1. Marché biface et place dans l’écosystème.
Orvenne Écrans sert deux clientèles : les
passants des galeries et des gares, à qui elle offre
gratuitement des contenus (programmes culturels, informations pratiques)
contre leur attention ; les annonceurs, à qui la régie
vend l’accès à cette audience sous forme de spots (2 400 € HT le Pack
Semaine). Les recettes viennent entièrement du versant annonceurs (455
000 € HT en 2025), mais leur niveau dépend de l’audience du versant
public : sans passants attentifs, pas de contacts à vendre.
Dans l’écosystème, Orvenne Médias est à la fois éditeur et
régie interne : elle produit ses supports et en vend l’espace,
en direct, à environ 120 annonceurs locaux, sans passer
par le programmatique. Ses concurrents pour les budgets des concessions
sont la radio locale (25 % de leurs budgets), la
presse régionale (15 %), les autres afficheurs et
surtout les plateformes digitales (45 %).
2. La publicité extérieure 2023-2025.
| Publicité extérieure |
1 325 ÷ 1 285 ≈ 1,031 ; 1,031 − 1 = 0,031 → + 3,1
% |
| DOOH |
301 ÷ 268 ≈ 1,123 → + 12,3 % |
| Outdoor |
272 ÷ 300 ≈ 0,907 ; 0,907 − 1 = − 0,093 → − 9,3
% |
(La source publie + 12,4 % et − 9,2 %, calculés sur des montants non
arrondis.)
Part du DOOH = recettes du DOOH ÷ recettes de la publicité extérieure
× 100 : 268 ÷ 1 285 ≈ 0,209, soit 20,9 % en 2023 ; 301
÷ 1 325 ≈ 0,227, soit 22,7 % en 2025 (+ 1,8 point).
Conclusion. Sur deux ans, le DOOH progresse
nettement alors que le grand format papier recule, et sa part dans la
publicité extérieure augmente ; la combinaison papier-écrans gagne du
terrain (47 % des annonceurs contre 36 % en 2023). Les lieux de vie
(shopping, indoor : 114 → 144 M€) progressent aussi. C’est un contexte
favorable aux écrans d’Orvenne, situés justement dans des galeries
commerciales. Mais 2025 montre un léger recul du DOOH (− 2,3 %) dans un
marché où le digital capte environ 63 % des recettes : la croissance
n’est pas acquise.
3. Potentiel auprès des concessions.
- Budget total = nombre de concessions × budget moyen = 14 × 38 000 =
532 000 € HT par an ;
- répartition (budget total × part de chaque média) : digital 532 000
× 0,45 = 239 400 € ; radio 532 000 × 0,25 = 133
000 € ; presse × 0,15 = 79 800 € ; affichage ×
0,10 = 53 200 € ; autres × 0,05 = 26 600
€ (contrôle : 45 + 25 + 15 + 10 + 5 = 100 % et la somme redonne
532 000 €).
Objectif : moitié de l’affichage = 53 200 × 0,50 = 26 600 € ; 10 % du
digital = 239 400 × 0,10 = 23 940 € ; total 26 600 + 23 940 = 50
540 € HT par an. En Packs Semaine : 50 540 ÷ 2 400 ≈ 21,06,
soit environ 21 Packs Semaine (au tarif brut). Poids :
50 540 ÷ 455 000 ≈ 0,111, soit 11,1 % du chiffre
d’affaires 2025 des écrans.
Interprétation : l’objectif représenterait une
hausse sensible du chiffre d’affaires des écrans, mais il suppose de
convaincre une partie des concessions de déplacer du budget digital vers
les écrans, ce qui exige des preuves d’audience. Le calcul est fait au
tarif brut : les remises éventuelles (B3-04) le réduiraient. Il faut
aussi vérifier que l’inventaire peut absorber ces 21 semaines
supplémentaires.
4. CPM et crédibilité.
CPM brut = 2 400 € ÷ 520 000 contacts × 1 000 ≈ 4,62
€ pour 1 000 contacts.
Ce chiffre ne convainc pas une agence média, car les 520 000 contacts
sont une estimation interne fondée sur des
fréquentations communiquées par les lieux, sans mesure tierce : une
agence compare des supports à partir d’audiences mesurées par des
organismes de référence et auditées. Les concessions le
disent elles-mêmes : « on ne sait pas combien de gens voient vos écrans
».
Pour renforcer la crédibilité :
- faire réaliser une mesure de la fréquentation
devant les écrans par un prestataire indépendant, avec une méthode
publiée (B3-02) ;
- la faire auditer (CESP) ou
certifier (l’ACPM certifie notamment des données de
DOOH) ;
- fournir à chaque annonceur une preuve de diffusion
(relevé des passages de son spot) ;
- suivre les travaux de l’UCE et du BUMP pour se
référer aux standards du secteur.
5. Arguments pour Sonia et recommandation.
Trois arguments fiables (exemple) :
- Présence au moment de la décision : « Votre spot
passe 10 fois par heure sur chacun des 64 écrans, dans trois galeries
commerciales et deux gares routières de l’agglomération : vos clients le
voient le vendredi et le samedi, au moment où ils organisent leur
week-end » (caractéristique vérifiable du réseau ; 58 240 diffusions par
semaine).
- Un média qui gagne du terrain : « Les recettes du
DOOH ont progressé de 12,4 % entre 2023 et 2025, et 47 % des annonceurs
de la publicité extérieure combinent désormais papier et écrans »
(France Pub, IREP, Kantar Media, BUMP 2025, mars 2026).
- Le complément de vos campagnes mobiles : « 80 % du
temps passé sur internet se fait sur mobile (Médiamétrie, 2025) ; vos
publicités sur les réseaux sociaux touchent vos clients chez eux, nos
écrans les rappellent dans les lieux où ils font leurs achats. »
Recommandation à Thibault (exemple) :
« Orvenne Écrans a des atouts réels : un réseau local dans des lieux
d’achat, un média en progression sur deux ans, un tarif d’entrée
accessible. Ce qui nous manque pour être pris au sérieux par les agences
médias, c’est la preuve : nos 520 000 contacts par
semaine sont une estimation interne, alors que les agences raisonnent
sur des audiences mesurées et auditées. Je recommande trois actions :
faire réaliser en 2027 une mesure indépendante de la fréquentation
devant nos écrans, puis la faire auditer ou certifier ; fournir
systématiquement un relevé de diffusion à chaque annonceur ; étudier la
vente d’une partie de l’inventaire en programmatique, pour être visible
des agences nationales, en mesurant le coût des intermédiaires. D’ici
là, Sonia doit éviter les comparaisons de CPM avec d’autres médias et
vendre nos caractéristiques vérifiables. L’objectif de 50 540 € auprès
des concessions est atteignable seulement si nous levons ce doute sur
l’audience. »
Astuce
À l’E7, chaque réponse doit exploiter les annexes
(chiffres repris et sourcés), mobiliser le vocabulaire
du cours (marché biface, régie, contact, CPM, mesure tierce) et
déboucher sur une conséquence opérationnelle pour
l’entreprise du contexte.