1. Regarder le monde avant d’exporter
Avant de choisir un pays, une entreprise qui exporte doit comprendre le monde dans lequel elle va vendre : qui échange avec qui, selon quelles règles, avec quels dangers et quelles chances. Ce premier chapitre du bloc 3 te donne cette vue d’ensemble. Il ne choisit pas le marché à ta place, mais il t’apprend à poser les bonnes questions.
ADrévalis cherche un nouveau pays
Drévalis SAS est une PME (petite ou moyenne entreprise) de 92 salariés installée à Annecy, en Haute-Savoie. Elle conçoit et assemble des équipements de randonnée : des bâtons (gamme Crête), des lampes frontales (gamme Lueur) et des gourdes isothermes (gamme Ruisseau). En 2025, elle a réalisé 18 400 000 € de chiffre d’affaires hors taxes, dont 46 % à l’export, c’est-à-dire vendus à des clients situés hors de France.
Le lundi 19 octobre 2026, le président, Laurent Drevet, réunit le comité de direction. Il veut ouvrir un nouveau marché hors d’Europe en 2027. Trois pays sont sur la table : la Corée du Sud, le Chili et les États-Unis.
Avant d’étudier ces marchés en détail, il demande à Claire Vautrin, responsable export, une note d’enjeux internationaux pour le vendredi 23 octobre. « Je ne veux pas encore savoir combien de bâtons on vendra à Séoul. Je veux savoir dans quel monde on met les pieds : les accords, les tensions, les routes, le climat. »
Camille Roussel, étudiante en 2e année de BTS Commerce international, fera son stage chez Drévalis à partir du 18 janvier 2027. Claire lui transmet la note : elle servira de point de départ à la situation professionnelle que Camille présentera à l’épreuve E6. Tu vas suivre la construction de cette note tout au long du chapitre.
Ce chapitre et l'épreuve E6
À l’E6, tu présentes des situations professionnelles : contexte, diagnostic, objectifs, méthodes, résultats, préconisations. La partie « contexte » et la partie « diagnostic externe » d’une situation commencent presque toujours par les enjeux internationaux du pays visé. Ce chapitre t’apprend à les présenter en quelques lignes justes, chiffrées et datées.
BDéfinir un enjeu international
Le mot « enjeu » vient du jeu : c’est ce que l’on peut gagner ou perdre. Un enjeu international est donc un fait qui se passe à l’échelle du monde et qui peut faire gagner ou perdre quelque chose à l’entreprise.
Enjeu international
Un enjeu international est une évolution du monde (économique, politique, juridique, logistique ou environnementale) qui peut changer les résultats d’une entreprise qui achète ou vend à l’étranger. Il devient pour elle une opportunité (une chance à saisir) ou un risque (un danger à prévoir), selon sa situation.
Trois exemples pour Drévalis : un accord commercial UE–Chili qui supprime la plupart des droits (opportunité) ; un conflit au Moyen-Orient qui renchérit le pétrole et rallonge les trajets des navires (risque pour les tubes venus de Taïwan) ; une règle climatique européenne qui fait payer le carbone de certains navires (coût de transport en plus).
Mondialisation
La mondialisation est le mouvement par lequel les économies des pays deviennent de plus en plus liées entre elles : par les échanges de marchandises et de services, par les investissements des entreprises à l’étranger, par les flux d’argent, d’informations et de personnes.
Drévalis est un bon exemple de mondialisation à l’échelle d’une PME : elle achète ses tubes à Taïwan et ses batteries en Chine, assemble à Annecy et vend en Allemagne, au Royaume-Uni, au Canada ou au Japon. Un problème à l’autre bout du monde peut arrêter son atelier.
Croire que les enjeux internationaux ne concernent que les grandes entreprises. Une PME comme Drévalis y est plus exposée, pas moins : elle a moins de fournisseurs de rechange, moins de trésorerie pour attendre un conteneur bloqué et moins de personnes pour surveiller l’actualité.
CLes mots anglais à connaître
Dans ce métier, beaucoup de documents sont en anglais. Voici les mots de ce chapitre que tu rencontreras le plus souvent. La langue elle-même se travaille dans le chapitre d’anglais ANG-17 « Vendre à l’international ».
| Mot anglais | Traduction | Sens simple |
|---|---|---|
| trade | commerce, échanges | achats et ventes entre pays |
| free trade agreement (FTA) | accord de libre-échange | accord qui supprime les droits de douane entre ses membres |
| tariff | droit de douane | taxe payée quand une marchandise entre dans un pays |
| customs union | union douanière | pays qui ont un même droit de douane face au reste du monde |
| supply chain | chaîne d’approvisionnement | tous les maillons entre le fournisseur et le client |
| shipping route | route maritime | trajet suivi par les navires |
| bunker surcharge ou BAF (bunker adjustment factor) | surcharge carburant | supplément de fret lié au prix du carburant des navires |
| country risk | risque pays | danger lié à la situation d’un pays |
| outlook | perspectives | prévisions d’un organisme pour les mois à venir |
2. Le commerce mondial en chiffres
Pour parler des enjeux internationaux, il faut d’abord savoir mesurer les échanges : combien le monde échange, comment cela évolue, et quelle place y tient la France. Les chiffres qui suivent sont réels, tirés de sources officielles et datés. Apprends surtout à les lire.
AQui mesure le commerce mondial ?
Tu n’as pas besoin d’apprendre les chiffres par cœur. Tu dois savoir où les trouver et comment les lire. Quatre sources sont incontournables.
| Source | Ce que c’est | Ce que tu y trouves |
|---|---|---|
| OMC (Organisation mondiale du commerce) | organisation internationale qui fixe les règles du commerce entre pays | perspectives du commerce mondial (Global Trade Outlook), statistiques par pays |
| CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) | organisme de l’ONU (Organisation des Nations unies) | bilans du commerce mondial, rapport annuel sur le transport maritime |
| Douane française (site « Le Kiosque » du commerce extérieur et douane.gouv.fr) | administration qui enregistre les marchandises qui entrent et sortent | chiffres mensuels et annuels du commerce extérieur de la France |
| Commission européenne (direction du commerce) | institution qui négocie les accords commerciaux pour l’Union européenne | liste et contenu des accords, échanges de l’UE avec chaque pays |
La DG Trésor (direction générale du Trésor, ministère de l’Économie) publie aussi un rapport annuel sur le commerce extérieur. Organiser cette recherche, c’est la veille (chapitre B3-02 « Mener une veille internationale »).
BValeur et volume, deux façons de compter
Un même commerce peut se mesurer de deux façons.
Valeur et volume
- Le commerce en valeur mesure les échanges en monnaie (en dollars ou en euros). Il augmente si l’on échange plus de marchandises, mais aussi si les prix montent.
- Le commerce en volume mesure les échanges à prix constants : on retire l’effet des prix pour savoir si l’on échange plus de marchandises.
Exemple : si tu dépenses 10 % de plus en courses, ce n’est pas forcément parce que tu achètes plus ; les prix ont peut-être augmenté. La distinction entre valeur et volume est expliquée en détail pour le PIB (produit intérieur brut, la richesse produite par un pays) dans le chapitre de CEJM « La croissance et ses déséquilibres ».
Le commerce mondial en 2025
Données (CNUCED et OMC, publication du 26/03/2026, lue le 21/10/2026) : en 2025, les exportations mondiales de marchandises ont atteint 26 300 milliards de dollars (+ 7,2 % en valeur) ; les exportations de services ont dépassé 9 500 milliards de dollars (+ 8,2 %). Selon l’OMC (publication du 8/10/2026), le volume du commerce de marchandises a progressé de 4,2 % en 2025.
Part des marchandises dans le total : 26 300 ÷ (26 300 + 9 500) × 100 = 26 300 ÷ 35 800 × 100 = 73,46 %.
Ce qui vient des prix (et de la composition des échanges) : (1 + 0,072) ÷ (1 + 0,042) − 1 = 1,072 ÷ 1,042 − 1 = 0,0288, soit environ 2,9 %.
Interprétation : en 2025, les trois quarts du commerce mondial portent encore sur des marchandises. Le commerce a progressé de 7,2 % en dollars, mais seulement de 4,2 % en quantités : le reste vient surtout de la hausse des prix et du poids de produits chers dans les échanges.
La CNUCED annonce aussi « environ 35 000 milliards de dollars » d’échanges en 2025 (bilan d’avril 2026). Les deux chiffres sont cohérents : ils ne sont pas calculés exactement de la même façon. Cite toujours la source et la date du chiffre que tu utilises.
CLes prévisions pour 2026 et 2027
Chaque printemps et chaque automne, l’OMC publie ses perspectives : une prévision du commerce mondial pour l’année en cours et la suivante.
| 2025 (réalisé) | 2026 (prévision) | 2027 (prévision) | |
|---|---|---|---|
| Monde | + 4,2 % | + 3,9 % | + 4,1 % |
| Exportations de l’Asie | — | + 9,9 % | — |
| Exportations de l’Amérique du Nord | — | + 5,7 % | — |
| Exportations de l’Europe | — | − 0,1 % | — |
Trois enseignements pour un exportateur :
- Le commerce mondial continue de croître malgré les crises : l’OMC a même relevé sa prévision 2026 de 1,9 % (mars 2026) à 3,9 % (octobre 2026), soit 2 points de plus.
- La croissance vient surtout d’Asie. L’OMC explique qu’au premier semestre 2026, les biens liés à l’intelligence artificielle (puces, serveurs, équipements de réseau) ont représenté 47 % de la croissance du commerce mondial de marchandises. Ce sont des produits très éloignés de ceux de Drévalis : une moyenne mondiale ne dit rien d’un secteur particulier.
- L’Europe stagne en 2026 selon cette prévision : un argument de plus pour que Drévalis cherche de la croissance hors d’Europe.
Lire une prévision comme une certitude. Une prévision dépend d’hypothèses : l’OMC prévient elle-même que ses chiffres pour 2027 pourraient être trop optimistes si le conflit au Moyen-Orient dure ou s’aggrave, ou si les investissements dans l’intelligence artificielle ralentissent. Écris toujours « selon les prévisions de l’OMC d’octobre 2026 », jamais « le commerce mondial augmentera de 4,1 % ».
DLa France dans les échanges
Pour savoir si un pays vend plus qu’il n’achète à l’étranger, on regarde sa balance commerciale.
Balance commerciale, solde et taux de couverture
- La balance commerciale compare les exportations (ventes de marchandises à l’étranger) et les importations (achats de marchandises à l’étranger) d’un pays sur une période.
- Son solde = exportations − importations. S’il est positif, on parle d’excédent ; s’il est négatif, de déficit.
- Le taux de couverture = exportations ÷ importations × 100. Il dit quelle part des importations est « payée » par les exportations. Au-dessus de 100 %, le pays est en excédent.
La balance commerciale de la France en 2025
Données (DG Trésor, Rapport 2026 sur le commerce extérieur de la France, publié le 9/02/2026, d’après les chiffres de la douane, lu le 21/10/2026) : exportations de biens 614,7 milliards d’euros (Md€) ; importations 683,9 Md€ ; solde 2024 : − 79,3 Md€.
Solde 2025 : 614,7 − 683,9 = − 69,2 Md€ (déficit).
Taux de couverture 2025 : 614,7 ÷ 683,9 × 100 = 89,88 %.
Évolution du solde : − 69,2 − (− 79,3) = + 10,1 Md€ : le déficit s’est réduit de 10,1 Md€, soit 10,1 ÷ 79,3 × 100 = 12,74 % de moins qu’en 2024.
Interprétation : en 2025, les ventes de la France à l’étranger ne couvrent qu’environ 90 % de ses achats. Le déficit se réduit, mais reste élevé.
Le même rapport montre que le solde dépend de quelques secteurs : l’aéronautique et le spatial dégagent un excédent record de + 32,6 Md€, l’électricité + 5,4 Md€, le solde de l’automobile s’améliore de 2,2 Md€, tandis que l’excédent agroalimentaire tombe à un plus bas historique de + 0,2 Md€.
Les chiffres mensuels de la douane permettent de suivre la tendance. En août 2026 (chiffres corrigés des variations saisonnières, c’est-à-dire sans l’effet habituel des saisons et des jours ouvrés ; site « Le Kiosque », lu le 21/10/2026), les exportations atteignent 54,2 Md€, les importations 60,3 Md€, soit un solde de − 6,1 Md€. Le solde cumulé sur 12 mois (de septembre 2025 à août 2026) est de − 62,7 Md€ : moins lourd que celui de l’année 2025 (− 69,2 Md€), mais la douane note qu’il se dégrade par rapport au mois précédent.
Confondre le déficit commercial de la France et la situation d’une entreprise. Un pays en déficit peut compter des milliers d’entreprises très performantes à l’export. Le chiffre national sert de contexte (la France a besoin d’exportateurs, l’État les aide : chapitre B3-09 « Se faire aider pour exporter »), pas de jugement sur Drévalis.
3. Lire une carte du monde
Exporter, c’est déplacer des marchandises sur des milliers de kilomètres. La carte n’est pas un décor : elle montre les distances, les routes, les passages obligés et les décalages horaires. Ce sont autant de coûts, de délais et de risques pour l’entreprise.
AÀ quoi sert une carte pour exporter
La cartographie mondiale est le savoir qui consiste à situer les pays, les zones économiques, les routes et les points sensibles sur une carte, et à en tirer des conséquences.
Pour un exportateur, une carte répond à quatre questions concrètes :
- Où sont mes clients, mes fournisseurs et mes concurrents ? Une entreprise dont tous les fournisseurs sont dans la même région du monde est fragile.
- Par où passent mes marchandises ? Un conteneur venant de Taïwan traverse plusieurs mers et des passages étroits.
- Combien de temps faut-il ? Plus le trajet est long, plus il faut de stock pour attendre l’arrivée et plus il faut de trésorerie.
- Quand puis-je joindre mes partenaires ? Le décalage horaire décide des heures de réunion et de la vitesse de réponse.
Où vend et où achète Drévalis (2025)
Données (chiffres de Drévalis) : export total 8 464 000 € ; Union européenne 4 480 000 € ; Suisse 1 180 000 € ; Royaume-Uni 1 050 000 € ; Canada 980 000 € ; Japon 774 000 €. Achats en dollars américains (USD) à Taïwan et en Chine : 3 530 000 USD ; achats en euros en Italie et au Portugal : 640 000 + 410 000 = 1 050 000 €.
Export par grande zone :
- Europe (UE + Suisse + Royaume-Uni) : 4 480 000 + 1 180 000 + 1 050 000 = 6 710 000 €, soit 6 710 000 ÷ 8 464 000 × 100 = 79,28 % ;
- Amérique du Nord (Canada) : 980 000 ÷ 8 464 000 × 100 = 11,58 % ;
- Asie (Japon) : 774 000 ÷ 8 464 000 × 100 = 9,14 %.
Achats d’Asie en euros (pour comparer, au cours de la BCE, Banque centrale européenne, du 20/10/2026 : 1 € = 1,1215 USD) : 3 530 000 ÷ 1,1215 = 3 147 570,22 €. Part de l’Asie dans les achats de composants cités : 3 147 570,22 ÷ (3 147 570,22 + 1 050 000) × 100 = 74,99 %, soit environ trois quarts.
Interprétation : Drévalis vend surtout près de chez elle (près de 80 % en Europe), mais achète surtout loin (environ trois quarts en Asie). Elle est donc très sensible à ce qui se passe sur les routes entre l’Asie et l’Europe.
Le cours de 2026 sert seulement à comparer des montants : les achats de 2025 ont été payés aux cours de 2025. Le risque de change est traité au chapitre B2-13 « Évaluer et couvrir les risques ».
BLes grandes routes maritimes
Selon la CNUCED, environ 80 % du volume du commerce international de marchandises voyage par la mer. Les navires suivent des routes qui passent par quelques passages obligés : des canaux creusés par l’homme ou des détroits naturels. Quand l’un d’eux est fermé ou dangereux, les navires font un détour et tout le commerce ralentit.
Détroit et canal
- Un détroit est un passage naturel étroit entre deux terres, qui relie deux mers (le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique à l’océan Indien).
- Un canal est un passage creusé par l’homme pour raccourcir une route (le canal de Suez relie la Méditerranée à la mer Rouge ; le canal de Panama relie l’Atlantique au Pacifique).
| Passage | Où | Pourquoi il compte pour Drévalis | Ce qui s’est passé (sources datées) |
|---|---|---|---|
| Canal de Suez et mer Rouge | entre l’Égypte, la péninsule arabique et l’Afrique | route la plus courte entre Taïwan, la Chine et Fos-sur-Mer | début 2024, la CNUCED estimait que le volume passant par Suez avait baissé de 42 % en deux mois à cause des attaques de navires en mer Rouge ; le canal assurait 12 à 15 % du commerce mondial en 2023 |
| Détroit d’Ormuz | sortie du golfe Persique | passage du pétrole ; son blocage fait monter le carburant des navires | l’OMC indique qu’environ 20 millions de barils de pétrole par jour y passaient avant le conflit de 2026, fortement perturbé à partir de mars 2026 |
| Canal de Panama | Amérique centrale | une route possible vers la côte ouest de l’Amérique du Sud (Chili) | début 2024, une forte sécheresse a fait baisser l’eau du canal ; le nombre de passages a chuté de 36 % sur un mois par rapport au même mois un an plus tôt (CNUCED) |
| Cap de Bonne-Espérance | pointe sud de l’Afrique | route de détour quand la mer Rouge est dangereuse | les navires qui le contournent font un trajet plus long et consomment plus de carburant |
Croire que la route est « fixée ». C’est la compagnie maritime qui choisit la route selon la sécurité et les coûts. Avant de promettre un délai à un client, Drévalis interroge son transitaire, Transcolline Logistique, sur la situation du moment. Les modes de transport et le choix d’une route sont traités au chapitre B2-05 « Choisir un mode de transport ».
CDistances, délais et décalages horaires
La distance ne se mesure pas seulement en kilomètres. Elle se mesure aussi en jours de transport et en heures de décalage.
Prenons la Corée du Sud. Le pays vit toute l’année à l’heure UTC + 9 (UTC : temps universel coordonné, l’heure de référence mondiale). La France est à UTC + 1 en hiver et UTC + 2 en été. Le décalage est donc de 8 heures en hiver et de 7 heures en été. Quand Claire arrive au bureau à 9 h à Annecy en hiver, il est 17 h à Séoul : la journée de ses interlocuteurs coréens se termine.
Pour les États-Unis (plusieurs fuseaux) et le Chili (changements d’heure à d’autres dates), vérifie le décalage du jour.
Placer un pays sur la carte de l'entreprise
- Situer le pays sur une carte : continent, zone économique, voisins.
- Repérer la route probable des marchandises et les passages obligés (demande au transitaire).
- Noter le délai de transport habituel et le décalage horaire, en précisant la saison.
- Comparer avec les clients et fournisseurs actuels : le nouveau pays ajoute-t-il une route nouvelle ou réutilise-t-il une route déjà connue ?
- Conclure en une phrase : « ce pays est proche ou loin de nos flux actuels, et voici ce que cela coûte ».
La Corée du Sud sur la carte de Drévalis
Claire remarque que la Corée du Sud est en Asie de l’Est, comme Kaoyen (Taïwan) et Lumiaxe (Chine). Les bâtons partiraient d’Annecy vers Fos-sur-Mer, puis vers l’Asie par la route de Suez, ou par le cap de Bonne-Espérance en cas de crise. C’est la même route que les composants, en sens inverse : Drévalis connaît déjà ses délais, ses aléas et ses prestataires. Mais une crise sur cette route toucherait à la fois ses achats et ses ventes.
4. Les grandes zones économiques
Les pays ne commercent pas chacun de leur côté. Ils se regroupent en zones, signent des accords et forment des blocs plus ou moins intégrés. Savoir à quelle zone appartient un pays et quel accord le lie à l’Union européenne change tout pour un exportateur français.
ATrois grands pôles et des pays émergents
Le commerce mondial s’organise autour de trois grands pôles :
- l’Europe, autour de l’Union européenne ;
- l’Amérique du Nord, autour des États-Unis ;
- l’Asie de l’Est, autour de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan, avec l’Asie du Sud-Est.
Ces trois pôles concentrent l’essentiel de la production industrielle, des échanges et des sièges des grandes entreprises. Autour d’eux, d’autres pays gagnent du poids : on les appelle les pays émergents, des pays dont l’économie se développe vite et s’ouvre au commerce mondial (par exemple l’Inde, le Brésil, l’Indonésie ou le Viêt Nam).
L’évolution principale de ces dernières décennies est le déplacement du centre de gravité vers l’Asie. Les prévisions de l’OMC pour 2026 le confirment : + 9,9 % pour les exportations de l’Asie, − 0,1 % pour celles de l’Europe.
BLes zones géopolitiques
Une zone économique regroupe des pays qui échangent beaucoup entre eux. Une zone géopolitique regroupe des pays selon les rapports de force politiques et militaires : alliances, rivalités, conflits.
Géopolitique
La géopolitique étudie les rivalités de pouvoir entre États (ou groupes) sur des territoires : frontières, ressources, routes, influence. Pour un exportateur, elle explique pourquoi un pays peut fermer son marché, sanctionner un autre pays ou voir ses routes coupées.
Les deux cartes ne coïncident pas toujours. Les États-Unis et la Chine échangent énormément, mais sont rivaux sur le plan géopolitique : selon l’OMC, les importations des États-Unis venant de Chine ont chuté de 29 % en 2025, et la part de la Chine dans les importations américaines est passée de 13,8 % à 9,3 %. Une rivalité politique peut donc redessiner les flux commerciaux en quelques mois.
Juger un pays ou un peuple au lieu d’analyser une situation. On décrit des faits datés (un conflit, une sanction, un accord) et leurs effets possibles sur l’entreprise. On n’écrit jamais qu’un pays « n’est pas fiable » ou qu’un peuple « est ainsi ». L’analyse des cultures est traitée avec méthode au chapitre B1-03 « Comprendre les autres cultures ».
CLes niveaux d’intégration régionale
Quand des pays voisins décident de commercer plus facilement entre eux, ils signent un accord régional. Ces accords vont plus ou moins loin : on parle de niveaux d’intégration.
Zone de libre-échange et union douanière
- Dans une zone de libre-échange, les pays membres suppriment (en tout ou en grande partie) les droits de douane entre eux, mais chacun garde ses propres droits face aux pays extérieurs.
- Dans une union douanière, les membres suppriment les droits entre eux et appliquent un tarif douanier commun aux marchandises qui viennent de l’extérieur.
Marché unique et union économique et monétaire
- Un marché unique (ou marché commun) ajoute à l’union douanière la libre circulation des services, des capitaux et des personnes, avec des règles communes sur les produits.
- Une union économique et monétaire ajoute une monnaie commune et une coordination des politiques économiques. La zone euro en est l’exemple : elle compte 21 pays depuis l’entrée de la Bulgarie le 1/01/2026 (BCE).
Pourquoi cela compte pour Drévalis ? Parce que la formalité et le coût d’une vente dépendent du niveau d’intégration :
- vendre à Almfeld Sport en Allemagne (marché unique) : pas de douane, pas de droits, même monnaie ;
- vendre à Gratlauf en Suisse (accord de libre-échange avec l’UE) : pas de droits sur les produits industriels couverts par l’accord, mais une déclaration en douane et la preuve de l’origine des produits ;
- vendre aux États-Unis (pas d’accord de libre-échange) : douane, droits de douane américains, et souvent d’autres règles.
Croire qu’un accord de libre-échange supprime la douane. Il supprime ou réduit les droits, pas les formalités. Pour profiter du droit réduit, l’exportateur doit prouver que son produit est originaire de l’Union européenne selon les règles de l’accord. Les formalités et l’origine sont traitées au chapitre B2-08 « Dédouaner les marchandises ».
DLes grands blocs régionaux
| Accord | Membres | Niveau | Repères |
|---|---|---|---|
| Union européenne (UE) | 27 pays | marché unique ; zone euro à 21 | la politique commerciale est une compétence exclusive de l’UE : la Commission négocie les accords pour tous les États membres |
| ACEUM (accord Canada–États-Unis–Mexique ; USMCA en anglais) | 3 pays | zone de libre-échange | en vigueur depuis le 1/07/2020 ; au réexamen du 1/07/2026, les États-Unis n’ont pas accepté de le prolonger tel quel : il reste en vigueur, avec des réexamens annuels |
| Mercosur (Marché commun du Sud) | Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay (membres cités par la Commission) | union douanière (en construction) | accord commercial intérimaire avec l’UE appliqué à titre provisoire depuis le 1/05/2026 |
| ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) | 11 pays | zone de libre-échange | le Timor-Leste est devenu le 11e membre le 26/10/2025 |
| RCEP (Partenariat économique régional global) | 15 pays : les 10 premiers membres de l’ASEAN, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande | zone de libre-échange | entré en vigueur le 1/01/2022 ; c’est le plus vaste accord régional d’Asie |
| ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) | pays de l’Union africaine qui l’ont ratifiée (approuvée officiellement) | zone de libre-échange (en construction) | accord en vigueur depuis le 30/05/2019 ; échanges sous ce régime depuis le 1/01/2021 |
Sources du tableau : Commission européenne (commerce), BCE, asean.org et rcepsec.org (ASEAN et RCEP), Union africaine (ZLECAf), Service de recherche du Congrès des États-Unis (ACEUM, rapport du 29/09/2026).
ELes accords de l’Union européenne
Comme la politique commerciale est une compétence de l’Union, ce n’est pas la France qui signe les accords commerciaux, mais l’Union européenne. La Commission européenne négocie ; le Conseil (les gouvernements des États membres) et le Parlement européen examinent l’accord final et décident de l’approuver ou non.
| Pays | Accord | Situation |
|---|---|---|
| Suisse | accord de libre-échange | en vigueur depuis 1973 |
| Canada | accord économique et commercial global (CETA en anglais) | appliqué à titre provisoire depuis 2017 |
| Japon | accord de partenariat économique | en vigueur depuis 2019 |
| Royaume-Uni | accord de commerce et de coopération | en vigueur depuis 2021 (après la sortie du Royaume-Uni de l’UE) |
| Corée du Sud | accord de libre-échange | appliqué depuis juillet 2011, ratifié (approuvé définitivement) en décembre 2015 ; un accord sur le commerce numérique a été signé le 10/06/2026 |
| Chili | accord commercial intérimaire | en vigueur depuis le 1/02/2025 ; il supprime la plupart des droits de douane qui restaient ; il modernise un accord d’association en vigueur depuis 2003 |
| États-Unis | pas d’accord de libre-échange | déclaration commune du 21/08/2025 sur un « cadre » d’accord ; depuis le 1/07/2026, l’UE a supprimé ses droits sur les produits industriels américains |
Le poids de trois partenaires dans les échanges de l'UE (2025)
Données (Commission européenne, lu le 21/10/2026) : échanges de marchandises UE–États-Unis 910,6 Md€ (exportations de l’UE 554,9 Md€, importations 355,7 Md€) ; UE–Corée du Sud environ 124,25 Md€ (8e partenaire de l’UE pour les marchandises) ; UE–Chili 21 Md€.
Solde de l’UE avec les États-Unis : 554,9 − 355,7 = + 199,2 Md€ (excédent).
Taille comparée : les échanges avec la Corée représentent 124,25 ÷ 910,6 × 100 = 13,64 % de ceux avec les États-Unis ; ceux avec le Chili 21 ÷ 910,6 × 100 = 2,31 %.
Interprétation : les États-Unis sont un partenaire géant pour l’Europe, mais sans accord de libre-échange ; le Chili est un petit partenaire, mais avec un accord récent. Taille et facilité d’accès ne vont pas toujours ensemble : il faudra les peser au moment du choix (chapitre B3-06 « Choisir un marché cible »).
Confondre « échanges de l’UE » et « marché de Drévalis ». Ces chiffres mesurent tout le commerce entre deux économies (voitures, machines, énergie…). Ils situent le pays, mais ne disent rien du marché des bâtons de randonnée. L’analyse d’un marché précis se fait au chapitre B3-07 « Analyser un marché étranger ».
5. Les règles et les tensions du commerce
Le commerce mondial a des règles, fixées depuis 1995 par l’Organisation mondiale du commerce. Mais depuis quelques années, les grandes puissances remettent ces règles en cause et relèvent leurs droits de douane. Un exportateur doit comprendre ces deux mouvements, car ils changent ses prix et ses chances.
ALibre-échange et protectionnisme
Face au commerce international, un pays peut choisir entre deux attitudes, rarement à l’état pur.
Libre-échange et protectionnisme
- Le libre-échange consiste à laisser les marchandises et les services circuler entre pays sans obstacles (ou avec le moins d’obstacles possible).
- Le protectionnisme consiste à protéger les producteurs nationaux de la concurrence étrangère en freinant les importations.
Les outils du protectionnisme sont variés :
- les droits de douane : une taxe sur les produits importés, qui les rend plus chers (en anglais, tariffs) ;
- les quotas (ou contingents) : une quantité maximale importée ;
- les normes et règles techniques, quand elles sont conçues pour gêner les produits étrangers plus que pour protéger le consommateur ;
- les subventions aux producteurs nationaux, qui leur permettent de vendre moins cher.
Pour un exportateur, ces outils sont des barrières à l’entrée d’un marché. Un droit de douane de 10 % sur une paire de bâtons vendue 54 € ajoute 5,40 € au coût du produit dans le pays du client (exemple simplifié : la base de calcul réelle du droit est expliquée au chapitre B2-08).
BL’OMC, arbitre du commerce mondial
OMC (Organisation mondiale du commerce)
L’OMC est l’organisation internationale qui fixe les règles du commerce entre les pays, sert de lieu de négociation et règle les différends (désaccords) entre ses membres. Elle a été créée le 1/01/1995. Elle compte 166 membres, qui représentent 98 % du commerce mondial (site de l’OMC, lu le 21/10/2026).
Deux principes résument les règles de l’OMC :
- la clause de la nation la plus favorisée (NPF) : un pays ne doit pas, en principe, faire de différence entre ses partenaires. S’il baisse un droit de douane pour un membre, il le baisse pour tous ;
- le traitement national : une fois entrés sur le marché, les produits importés doivent être traités comme les produits nationaux.
Il existe des exceptions admises : les pays peuvent former une zone de libre-échange dont les avantages ne s’appliquent qu’aux membres (c’est pourquoi l’UE peut supprimer ses droits pour le Chili sans les supprimer pour tout le monde), ou accorder un accès plus facile aux pays en développement.
La clause NPF expliquée avec Drévalis
Imagine qu’un pays membre de l’OMC, sans accord avec l’UE, taxe les bâtons de randonnée à 8 %. Il ne peut pas, en principe, taxer les bâtons français à 8 % et les bâtons d’un autre pays membre à 3 %. Sauf si ce dernier pays a signé avec lui un accord de libre-échange : c’est l’exception. C’est pourquoi les accords bilatéraux de l’UE sont un avantage concurrentiel pour les exportateurs européens… et un handicap quand un concurrent bénéficie d’un accord que l’UE n’a pas.
CUne organisation en difficulté
L’OMC traverse une période difficile, et c’est un enjeu pour toutes les entreprises.
- Le règlement des différends est affaibli. L’organe d’appel, sorte de « cour d’appel » de l’OMC, ne peut plus examiner d’appels faute de membres : le mandat du dernier de ses membres a pris fin le 30/11/2020. Un pays condamné peut donc faire appel « dans le vide » et retarder l’application de la décision.
- Les négociations avancent peu. À la 14e conférence ministérielle (la réunion des ministres du commerce des membres), à Yaoundé (Cameroun), qui s’est terminée le 30/03/2026, les ministres n’ont pas eu le temps de s’accorder sur la prolongation du moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques (un moratoire est une suspension décidée pour une durée limitée). Les discussions ont été renvoyées à Genève.
- Une part du commerce échappe à la règle NPF. L’OMC estimait à fin février 2026 que 72 % du commerce mondial se faisait aux conditions NPF : le reste passe par des accords préférentiels ou subit des mesures particulières.
DLe retour des droits de douane
Depuis 2025, les États-Unis ont relevé leurs droits de douane sur les produits de la plupart de leurs partenaires, et la rivalité commerciale avec la Chine s’est durcie. L’Union européenne a choisi la négociation : une déclaration commune UE–États-Unis du 21/08/2025 pose un « cadre » pour un accord. En application de ce cadre, l’UE a supprimé ses droits sur les produits industriels américains depuis le 1/07/2026 et a prolongé, le 31/07/2026, la suspension de ses mesures de riposte (Commission européenne, lu le 21/10/2026).
Ces décisions changent souvent. Pour une PME, la conséquence est simple : un droit de douane n’est jamais acquis. Le taux que paiera le client américain de Drévalis doit être vérifié au moment de chaque offre, dans le tarif officiel du pays importateur.
Mondialisation : trois tendances à retenir
- Le commerce mondial continue de croître, surtout en Asie.
- Les règles multilatérales (OMC) s’affaiblissent, tandis que les accords régionaux et bilatéraux se multiplient (UE–Chili 2025, UE–Mercosur 2026).
- Les tensions entre grandes puissances font revenir les droits de douane et rendent les règles instables : la veille devient indispensable.
6. Conflits, risques et opportunités
Un conflit à des milliers de kilomètres peut augmenter le coût d’un conteneur, retarder une livraison ou fermer un marché. Mais le monde offre aussi des opportunités : de nouveaux accords, des marchés qui grandissent. Il faut savoir repérer les deux, puis les classer pour décider.
ALes grands types de risques
Risque international et risque pays
Un risque international est un événement possible (pas certain) qui, s’il se produit, cause une perte à l’entreprise dans une opération avec l’étranger. Le risque pays est l’ensemble des risques qui tiennent à la situation d’un pays (politique, économique, monétaire, juridique), indépendamment de la qualité du client.
| Famille | De quoi s’agit-il ? | Exemple pour Drévalis |
|---|---|---|
| Politique et géopolitique | guerre, troubles, sanctions, changement brutal de politique | un conflit perturbe la route Asie–Europe |
| Commercial et réglementaire | hausse des droits de douane, nouvelles normes, interdiction d’importer | nouveaux droits américains sur les articles de sport |
| Économique | récession, inflation, chute de la demande dans le pays | les ménages d’un pays réduisent leurs achats de loisirs |
| Monétaire | variation du cours de la monnaie, blocage des paiements vers l’étranger | le dollar baisse alors que Drévalis facture en dollars |
| Logistique | routes fermées, ports saturés, hausse du fret | un conteneur de Kaoyen arrive avec 12 jours de retard |
| Naturel et climatique | séisme, sécheresse, tempête, inondation | sécheresse sur le canal de Panama |
| Juridique | droit différent, difficulté à faire exécuter un contrat | un litige avec un client à l’étranger |
Mélanger le risque pays et le risque client. Un client peut être très solide dans un pays en crise, et un client fragile peut se trouver dans un pays stable. Le risque de non-paiement du client et les techniques pour s’en protéger (assurance-crédit, crédit documentaire…) sont traités aux chapitres B2-11 « Se faire payer à l’international » et B2-13 « Évaluer et couvrir les risques ». Ici, on reste au niveau du monde et des pays.
BUn conflit, des effets en chaîne
Un conflit agit rarement seul. Il déclenche une chaîne d’effets qui va du choc lointain jusqu’aux comptes de l’entreprise.
L’OMC décrit ainsi le conflit qui a éclaté au Moyen-Orient en mars 2026 (publication du 8/10/2026) :
- le prix du pétrole Brent (pétrole de référence en Europe) est passé d’environ 70 dollars le baril avant le conflit à un pic de 138 dollars le 8 avril 2026, est retombé autour de 75 dollars dans le mois qui a suivi un accord signé en juin, puis est remonté autour de 100 dollars ;
- les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont baissé d’environ 24 % et celles de gaz naturel liquéfié d’environ 47 % au premier semestre 2026 ;
- le trafic de conteneurs du port de Jebel Ali (Émirats arabes unis), l’un des plus grands de la région, a chuté d’environ 60 % sur un an au premier semestre ;
- l’OMC prévoit une baisse de 17,2 % des exportations de marchandises du Moyen-Orient en 2026.
Mesurer un choc : le prix du pétrole
Données (OMC, 8/10/2026) : Brent ≈ 70 USD le baril avant le conflit ; 138 USD le 8/04/2026.
Formule : taux de variation = (valeur d’arrivée − valeur de départ) ÷ valeur de départ × 100.
Calcul : (138 − 70) ÷ 70 × 100 = 68 ÷ 70 × 100 = + 97,14 %.
Interprétation : le prix du pétrole a presque doublé en cinq semaines. Le carburant des navires suit le pétrole : les compagnies maritimes répercutent la hausse par une surcharge carburant (BAF) sur le fret. C’est ainsi qu’un conflit lointain arrive sur la facture de Transcolline.
Et chez Drévalis ? Ses tubes en carbone viennent de Taichung, ses batteries de Shenzhen. Une perturbation entre l’Asie et l’Europe produit trois effets, du plus visible au plus grave :
- Un coût : le fret et la surcharge carburant augmentent. Sur un conteneur, la hausse peut être forte en pourcentage, mais elle reste souvent faible par paire de bâtons (tu le calculeras à l’exercice 6).
- Un délai : si les navires contournent l’Afrique, le trajet s’allonge. Drévalis doit commander plus tôt ou garder plus de stock.
- Une rupture : si le stock de tubes s’épuise avant l’arrivée du conteneur, l’atelier s’arrête et les clients attendent. C’est le risque le plus coûteux.
Le bon réflexe : chercher le maillon faible
Face à un conflit, ne te demande pas seulement « est-ce que cela coûte plus cher ? ». Demande-toi « qu’est-ce qui s’arrête si cela dure trois mois ? ». Chez Drévalis, la réponse est claire : l’approvisionnement venu d’Asie, qui représente environ trois quarts des achats de composants cités.
CLes opportunités internationales
Le monde ne produit pas que des risques. Une opportunité internationale est une évolution qui ouvre un marché, réduit un coût ou renforce un avantage. Les plus fréquentes :
- un nouvel accord commercial : depuis le 1/02/2025, l’accord intérimaire UE–Chili supprime la plupart des droits restants ; depuis le 1/05/2026, l’accord intérimaire UE–Mercosur est appliqué à titre provisoire. Les exportateurs européens y gagnent un avantage de prix sur les concurrents de pays sans accord ;
- une région en croissance : l’Asie tire le commerce mondial selon l’OMC ;
- un concurrent gêné : si les droits américains frappent plus fort les produits d’un pays concurrent, les produits européens peuvent devenir relativement plus compétitifs ;
- une monnaie : si Drévalis vendait en dollars aux États-Unis, ses recettes en dollars pourraient servir à payer ses fournisseurs asiatiques, eux aussi payés en dollars. Cette idée de « couverture naturelle » est approfondie au chapitre B2-13.
Voir une opportunité pour l’entreprise dans tout fait favorable « en général ». Une opportunité n’existe que pour une entreprise donnée et si elle peut la saisir. La forte croissance du commerce des puces électroniques ne change rien pour Drévalis. La distinction entre opportunités, menaces, forces et faiblesses est expliquée dans le chapitre de CEJM « Analyser l’environnement pour innover ».
DÉvaluer opportunités et risques
Une liste d’enjeux ne suffit pas : il faut les classer pour savoir lesquels comptent vraiment. Tu connais l’outil : la grille probabilité × impact, présentée dans le chapitre de CEJM « Analyser l’environnement pour innover ». On l’applique ici à un pays étranger.
- La probabilité que l’enjeu se produise (ou dure) sur l’horizon étudié : de 1 (faible) à 3 (forte).
- L’impact sur l’entreprise : de − 3 (très défavorable) à + 3 (très favorable).
- Le score = probabilité × impact. Plus il est grand en valeur absolue, plus l’enjeu mérite l’attention.
La grille de Claire pour la Corée du Sud (horizon 2027)
Données : notes fixées par Claire Vautrin après discussion avec Mathieu Perrod (achats) et Nathalie Grosjean (finances).
| Enjeu | Probabilité | Impact | Score |
|---|---|---|---|
| Accord de libre-échange UE–Corée en vigueur | 3 | + 2 | + 6 |
| Route Asie–Europe exposée aux crises (Moyen-Orient, mer Rouge) | 2 | − 2 | − 4 |
| Tensions géopolitiques dans la région | 1 | − 3 | − 3 |
| Asie, région la plus dynamique du commerce mondial | 2 | + 1 | + 2 |
| Distance et décalage horaire (7 à 8 h) | 3 | − 1 | − 3 |
Calcul : opportunités 6 + 2 = + 8 ; risques (− 4) + (− 3) + (− 3) = − 10 ; solde 8 − 10 = − 2.
Interprétation : l’accès au marché coréen est facilité par l’accord (le plus fort score), mais le pays cumule plusieurs petits risques liés à la distance et à la route. Le solde légèrement négatif ne veut pas dire « non » : il signale ce qu’il faudra préparer (stock, délais, clause d’ajustement du prix du transport).
Prendre le solde pour une décision. Les notes sont des jugements, à justifier chacun en une phrase. Et la grille ne mesure que les enjeux internationaux : la taille du marché, la concurrence ou les attentes des randonneurs coréens n’y sont pas. Le choix du marché combine plusieurs critères dans une matrice de sélection (chapitre B3-06).
7. Les enjeux environnementaux
Le commerce international transporte des milliards de tonnes de marchandises : il consomme de l’énergie et émet des gaz à effet de serre. Le changement climatique, en retour, perturbe les routes. L’Union européenne fait désormais payer le carbone de certains transports et de certaines importations. Ce sont des coûts, des risques et parfois des arguments de vente.
ALe commerce face au climat
Les enjeux environnementaux touchent l’exportateur de trois façons :
- Le transport émet du carbone. Tous les modes n’émettent pas autant : à quantité et distance égales, l’avion émet beaucoup plus que le navire. C’est pourquoi Drévalis s’est fixé pour 2027 l’objectif de réduire la part du fret aérien vers le Japon et le Canada.
- Le climat perturbe le transport. Au début de 2024, la sécheresse sur le canal de Panama a fait chuter les passages de 36 % par rapport à l’année précédente (CNUCED, janvier 2024). Les navires détournés doivent aller plus vite et plus loin, donc consomment plus et émettent plus de CO₂ (dioxyde de carbone), selon la CNUCED.
- Les règles deviennent plus exigeantes. Les pouvoirs publics font payer le carbone, imposent des informations sur les produits et attendent des entreprises des preuves de leurs engagements.
Gaz à effet de serre et empreinte carbone
Les gaz à effet de serre (dont le CO₂) retiennent la chaleur dans l’atmosphère et causent le réchauffement climatique. L’empreinte carbone d’un produit est la quantité de gaz à effet de serre émise pour le fabriquer, le transporter et l’utiliser, exprimée en tonnes de CO₂ ou d’« équivalent CO₂ ».
BPayer le carbone du transport maritime
L’Union européenne a un marché du carbone : le SEQE-UE (système d’échange de quotas d’émission de l’UE ; EU ETS en anglais). Les entreprises concernées doivent rendre un quota pour chaque tonne de CO₂ qu’elles émettent. Ces quotas s’achètent : émettre coûte donc de l’argent.
Le SEQE-UE et les navires (Commission européenne, lu le 21/10/2026)
Principe : depuis janvier 2024, le SEQE-UE couvre les émissions de CO₂ des grands navires (5 000 de jauge brute et plus : la jauge mesure la taille d’un navire) qui font escale dans les ports de l’UE.
Ce qui est couvert : 100 % des émissions entre deux ports de l’UE et à quai dans un port de l’UE ; 50 % des émissions des trajets qui commencent ou se terminent hors de l’UE.
Montée en charge : les compagnies rendent des quotas pour 40 % de leurs émissions de 2024 (en 2025), 70 % de leurs émissions de 2025 (en 2026), puis 100 % à partir des émissions de 2026.
Ce que cela veut dire pour Drévalis : c’est la compagnie maritime qui rend les quotas, mais elle répercute ce coût dans le prix du fret, souvent sous la forme d’une surcharge sur la facture. Un conteneur venant de Taïwan est concerné pour la moitié des émissions du trajet.
CPayer le carbone des importations
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (Commission européenne, lu le 21/10/2026)
À quoi ça sert : le MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ; CBAM, carbon border adjustment mechanism, en anglais) vise à éviter les « fuites de carbone » : que des productions polluantes quittent l’Europe pour des pays où le carbone ne coûte rien. Il fait en sorte que le prix des importations reflète le carbone émis pour les produire.
Produits visés : ciment, fer et acier, aluminium, engrais, électricité et hydrogène.
Calendrier : phase de transition de 2023 à 2025 (déclarations sans paiement) ; régime définitif depuis le 1/01/2026 : les importations de 2026 donnent lieu à des certificats MACF correspondant aux émissions contenues dans les produits, vendus à partir du 1/02/2027.
Petits importateurs : un importateur est dispensé lorsque ses importations de ces produits (hors électricité et hydrogène) ne dépassent pas 50 tonnes nettes sur l’année (règlement (UE) 2025/2083).
Ce que cela veut dire pour Drévalis : ses tubes en aluminium viennent d’Italie (Tubolario Brenni) : c’est un achat à l’intérieur de l’UE, il n’y a pas d’importation, le MACF ne s’applique pas. Si Drévalis achetait un jour des tubes en aluminium hors de l’UE, elle devrait vérifier si le code douanier du produit figure dans la liste visée, avant de comparer les prix (chapitre B2-10 « Respecter les règles de conformité »).
Croire que le climat est seulement une affaire d’image. Les règles du SEQE-UE et du MACF ont des effets directs sur les coûts. Elles s’ajoutent au prix du fret ou au coût de revient d’un produit importé (chapitre B2-07 « Chiffrer une opération internationale »). Les ignorer, c’est sous-estimer le prix de revient.
DL’environnement, une opportunité aussi
Les enjeux environnementaux ne sont pas que des contraintes : un produit durable et réparable (Drévalis vend des pièces détachées et répare ses bâtons) peut séduire des distributeurs, et une chaîne logistique plus courte réduit à la fois les émissions et le risque de rupture.
Mais chaque argument environnemental doit être prouvé. Une allégation vague (« écologique », « neutre en carbone ») peut être interdite ou sanctionnée selon les règles du pays visé ; la conformité des allégations se vérifie au moment de l’adaptation de l’offre (chapitre B3-10 « Adapter l’offre au marché »).
8. Rédiger une note d’enjeux
Toute l’analyse doit tenir en une note courte, lisible par un dirigeant pressé. C’est aussi un exercice type de l’épreuve E6 : montrer que tu sais repérer, trier, justifier et préconiser. Voici la méthode et la note de Claire.
AÀ quoi sert une note d’enjeux
Une note d’enjeux internationaux est un document court (une à deux pages) qui présente, pour un projet précis, les enjeux du monde qui peuvent le favoriser ou le menacer, avec leurs conséquences pour l’entreprise et les précautions à prendre.
Elle n’est pas :
- une revue de presse (on ne recopie pas l’actualité) ;
- une étude de marché (pas de taille de marché, de concurrents ou de prix : chapitre B3-07) ;
- une décision (elle éclaire le choix, sans le faire).
Rédiger une note d'enjeux internationaux
- Poser la question en une phrase : « Quels enjeux internationaux pèsent sur un développement de Drévalis en Corée du Sud, au Chili ou aux États-Unis en 2027 ? »
- Rassembler les faits sur sources officielles, en notant la date de chaque chiffre : zone, accords avec l’UE, droits de douane, routes, conflits, règles climatiques.
- Traduire chaque fait en opportunité ou en risque pour l’entreprise (« donc, pour nous… »).
- Évaluer avec la grille probabilité × impact et garder les 3 à 5 enjeux aux plus forts scores.
- Rédiger : titre, objet, date, auteur ; un paragraphe par enjeu (fait daté → conséquence → précaution) ; une conclusion qui dit ce qu’il faut étudier ensuite.
- Citer les sources en fin de note, avec la date de lecture.
BLa note de Claire
Extrait de la note du vendredi 23 octobre 2026
Objet : enjeux internationaux d’un nouveau marché hors d’Europe en 2027.
1. Un contexte de croissance, mais instable. Le commerce mondial reste en croissance (+ 3,9 % en volume prévu pour 2026 par l’OMC), surtout en Asie, alors que l’Europe stagne. Les règles se fragilisent : OMC affaiblie, droits de douane américains relevés depuis 2025.
2. Corée du Sud : un accès facile, une route sensible. L’accord de libre-échange UE–Corée est appliqué depuis 2011. Mais nos ventes emprunteraient la même route que nos achats d’Asie : une crise sur cette route nous toucherait deux fois.
3. Chili : un accord récent. L’accord intérimaire UE–Chili est en vigueur depuis le 1/02/2025. Le Chili est loin et la route vers sa côte Pacifique peut passer par Panama, exposé aux sécheresses.
4. États-Unis : un marché géant sans accord. Les échanges UE–États-Unis atteignent 910,6 Md€ en 2025, mais les droits américains changent souvent : chaque offre exigera une vérification du droit applicable.
5. Climat : pas de fret aérien ; coût du SEQE-UE répercuté sur le fret maritime ; prévoir une clause d’ajustement du prix du transport.
Suite proposée : comparer les trois pays par une matrice de sélection (taille du marché, concurrence, accès, risques), puis analyser en détail le pays retenu.
À l’oral de l’E6, la commission te posera souvent une variation : « Et si le conflit durait six mois de plus ? », « Et si un quatrième pays était ajouté ? ». Une note bien construite (faits datés, conséquences, précautions) te permet de répondre en modifiant une seule note de la grille et en montrant ce qui change.
Erreurs fréquentes et points de vigilance
| Erreur | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Citer un chiffre sans source ni date | toujours écrire l’organisme et la date (« OMC, 8/10/2026 ») |
| Confondre valeur et volume | la valeur inclut l’effet des prix ; le volume mesure les quantités |
| Calculer le taux de couverture à l’envers | exportations ÷ importations × 100 |
| Croire qu’un accord de libre-échange supprime la douane | il supprime ou réduit les droits ; les formalités et la preuve de l’origine restent |
| Croire que la France négocie seule ses accords commerciaux | la politique commerciale est une compétence exclusive de l’UE |
| Confondre zone de libre-échange et union douanière | l’union douanière ajoute un tarif douanier commun face au reste du monde |
| Considérer un droit de douane comme stable | le vérifier au moment de chaque offre, surtout pour les États-Unis |
| Lire une prévision comme une certitude | écrire « selon les prévisions de… », avec la date et les hypothèses |
| Juger un pays ou un peuple | décrire des faits datés et leurs effets sur l’entreprise |
| Oublier les effets en chaîne d’un conflit | suivre la chaîne : énergie et routes → transport → coûts, délais, stocks |
| Penser que le climat n’est qu’une question d’image | SEQE-UE et MACF ont des effets sur les coûts |
| Faire choisir le pays par la grille d’enjeux | la grille éclaire ; le choix se fait par la matrice de sélection (B3-06) |
L’essentiel du chapitre
À retenir
- Un enjeu international est une évolution du monde qui peut faire gagner (opportunité) ou perdre (risque) une entreprise qui achète ou vend à l’étranger.
- En 2025, le monde a exporté 26 300 milliards de dollars de marchandises et plus de 9 500 milliards de services (CNUCED-OMC, 26/03/2026). Le volume du commerce de marchandises a progressé de 4,2 % ; l’OMC prévoit + 3,9 % en 2026 et + 4,1 % en 2027 (8/10/2026), tirés par l’Asie.
- En 2025, la France a exporté 614,7 Md€ et importé 683,9 Md€ de biens : déficit de 69,2 Md€, taux de couverture 89,88 % (DG Trésor, 9/02/2026).
- La carte montre les distances, les délais, les décalages horaires et les passages sensibles (Suez et mer Rouge, Ormuz, Panama). Environ 80 % du volume du commerce de marchandises voyage par mer.
- Les zones s’intègrent par niveaux : zone de libre-échange, union douanière, marché unique, union économique et monétaire. La politique commerciale est une compétence exclusive de l’UE, qui a des accords avec la Corée (2011), le Japon (2019), le Chili (accord intérimaire, 1/02/2025), le Mercosur (application provisoire, 1/05/2026), mais pas d’accord de libre-échange avec les États-Unis.
- L’OMC (1995, 166 membres) fixe les règles (nation la plus favorisée, traitement national) mais s’affaiblit ; les droits de douane reviennent, notamment aux États-Unis depuis 2025.
- Les risques sont politiques, commerciaux, économiques, monétaires, logistiques, naturels et juridiques. Un conflit agit en chaîne : énergie et routes, transport, puis coûts, délais et stocks.
- Les enjeux environnementaux pèsent sur les coûts : SEQE-UE étendu aux navires depuis 2024, MACF définitif depuis le 1/01/2026.
- On évalue les enjeux par la grille probabilité × impact, puis on rédige une note d’enjeux courte, sourcée et datée, qui prépare le choix du marché sans le faire.
Sources et références
- Arrêté du 25 novembre 2020 portant définition et fixant les conditions de délivrance du BTS « Commerce international », modifié ; annexe III, bloc 3, savoir « Enjeux internationaux » et compétence « Analyser et synthétiser les informations sur un marché cible » (référentiel diffusé par France compétences, fiche RNCP41759, lu le 21/10/2026).
- OMC, Global Trade Outlook and Statistics — Update: October 2026, communiqué et rapport du 8/10/2026 (wto.org, lus le 21/10/2026) ; Global Trade Outlook and Statistics, mars 2026 (communiqué du 19/03/2026) ; pages « What is the WTO? », « Principles of the trading system » et « Appellate Body » ; communiqué de clôture de la 14e conférence ministérielle (30/03/2026), lus le 21/10/2026.
- CNUCED et OMC, données du commerce 2025, communiqué du 26/03/2026 ; CNUCED, Global Trade Update (April 2026), 7/04/2026 ; CNUCED, communiqué du 26/01/2024 sur la mer Rouge, la mer Noire et le canal de Panama ; page « Review of Maritime Transport » (unctad.org, lus le 21/10/2026).
- DG Trésor, Rapport 2026 sur le commerce extérieur de la France, 9/02/2026 (tresor.economie.gouv.fr, lu le 21/10/2026) ; douane, « Le Kiosque » du commerce extérieur, analyse mensuelle d’août 2026 (lekiosque.finances.gouv.fr, lu le 21/10/2026).
- Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, art. 3, § 1, e (compétence exclusive : politique commerciale commune) et art. 207, lus sur EUR-Lex (version consolidée de 2016) le 24/10/2026.
- Commission européenne, direction générale du commerce : pages « Negotiations and agreements », « Making trade policy », Corée du Sud, Chili, États-Unis (policy.trade.ec.europa.eu, lues le 21/10/2026) ; pages sur le MACF (taxation-customs.ec.europa.eu) et règlement (UE) 2025/2083 du 8/10/2025 (EUR-Lex) et sur le transport maritime dans le SEQE-UE (climate.ec.europa.eu), lues le 21/10/2026.
- BCE, communiqué du 1/01/2026 sur l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro ; cours de référence du 20/10/2026 (ecb.europa.eu).
- ASEAN, page « Member States » (asean.org) ; ASEAN, annonce de l’entrée en vigueur du RCEP au 1/01/2022, et secrétariat du RCEP (rcepsec.org) ; Union africaine, page de la ZLECAf (au.int) ; Congressional Research Service, USMCA Joint Review: Process and Role of Congress, 29/09/2026 ; lus le 21/10/2026.
- Chapitres FuturBTS associés : CEJM « L’entreprise et le marché », « La croissance et ses déséquilibres », « Analyser l’environnement pour innover » ; ANG-17 « Vendre à l’international » ; CI B1-03, B2-05, B2-07, B2-08, B2-10, B2-11, B2-13, B3-02, B3-06, B3-07, B3-09, B3-10.
Contenu original FuturBTS. Drévalis SAS, ses clients, ses fournisseurs, ses chiffres et toutes les personnes citées sont fictifs. Les données sur le commerce mondial, la France, l’Union européenne et les accords sont réelles, avec leur source et leur date de lecture. Aucun passage, exemple ou exercice n’est repris d’un manuel existant.