Aller au contenu
FUTUR BTS FuturBTS
B3 · chapitre 1 Chapitre offert

Le paysage des médias

Ce que tu sauras faire : Décrire les grands médias et le digital, lire les chiffres du marché publicitaire avec leur vocabulaire technique, situer chaque acteur de l'écosystème (annonceurs, agences, régies, plateformes, ad tech, mesure) et chaque organisation professionnelle, puis produire une note de veille fiable sur l'écosystème media et digital.

1 h 45 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Sauf indication contraire, les exercices se situent chez Orvenne Médias, régie de l’agence Orvenne Communication (Rouen), en octobre et novembre 2026. Les données sur Orvenne, ses supports, ses clients et les médias locaux cités sont fictives ; les chiffres de marché et d’audience sont réels, sourcés et datés.

Exercice 1

Qui fait quoi ?

Application

Rayan Haddad prépare la carte des acteurs que la régie croise chaque semaine. Pour chaque acteur, indique sa famille (annonceur, agence conseil, agence média, média ou éditeur, régie, plateforme, outil d’ad tech, société de mesure ou d’audit, organisation professionnelle, autorité de régulation) et justifie en une phrase.

  1. Une concession automobile de Rouen qui veut faire connaître ses portes ouvertes.

  2. Orvenne Médias, quand elle vend des spots sur les 64 écrans d’Orvenne Écrans.

  3. L’entreprise qui construit le plan média (calendrier des achats d’espace) d’une enseigne nationale (chaîne de magasins présente dans toute la France) et achète l’espace pour son compte.

  4. Un logiciel qui permet à cette entreprise d’acheter automatiquement des affichages sur des milliers de sites.

  5. Un moteur de recherche qui vend lui-même des liens commerciaux (annonces affichées dans les résultats) par son outil en libre-service.

  6. Médiamétrie.

  7. Le CESP.

  8. L’ARPP.

  9. L’Arcom.

  10. L’Udecam.

Voir le corrigé détaillé
Acteur Famille Justification
a) Concession automobile annonceur elle paie pour communiquer sur ses portes ouvertes
b) Orvenne Médias vendant des spots régie (et éditeur des écrans) elle commercialise l’espace d’un support ; comme elle produit aussi la boucle, elle est en même temps éditeur
c) Entreprise qui construit le plan média et achète l’espace agence média conseil sur le choix des supports, plan média, achat d’espace en mandataire, contrôle
d) Logiciel d’achat automatisé outil d’ad tech : DSP plateforme côté acheteurs, utilisée pour acheter des impressions sur de nombreux sites
e) Moteur de recherche vendant ses liens commerciaux plateforme elle a une audience (média), vend son espace (régie) et fournit l’outil d’achat (environnement fermé)
f) Médiamétrie société de mesure elle mesure l’audience de la télévision, de la radio, d’internet
g) CESP organisme d’audit de la mesure il audite les mesures d’audience de référence pour ses membres
h) ARPP autorégulation professionnelle association de professionnels qui élabore des Recommandations et visionne les publicités télévisées avant diffusion
i) Arcom autorité publique de régulation autorité créée en 2022, qui régule l’audiovisuel et une partie du numérique
j) Udecam organisation professionnelle elle fédère les agences de conseil et d’achat média
Piège

Une même entreprise peut cumuler plusieurs rôles : Orvenne Médias est éditeur et régie ; une plateforme est média, régie et fournisseur d’outil. Classe le rôle joué dans la situation, pas l’entreprise une fois pour toutes. Et ne confonds pas l’ARPP (autorégulation, association) et l’Arcom (autorité publique).

Exercice 2

Vrai ou faux ?

Application

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis corrige celles qui sont fausses.

  1. La radio est un support ; une station régionale est un média.

  2. Dans un marché biface, le support sert à la fois son public et ses annonceurs.

  3. Les recettes publicitaires mesurées par l’IREP sont des montants nets.

  4. Selon le BUMP, les investissements de communication des annonceurs (35,2 Md€ en 2025) sont la somme des recettes publicitaires des médias.

  5. Un GRP de 200 signifie que 200 personnes ont vu la campagne.

  6. Le CPM est le coût d’un contact multiplié par 1 000.

  7. L’ARPP est une autorité administrative créée par la loi.

  8. Une SSP est un outil utilisé par les éditeurs et les régies pour vendre leur inventaire.

  9. 58 240 diffusions d’un spot sur des écrans correspondent à 58 240 personnes touchées.

Voir le corrigé détaillé
  1. Faux. C’est l’inverse : la radio est un média (famille) ; une station régionale est un support.

  2. Vrai. Il offre des contenus au public pour obtenir son attention, et vend cette audience aux annonceurs sous forme d’espace.

  3. Vrai. L’IREP mesure des recettes nettes : hors taxes, après remises professionnelles, commissions des régies incluses.

  4. Faux. Les investissements de communication (France Pub) comprennent aussi la production, les honoraires d’agences et les dépenses hors médias (promotion, événementiel, marketing direct). Ils n’ont pas le même champ que les recettes des médias (19,8 Md€) et ne se déduisent pas les uns des autres.

  5. Faux. Le GRP est un indicateur de pression : couverture (%) × répétition moyenne. Comme 100 GRP = 1 contact par personne de la cible, 200 GRP = 200 ÷ 100 = deux contacts en moyenne par personne de la cible, pas 200 personnes.

  6. Vrai. CPM = coût ÷ contacts × 1 000, c’est-à-dire le coût d’un contact multiplié par 1 000.

  7. Faux. L’ARPP est une association loi de 1901, indépendante des pouvoirs publics, financée et administrée par les professionnels : c’est de l’autorégulation. L’autorité publique de l’audiovisuel est l’Arcom.

  8. Vrai. La SSP (supply-side platform) est la plateforme côté vendeurs.

  9. Faux. Une diffusion n’est un contact que si une personne est exposée au message. Une même personne peut voir le spot plusieurs fois, et un écran peut passer un spot devant personne. Il faut mesurer ou estimer la fréquentation.

Exercice 3

Lire le marché publicitaire

Calcul

Thibault Quéméner demande à Rayan une diapositive sur l’évolution du marché.

Document — Recettes publicitaires nettes des médias, en millions d’euros (IREP, BUMP 2025, mars 2026)
Ligne 2024 2025
Télévision 3 523 3 237
Radio 728 710
Presse 1 727 1 617
Publicité extérieure 1 399 1 325
dont DOOH 308 301
Search 4 479 4 935
Social 3 624 4 178
Display 2 098 2 324
Total du marché 19 169 19 795
  1. Calcule l’évolution (en %) et la variation (en M€) de chaque ligne entre 2024 et 2025.

  2. Calcule la part du search et du social réunis dans le total du marché en 2024 et en 2025.

  3. Calcule la variation totale, en M€, des recettes de la télévision, de la radio, de la presse et de la publicité extérieure réunies. Compare-la à la variation du social seul.

  4. Rayan additionne toutes les lignes du document (sauf le total et la ligne « dont DOOH ») et trouve un chiffre différent du total. Explique les deux raisons de l’écart.

  5. Rédige en trois phrases le message principal de la diapositive pour l’équipe de la régie.

Voir le corrigé détaillé

1. Évolutions et variations 2024-2025.

Formules : évolution (en %) = (valeur 2025 ÷ valeur 2024 − 1) × 100 ; variation (en M€) = valeur 2025 − valeur 2024. Exemple pour la télévision : 3 237 ÷ 3 523 ≈ 0,919 ; 0,919 − 1 = − 0,081 ; × 100 = − 8,1 %. Variation : 3 237 − 3 523 = − 286 M€.

Ligne Quotient 2025 ÷ 2024 Évolution Variation
Télévision 3 237 ÷ 3 523 ≈ 0,919 − 8,1 % − 286 M€
Radio 710 ÷ 728 ≈ 0,975 − 2,5 % − 18 M€
Presse 1 617 ÷ 1 727 ≈ 0,936 − 6,4 % − 110 M€
Publicité extérieure 1 325 ÷ 1 399 ≈ 0,947 − 5,3 % − 74 M€
dont DOOH 301 ÷ 308 ≈ 0,977 − 2,3 % − 7 M€
Search 4 935 ÷ 4 479 ≈ 1,102 + 10,2 % + 456 M€
Social 4 178 ÷ 3 624 ≈ 1,153 + 15,3 % + 554 M€
Display 2 324 ÷ 2 098 ≈ 1,108 + 10,8 % + 226 M€
Total 19 795 ÷ 19 169 ≈ 1,033 + 3,3 % + 626 M€

Un quotient inférieur à 1 signifie une baisse, supérieur à 1 une hausse.

2. Part du search et du social.

On additionne les deux lignes, puis on divise par le total et on multiplie par 100 :

  • 2024 : 4 479 + 3 624 = 8 103 M€ ; 8 103 ÷ 19 169 ≈ 0,423, soit 42,3 % ;
  • 2025 : 4 935 + 4 178 = 9 113 M€ ; 9 113 ÷ 19 795 ≈ 0,460, soit 46,0 %.

Près de la moitié des recettes publicitaires des médias va à deux leviers. La part gagne 46,0 − 42,3 = 3,7 points (on parle de points, et non de %, pour une différence entre deux pourcentages).

3. Médias historiques contre social.

On additionne les variations trouvées au 1 : − 286 − 18 − 110 − 74 = − 488 M€. Le social seul gagne + 554 M€ : sa progression dépasse à elle seule la baisse cumulée de la télévision, de la radio, de la presse et de la publicité extérieure.

4. Pourquoi la somme ne donne pas le total.

La somme des lignes du document (hors total et hors « dont DOOH ») vaut 3 237 + 710 + 1 617 + 1 325 + 4 935 + 4 178 + 2 324 = 18 326 M€ en 2025.

  • Première raison : des lignes manquent. Le total comprend aussi le cinéma (81,9 M€), les autres leviers digitaux (1 006 M€), le courrier publicitaire (569 M€), les annuaires (370 M€) et les imprimés sans adresse (344 M€) : 81,9 + 1 006 + 569 + 370 + 344 = 2 370,9 M€.
  • Seconde raison : un double compte. Les recettes numériques des télévisions, radios et presse (environ 900 M€ en 2025) sont comptées à la fois avec leur média et dans les leviers digitaux.

Vérification : on ajoute les lignes manquantes et on retire le double compte : 18 326 + 2 370,9 = 20 696,9 ; 20 696,9 − 900 ≈ 19 797 M€, soit le total publié (19 795 M€) aux arrondis près (le double compte vaut « environ » 900 M€).

Piège

On ne « corrige » jamais un total publié par une addition maison. Quand la somme ne tombe pas juste, on relit les notes méthodologiques de la source : lignes non reprises, doubles comptes, arrondis.

5. Message de la diapositive (exemple).

« En 2025, le marché publicitaire progresse de 3,3 %, mais toute la croissance vient du digital : le search et le social captent désormais 46 % des recettes. La télévision, la radio, la presse et la publicité extérieure perdent ensemble 488 M€, moins que ce que gagne le social seul. Le DOOH résiste mieux que l’ensemble de la publicité extérieure (− 2,3 % contre − 5,3 %) : c’est notre meilleur argument face aux budgets qui partent vers les plateformes. »

Exercice 4

Le vocabulaire de l’espace

Calcul

Une concession automobile hésite à compléter sa campagne par de la radio. Une station régionale (fictive) lui propose une campagne de 30 spots de 20 secondes sur deux semaines. Données de la régie de la station, pour la cible des 25-49 ans de l’agglomération :

  • population de la cible : 160 000 personnes ;
  • personnes de la cible touchées au moins une fois : 72 000 ;
  • contacts sur la cible : 288 000 ;
  • tarif brut de la campagne : 6 400 € HT ; remise de volume (réduction accordée parce que l’annonceur achète beaucoup de spots) : 15 % ;
  • les 25-49 ans représentent 52 % de l’audience de la station et 38 % de la population de l’agglomération.
  1. Calcule la couverture, la répétition moyenne et le GRP de la campagne sur la cible. Que signifie le GRP obtenu ?

  2. Calcule le prix net, puis le CPM brut et le CPM net sur la cible.

  3. Calcule l’indice d’affinité de la station avec la cible des 25-49 ans. Interprète-le.

  4. La concession te demande : « Le CPM le plus bas, c’est toujours le meilleur choix ? » Réponds en deux arguments.

Voir le corrigé détaillé

1. Couverture, répétition, GRP.

  • Couverture = personnes touchées ÷ population de la cible × 100 = 72 000 ÷ 160 000 = 0,45, soit 45 % ;
  • répétition moyenne = contacts ÷ personnes touchées = 288 000 ÷ 72 000 = 4 contacts par personne touchée ;
  • GRP = couverture (en %) × répétition = 45 × 4 = 180.

Vérification par une autre voie : contacts ÷ population de la cible × 100 = 288 000 ÷ 160 000 = 1,8 ; 1,8 × 100 = 180. Interprétation : la campagne délivre en moyenne 1,8 contact par personne de la cible ; 45 % de la cible l’entend au moins une fois, et chacune de ces personnes l’entend 4 fois en moyenne.

2. Prix net et CPM.

  • Prix net : une remise de 15 % laisse 100 − 15 = 85 % du prix, donc 6 400 × 0,85 = 5 440 € HT (remise : 6 400 × 0,15 = 960 €) ;
  • CPM brut : 6 400 ÷ 288 000 ≈ 0,022 2 € par contact ; × 1 000 ≈ 22,22 € pour 1 000 contacts ;
  • CPM net : 5 440 ÷ 288 000 ≈ 0,018 9 € par contact ; × 1 000 ≈ 18,89 € pour 1 000 contacts.

3. Indice d’affinité.

Indice = part de la cible dans l’audience ÷ part dans la population × 100 = 52 ÷ 38 ≈ 1,37 ; × 100 ≈ 137. Il est supérieur à 100. Les 25-49 ans sont environ 1,4 fois plus présents dans l’audience de la station que dans la population de l’agglomération : la station est affinitaire avec la cible, ce qui limite les contacts « perdus » sur des personnes hors cible.

4. Le CPM le plus bas est-il toujours le meilleur ?

Non :

  • le CPM compare des contacts, pas leur qualité : un contact radio écouté en voiture, un contact au cinéma et un affichage digital furtif n’ont pas le même impact ;
  • il faut comparer des chiffres de même nature : même cible, même mesure (certifiée ou déclarative), même base (brut ou net). Un CPM bas calculé sur toute l’audience peut cacher une faible affinité avec la cible.

On complète donc le CPM par la couverture de la cible, l’affinité et l’adéquation du média à l’objectif.

Exercice 5

Quel média pour les portes ouvertes ?

Analyse

Une concession automobile de l’agglomération rouennaise organise des portes ouvertes les samedis 20 et 27 mars 2027 pour lancer un nouveau modèle électrique. Objectif : faire venir en magasin des ménages de 30 à 55 ans habitant à moins de 30 minutes. Budget d’espace : 15 000 € HT. Le directeur hésite entre la télévision, la radio régionale, la presse quotidienne régionale (papier et site), la publicité extérieure (affichage et écrans), le cinéma et les réseaux sociaux.

  1. Pour chaque média, indique un atout et une limite au regard de l’objectif et de la cible.

  2. Écarte deux médias en justifiant ton choix.

  3. Propose une combinaison de deux ou trois médias et justifie-la en reliant chaque média à un rôle précis dans la campagne (faire connaître, rappeler, faire venir).

  4. Quel chiffre d’audience, sourcé et daté, utiliserais-tu pour défendre la radio auprès du directeur ? Précise ce que ce chiffre mesure.

Voir le corrigé détaillé

1. Atouts et limites.

Média Atout pour l’objectif Limite pour l’objectif
Télévision puissance, mise en valeur du nouveau modèle coût d’entrée très élevé pour 15 000 € ; couverture nationale ou régionale bien plus large que la zone de chalandise (zone d’où viennent les clients)
Radio régionale répétition à coût modéré, écoute en voiture, ciblage géographique pas d’image du véhicule
Presse quotidienne régionale crédibilité, public local, possibilité d’un message détaillé (offres, horaires) ; site pour le numérique lectorat papier plutôt âgé ; une parution touche surtout le jour même
Publicité extérieure et écrans présence physique sur les trajets et dans les galeries, proximité du moment de décision ; programmation possible sur les jours qui précèdent message très court ; impossible d’expliquer l’offre en détail
Cinéma attention, image valorisante public plutôt jeune, puissance faible sur deux semaines
Réseaux sociaux ciblage précis par âge et zone, formats vidéo, lien vers l’inscription saturation, mesure fournie par la plateforme elle-même

2. Médias écartés. La télévision (budget insuffisant pour une présence crédible, et audience trop dispersée hors de la zone des 30 minutes) et le cinéma (cible plus jeune que les 30-55 ans, puissance trop limitée sur deux week-ends).

3. Combinaison proposée (exemple).

  • Radio régionale, la semaine précédant chaque samedi : faire connaître et répéter la date (environ 2 auditeurs sur 3 un jour de semaine selon Médiamétrie) ;
  • réseaux sociaux ciblés sur les 30-55 ans à moins de 30 minutes : montrer le véhicule en vidéo et faire s’inscrire à un essai ;
  • écrans dans les galeries commerciales le vendredi et le samedi : rappeler l’événement au plus près du moment où les ménages font leurs courses et décident de leur samedi.

Chaque média a un rôle : la radio installe, le social convertit, les écrans rappellent. Toute autre combinaison argumentée de la même façon est acceptable.

4. Chiffre pour défendre la radio. Médiamétrie, EAR National, communiqué du 10/07/2026 : 37,6 millions d’auditeurs quotidiens (65,9 % des 13 ans et plus), 2 h 49 d’écoute par auditeur, en moyenne du lundi au vendredi, d’avril à juin 2026. Ce chiffre mesure l’audience nationale de la radio : pour la station régionale, il faudrait son audience locale (enquête locale de Médiamétrie), sur la cible.

Exercice 6

Les chiffres d’Orvenne Écrans

Calcul et analyse

Rappel : 64 écrans, boucle de 6 minutes, spot de 10 secondes, écrans allumés 13 heures par jour, 7 jours sur 7 ; « Pack Semaine » à 2 400 € HT brut ; estimation interne de la régie : 520 000 contacts par Pack Semaine.

  1. Retrouve le nombre de passages d’un spot par heure et par écran, puis le nombre de diffusions d’un Pack Semaine.

  2. Dans la boucle, 2 minutes sont réservées aux contenus d’information (programmes culturels, horaires, météo). Combien de spots d’annonceurs la boucle peut-elle contenir au plus ? En octobre 2026, 6 annonceurs sont présents dans la boucle : calcule le taux de remplissage (places occupées ÷ places disponibles × 100) et commente.

  3. Thibault envisage d’installer 8 écrans de plus. Combien de diffusions compterait alors un Pack Semaine ?

  4. Une concession compare le Pack Semaine à une demi-page dans l’édition locale d’un quotidien régional (fictif) : 3 100 € HT brut pour une parution, 41 000 lecteurs estimés par le journal. Calcule le CPM brut de chaque support et le rapport entre les deux.

  5. Sonia veut écrire dans son argumentaire : « Nos écrans coûtent seize fois moins cher que la presse. » Est-ce un argument fiable ? Explique ce qu’il faudrait nuancer.

Voir le corrigé détaillé

1. Passages et diffusions. Une boucle dure 6 × 60 = 360 s et une heure 3 600 s ; le spot passe une fois par boucle : 3 600 ÷ 360 = 10 passages par heure. Diffusions : 10 × 13 h = 130 par jour et par écran ; 130 × 7 jours = 910 par écran ; 910 × 64 écrans = 58 240.

2. Capacité de la boucle. 2 min = 120 s d’information, donc temps disponible pour la publicité = 360 − 120 = 240 s ; spots possibles = 240 s ÷ 10 s = 24 places. Remplissage = places occupées ÷ places disponibles = 6 ÷ 24 = 0,25, soit 25,0 %. Il reste 18 places : la boucle est loin d’être saturée. Le problème de la régie n’est pas le manque d’espace mais la vente : convaincre davantage d’annonceurs, ce qui suppose des preuves d’audience (B3-02) et une offre adaptée (B3-04). Une place vide une semaine est perdue : elle ne se stocke pas.

3. Avec 72 écrans. 64 + 8 = 72 écrans ; 910 passages par écran × 72 = 65 520 diffusions par Pack Semaine.

4. CPM comparés.

  • Écrans : 2 400 ÷ 520 000 ≈ 0,004 62 € par contact ; × 1 000 ≈ 4,62 € ;
  • demi-page : 3 100 ÷ 41 000 ≈ 0,075 6 € par contact (on compte un contact par lecteur) ; × 1 000 ≈ 75,61 € ;
  • rapport : 75,61 ÷ 4,62 ≈ 16,4 : le contact de la presse coûte environ 16 fois plus cher, d’où le « seize fois » de Sonia.

5. L’argument « seize fois moins cher ». Il est arithmétiquement juste mais fragile :

  • les deux nombres de contacts sont des estimations déclaratives (régie et journal), ni mesurées de la même façon ni certifiées ;
  • un « contact » n’a pas la même valeur : un passant aperçoit un spot de 10 secondes ; un lecteur peut lire une demi-page détaillée ;
  • les prix sont bruts, avant remises, qui peuvent différer beaucoup ;
  • les deux supports ne touchent pas forcément la même cible.

Formulation plus fiable : « Pour 2 400 € HT, votre spot passe 58 240 fois en une semaine dans les galeries et les gares de l’agglomération, où la régie estime à 520 000 le nombre de contacts. »

Piège

Un argumentaire qui compare des chiffres non comparables se retourne contre la régie dès qu’un acheteur averti le relève. L’exactitude des informations est un critère d’évaluation du bloc 3 (B3-07).

Exercice 7

Le chemin d’une publicité programmatique

Analyse

Une concession consacre 1 000 € HT à une campagne de bannières achetée en programmatique sur des sites d’information locale. Les intermédiaires prélèvent successivement : l’agence média (frais de trading, sa rémunération pour piloter les achats) 10 % du budget ; la DSP 15 % de ce qui lui parvient ; la place de marché et la SSP, ensemble, 20 % de ce qui leur parvient. La campagne a produit 300 000 impressions (affichages de la bannière), dont 92 % jugées visibles (réellement apparues à l’écran) par l’outil de vérification.

  1. Décris dans l’ordre le rôle de chaque acteur, de l’annonceur jusqu’à l’internaute.

  2. Calcule le montant qui parvient aux éditeurs des sites, et sa part dans le budget de l’annonceur.

  3. Calcule le CPM payé par l’annonceur sur toutes les impressions, puis sur les seules impressions visibles. Calcule ce que reçoivent les éditeurs pour 1 000 impressions.

  4. Présente trois risques du programmatique pour l’annonceur et un risque pour les éditeurs.

  5. En quoi ces chiffres peuvent-ils servir d’argument à Orvenne Médias, qui vend ses écrans en direct ? Nuance ta réponse.

Voir le corrigé détaillé

1. Les rôles. L’annonceur fixe son objectif et son budget ; son agence média paramètre la campagne (cible, sites, prix maximal) dans une DSP, qui enchérit pour son compte ; la place de marché (ad exchange) organise la rencontre entre offres et demandes ; la SSP des éditeurs met en vente chaque emplacement disponible ; l’éditeur du site affiche la bannière, servie par l’adserver ; l’outil de vérification contrôle que l’affichage était visible et dans un contexte sûr ; l’internaute voit la publicité.

2. Montant reçu par les éditeurs.

Chaque intermédiaire prélève un pourcentage de ce qui lui parvient, pas du budget de départ : on enchaîne donc les calculs.

  • après l’agence (garde 10 %, transmet 90 %) : 1 000 × 0,90 = 900 € ;
  • après la DSP (garde 15 % de 900, transmet 85 %) : 900 × 0,85 = 765 € ;
  • après la place de marché et la SSP (gardent 20 % de 765, transmettent 80 %) : 765 × 0,80 = 612 €.

Part = 612 ÷ 1 000 = 0,612, soit 61,2 % : 1 000 − 612 = 388 €, près de 39 % du budget, rémunèrent les intermédiaires. Erreur à éviter : additionner 10 + 15 + 20 = 45 %, ce qui oublie que chaque taux s’applique à un montant déjà réduit.

3. CPM.

  • CPM sur toutes les impressions = 1 000 € ÷ 300 000 × 1 000 ≈ 3,33 € ;
  • impressions visibles = 300 000 × 0,92 = 276 000 ; CPM visible = 1 000 € ÷ 276 000 × 1 000 ≈ 3,62 € : le prix monte, car on paie les mêmes 1 000 € pour moins d’impressions utiles ;
  • pour les éditeurs : 612 € ÷ 300 000 × 1 000 ≈ 2,04 € pour 1 000 impressions.

4. Risques. Pour l’annonceur : transparence (part du budget absorbée par les intermédiaires), fraude (impressions générées par des robots), sécurité de la marque (bannière affichée à côté d’un contenu choquant), et aussi conformité de l’usage des données au RGPD. Pour les éditeurs : une valeur captée par les intermédiaires et une dépendance à des outils qu’ils ne maîtrisent pas, qui fixent les règles de mise en concurrence.

5. Argument pour Orvenne Médias. Vendue en direct, sans intermédiaire technique, la totalité du budget de l’annonceur paie la diffusion de son spot, avec un interlocuteur local. Nuance : le programmatique apporte ciblage, souplesse et accès à des agences nationales que Sonia ne touche pas ; et l’argument ne vaut que si la régie apporte elle-même des preuves de diffusion et d’audience. Thibault étudie d’ailleurs une vente partielle en programmatique.

Exercice 8

À qui s’adresser ?

Analyse

Rayan reçoit plusieurs questions de l’équipe. Pour chacune, indique l’organisation (ou les organisations) dont les publications ou l’intervention sont les plus pertinentes, et justifie.

  1. « Quelle est l’audience (nombre d’auditeurs) de la radio un jour de semaine ? »

  2. « Combien de personnes lisent la presse chaque mois, sur papier et sur écran ? »

  3. « Les recettes de la publicité extérieure ont-elles progressé en 2025 ? »

  4. « Comment faire auditer une future mesure de la fréquentation de nos écrans ? »

  5. « Un spot télévisé d’un constructeur a-t-il reçu un avis avant diffusion ? »

  6. « Qui représente les agences médias avec lesquelles nous négocions ? »

  7. « Quelle autorité publique régule les chaînes de télévision ? »

  8. « Combien d’entrées les salles de cinéma ont-elles enregistrées en 2025 ? »

Puis :

  1. Explique la différence entre l’ARPP et l’Arcom, en précisant la nature des règles que chacune fait respecter.
  1. Un réseau social annonce sur son blog que « la publicité sur notre plateforme génère un retour sur investissement trois fois supérieur à la télévision ». Comment Rayan doit-il traiter cette information dans sa veille ?
Voir le corrigé détaillé
Question Organisation Justification
a) Audience de la radio Médiamétrie (EAR) mesure de référence de l’audience radio
b) Lecture de la presse ACPM (OneNext) elle organise l’étude d’audience des marques de presse, papier et numérique
c) Recettes de la publicité extérieure IREP (BUMP, avec France Pub et Kantar Media) ; l’UCE (ex-UPE) pour le point de vue des afficheurs l’IREP recense les recettes nettes des médias
d) Audit d’une mesure des écrans CESP (audit des mesures) ; l’ACPM certifie aussi des données de DOOH une mesure crédible doit être contrôlée par un tiers
e) Avis avant diffusion d’un spot télévisé ARPP elle visionne toute publicité destinée à la télévision avant diffusion
f) Représentant des agences médias Udecam elle fédère les agences de conseil et d’achat média
g) Autorité publique de la télévision Arcom autorité publique de régulation de l’audiovisuel et du numérique
h) Entrées en salle CNC il publie la fréquentation des salles de cinéma

i) ARPP et Arcom.

  • L’Arcom est une autorité publique, créée le 1er janvier 2022 par la fusion du CSA et de la Hadopi. Elle fait respecter des règles légales et dispose des pouvoirs que la loi lui confie.
  • L’ARPP est une association de professionnels (annonceurs, agences, médias, régies), indépendante des pouvoirs publics. Elle fait respecter des règles professionnelles, les Recommandations, que la profession s’est données (autorégulation), notamment par l’avis avant diffusion des publicités télévisées et par le Jury de déontologie publicitaire.

Les deux se complètent : la loi fixe le cadre, l’autorégulation précise les bonnes pratiques.

j) L’affirmation du réseau social. C’est une donnée déclarative d’un vendeur d’espace, sur ses propres performances, sans méthode ni date. Rayan peut la mentionner comme argument utilisé par un concurrent, en l’attribuant clairement (« selon le réseau social lui-même »), mais pas comme un fait. Il cherche si une étude indépendante, avec une méthode publiée, traite la question ; à défaut, il ne la reprend pas comme chiffre.

Exercice 9

Trier les informations de veille

Analyse

Pour sa note du 5/11/2026, Rayan a collecté six informations.

  1. Médiamétrie, communiqué du 12/02/2026 : 80 % du temps passé sur internet se fait sur mobile en 2025.

  2. Un post sur un réseau professionnel, sans date ni source : « Les écrans DOOH augmentent les ventes de 40 % en moyenne. »

  3. BUMP 2025 (France Pub, IREP, Kantar Media, mars 2026) : recettes nettes du DOOH 301 M€ en 2025 (− 2,3 %), de l’outdoor 272 M€ (− 12,2 %) ; 47 % des annonceurs de la publicité extérieure combinent papier et écrans.

  4. Un article de presse professionnelle du 10/09/2026 rapportant le BUMP du premier semestre 2026 : recettes nettes des médias + 5,6 % ; télévision − 6,2 %.

  5. Le site d’un concurrent local annonce « le plus grand réseau d’écrans de Normandie ».

  6. CNC, communiqué du 30/12/2025 : 156,79 millions d’entrées en salle en 2025 (estimation), − 13,6 %.

  7. Classe chaque information : fait mesuré par une source de référence, fait relayé, donnée déclarative, information non vérifiable.

  8. Retiens les trois informations les plus utiles pour la réunion commerciale de la régie (vente d’écrans aux concessions automobiles) et justifie l’ordre choisi.

  9. Rédige la partie correspondante de la note de veille (une quinzaine de lignes), en suivant pour chaque information la structure fait → interprétation → conséquence, avec les sources.

  10. Que fais-tu de l’information 5 ?

Voir le corrigé détaillé

1. Classement.

Information Nature
1. Médiamétrie, mobile 80 % fait mesuré par une source de référence, daté
2. Post « + 40 % de ventes » information non vérifiable (ni source, ni date, ni méthode)
3. BUMP 2025, DOOH et outdoor fait mesuré par une source de référence, daté
4. Article du 10/09/2026 sur le BUMP S1 2026 fait relayé (source primaire à retrouver)
5. Concurrent « plus grand réseau de Normandie » donnée déclarative (affirmation du concurrent sur lui-même)
6. CNC, entrées 2025 fait mesuré par une source de référence, estimation provisoire

2. Sélection (exemple justifié). 1) Information 3 : elle concerne directement notre marché (DOOH, combinaison papier-écrans) ; 2) information 4 : la tendance se prolonge en 2026, en citant la source primaire dès qu’elle est retrouvée ; 3) information 1 : le public est sur mobile, ce qui explique l’attrait des réseaux sociaux pour les concessions et oblige à positionner les écrans comme complément. L’information 6 concerne peu la vente aux concessions ; l’information 2 n’est pas fiable.

3. Extrait de note (exemple).

« Le DOOH résiste mieux que l’affichage papier. En 2025, les recettes nettes du DOOH reculent de 2,3 % (301 M€), contre − 12,2 % pour l’affichage grand format (272 M€) ; 47 % des annonceurs de la publicité extérieure combinent désormais papier et écrans (France Pub, IREP, Kantar Media, BUMP 2025, mars 2026). Interprétation : les annonceurs ne quittent pas la rue, ils passent aux écrans et aux combinaisons. Conséquence : proposer aux concessions un dispositif écrans + autre média plutôt qu’un achat isolé.

Le digital continue de capter la croissance en 2026. Au premier semestre 2026, les recettes nettes des médias progressent de 5,6 % et la télévision recule de 6,2 % (BUMP S1 2026, d’après la presse professionnelle du 10/09/2026, communiqué complet à consulter). Interprétation : la concurrence des plateformes pour les budgets locaux ne faiblira pas. Conséquence : argumenter sur ce que les plateformes n’offrent pas, la présence physique dans les lieux d’achat.

Le public est d’abord sur mobile. 80 % du temps passé sur internet se fait sur mobile en 2025 (Médiamétrie, 12/02/2026). Interprétation : les concessions ont raison d’investir dans le social pour toucher leurs clients. Conséquence : présenter Orvenne Écrans comme le rappel physique qui complète leurs campagnes mobiles, pas comme leur concurrent. »

4. L’information 5. C’est une allégation commerciale (une affirmation faite pour vendre, sans preuve) : on ne la reprend pas comme un fait. On peut vérifier le nombre d’écrans annoncé par le concurrent (site, plaquette, observation) et noter son positionnement dans la rubrique « acteurs » de la veille concurrentielle.

Exercice 10

Orvenne Écrans face aux concessions

Entraînement E7

Entraînement au format de l’épreuve E7 (questions et problèmes à résoudre à partir d’un contexte d’entreprise ; version réduite d’environ 1 h, l’épreuve écrite durant 3 h). Appuie chaque réponse sur les annexes et sur les notions du cours.

Contexte. Orvenne Médias est la régie d’Orvenne Communication (agence conseil de 24 salariés, Rouen). Elle commercialise deux supports qu’elle édite : Orvenne Écrans, réseau de 64 écrans numériques dans trois galeries commerciales et deux gares routières de l’agglomération rouennaise, et Orvenne Live, infolettre culturelle (31 000 abonnés) et podcast mensuel. Chiffre d’affaires 2025 de la régie : 610 000 € HT, dont 455 000 € pour les écrans. Environ 120 annonceurs ; les 10 premiers représentent 48 % du chiffre d’affaires. L’équipe : Thibault Quéméner (responsable), Sonia Ndiaye (chargée de clientèle), un chargé de diffusion (il programme les spots sur les écrans) et Rayan Haddad (alternant).

Annexe 1 — Courriel de Thibault Quéméner à Rayan (lundi 2 novembre 2026)

Rayan, Sonia démarche en novembre les concessions automobiles de l’agglomération. Elles achètent surtout du digital et de la radio, très peu d’écrans. Il me faut pour jeudi : une analyse rapide de la publicité extérieure (affichage et écrans hors du domicile) et de notre place dans l’écosystème, une estimation de ce que nous pourrions viser, et trois arguments solides pour Sonia, sans affirmation que nous ne pourrions pas prouver. Dis-moi aussi ce qui nous manque pour être pris au sérieux par les agences médias. Thibault

Annexe 2 — Fiche Orvenne Écrans (octobre 2026)

  • 64 écrans ; boucle de 6 minutes ; spot de 10 secondes ; 13 heures de diffusion par jour, 7 jours sur 7.
  • Pack Semaine : 2 400 € HT brut, soit 58 240 diffusions.
  • Contacts estimés par la régie : 520 000 par Pack Semaine, à partir des fréquentations communiquées par les galeries et les gares (aucune mesure tierce).
  • Achat uniquement en direct auprès de Sonia ; aucune vente en programmatique.
Annexe 3 — La publicité extérieure en France, recettes nettes en M€ (IREP, BUMP 2025, mars 2026)
Ligne 2023 2024 2025
Publicité extérieure (total) 1 285 1 399 1 325
dont DOOH 268 308 301
dont outdoor (grand format) 300 310 272
dont shopping, indoor 114 134 144

Autres données du BUMP 2025 : 9 247 annonceurs en publicité extérieure (+ 1,1 % par rapport à 2024), dont 47 % activent à la fois l’affichage papier et les écrans (36 % en 2023) ; recettes nettes totales des médias 19 795 M€ (+ 3,3 %), dont environ 63 % pour les leviers digitaux.

Annexe 4 — Audiences de référence

  • Médiamétrie, EAR National, communiqué du 10/07/2026 (avril-juin 2026, 13 ans et plus, lundi-vendredi) : 37,6 millions d’auditeurs quotidiens de la radio (65,9 %), 2 h 49 d’écoute par auditeur.
  • Médiamétrie, L’Année Internet 2025 (12/02/2026) : 48,6 millions d’internautes quotidiens ; 80 % du temps passé sur internet se fait sur mobile.

Annexe 5 — Enquête de Sonia auprès de 14 concessions de l’agglomération (octobre 2026, fictive)

Budget publicitaire annuel moyen par concession : 38 000 € HT. Répartition moyenne : digital (réseaux sociaux, search, sites d’annonces) 45 % ; radio 25 % ; presse 15 % ; affichage 10 % ; autres 5 %. Remarques fréquentes : « on ne sait pas combien de gens voient vos écrans » ; « nos portes ouvertes ont lieu le samedi, nos clients viennent des communes voisines ».

Travail à faire

  1. Explique pourquoi Orvenne Écrans fonctionne sur un marché biface, puis situe Orvenne Médias dans l’écosystème : ce qu’elle vend, à qui, et quels sont ses concurrents pour les budgets des concessions.

  2. À partir de l’annexe 3, calcule l’évolution 2023-2025 de la publicité extérieure, du DOOH et de l’outdoor, ainsi que la part du DOOH en 2023 et en 2025. Qu’en conclus-tu pour Orvenne Écrans ?

  3. À partir de l’annexe 5, calcule le budget publicitaire annuel total des 14 concessions et sa répartition par média. Thibault fixe un objectif : capter la moitié de leur budget d’affichage et 10 % de leur budget digital. Calcule le chiffre d’affaires visé, son équivalent en Packs Semaine et son poids par rapport au chiffre d’affaires 2025 des écrans.

  4. Calcule le CPM brut du Pack Semaine. Explique pourquoi ce chiffre ne suffit pas à convaincre une agence média, et quelles organisations ou démarches permettraient de renforcer la crédibilité de l’audience des écrans.

  5. Rédige pour Sonia trois arguments fiables (chacun appuyé sur une donnée sourcée ou sur une caractéristique vérifiable du réseau), puis une recommandation de dix lignes environ à Thibault sur ce qui manque à Orvenne Médias pour être prise au sérieux par les agences médias.

Voir le corrigé détaillé

1. Marché biface et place dans l’écosystème.

Orvenne Écrans sert deux clientèles : les passants des galeries et des gares, à qui elle offre gratuitement des contenus (programmes culturels, informations pratiques) contre leur attention ; les annonceurs, à qui la régie vend l’accès à cette audience sous forme de spots (2 400 € HT le Pack Semaine). Les recettes viennent entièrement du versant annonceurs (455 000 € HT en 2025), mais leur niveau dépend de l’audience du versant public : sans passants attentifs, pas de contacts à vendre.

Dans l’écosystème, Orvenne Médias est à la fois éditeur et régie interne : elle produit ses supports et en vend l’espace, en direct, à environ 120 annonceurs locaux, sans passer par le programmatique. Ses concurrents pour les budgets des concessions sont la radio locale (25 % de leurs budgets), la presse régionale (15 %), les autres afficheurs et surtout les plateformes digitales (45 %).

2. La publicité extérieure 2023-2025.

Ligne Évolution 2023-2025
Publicité extérieure 1 325 ÷ 1 285 ≈ 1,031 ; 1,031 − 1 = 0,031 → + 3,1 %
DOOH 301 ÷ 268 ≈ 1,123 → + 12,3 %
Outdoor 272 ÷ 300 ≈ 0,907 ; 0,907 − 1 = − 0,093 → − 9,3 %

(La source publie + 12,4 % et − 9,2 %, calculés sur des montants non arrondis.)

Part du DOOH = recettes du DOOH ÷ recettes de la publicité extérieure × 100 : 268 ÷ 1 285 ≈ 0,209, soit 20,9 % en 2023 ; 301 ÷ 1 325 ≈ 0,227, soit 22,7 % en 2025 (+ 1,8 point).

Conclusion. Sur deux ans, le DOOH progresse nettement alors que le grand format papier recule, et sa part dans la publicité extérieure augmente ; la combinaison papier-écrans gagne du terrain (47 % des annonceurs contre 36 % en 2023). Les lieux de vie (shopping, indoor : 114 → 144 M€) progressent aussi. C’est un contexte favorable aux écrans d’Orvenne, situés justement dans des galeries commerciales. Mais 2025 montre un léger recul du DOOH (− 2,3 %) dans un marché où le digital capte environ 63 % des recettes : la croissance n’est pas acquise.

3. Potentiel auprès des concessions.

  • Budget total = nombre de concessions × budget moyen = 14 × 38 000 = 532 000 € HT par an ;
  • répartition (budget total × part de chaque média) : digital 532 000 × 0,45 = 239 400 € ; radio 532 000 × 0,25 = 133 000 € ; presse × 0,15 = 79 800 € ; affichage × 0,10 = 53 200 € ; autres × 0,05 = 26 600 € (contrôle : 45 + 25 + 15 + 10 + 5 = 100 % et la somme redonne 532 000 €).

Objectif : moitié de l’affichage = 53 200 × 0,50 = 26 600 € ; 10 % du digital = 239 400 × 0,10 = 23 940 € ; total 26 600 + 23 940 = 50 540 € HT par an. En Packs Semaine : 50 540 ÷ 2 400 ≈ 21,06, soit environ 21 Packs Semaine (au tarif brut). Poids : 50 540 ÷ 455 000 ≈ 0,111, soit 11,1 % du chiffre d’affaires 2025 des écrans.

Interprétation : l’objectif représenterait une hausse sensible du chiffre d’affaires des écrans, mais il suppose de convaincre une partie des concessions de déplacer du budget digital vers les écrans, ce qui exige des preuves d’audience. Le calcul est fait au tarif brut : les remises éventuelles (B3-04) le réduiraient. Il faut aussi vérifier que l’inventaire peut absorber ces 21 semaines supplémentaires.

4. CPM et crédibilité.

CPM brut = 2 400 € ÷ 520 000 contacts × 1 000 ≈ 4,62 € pour 1 000 contacts.

Ce chiffre ne convainc pas une agence média, car les 520 000 contacts sont une estimation interne fondée sur des fréquentations communiquées par les lieux, sans mesure tierce : une agence compare des supports à partir d’audiences mesurées par des organismes de référence et auditées. Les concessions le disent elles-mêmes : « on ne sait pas combien de gens voient vos écrans ».

Pour renforcer la crédibilité :

  • faire réaliser une mesure de la fréquentation devant les écrans par un prestataire indépendant, avec une méthode publiée (B3-02) ;
  • la faire auditer (CESP) ou certifier (l’ACPM certifie notamment des données de DOOH) ;
  • fournir à chaque annonceur une preuve de diffusion (relevé des passages de son spot) ;
  • suivre les travaux de l’UCE et du BUMP pour se référer aux standards du secteur.

5. Arguments pour Sonia et recommandation.

Trois arguments fiables (exemple) :

  1. Présence au moment de la décision : « Votre spot passe 10 fois par heure sur chacun des 64 écrans, dans trois galeries commerciales et deux gares routières de l’agglomération : vos clients le voient le vendredi et le samedi, au moment où ils organisent leur week-end » (caractéristique vérifiable du réseau ; 58 240 diffusions par semaine).
  2. Un média qui gagne du terrain : « Les recettes du DOOH ont progressé de 12,4 % entre 2023 et 2025, et 47 % des annonceurs de la publicité extérieure combinent désormais papier et écrans » (France Pub, IREP, Kantar Media, BUMP 2025, mars 2026).
  3. Le complément de vos campagnes mobiles : « 80 % du temps passé sur internet se fait sur mobile (Médiamétrie, 2025) ; vos publicités sur les réseaux sociaux touchent vos clients chez eux, nos écrans les rappellent dans les lieux où ils font leurs achats. »

Recommandation à Thibault (exemple) :

« Orvenne Écrans a des atouts réels : un réseau local dans des lieux d’achat, un média en progression sur deux ans, un tarif d’entrée accessible. Ce qui nous manque pour être pris au sérieux par les agences médias, c’est la preuve : nos 520 000 contacts par semaine sont une estimation interne, alors que les agences raisonnent sur des audiences mesurées et auditées. Je recommande trois actions : faire réaliser en 2027 une mesure indépendante de la fréquentation devant nos écrans, puis la faire auditer ou certifier ; fournir systématiquement un relevé de diffusion à chaque annonceur ; étudier la vente d’une partie de l’inventaire en programmatique, pour être visible des agences nationales, en mesurant le coût des intermédiaires. D’ici là, Sonia doit éviter les comparaisons de CPM avec d’autres médias et vendre nos caractéristiques vérifiables. L’objectif de 50 540 € auprès des concessions est atteignable seulement si nous levons ce doute sur l’audience. »

Astuce

À l’E7, chaque réponse doit exploiter les annexes (chiffres repris et sourcés), mobiliser le vocabulaire du cours (marché biface, régie, contact, CPM, mesure tierce) et déboucher sur une conséquence opérationnelle pour l’entreprise du contexte.

Prêt pour le quiz ?

10 questions pour vérifier que tout est acquis.

Faire le quiz