1. Les acteurs de l’informatique
Derrière un simple poste de réception qui fonctionne, il y a un constructeur, plusieurs éditeurs, un opérateur, souvent un hébergeur et un prestataire qui assemble le tout. Connaître ces acteurs, c’est comprendre qui fait quoi, qui est responsable de quoi, et où se place l’entreprise pour laquelle tu travailles.
AUne question de Gwenaëlle
Lundi 19 octobre 2026, Gwenaëlle Le Bihan, directrice administrative et financière de Kervanet Hôtels & Résidences, reçoit Hélène Cazenave, présidente de Vellacor Services Numériques, pour préparer le budget informatique de 2027. Elle pose trois questions :
- « Une grande entreprise de services nationale m’a démarchée. Elle dit qu’elle peut tout faire, du matériel jusqu’au nuage. Pourquoi resterais-je avec vous ? »
- « Notre logiciel de gestion hôtelière est loué en ligne, nos postes viennent d’un constructeur, notre fibre d’un opérateur, notre site est hébergé chez vous. Qui est responsable de quoi si quelque chose ne marche pas ? »
- « On parle beaucoup de souveraineté numérique. Nos 38 000 fiches clients sont-elles en sécurité selon l’endroit où elles sont stockées ? »
Hélène confie la préparation de la réponse à ses deux alternants de BTS SIO, Lucas Ferrandi (option SISR) et Sarah Cherif (option SLAM). Leur première tâche : dresser la carte des acteurs qui interviennent dans le système informatique de Kervanet. Ce chapitre suit leur travail.
BUn marché qui pèse lourd
Le marché des services informatiques
Le marché des services informatiques est le lieu de rencontre entre les organisations qui ont besoin de solutions informatiques (matériel, logiciels, réseaux, hébergement, assistance, développement) et les entreprises qui les produisent ou les fournissent. Au sens large, on parle aussi de marché du numérique ou de secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Ce marché est important pour l’économie française. Deux sources permettent de le mesurer : l’Insee, qui recense toutes les entreprises par activité, et Numeum, le syndicat professionnel des entreprises du numérique (entreprises de services, éditeurs, plateformes et sociétés de conseil en technologies).
Le secteur informatique en France selon l'Insee (2023)
Source : Insee, Ésane, « Caractéristiques des services principalement marchands par activité », données 2023, paru le 18/09/2025. Champ : entreprises des services marchands non financiers, France.
| Secteur | Entreprises | Salariés (équivalent temps plein) | Chiffre d’affaires HT | Valeur ajoutée HT |
|---|---|---|---|---|
| Activités informatiques et services d’information | 139 356 | 548 642 | 120,1 Md€ | 59,4 Md€ |
| Télécommunications | 3 363 | 137 953 | 70,0 Md€ | 30,2 Md€ |
| Ensemble des services marchands non financiers | 2 371 537 | 5 549 130 | 994,7 Md€ | 475,2 Md€ |
Calcul : part de l’informatique dans le chiffre d’affaires des services marchands = 120 143 ÷ 994 706 × 100 ≈ 12,1 % ; chiffre d’affaires moyen = 120 143 M€ ÷ 139 356 ≈ 0,86 M€ par entreprise informatique, contre 69 982 ÷ 3 363 ≈ 20,8 M€ dans les télécommunications.
Interprétation : l’informatique pèse environ un huitième du chiffre d’affaires des services marchands. C’est un secteur très éclaté (beaucoup de petites entreprises, souvent des indépendants, à côté de quelques très grands groupes), alors que les télécommunications sont un secteur très concentré : peu d’opérateurs, de grande taille, car il faut d’énormes investissements dans les réseaux.
Le marché du numérique selon Numeum (bilan 2025)
Source : Numeum, communiqué de presse « bilan 2025 et perspectives 2026 », 18/12/2025.
- Croissance du marché en 2025 : + 2 % ; prévision faite en décembre 2025 pour 2026 : + 4,3 %.
- Par segment en 2025 : entreprises de services du numérique 34,3 Md€ (− 1,8 %) ; éditeurs de logiciels et plateformes 29,1 Md€ (+ 8,2 %) ; conseil en technologies 7,7 Md€ (− 2,5 %).
- Pour se présenter, Numeum indique que le secteur pèse « 70 milliards d’euros » et 670 000 collaborateurs : c’est un ordre de grandeur arrondi, non daté.
Calcul : les trois segments totalisent 34,3 + 29,1 + 7,7 = 71,1 Md€ en 2025, le chiffre précis à retenir ; les entreprises de services en représentent 34,3 ÷ 71,1 ≈ 48 %, les éditeurs et plateformes ≈ 41 %.
Interprétation : les entreprises de services restent le premier segment, mais leur activité recule légèrement, tandis que celle des éditeurs et des plateformes de nuage progresse vite. Les clients achètent de plus en plus des logiciels loués en ligne et un peu moins de prestations au temps passé.
Les chiffres de l’Insee et de Numeum ne se comparent pas directement : ils n’ont ni le même champ (l’Insee classe les entreprises par activité principale ; Numeum mesure un marché, y compris les éditeurs que l’Insee range dans l’édition), ni la même année. Cite toujours la source et la date d’un chiffre, et ne les additionne jamais entre eux.
CLes grandes familles d’acteurs
Lucas et Sarah classent les fournisseurs de Kervanet par métier. Le référentiel parle de « typologie des acteurs de l’industrie informatique » : il s’agit de savoir reconnaître chaque famille, ce qu’elle vend et comment elle intervient chez le client.
Constructeur, éditeur, entreprise de services du numérique
- Un constructeur conçoit et fabrique du matériel : ordinateurs, serveurs, équipements de réseau, terminaux mobiles, composants.
- Un éditeur de logiciels conçoit, développe, vend et fait évoluer des logiciels qu’il diffuse à de nombreux clients (progiciels, systèmes d’exploitation, applications en ligne). Il est titulaire des droits d’auteur sur ces logiciels et en concède l’usage par une licence (chapitre CEJMA-02).
- Une entreprise de services du numérique (ESN, appelée autrefois SSII) vend des prestations intellectuelles : conseil, développement sur mesure, intégration, maintenance, infogérance, assistance aux utilisateurs.
Opérateur, hébergeur, fournisseur de nuage, intégrateur, revendeur
- Un opérateur de communications électroniques exploite un réseau et fournit l’accès à internet, la téléphonie, les liaisons entre sites. En France, il est régulé par l’Arcep.
- Un hébergeur met à disposition des serveurs et un centre de données (énergie, refroidissement, sécurité physique, connexion) pour faire fonctionner les données et applications de ses clients.
- Un fournisseur de services d’informatique en nuage (cloud provider) loue, par le réseau et à la demande, des ressources informatiques partagées et modulables (puissance de calcul, stockage, plateformes, logiciels), facturées selon l’usage.
- Un intégrateur assemble des produits de plusieurs fournisseurs (matériel, logiciels, réseau) pour livrer une solution complète qui fonctionne chez le client, et la paramètre selon ses besoins.
- Un revendeur (ou distributeur) achète du matériel et des licences pour les revendre, avec une marge, en y ajoutant souvent un conseil et un service. Les grossistes approvisionnent les revendeurs.
| Famille | Ce qu’elle vend | Comment elle se rémunère | Chez Kervanet |
|---|---|---|---|
| Constructeur | matériel | vente, extension de garantie | le fabricant des mini-PC de réception commandés pour janvier 2027 |
| Éditeur | logiciels | licence, abonnement, maintenance | l’éditeur du logiciel de gestion hôtelière (loué en ligne), celui de la suite bureautique, celui de la protection des postes |
| ESN | prestations intellectuelles | forfait, temps passé, contrat de service | Vellacor : infogérance, centre de services, maintenance de KerMaint et de KerResa |
| Opérateur | accès au réseau | abonnement | les fournisseurs de fibre de chaque site et du lien de secours 4G/5G du siège |
| Hébergeur, fournisseur de nuage | capacité de calcul et de stockage | location à l’usage ou au mois | Vellacor héberge le site web, l’API KerResa et les sauvegardes ; l’éditeur du logiciel hôtelier fait tourner son application dans un centre de données |
| Intégrateur | une solution complète qui fonctionne | projet au forfait | Vellacor, quand elle raccorde la 8e résidence (pare-feu, commutateurs, bornes, postes, comptes) |
| Revendeur, grossiste | matériel et licences | marge sur la revente | le grossiste chez qui Vellacor achète câbles, bornes et onduleurs |
Une même entreprise peut exercer plusieurs métiers. Vellacor est à la fois ESN (infogérance, développement), intégrateur (projets) et hébergeur (site web, sauvegardes). Les grands groupes du numérique sont souvent constructeur, éditeur et fournisseur de nuage à la fois. Classe donc une activité, pas une entreprise.
À ces familles s’ajoutent les sociétés de conseil en technologies (ingénierie, souvent dans l’industrie), les plateformes (places de marché d’applications, voir CEJM-13) et les travailleurs indépendants de l’informatique, nombreux dans le développement et l’administration de systèmes.
DUne chaîne de valeur
Les acteurs ne travaillent pas côte à côte : ils forment une chaîne, dans laquelle chacun ajoute de la valeur au produit du précédent.
Le poste de réception de Royan, de bout en bout
Le mini-PC commandé pour la réception de Royan est fabriqué par un constructeur, vendu par un grossiste à Vellacor, qui le revend à Kervanet. Windows 11 est édité par un éditeur américain ; la suite bureautique est louée par abonnement. Vellacor prépare le poste (installation, comptes, agent d’inventaire), le déploie et en assure l’assistance. Pour fonctionner, le poste passe par la fibre d’un opérateur et par le VPN que Vellacor exploite. Le jour où le poste ne démarre plus, le réceptionniste appelle un seul numéro : celui du centre de services de Vellacor, qui fait jouer la garantie du constructeur si besoin.
Cette chaîne a une conséquence pratique : en cas de panne, il faut savoir quel maillon est responsable et quel contrat s’applique (garantie du constructeur, licence de l’éditeur, contrat de l’opérateur, contrat de service de Vellacor). C’est l’objet des chapitres CEJMA-03 (conclure un contrat) et CEJMA-04 (faire respecter un contrat de services).
EPrestataire interne ou externe
Le référentiel décrit le technicien de BTS SIO comme travaillant « pour le compte d’un prestataire informatique », qui peut être interne ou externe à l’organisation cliente.
Prestataire interne et prestataire externe
- Le prestataire interne est le service informatique de l’organisation (souvent appelé DSI, direction des systèmes d’information) : ses salariés travaillent pour leur propre employeur, leurs « clients » sont les autres services.
- Le prestataire externe est une autre entreprise (ESN, éditeur, hébergeur, indépendant) liée à l’organisation cliente par un contrat.
Le choix entre les deux est un cas particulier du choix « faire ou faire faire » étudié en CEJM-08 et de l’externalisation vue en CEJM-16 : on ne le refait pas ici, on l’applique à l’informatique.
| Critère | Service informatique interne | Prestataire externe (ESN) |
|---|---|---|
| Coût | salaires fixes, formation, outils | prix contractuel, plus variable ; mutualisation des outils et des compétences entre clients |
| Compétences | connaissance fine des métiers de l’organisation | spécialistes variés (réseau, sécurité, développement), expérience de nombreux clients |
| Disponibilité | limitée par l’effectif (congés, maladie) | astreinte, centre de services, remplacement assuré |
| Maîtrise | contrôle direct, confidentialité | dépendance au prestataire, perte possible de savoir-faire interne |
| Relation juridique | lien de subordination (contrat de travail) | contrat commercial : obligations, niveaux de service, pénalités |
Kervanet a choisi l'externalisation
Kervanet (140 salariés permanents, 7 sites) n’a aucun informaticien salarié. Depuis 2022, elle confie son système informatique à Vellacor pour un forfait de 9 800 € HT par mois, avec des niveaux de service garantis : par exemple, un incident de priorité 1 est pris en charge en 30 minutes. Un seul technicien salarié coûterait moins cher, mais il ne pourrait pas couvrir sept sites, de 8 h à 20 h, sept jours sur sept, ni maîtriser à la fois le réseau, la sécurité et le développement de KerMaint. En contrepartie, Kervanet dépend de Vellacor : c’est pourquoi le contrat prévoit un plan de réversibilité (restitution des données et de la documentation en fin de contrat).
Une organisation n’externalise jamais tout : elle garde au minimum la maîtrise de ses besoins et le pilotage du contrat. Chez Kervanet, c’est Gwenaëlle Le Bihan qui valide les priorités, les habilitations et les budgets : Vellacor exécute, Kervanet décide.
2. Comment les acteurs gagnent de l’argent
Un éditeur, un fournisseur de nuage et une ESN ne vendent pas la même chose et ne se font pas payer de la même façon. Comprendre leur modèle économique permet de lire une offre, de comparer des devis et de prévoir les coûts pour le client comme les revenus pour le prestataire.
Le modèle économique décrit la façon dont une entreprise crée de la valeur pour ses clients et en capte une partie sous forme de revenus (définition et méthode générale : CEJM-13). Dans l’informatique, quatre grandes façons de se faire payer coexistent.
AVendre une licence
La licence de logiciel
La licence est le contrat par lequel l’éditeur, qui reste titulaire des droits sur le logiciel, autorise son client à l’utiliser dans des conditions fixées (nombre de postes ou d’utilisateurs, durée, usages permis). Le client n’achète donc jamais le logiciel lui-même, mais un droit d’utilisation.
Dans le modèle traditionnel, l’éditeur vend une licence perpétuelle : le client paie une fois, puis souvent un contrat de maintenance annuel (corrections, mises à jour, assistance). Pour l’éditeur, le revenu est important à la vente puis plus faible ; pour le client, c’est un investissement qu’il peut amortir.
Les différents types de licences (propriétaires, libres, open source) et les modes de tarification (par poste, par utilisateur, par cœur de processeur) sont étudiés dans le chapitre CEJMA-02. Ici, retiens seulement la logique économique.
La licence de PAO de Kervanet
Kervanet utilise un logiciel de mise en page acheté en licence perpétuelle par poste : 2 licences à 420 € HT chacune. La dépense a été faite une fois ; le logiciel reste utilisable, mais sans les nouvelles versions si aucun contrat de maintenance n’est souscrit. (Le logiciel est installé sur 3 postes pour 2 licences : un écart de conformité traité dans B1-03 et CEJMA-02.)
BLouer un service en ligne
Avec l’informatique en nuage, le client ne possède plus ni le logiciel installé, ni parfois les serveurs : il loue un service accessible par le réseau, payé par abonnement ou à l’usage. On passe de la propriété à l’usage (CEJM-13).
IaaS, PaaS, SaaS
Les services d’informatique en nuage se classent selon ce que le fournisseur prend en charge :
- IaaS (Infrastructure as a Service, infrastructure en tant que service) : le fournisseur loue des serveurs virtuels, du stockage et du réseau ; le client installe et gère lui-même systèmes, logiciels et données.
- PaaS (Platform as a Service, plateforme en tant que service) : le fournisseur gère aussi les systèmes et les outils (base de données, environnement d’exécution) ; le client déploie seulement ses applications et ses données.
- SaaS (Software as a Service, logiciel en tant que service) : le fournisseur fournit un logiciel complet, prêt à l’emploi par le navigateur ; le client ne gère que ses données et ses utilisateurs.
Pour un éditeur, le SaaS transforme le modèle économique : au lieu d’un gros revenu ponctuel, il perçoit des revenus récurrents (chaque mois ou chaque année), plus prévisibles, mais il doit financer et exploiter les serveurs. Pour le client, la dépense devient une charge courante, sans investissement, avec un service toujours à jour… tant qu’il paie.
La suite bureautique de Kervanet en abonnement
Données : 70 droits d’utilisation à 12,50 € HT par utilisateur et par mois.
Calcul : 70 × 12,50 × 12 = 10 500 € HT par an, soit 42 000 € HT sur quatre ans.
Interprétation : sur quatre ans, l’abonnement coûte probablement plus cher que des licences perpétuelles, mais il comprend toutes les mises à jour, le stockage en ligne et la messagerie, et le nombre de droits s’ajuste à l’effectif (utile pour les saisonniers). Le risque : payer des droits inutilisés si on oublie de les retirer (4 comptes de saisonniers partis encore actifs en octobre 2026, voir B1-03).
« Gratuit » ou « en ligne » ne veut pas dire « sans contrat ». Un service SaaS repose sur des conditions générales que le client accepte : durée, niveau de service, localisation et restitution des données. Le technicien qui active un service en ligne « pour essayer » engage parfois son organisation.
CFacturer le temps ou le résultat
Une ESN vend du travail intellectuel. Deux grandes façons de le facturer s’opposent.
Régie et forfait
- En régie (ou au temps passé), le client paie le temps réellement consacré par les intervenants, à un prix de journée ou horaire convenu. Le prestataire s’engage à mettre en œuvre ses compétences ; le client dirige souvent le travail et supporte le risque de dépassement.
- Au forfait, le prestataire s’engage sur un résultat défini (un logiciel qui fonctionne, un site raccordé) pour un prix global fixé à l’avance et un délai. Le prestataire supporte le risque de dépassement : si le travail prend plus de temps que prévu, sa marge diminue.
| Critère | Régie | Forfait |
|---|---|---|
| Prix pour le client | variable, connu à la fin | fixé à l’avance |
| Qui supporte le risque de dépassement ? | le client | le prestataire |
| Engagement du prestataire | en principe une obligation de moyens | une obligation de résultat sur le livrable défini (CEJMA-03) |
| Quand l’utiliser ? | besoin flou ou évolutif, dépannage, renfort | besoin précis, décrit dans un cahier des charges |
| Exemple chez Vellacor | télémaintenance hors forfait à 70 € HT/h, intervention sur site à 90 € HT/h | développements nouveaux de KerMaint, facturés sur devis à prix fixé |
Le prix d'un forfait contient une prime de risque
Données : pour un projet estimé à 6 jours de technicien, Vellacor facture en régie 560 € HT par jour ; elle propose aussi un forfait de 3 900 € HT.
Calcul : prix en régie pour 6 jours = 6 × 560 = 3 360 € HT ; prime de risque du forfait = 3 900 ÷ 3 360 − 1 ≈ 16 %.
Interprétation : le forfait est plus cher si l’estimation est juste, car il rémunère le risque pris par Vellacor. Le client paie la certitude du prix ; il gagne si le projet dérape (au-delà de 3 900 ÷ 560 ≈ 7 jours, la régie lui coûterait plus cher).
DConfier tout un service
L'infogérance
L’infogérance est l’externalisation de tout ou partie de la gestion et de l’exploitation du système informatique d’une organisation auprès d’un prestataire, pour une durée longue, avec des niveaux de service fixés par contrat (convention de niveau de service, en anglais SLA). Elle peut porter sur l’infrastructure (serveurs, réseau, postes), sur l’assistance aux utilisateurs ou sur les applications : on parle alors de tierce maintenance applicative (TMA).
L’infogérance mêle les deux logiques précédentes : un prix récurrent (souvent un forfait mensuel), comme un abonnement, pour un résultat mesuré (disponibilité, délais de prise en charge et de rétablissement), comme un forfait. C’est le modèle principal de Vellacor.
Ce que l'infogérance de Kervanet représente pour Vellacor
Données : forfait de 9 800 € HT par mois ; contrat renouvelé pour 3 ans le 1/03/2025 (échéance 28/02/2028).
Calcul : 9 800 × 12 = 117 600 € HT par an ; sur la durée du contrat renouvelé : 9 800 × 36 = 352 800 € HT.
Interprétation : pour Vellacor, ce revenu est sûr et prévisible pendant trois ans : il permet d’embaucher et de planifier. En échange, Vellacor s’engage sur des niveaux de service (disponibilité de 99,5 % pour KerResa et les VPN) assortis de pénalités (calcul : CEJMA-04).
EComparer les modèles
| Modèle | Le client paie… | Revenu du prestataire | Risque principal pour le client | Risque principal pour le prestataire |
|---|---|---|---|---|
| Licence perpétuelle | un droit d’usage, une fois (+ maintenance) | ponctuel | logiciel vieillissant sans maintenance | revenus irréguliers |
| Abonnement (SaaS, IaaS) | l’usage, chaque mois | récurrent | coût cumulé, dépendance, données chez le fournisseur | financer et exploiter l’infrastructure |
| Régie | le temps passé | ponctuel, proportionnel au travail | dérapage du budget | peu de risque, mais peu de visibilité |
| Forfait de projet | un résultat, à prix fixé | ponctuel | prestation « au minimum » si le périmètre est flou | dépassement des délais, perte de marge |
| Infogérance | un service garanti, chaque mois | récurrent | dépendance, réversibilité | pénalités si les niveaux de service ne sont pas tenus |
Analyser le modèle économique d'un acteur informatique
- Identifier ce que l’acteur vend : du matériel, un droit d’usage, un service en ligne, du temps, un résultat, un service géré.
- Repérer la forme de paiement : prix unique, abonnement, consommation, prix de journée, forfait, forfait mensuel avec niveaux de service.
- Qualifier le revenu : ponctuel ou récurrent ; prévisible ou non.
- Situer le risque : qui paie si le projet dérape ou si le service tombe ?
- Conclure pour le client (coût total, dépendance, souplesse) et pour le prestataire (visibilité, marge, engagement).
À l’épreuve E4, un tableau de calcul ne suffit jamais : chaque chiffre doit déboucher sur une phrase d’interprétation (« ce qui signifie que… », « le client gagne si… »). C’est ce que les correcteurs appellent une réponse construite.
3. Les normes et les standards
Un poste acheté à un constructeur fonctionne avec un commutateur d’un autre, un logiciel d’un troisième et une borne Wi-Fi d’un quatrième. Ce petit miracle quotidien repose sur des règles communes : les normes et les standards. Leur choix a des conséquences techniques, mais aussi économiques.
Tu as vu en CEJM-13 la différence entre norme (élaborée par consensus dans un organisme de normalisation reconnu, d’application volontaire sauf texte contraire) et standard (spécification imposée par le marché ou par un accord entre entreprises), ainsi que la logique des effets de réseau et des « guerres de standards ». En B1-03, tu as appris à exploiter les référentiels adoptés par un prestataire (ITIL, ISO/IEC 20000, ISO/IEC 27001). Ce chapitre traite leurs enjeux pour le secteur informatique.
AÀ quoi servent-ils
Normes et standards jouent quatre rôles dans l’informatique :
1. Faire fonctionner ensemble des produits différents. C’est l’interopérabilité (partie C). Sans norme Ethernet ou Wi-Fi, sans protocoles d’internet, chaque constructeur aurait son propre réseau.
2. Garantir un niveau de qualité ou de sécurité. Une norme de management (ISO/IEC 27001 pour la sécurité de l’information, ISO/IEC 20000-1 pour la gestion des services) décrit ce qu’une organisation sérieuse doit faire ; une certification par un organisme indépendant prouve qu’elle le fait.
3. Créer un langage commun. Un référentiel comme ITIL donne les mêmes mots (incident, problème, changement) à tous les prestataires et à leurs clients : on se comprend plus vite, on rédige des contrats plus clairs.
4. Organiser le marché. Un standard largement adopté élargit le marché pour tous ceux qui le respectent (fabricants d’accessoires, éditeurs compatibles) et fait baisser les prix grâce à la concurrence.
BQui les fabrique
Organisme de normalisation, consortium, standard de fait
- Un organisme de normalisation est une institution reconnue qui publie des normes adoptées par consensus entre les parties intéressées (entreprises, administrations, consommateurs, experts).
- Un consortium (ou une alliance) est un groupement d’entreprises qui s’accordent pour élaborer et promouvoir une spécification commune, parfois assortie d’une certification de compatibilité.
- Un standard de fait s’impose parce que la plupart des utilisateurs l’adoptent, sans qu’aucun organisme l’ait décidé.
| Niveau | Organisme | Exemples de normes ou standards utiles à un technicien |
|---|---|---|
| Mondial, officiel | ISO et CEI (comité technique commun pour les technologies de l’information) | ISO/IEC 27001 (sécurité de l’information), ISO/IEC 20000-1 (gestion des services), langage SQL (ISO/IEC 9075), format de documents ODF (ISO/IEC 26300) |
| Mondial, télécommunications | UIT (Union internationale des télécommunications, agence de l’ONU) | recommandations sur les réseaux et la téléphonie |
| Européen, officiel | CEN, Cenelec, ETSI | normes européennes, notamment en télécommunications (ETSI) |
| National | AFNOR (France) | adoption des normes internationales et européennes en normes françaises (NF EN ISO…) |
| Association professionnelle | IEEE | 802.3 (Ethernet), 802.11 (Wi-Fi) |
| Communauté ouverte | IETF | protocoles d’internet publiés sous forme de RFC (IP, TCP, DNS, HTTP) |
| Consortium | W3C ; Wi-Fi Alliance | technologies du web (CSS, règles d’accessibilité WCAG) ; certification de compatibilité des équipements Wi-Fi |
Les noms des normes donnent des indices : « ISO/IEC » signale une norme internationale ; « EN » une norme européenne ; « NF » une norme française ; « RFC » un document de l’IETF ; « 802.x » une norme de l’IEEE. Dans un dossier d’épreuve, un sigle bien lu vaut une explication.
COuvert ou propriétaire
Le standard ouvert — art. 4 LCEN (loi n° 2004-575), à jour au 20/10/2026
Principe. La loi pour la confiance dans l’économie numérique reconnaît trois conditions cumulatives au standard ouvert (protocole ou format de données) : il permet à des systèmes différents de fonctionner ensemble ; n’importe qui peut lire sa description technique complète ; n’importe qui peut l’utiliser dans un produit, sans autorisation à demander ni restriction.
Concrètement. Un format de fichier dont seul l’éditeur connaît la structure n’est pas ouvert, même s’il est très répandu.
Un standard propriétaire est au contraire contrôlé par une entreprise : elle seule en décide l’évolution, et peut en réserver l’usage (secret, brevet, licence payante). Un standard propriétaire peut devenir ouvert : le format PDF, créé par un éditeur, est aujourd’hui une norme ISO.
| Pour… | Standard ouvert | Standard propriétaire |
|---|---|---|
| le client | liberté de changer de fournisseur ; données lisibles dans la durée | dépendance à l’éditeur ; risque si le produit disparaît |
| l’entreprise qui le crée | diffusion rapide, écosystème large, mais revenus indirects | contrôle du marché, redevances, clients captifs ; risque d’isolement |
| les concurrents | peuvent entrer sur le marché | doivent payer une licence ou rester incompatibles |
| le prestataire comme Vellacor | intègre plus facilement des produits variés | doit se spécialiser sur l’écosystème d’un éditeur (partenariat, certification) |
Le libre dans l'administration — art. 16 de la loi n° 2016-1321, à jour au 20/10/2026
Principe. Les administrations doivent garder la main sur leurs systèmes d’information, dans la durée et sans dépendre d’un fournisseur ; pour cela, la loi leur demande de favoriser les logiciels libres et les formats ouverts quand elles développent, achètent ou utilisent ces systèmes. Le référentiel général d’interopérabilité (arrêté du 20 avril 2016) leur recommande des normes et standards pour échanger entre elles et avec les usagers.
Concrètement. C’est un encouragement, pas une obligation d’acheter du logiciel libre. Mais pour un prestataire qui répond à un marché public, proposer des formats ouverts et des solutions réversibles est un argument apprécié de l’acheteur.
DL’interopérabilité
L'interopérabilité
L’interopérabilité est la capacité de systèmes, de logiciels ou d’organisations différents à échanger des données et à les utiliser sans effort particulier, grâce à des règles communes (protocoles, formats, interfaces). La portabilité en est un cas voisin : la possibilité de déplacer des données ou une application d’un système à un autre.
Pourquoi KerResa parle un langage standard
L’API KerResa, développée par Vellacor, échange les réservations avec le site web, le logiciel de gestion hôtelière et deux plateformes partenaires. Anaïs Lecoq a choisi une interface REST, qui s’appuie sur le protocole HTTP (normalisé par l’IETF), avec des échanges en JSON (format publié et ouvert). Résultat : la troisième plateforme partenaire, qui doit se raccorder en 2027, n’aura pas besoin de logiciel particulier ; elle lira la documentation de l’API et développera son propre connecteur. Si Vellacor avait inventé un format maison, chaque nouveau partenaire aurait coûté un développement spécifique… et Kervanet aurait été liée à Vellacor pour toujours.
Interopérable ne veut pas dire ouvert à tous. KerResa respecte des standards ouverts, mais son accès est protégé par jeton : seuls les partenaires autorisés peuvent l’appeler. Le standard ouvert concerne le format, pas le droit d’accès aux données.
ELes enjeux économiques
Pour une entreprise du secteur, se conformer à une norme ou adopter un standard est une décision d’investissement : elle coûte, et doit rapporter.
| Coûts | Avantages |
|---|---|
| accompagnement par un consultant, temps des salariés pour rédiger les procédures | avantage commercial : preuve de sérieux face aux concurrents non certifiés |
| audit de certification par un organisme accrédité, puis audits de surveillance | accès à certains marchés : des acheteurs publics et de grandes entreprises l’exigent dans leurs appels d’offres |
| contraintes de fonctionnement durables (indicateurs, revues, traçabilité) | amélioration interne : procédures claires, moins d’incidents, meilleure organisation |
| risque de « faire de la conformité pour la conformité » | confiance des clients et des assureurs, réponses plus rapides aux questionnaires de sécurité |
Vellacor et la norme ISO/IEC 27001
Vellacor s’inspire d’ITIL et des normes ISO/IEC 20000 et 27001 dans ses procédures, mais n’est pas certifiée : pour une entreprise de 26 salariés, le coût est élevé (B1-03). La question revient pourtant : un nombre croissant de clients et de donneurs d’ordres envoient des questionnaires de sécurité avant de signer, et certains marchés publics valorisent la certification. Hélène Cazenave devra comparer le coût de la certification aux marchés qu’elle ouvrirait (exercice 6).
Une norme est un outil au service d’une stratégie. Pour le client, elle facilite le choix et réduit la dépendance ; pour le prestataire, elle est un coût qui peut devenir un avantage concurrentiel ; pour le marché, elle favorise la concurrence… sauf quand un standard propriétaire verrouille les clients.
4. Dépendance et souveraineté numérique
Plus une organisation confie de données et de traitements à un fournisseur, plus il devient difficile et coûteux d’en changer. Cette dépendance pose une question économique (le pouvoir du fournisseur sur ses clients) et une question politique (la maîtrise des données par un pays ou par l’Europe). Le droit commence à y répondre ; le débat reste ouvert.
ALe risque de verrouillage
Dépendance, verrouillage et coûts de changement
- Une organisation est en situation de dépendance envers un fournisseur quand elle ne peut pas s’en passer, ou seulement à un coût très élevé.
- Le verrouillage (lock-in) est la situation dans laquelle un client reste chez un fournisseur non parce qu’il en est satisfait, mais parce que changer coûterait trop cher.
- Les coûts de changement sont tous les coûts supportés pour passer d’un fournisseur à un autre : frais de sortie et de transfert des données, adaptation ou réécriture des applications, double fonctionnement pendant la migration, formation, risque d’interruption.
Le verrouillage vient de plusieurs sources :
- techniques : formats propriétaires, services spécifiques à un fournisseur (base de données « maison », outils d’automatisation non standard), volumes de données énormes à transférer ;
- contractuelles : frais de sortie, durée d’engagement, préavis, absence de clause de réversibilité ;
- commerciales : crédits gratuits au démarrage, remises liées à un engagement exclusif, ventes groupées de logiciels et d’hébergement ;
- humaines : compétences de l’équipe centrées sur un seul écosystème.
Le logiciel de gestion hôtelière de Kervanet
Le logiciel de gestion hôtelière de Kervanet est loué en SaaS à un éditeur. Il contient l’historique des séjours, les tarifs, les factures. Le jour où Kervanet voudra changer d’éditeur, il faudra exporter ces données dans un format lisible par le nouveau logiciel, reconnecter KerResa, former les réceptionnistes de sept sites et faire tourner les deux systèmes en parallèle pendant la bascule. Tant que le contrat ne dit rien de la restitution des données, l’éditeur détient un pouvoir de négociation considérable au moment du renouvellement.
BUn marché du nuage concentré
Les services d’infrastructure en nuage demandent des investissements gigantesques (centres de données dans le monde entier, réseaux, énergie). Ils bénéficient d’économies d’échelle et d’effets de réseau (CEJM-13) : plus un fournisseur a de clients, plus il peut investir, baisser ses prix et attirer des éditeurs qui proposent leurs logiciels sur sa plateforme. Le marché se concentre autour de quelques très grands fournisseurs, souvent appelés hyperscalers.
Le constat de l'Autorité de la concurrence
Source : Autorité de la concurrence, avis n° 23-A-08 du 29 juin 2023 sur le fonctionnement concurrentiel de l’informatique en nuage (communiqué de presse).
- En France, en 2021, Amazon et Microsoft ont capté respectivement 46 % et 17 % des revenus des services d’infrastructure et de plateforme en nuage (IaaS et PaaS).
- La même année, les trois principaux fournisseurs (avec Google) ont capté 80 % de la croissance des dépenses en infrastructures et applications de nuage public.
- L’Autorité relève des pratiques qui peuvent verrouiller les clients : crédits gratuits pouvant atteindre 200 000 dollars sur deux ans pour attirer les jeunes entreprises, frais de sortie des données (egress fees) potentiellement sans rapport avec les coûts réels, obstacles techniques à la migration et à l’usage de plusieurs fournisseurs.
Interprétation : quand deux ou trois fournisseurs dominent un marché et que changer de fournisseur coûte cher, la concurrence joue surtout à l’entrée (on choisit un fournisseur une fois), beaucoup moins ensuite. Ce sont précisément les points que la loi a ensuite encadrés (partie C). Attention à la date : ces parts de marché portent sur 2021 (avis publié en 2023) ; elles donnent un ordre de grandeur, pas une photographie du marché d’aujourd’hui.
Ne confonds pas taille et abus. Être leader n’est pas interdit ; ce qui est sanctionné, c’est d’abuser d’une position dominante (CEJM-06). Le droit du nuage, lui, agit à l’avance : il fixe des règles pour que le client puisse toujours partir.
CCe que prévoit le droit
Deux textes, l’un européen, l’autre français, visent directement le verrouillage dans le nuage. Ils protègent tout client, entreprise ou particulier, d’un fournisseur de services d’informatique en nuage (le règlement européen parle de « services de traitement de données » : IaaS, PaaS et SaaS).
Changer de fournisseur de nuage — règlement (UE) 2023/2854 (Data Act), art. 2, 23, 25, 29 à 31 et 50, à jour au 20/10/2026
- Principe (art. 23) : le fournisseur ne doit pas faire obstacle au changement de fournisseur ; il supprime les obstacles commerciaux, techniques, contractuels et organisationnels qui empêchent le client de résilier, de porter ses données et ses actifs numériques vers un autre fournisseur ou vers ses propres serveurs, ou d’utiliser plusieurs fournisseurs à la fois.
- Contrat écrit (art. 25) : préavis de deux mois au plus pour lancer le changement ; transition de 30 jours au plus, pendant laquelle le service continue et le fournisseur aide le client (le client peut la prolonger une fois ; le fournisseur peut l’allonger jusqu’à 7 mois s’il justifie d’une impossibilité technique) ; liste des données exportables ; au moins 30 jours pour récupérer les données, puis effacement. Hors services d’infrastructure, l’export se fait dans un format structuré, couramment utilisé et lisible par machine (art. 30).
- Frais (art. 29) : jusqu’au 12 janvier 2027, des frais de changement réduits sont permis, sans dépasser les coûts directement liés au changement ; à partir du 12 janvier 2027, aucun frais de changement. Ces frais n’incluent ni le prix normal du service ni les pénalités de résiliation anticipée (art. 2).
- Application (art. 50) : depuis le 12 septembre 2025, directement en France, sans loi de transposition. Un service conçu sur mesure pour un seul client échappe à l’interdiction des frais, pas aux clauses de l’article 25 (art. 31).
Ce que cela veut dire concrètement. Un client peut quitter son fournisseur de nuage selon une procédure prévue au contrat, récupérer ses données et, à partir de 2027, sans frais de changement. Restent dus le prix du service fourni jusqu’à la fin du contrat et les pénalités de résiliation anticipée annoncées clairement avant la signature. Vellacor, qui héberge le site web et l’API KerResa de Kervanet, peut elle-même être concernée (CEJMA-03, CEJMA-04).
La loi SREN et le nuage — loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, art. 26, 27, 28 et 64 ; art. L442-12 C. com., à jour au 20/10/2026
- Crédits gratuits (art. L442-12 C. com., créé par l’art. 26) : un fournisseur ne peut offrir des « avoirs » (crédits de services gratuits) à une entreprise que pour une durée limitée (un an au plus) et sans condition d’exclusivité ; amende administrative jusqu’à 1 million d’euros pour une personne morale (2 millions en cas de réitération). L’Autorité de la concurrence peut sanctionner l’autopréférence (un éditeur qui vend son logiciel moins cher ou mieux sur son propre nuage que sur celui d’un concurrent, sans justification).
- Frais de transfert et de changement (art. 27) : interdits au-delà des coûts réellement supportés et directement liés au changement ; ils doivent être annoncés avant la signature et figurer dans le contrat.
- Interopérabilité et portabilité (art. 28) : les fournisseurs doivent rendre leurs services interopérables et permettre la portabilité des données, avec des interfaces de programmation fournies gratuitement ; l’Arcep précise ces règles.
- Durée (art. 64) : les articles 27 à 30 ne s’appliquent que jusqu’au 12 janvier 2027, date à partir de laquelle le règlement européen prend le relais (frais de changement supprimés).
Ce que cela veut dire concrètement. La France a anticipé le règlement européen : depuis mai 2024, un fournisseur ne peut plus « piéger » un client par des crédits gratuits illimités ou des frais de sortie dissuasifs. Pour un prestataire comme Vellacor qui conseille ses clients, ces règles sont des arguments de négociation à faire valoir avant la signature.
Vérifier qu'un client peut quitter son fournisseur de nuage
- Qualifier le service : est-ce un service d’informatique en nuage (IaaS, PaaS, SaaS proposé à de nombreux clients) ? Un service développé sur mesure pour un seul client ou une version d’essai sont exclus de certaines règles.
- Dater : date du contrat et date prévue du changement (avant ou après le 12 janvier 2027 ?).
- Lire le contrat : préavis, période de transition, données exportables et format, frais annoncés, pénalités de résiliation anticipée, durée d’engagement.
- Comparer les frais demandés aux règles : jusqu’au 12/01/2027, pas plus que les coûts directs ; ensuite, aucun frais de changement.
- Organiser la sortie : format des données, tests de reprise, période en parallèle, et prévoir la même clause dans le futur contrat (renvoi CEJMA-03, réversibilité).
DLa souveraineté numérique
La souveraineté numérique
La souveraineté numérique est la capacité d’un État, d’un groupe d’États comme l’Union européenne, ou d’une organisation, à maîtriser ses données, ses technologies et ses infrastructures numériques, et à décider librement des règles qui s’y appliquent, sans dépendre de choix imposés par des acteurs ou des États étrangers.
La question vient d’un constat : une grande partie des technologies utilisées en Europe (systèmes d’exploitation, logiciels de bureautique, services de nuage, processeurs) est conçue par des entreprises non européennes. Deux risques en découlent :
- le risque juridique : certaines lois étrangères ont une portée extraterritoriale. Le CLOUD Act américain (2018), par exemple, permet aux autorités des États-Unis d’exiger d’un fournisseur soumis à leur droit qu’il communique des données qu’il contrôle, même si elles sont stockées en Europe ;
- le risque stratégique : en cas de conflit commercial ou politique, de sanctions ou de faillite d’un fournisseur, l’accès à un service essentiel pourrait être coupé ou renchéri.
La qualification SecNumCloud
SecNumCloud est un référentiel de sécurité créé en 2016 par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). Un fournisseur de nuage (IaaS, PaaS, SaaS) peut obtenir une qualification de son offre, valable 3 ans. La version actuelle du référentiel ajoute des critères techniques et juridiques destinés à protéger le service contre les injonctions d’un État non membre de l’Union européenne fondées sur l’extraterritorialité de son droit. Le schéma de certification européen équivalent (EUCS) n’est pas finalisé.
Les données sensibles de l'État dans le nuage — art. 31 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 (SREN), à jour au 20/10/2026
Quand les administrations de l’État, ses opérateurs et certains groupements d’intérêt public confient à un prestataire privé des systèmes qui traitent des données d’une sensibilité particulière (secrets protégés par la loi, données nécessaires aux missions essentielles de l’État), ils doivent veiller à ce que le service de nuage protège ces données contre tout accès non autorisé par des autorités d’États tiers. Un décret en Conseil d’État précise les critères, y compris sur la détention du capital du fournisseur.
Ce que cela veut dire concrètement. L’obligation vise l’État et ses opérateurs, pas les entreprises privées comme Kervanet ou Vellacor. Mais elle crée un marché : un prestataire qui veut travailler pour ces acheteurs publics doit s’appuyer sur des offres de nuage protégées des lois extraterritoriales, comme les offres qualifiées SecNumCloud.
L’Union européenne affiche aussi des objectifs : la décision (UE) 2022/2481 établissant le programme « Décennie numérique » fixe comme cible pour 2030 qu’au moins 75 % des entreprises de l’Union aient adopté des services de nuage, des mégadonnées ou l’intelligence artificielle. En France, 40,4 % des entreprises de 10 personnes ou plus achetaient des services de nuage en 2025 (Eurostat, chiffre étudié en CEJM-16). La question n’est donc pas « nuage ou pas nuage », mais quel nuage, pour quelles données.
EUn débat à mener avec nuance
La souveraineté numérique est un sujet politique : les avis divergent, et l’épreuve attend une analyse équilibrée, pas un slogan.
| Arguments en faveur | Limites et contre-arguments |
|---|---|
| protection juridique des données sensibles face aux lois extraterritoriales | ces offres sont souvent plus chères et parfois moins riches en services que celles des hyperscalers |
| réduction de la dépendance stratégique envers quelques fournisseurs | un fournisseur européen peut lui-même dépendre de technologies (processeurs, logiciels) non européennes |
| développement d’entreprises, d’emplois et de compétences en Europe | la sécurité d’un service dépend d’abord de sa qualité technique et de son exploitation, pas de la nationalité de son fournisseur |
| confiance des clients, argument commercial pour des secteurs sensibles (santé, administration) | risque de protectionnisme et de marché fermé, qui freine l’innovation et fait monter les prix |
| meilleure maîtrise de l’application du RGPD (CEJM-14, CEJMA-08) | toutes les données ne sont pas sensibles : imposer partout le niveau le plus élevé serait disproportionné |
Choisir un hébergement selon la sensibilité des données
- Classer les données : publiques, internes, personnelles, sensibles (avec le besoin de confidentialité de l’analyse de risques, B3-01).
- Identifier les obligations : RGPD et transferts hors de l’Union (CEJMA-08), exigences sectorielles, obligations des acheteurs publics, clauses des clients.
- Évaluer les offres : sécurité (qualifications, certifications), localisation des données, droit applicable au fournisseur, réversibilité, niveau de service, prix.
- Proportionner : le niveau de protection le plus élevé pour les données les plus sensibles, une offre standard pour le reste.
- Prévoir la sortie : formats ouverts, clause de réversibilité, plan de migration testé.
Dépendance et souveraineté se traitent ensemble : la meilleure protection contre la dépendance est de pouvoir partir (standards ouverts, portabilité, réversibilité, droit au changement de fournisseur) ; la souveraineté ajoute la question du droit applicable et de la maîtrise des technologies. Une bonne réponse pèse les coûts, les risques et la sensibilité des données, sans opposer de façon caricaturale « américain » et « européen ».
5. La place de Vellacor
Vellacor n’est ni un géant du numérique ni un indépendant isolé : c’est une ESN régionale, prise entre de grands groupes nationaux, des éditeurs qui vendent en direct leurs logiciels en ligne et des fournisseurs de nuage mondiaux. Comprendre sa position, c’est préparer la réponse à Gwenaëlle… et à l’épreuve E4.
ALe métier de Vellacor
Le chiffre d'affaires de Vellacor en 2025
Données (fictives) : chiffre d’affaires 2025 de 2 480 000 € HT : infogérance et support 52 %, développement et TMA 33 %, hébergement et sauvegarde 15 % ; une soixantaine de clients (PME et associations du Centre-Ouest) ; Kervanet ≈ 18 % du chiffre d’affaires.
Calcul : infogérance et support = 2 480 000 × 52 % = 1 289 600 € ; développement et TMA = 2 480 000 × 33 % = 818 400 € ; hébergement et sauvegarde = 2 480 000 × 15 % = 372 000 €.
Interprétation : environ deux tiers du chiffre d’affaires (52 % + 15 % = 67 %) viennent de contrats récurrents (infogérance, hébergement), ce qui donne de la visibilité. Mais près d’un cinquième dépend d’un seul client : la dépendance joue aussi dans l’autre sens, Vellacor dépend de Kervanet.
Vellacor combine plusieurs métiers de la chaîne de valeur :
- ESN : infogérance, centre de services, tierce maintenance applicative de KerMaint et de KerResa ;
- intégrateur : projets d’infrastructure (raccordement de la 8e résidence, renouvellement des postes) ;
- hébergeur : site web de Kervanet sur la machine
virtuelle
VEL-WEBKV, API KerResa publiée dans sa zone exposée (DMZ), sauvegardes externalisées (serveurs de Niort et de Poitiers) ; - revendeur : matériel acheté chez un grossiste et revendu aux clients avec la prestation d’installation.
Elle n’est pas constructeur, ni éditeur de logiciels diffusés à de nombreux clients (KerMaint et KerResa sont des développements sur mesure pour Kervanet), ni opérateur.
BSes concurrents et ses partenaires
| Acteur | Relation avec Vellacor | Force | Faiblesse face à Vellacor |
|---|---|---|---|
| Grandes ESN nationales | concurrents | offre complète, moyens, références, certifications | moins de proximité ; peu intéressées par les petits contrats |
| Indépendants et petites sociétés locales | concurrents sur l’assistance | prix bas, souplesse | pas d’astreinte, pas de couverture de 7 sites, peu de spécialités |
| Éditeurs en SaaS | partenaires (Vellacor intègre leurs logiciels) et concurrents indirects (moins de développement sur mesure) | logiciels standard toujours à jour | ne connaissent pas le métier du client ni son réseau |
| Fournisseurs de nuage | fournisseurs possibles et concurrents de l’offre d’hébergement | prix, puissance, catalogue de services | pas d’accompagnement de proximité, contrats standard |
| Grossistes, constructeurs, opérateurs | fournisseurs et partenaires | produits, garanties | — |
La réponse de Hélène à Gwenaëlle
Hélène prépare trois arguments. La proximité : Vellacor est à une heure de route de La Rochelle et connaît chaque site de Kervanet. La maîtrise du sur-mesure : KerMaint et KerResa ont été développés et sont maintenus par Vellacor ; une autre ESN devrait d’abord les reprendre. La réversibilité : le contrat prévoit la restitution des données et de la documentation ; Kervanet n’est donc pas « prisonnière », elle reste parce que le service est rendu. Elle reconnaît aussi une faiblesse : Vellacor n’a pas de certification de sécurité, alors que la grande ESN en affiche plusieurs.
CLes choix de Vellacor
Un prestataire de services informatiques fait face à des tendances du marché qui l’obligent à choisir. Les outils du diagnostic stratégique (CEJM-21) et des choix stratégiques (CEJM-22) s’appliquent ici.
| Évolution du marché | Menace pour Vellacor | Opportunité pour Vellacor |
|---|---|---|
| croissance des logiciels loués en SaaS | moins de développement sur mesure | intégration, paramétrage, raccordement des SaaS entre eux (API) |
| concentration du nuage | concurrence des hyperscalers sur l’hébergement | conseil et exploitation « multi-nuage », offre de proximité |
| exigences de sécurité et de souveraineté | coût des certifications, questionnaires de sécurité | offre d’hébergement sur un nuage qualifié pour des clients sensibles |
| droit au changement de fournisseur | les clients partent plus facilement | Vellacor peut aussi gagner des clients venant d’autres prestataires |
| pénurie de compétences | difficulté à recruter | formation d’alternants (Lucas, Sarah) |
Situer un prestataire sur son marché
- Décrire son offre : quels métiers de la chaîne de valeur exerce-t-il ? quels modèles de revenus ?
- Mesurer : chiffre d’affaires par activité, part récurrente, dépendance à quelques clients.
- Identifier les concurrents par famille et leurs forces.
- Relier aux tendances du marché (chiffres officiels datés) : menaces et opportunités.
- Proposer un positionnement argumenté : spécialisation, partenariat, nouvelle offre, en tenant compte du droit (contrats, données, réversibilité).
DRédiger une réponse argumentée
L’épreuve E4 « CEJM pour l’informatique » place le candidat dans une situation de prestation de services informatiques, avec une base documentaire d’une dizaine de pages, et lui demande des réponses construites et argumentées dans les champs économique, juridique et managérial. Le référentiel demande d’« exposer ses analyses et ses propositions de manière cohérente et argumentée ».
Construire une réponse argumentée à l'E4
- Reformuler la question en une phrase et repérer le champ (économie, droit, management) et le verbe (identifier, analyser, justifier, proposer).
- Mobiliser les notions du cours, définies en une ligne (« le verrouillage est… »).
- Exploiter les documents : cite l’annexe, relève le chiffre ou le fait utile, calcule si nécessaire.
- Argumenter : une idée par paragraphe, sous la forme notion → fait du dossier → conséquence pour l’organisation.
- Nuancer : avantages et limites, point de vue du client et du prestataire.
- Conclure par une réponse claire à la question, ou une recommandation justifiée.
Un paragraphe bien construit
Question : le recours à un fournisseur de nuage expose-t-il Vellacor à un risque de dépendance ?
« Une organisation est dépendante d’un fournisseur lorsqu’elle ne peut pas s’en passer sans coût élevé. Selon l’annexe 4, l’Autorité de la concurrence relève que deux fournisseurs captaient 63 % des revenus d’infrastructure et de plateforme en France en 2021, et que des frais de sortie élevés freinaient les changements. Si Vellacor transfère ses serveurs d’hébergement chez l’un d’eux, elle devra y adapter ses outils et y stocker les données de ses clients : changer ensuite lui coûterait cher. Ce risque est toutefois réduit par le règlement européen sur les données, qui supprime les frais de changement à partir du 12 janvier 2027 et impose une procédure de sortie, à condition que Vellacor utilise des formats et des outils standard. »
Erreurs fréquentes
| Erreur | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Classer une entreprise dans une seule famille | classer chaque activité : une même entreprise peut être éditeur, fournisseur de nuage et constructeur |
| Dire que le client « achète » un logiciel | il acquiert un droit d’utilisation (licence) ou un accès (abonnement) ; l’éditeur garde les droits |
| Confondre forfait et régie | forfait = résultat à prix fixé, risque pour le prestataire ; régie = temps passé, risque pour le client |
| Croire qu’un SaaS dispense de contrat | conditions générales, niveaux de service, données, réversibilité : tout est contractuel |
| Dire qu’une norme est obligatoire | elle est volontaire, sauf texte ou contrat qui l’impose (CEJM-13) |
| Confondre standard ouvert et accès libre aux données | l’ouverture concerne le format ou le protocole, pas le droit d’accéder aux données |
| Affirmer que les frais de sortie du nuage sont interdits depuis 2024 | jusqu’au 12/01/2027 : frais limités aux coûts directs ; à partir du 12/01/2027 : plus de frais de changement (hors prix du service fourni et pénalités de résiliation anticipée annoncées) |
| Appliquer l’art. 31 de la loi SREN à une entreprise privée | il vise l’État, ses opérateurs et certains groupements d’intérêt public |
| Traiter la souveraineté par un slogan | peser coûts, risques, sensibilité des données, avantages et limites |
| Additionner des chiffres de sources différentes | citer chaque chiffre avec sa source et sa date, sans mélanger les champs |
L’essentiel du chapitre
À retenir
- Acteurs : constructeurs (matériel), éditeurs (logiciels, licences et abonnements), ESN (prestations intellectuelles), opérateurs (réseaux), hébergeurs et fournisseurs de nuage, intégrateurs (solution complète), revendeurs et grossistes. Ils forment une chaîne de valeur ; une entreprise peut exercer plusieurs métiers.
- Poids : 139 356 entreprises informatiques, 120,1 Md€ de chiffre d’affaires en 2023 (Insee) ; marché du numérique de 71,1 Md€ pour les trois segments mesurés par Numeum, + 2 % en 2025 ; ESN en léger recul, éditeurs et plateformes en forte croissance.
- Prestataire interne (service informatique, DSI) ou externe (contrat) : coût, compétences, disponibilité, maîtrise ; application du « faire ou faire faire » (CEJM-08).
- Modèles économiques : licence (droit d’usage, ponctuel), abonnement SaaS / PaaS / IaaS (récurrent), régie (temps passé, risque pour le client), forfait (résultat à prix fixé, risque pour le prestataire), infogérance (service géré, récurrent, niveaux de service).
- Normes et standards : interopérabilité, qualité et sécurité, langage commun, organisation du marché ; organismes officiels (ISO/CEI, UIT, CEN, Cenelec, ETSI, AFNOR) et non officiels (IEEE, IETF, W3C, consortiums) ; standard ouvert (art. 4 LCEN : spécifications publiques, sans restriction) ou propriétaire ; certification = coût et avantage concurrentiel.
- Dépendance : verrouillage par les coûts de changement ; marché du nuage concentré (Autorité de la concurrence, 2023). Data Act (applicable depuis le 12/09/2025 : préavis ≤ 2 mois, transition 30 jours, frais ≤ coûts puis aucun frais de changement à partir du 12/01/2027) ; loi SREN (crédits gratuits limités à un an, frais ≤ coûts jusqu’au 12/01/2027, interopérabilité).
- Souveraineté numérique : maîtrise des données et des technologies ; lois extraterritoriales ; SecNumCloud (ANSSI) ; art. 31 SREN pour les données sensibles de l’État. Débat à traiter avec nuance, selon la sensibilité des données.
- Vellacor : ESN régionale, intégrateur, hébergeur et revendeur ; 67 % de revenus récurrents ; forces = proximité et sur-mesure ; faiblesse = pas de certification ; réponse argumentée : notion → document → conséquence → nuance → conclusion.
Sources et références
- Arrêté du 29 avril 2019 portant définition et fixant les conditions de délivrance du BTS « Services informatiques aux organisations », modifié par les arrêtés du 8 juillet 2024 et du 22 novembre 2024 : annexe I.B (bloc 1, savoirs économiques, juridiques et managériaux) et définition de l’épreuve E4.
- Insee, Ésane, « Caractéristiques des services principalement marchands par activité — données annuelles 2023 », insee.fr/fr/statistiques/2129675, paru le 18/09/2025, consulté le 20/10/2026.
- Numeum, communiqué de presse « bilan 2025 et perspectives 2026 », 18/12/2025 (dont la présentation « À propos » : 70 Md€ et 670 000 collaborateurs), numeum.fr, relu le 20/10/2026.
- Autorité de la concurrence, avis n° 23-A-08 du 29 juin 2023 relatif au fonctionnement concurrentiel de l’informatique en nuage (communiqué de presse), autoritedelaconcurrence.fr, consulté le 20/10/2026.
- Règlement (UE) 2023/2854 du 13 décembre 2023 concernant des règles harmonisées portant sur l’équité de l’accès aux données et de l’utilisation des données (règlement sur les données), art. 23, 25, 29, 30 et 50 ; décision (UE) 2022/2481 du 14 décembre 2022 établissant le programme d’action « La voie à suivre pour la décennie numérique » à l’horizon 2030, art. 4 — lus sur EUR-Lex le 20/10/2026.
- Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique, art. 26 à 29, 31 et 64 (version consolidée) ; Code de commerce, art. L442-12 (en vigueur depuis le 23/05/2024) ; loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, art. 4 (en vigueur depuis le 22/06/2004) ; loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique, art. 16 (en vigueur depuis le 09/10/2016) ; arrêté du 20 avril 2016 portant approbation du référentiel général d’interopérabilité (recherche par titre) — lus sur Légifrance le 20/10/2026.
- ANSSI, « Cloud » et « FAQ avant de se lancer dans la qualification SecNumCloud », cyber.gouv.fr, consultés le 20/10/2026 ; référentiel SecNumCloud version 3.2 du 8 mars 2022 et décision de qualification ANSSI 2025-918 (validité de 3 ans), relus le 20/10/2026.
- Chapitres FuturBTS liés : CEJM-06, CEJM-08, CEJM-13, CEJM-14, CEJM-16, CEJM-21, CEJM-22 (matière commune) ; B1-03 (exploiter les référentiels), B3-01 (analyse de risques) ; CEJMA-02 (licences), CEJMA-03 et CEJMA-04 (contrats), CEJMA-08 (RGPD).
Contenu original FuturBTS. Vellacor Services Numériques, Kervanet Hôtels & Résidences et les personnes citées sont fictifs. Aucun passage, exemple ou exercice n’est repris d’un manuel existant.