lueur 400. Tu es Théo Marchal, apprenti en BTS Commerce international au service achats-import-logistique ; Claire Vautrin, responsable export, te demande de préparer l’analyse juridique du dossier avant la réunion du lundi 30 novembre.

Annexe 1 — Tarif export 2027 de Drévalis (extrait, EXW Annecy, Incoterms® 2020, € HT par unité de vente)

Référence Prix
Crête Carbone (paire) 54,00
Lueur 400 31,00

Annexe 2 — Courriel de Matías Fuenzalida, acheteur d’Andesur (jeudi 26 novembre 2026, en anglais)

Dear Ms Vautrin,

Thank you for your call. To speed things up, we suggest that our phone agreement next week be enough to confirm the order: we do not need a signed contract. As usual for us, the contract will be governed by Chilean law and any dispute will go to the courts of Santiago.

Our local agent, Mr Ignacio Valdés, will contact you about his fee. Please note that he also asks for an additional 3% of the order value, to be shared with members of our purchasing committee who “support” your products. He prefers payment to an account in Panama.

Best regards, Matías Fuenzalida, Purchasing Manager

Annexe 3 — Extrait de l’état des ratifications de la convention de Vienne (CNUDCI, consulté le 21/10/2026)

État Entrée en vigueur Déclaration
Chili 1/03/1991 articles 12 et 96 : les règles qui admettent une forme non écrite ne s’appliquent pas lorsqu’une partie a son établissement au Chili
France 1/01/1988 aucune

Annexe 4 — Extrait des règles de conduite de Drévalis (septembre 2026)

  • Aucun paiement, cadeau ou avantage à un agent public, quel qu’en soit le montant.
  • Intermédiaires : contrat écrit, commission justifiée par un service réel, virement sur un compte au nom de l’intermédiaire, dans son pays.
  • Alerte : tout doute est signalé à Nathalie Grosjean, responsable administrative et financière.

Travail à faire

  1. Calcule le montant de la demande d’Andesur au tarif EXW, puis le montant des 3 % demandés par l’agent. Calcule la part de cette commande dans les ventes export 2025 de Drévalis (8 464 000 €).
  2. La convention de Vienne s’applique-t-elle à cette vente ? Justifie à l’aide de l’annexe 3.
  3. Un accord conclu par téléphone suffirait-il ? Analyse la proposition d’Andesur à l’aide de l’annexe 3 et conclus.
  4. Andesur propose le droit chilien et les tribunaux de Santiago. Sans clause, quelle loi un juge français appliquerait-il ? Pourquoi ce raisonnement ne suffit-il pas face à un acheteur chilien ?
  5. Un jugement d’un tribunal de Santiago, ou d’un tribunal français, serait-il facile à exécuter dans l’autre pays ? Propose à Claire une clause de règlement des litiges plus équilibrée et justifie ton choix.
  6. Qualifie juridiquement la demande de l’agent (3 % « à partager »). Quels risques Drévalis courrait-elle ? Comment distinguer une commission d’agent normale de cette demande ?
  7. Rédige le courriel interne (8 à 12 lignes, en français) à Claire Vautrin, avec copie à Nathalie Grosjean, qui résume les points juridiques à négocier et la conduite à tenir face à la demande de l’agent.
Voir le corrigé détaillé

1. Montants

Élément Calcul Montant
Crête Carbone 1 200 × 54,00 € 64 800,00 €
Lueur 400 800 × 31,00 € 24 800,00 €
Demande d’Andesur (EXW Annecy) 64 800,00 € + 24 800,00 € 89 600,00 €
3 % demandés par l’agent 89 600,00 € × 3 % 2 688,00 €
Part dans l’export 2025 89 600 € ÷ 8 464 000 € × 100 1,1 %

La commande est intéressante (un nouveau marché hors d’Europe), mais elle ne représente qu’environ 1 % de l’export : Drévalis n’a aucune raison de prendre un risque juridique ou pénal pour l’obtenir.

2. Application de la CVIM. Oui. Vente de marchandises entre deux professionnels établis en France et au Chili, deux États parties (annexe 3) : cas a). Le contrat peut l’écarter par une clause expresse, mais rien ne l’impose.

3. Accord par téléphone ? Non. En principe, la CVIM n’exige aucune forme (art. 11). Mais le Chili a fait la déclaration des articles 12 et 96 (annexe 3) : les règles qui admettent une forme non écrite ne s’appliquent pas quand une partie a son établissement au Chili. Un accord téléphonique exposerait Drévalis à voir le contrat contesté. Conclusion : exiger une offre écrite de Drévalis et une acceptation écrite et signée d’Andesur (ou un contrat signé), qui reprennent toutes les conditions.

4. La loi applicable. Devant un juge français, sans clause, Rome I désigne la loi du vendeur : le droit français, complété par la CVIM. Mais Rome I ne lie que les juges des États membres de l’Union. Si Andesur saisit un tribunal de Santiago, celui-ci appliquera ses propres règles de conflit, qui peuvent désigner le droit chilien. Le résultat dépendrait donc du juge saisi en premier. D’où l’intérêt d’une clause de loi applicable négociée : par exemple « droit français, y compris la convention de Vienne », ou un compromis neutre (CVIM complétée par les principes d’UNIDROIT ou par le droit suisse).

5. Le juge et l’exécution.

  • Ni Bruxelles I bis ni Lugano ne s’appliquent entre la France et le Chili : un jugement français devrait être reconnu au Chili selon les règles chiliennes, et un jugement chilien en France par une procédure d’exequatur. L’exécution serait lente et incertaine dans les deux sens.
  • La France et le Chili sont tous deux parties à la convention de New York de 1958 : une sentence arbitrale serait reconnue et exécutée plus facilement dans les deux pays.
  • Clause proposée : « Tout litige relatif au présent contrat sera tranché définitivement par arbitrage selon le règlement d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale, par un arbitre unique ; le siège de l’arbitrage sera Genève ; la langue de l’arbitrage sera l’anglais. » Lieu neutre, langue commune, exécution facilitée. Contrepartie : un coût plus élevé, à comparer à l’enjeu (89 600 €) ; une médiation préalable peut être prévue (chapitre B2-14).

6. La demande de l’agent.

  • Qualification : verser 3 % de la commande, « à partager » avec des membres du comité d’achat d’Andesur, c’est proposer un avantage à des salariés d’une entreprise privée pour qu’ils choisissent Drévalis en violation de leurs obligations envers leur employeur : corruption privée (art. 445-1 C. pén.), commise par l’intermédiaire de l’agent. La loi chilienne peut aussi s’appliquer : un avocat local devrait le confirmer.
  • Risques : poursuites pénales en France contre les personnes (jusqu’à 5 ans et 500 000 €) et contre l’entreprise (art. 445-4) ; nullité du contrat d’agent ; perte de réputation ; exclusion par les grands clients soumis à la loi Sapin II.
  • Commission normale ou non : une commission d’agent normale rémunère un service réel (prospection, suivi), au taux habituel, prévue par un contrat écrit et payée par virement sur le compte de l’agent dans son pays. Ici, tous les signaux d’alerte sont réunis : supplément sans service, bénéficiaires chez le client, compte dans un pays tiers. Contraire à l’annexe 4.

7. Courriel interne (exemple)

Objet : Andesur Aventura — points juridiques avant la réunion du 30/11

Claire,

J’ai analysé le courriel de M. Fuenzalida du 26/11. La vente (89 600 € EXW) relève de la convention de Vienne. Le Chili ayant fait la déclaration de l’article 96, un accord par téléphone ne suffit pas : je propose d’exiger une acceptation écrite et signée de notre offre.

Andesur demande le droit chilien et les tribunaux de Santiago. Je suggère de proposer le droit français, convention de Vienne comprise, et un arbitrage CCI à Genève, en anglais, plus facile à faire exécuter au Chili grâce à la convention de New York.

Point grave : l’agent, M. Valdés, demande 3 % de la commande (2 688 €), « à partager » avec le comité d’achat, sur un compte au Panama. C’est de la corruption privée. Je propose de refuser par écrit et de ne traiter avec lui que sous contrat écrit, pour une commission justifiée, payée au Chili.

Nathalie, je te mets en copie au titre de notre dispositif d’alerte.

Théo

Piège

À l’E5, la question juridique se termine toujours par une solution opérationnelle : quelle clause proposer, quel document exiger, à qui alerter. Une analyse juste qui ne propose rien est incomplète.

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