Partie 1 — La fiche de situation professionnelle
(proposition)
1. Contexte. Drévalis SAS, Annecy, 92 salariés,
équipements de randonnée ; chiffre d’affaires 2025 de 18 400 000 € hors
taxes, dont 46 % à l’export. Le président veut ouvrir en 2027 un marché
hors d’Europe et hésite entre la Corée du Sud, le Chili et les
États-Unis, où l’entreprise n’a aucun client. Le lundi 26/10/2026, ma
tutrice, Claire Vautrin, responsable export, m’a confié l’actualisation
de sa note d’enjeux internationaux, à rendre le vendredi 6/11/2026.
Situation construite en formation, en lien avec l’entreprise.
2. Diagnostic.
- Contexte mondial : commerce de marchandises + 4,2 %
en volume en 2025, + 3,9 % prévu en 2026 et + 4,1 % en 2027 (OMC,
8/10/2026), surtout grâce à l’Asie (+ 9,9 % d’exportations en 2026),
l’Europe stagnant (− 0,1 %).
- Dépendance de Drévalis : 79,28 % de l’export en
Europe, mais environ trois quarts des achats de composants en Asie (3
530 000 USD) : forte sensibilité à la route Asie–Europe.
- Conflit au Moyen-Orient (depuis mars 2026) : Brent
de 70 à 138 USD (+ 97,14 %), puis autour de 100 USD ; contournement par
le Cap ; trajet Taichung → Fos de 44 à 48 jours au lieu de 32 à 35.
- Accès aux marchés : accord UE–Corée (depuis 2011) ;
accord intérimaire UE–Chili (depuis le 1/02/2025) ; pas d’accord de
libre-échange avec les États-Unis, droits américains relevés depuis 2025
et instables, malgré la déclaration commune du 21/08/2025.
- Climat : SEQE-UE étendu aux navires (coût répercuté
dans le fret) ; MACF définitif depuis le 1/01/2026, sans effet sur nos
ventes ; objectif interne de réduire le fret aérien.
3. Objectifs. Donner au comité de direction, en deux
pages, une vue sourcée et datée des enjeux internationaux des trois pays
; les classer avec une grille commune ; proposer trois précautions et la
suite de l’étude.
4. Méthodologies. Veille sur sources officielles
(OMC, CNUCED, Commission européenne, DG Trésor, douane), chaque chiffre
noté avec sa date ; traduction de chaque fait en opportunité ou risque
pour Drévalis ; grille probabilité × impact (notes discutées avec ma
tutrice) ; calculs (taux de variation, parts) refaits et contrôlés ;
lecture d’un message en anglais du transitaire.
5. Résultats.
| Chili |
+ 8 |
− 7 |
+ 1 |
| Corée du Sud |
+ 8 |
− 10 |
− 2 |
| États-Unis |
+ 10 |
− 13 |
− 3 |
Enseignements : les trois soldes sont proches ; l’enjeu le plus fort
est positif pour la Corée et le Chili (accords avec l’UE) et négatif
pour les États-Unis (droits instables). Le classement est sensible : si
les droits américains se stabilisent, le solde des États-Unis passe à
0.
6. Préconisations.
- Sécuriser l’approvisionnement venant d’Asie :
commander plus tôt, relever le stock de sécurité, réserver la place à
bord à l’avance.
- Protéger les prix à l’export : clause d’ajustement
du transport ou validité courte des offres ; vérifier le droit de douane
du pays importateur à chaque offre (surtout aux États-Unis).
- Vérifier l’origine européenne des bâtons (tubes de
Taïwan) avant de compter sur les accords UE–Corée et UE–Chili.
Suite du projet : construire la matrice de sélection des
marchés (taille du marché, concurrence, accessibilité, risques)
pour le comité de mars 2027, puis analyser le pays retenu.
Astuce
Ce que la commission attend
Une fiche E6 n’est pas un résumé du cours : chaque rubrique parle
de Drévalis, avec des chiffres datés
et des sources. Les préconisations doivent découler du
diagnostic (ici : la route Asie–Europe et les droits américains), et la
méthode doit montrer ce que tu as fait toi-même.
Partie 2 — Les questions de la commission
a) Pourquoi ne pas recommander directement le Chili
?
Parce que la grille ne mesure qu’une partie de la décision : les
enjeux internationaux. Elle ne dit rien de la taille du marché chilien
des articles de randonnée, des concurrents, des prix ou de la capacité
de Drévalis à servir un pays aussi éloigné. De plus, l’écart avec les
autres pays est faible et dépend de notes discutables : une seule note
change le classement. Ma note prépare donc la matrice de sélection, qui
décidera.
b) Le Brésil ajouté à la liste
À vérifier en premier : l’accord intérimaire
UE–Mercosur, appliqué à titre provisoire depuis le 1/05/2026
(quels droits sont réduits, à quel rythme, avec quelles règles
d’origine) ; la route maritime et les délais vers les
ports brésiliens ; les risques du pays (politiques,
monétaires, réglementaires) sur sources officielles datées. Différence
avec le Chili : le Brésil est membre d’une union
douanière régionale (le Mercosur), alors que le Chili a un
accord bilatéral avec l’UE ; l’accord avec le Mercosur est plus récent
et appliqué à titre provisoire, donc ses effets réels sont encore à
observer.
c) Aggravation de la crise sur la route
Asie–Europe
Nouveau score de l’enjeu : 3 × (− 3) = − 9 au lieu de − 4. Solde de
la Corée : 6 + (− 9) + (− 3) + 2 + (− 3) = − 7 (au lieu
de − 2). La Corée passe dernière. Mais surtout, cette aggravation touche
déjà Drévalis, même sans projet coréen : environ trois
quarts de ses achats de composants viennent d’Asie par cette route. La
première conséquence est donc une révision des commandes et des stocks,
avant même le choix d’un nouveau marché.
d) Vérifier les droits de douane américains
J’ai lu les pages de la Commission européenne sur les relations
UE–États-Unis (lues le 21/10/2026) : elles décrivent le cadre du
21/08/2025 et les mesures de l’UE, mais pas le taux exact appliqué par
les États-Unis à nos produits. C’est pourquoi ma note ne donne
pas de taux : elle préconise de vérifier le droit
américain applicable au code douanier des bâtons, dans
le tarif officiel des États-Unis, au moment de chaque offre, avec l’aide
du transitaire. Je n’écris pas un chiffre que je n’ai pas pu lire à la
source.