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MAT · chapitre 1 Chapitre offert

Proportions, pourcentages et parts

Ce que tu sauras faire : Calculer et interpréter une proportion, appliquer un pourcentage et retrouver une valeur de départ

55 min de cours 5 exercices corrigés 5 questions de quiz

1. Ce qu’est une proportion

Le calcul est en apparence trivial. Ce qui ne l’est pas, c’est de savoir par quoi on divise — et c’est là que se perdent les points.

AUne division, et deux questions

Définition

La proportion

Le quotient d’une partie par le tout dont elle est issue. Elle est toujours comprise entre 0 et 1, et on la multiplie par 100 pour l’exprimer en pourcentage.

Deux questions avant tout calcul, toujours les mêmes. 1. Quelle est la partie ? 2. Quel est le tout ? Une copie qui se trompe de dénominateur obtient un nombre juste au calcul et faux au sens — et c’est l’erreur la plus fréquente de tout le module.

Trois questions sur la même série, trois dénominateurs différents. Aucun des trois nombres ne répond à la question des deux autres.

La même partie, trois « touts » différents
La question posée Le calcul Le résultat
Quelle part des 40 commandes de mars atteint au moins 3 000 € ? 8 ÷ 40 20,00 %
Quelle part du chiffre d’affaires de mars ces 8 commandes représentent-elles ? 30 660 ÷ 94 910 32,30 %
Quelle part de l’exercice le mois de mars représente-t-il ? 94 910 ÷ 3 400 000 2,79 %

Lis la deuxième ligne à côté de la première. Les huit plus grosses commandes ne font que 20 % du nombre de commandes, mais 32,30 % du montant. Un pourcentage sans son dénominateur ne veut rien dire — et un dirigeant qui entend « 20 % des commandes » n’entend pas du tout la même chose que « 32 % du chiffre d’affaires ».

Exemple chiffré

La part des huit plus grosses commandes

Étape Calcul Résultat
Somme des 8 commandes d’au moins 3 000 € 30 660 € 30 660 €
Rapportée au total des 40 commandes 30 660 € ÷ 94 910 € 32,30 %

Huit commandes sur quarante font près du tiers du chiffre d’affaires du mois.

C’est la concentration, et elle se mesure toujours de cette façon : on trie, on cumule, on rapporte au total. Retiens le geste, il resservira en statistique et en gestion.

À retenir

La formule, dans les deux sens

Proportion = partie ÷ tout. Donc partie = proportion × tout, et tout = partie ÷ proportion.

Les trois formes sont la même égalité. Savoir la retourner évite d’apprendre trois formules — et c’est exactement ce qu’un sujet teste quand il donne la partie et le pourcentage, et demande le total.

BAppliquer et retrouver un pourcentage

À retenir

Appliquer un pourcentage, c’est multiplier

Prendre t % d’une valeur V, c’est calculer V × t ÷ 100.

On multiplie donc par t/100, qu’on appelle le coefficient. Pour 20 % : coefficient 0,20. Pour 7,5 % : 0,075.

Au tableur, on écrit =V*t% ou =V*t/100. Le signe % d’un tableur divise par cent : =1000*20% donne 200. C’est commode et c’est une source d’erreur si l’on écrit =1000*20 en croyant avoir tapé un pourcentage.

Exemple chiffré

La taxe sur la valeur ajoutée d’une facture

Étape Calcul Résultat
Montant hors taxes de la facture 2 400,00 €
Taxe à 20 % 2 400,00 € × 20 % 480,00 €
Montant toutes taxes comprises 2 400,00 € + 480,00 € 2 880,00 €

2 400,00 € hors taxes deviennent 2 880,00 € toutes taxes comprises.

Le geste inverse est celui que les copies ratent : pour retrouver le montant hors taxes à partir du montant toutes taxes comprises, on ne retire pas 20 % — on divise par 1,20. C’est l’objet du piège ci-dessous.

Piège

Retirer 20 % n’annule pas une hausse de 20 %

C’est l’erreur la plus répandue du chapitre, et elle coûte de l’argent en entreprise.

Une facture de 2 880 € toutes taxes comprises, taxe à 20 %. Retirer 20 % donne 2 880 × 0,80 = 2 304 €. C’est faux.

Le bon raisonnement : le montant toutes taxes comprises vaut 1,20 fois le montant hors taxes. Donc le montant hors taxes vaut 2 880 ÷ 1,20 = 2 400 €.

Pourquoi les deux diffèrent : on ne prend pas 20 % de la même chose. La taxe est 20 % du hors taxes, pas 20 % du toutes taxes comprises. L’écart — 96 € ici — est ce qu’on appelle l’erreur de base.

Où sont les 40 commandes de mars
02468101214Nombre de commandesmoins de 1 500 €1 500 à 2 000 €2 000 à 2 500 €2 500 à 3 000 €3 000 € et plus

Lis les deux dernières barres ensemble. 14 commandes sur 40 atteignent 2 500 €, soit 35,00 % du nombre — mais elles portent 49,65 % du montant. Un effectif et un montant ne se répartissent jamais de la même façon — et c’est précisément ce qu’un graphique d’effectifs ne montre pas.

2. Lire et construire une répartition

Un tableau de répartition est l’outil le plus courant du comptable. Encore faut-il savoir dans quel sens le lire.

ARépartition en ligne, en colonne, et totale

Un tableau à double entrée. Trois pourcentages différents peuvent en être tirés, et ils répondent à trois questions.

Les commandes de mars par atelier et par type de client
Entreprises Collectivités Total
Vitrages 14 6 20
Menuiseries 11 9 20
Total 25 15 40

Les trois lectures, sur la case « vitrages aux collectivités » (6 commandes) :

· En ligne : 6 ÷ 20 = 30 % — « parmi les commandes de vitrages, 30 % viennent de collectivités ».

· En colonne : 6 ÷ 15 = 40 % — « parmi les commandes des collectivités, 40 % portent sur des vitrages ».

· Sur le total : 6 ÷ 40 = 15 % — « les vitrages aux collectivités représentent 15 % de toutes les commandes ».

Trois nombres justes, trois phrases différentes. Le sujet précise toujours laquelle il attend — il faut le lire.

Méthode

Construire un tableau de répartition sans se tromper

  1. Identifier le tout : de quelle population parle-t-on, et combien d’unités compte-t-elle ?

  2. Vérifier que les parties sont exhaustives et disjointes : chaque élément appartient à une case, et à une seule.

  3. Calculer chaque part en divisant par le tout choisi.

  4. Vérifier que la somme fait 100 % — à l’arrondi près.

  5. Nommer le tout dans le titre : « en % du nombre de commandes », « en % du chiffre d’affaires ». C’est cette mention qui rend le tableau lisible par quelqu’un d’autre.

L’étape 2 est celle qu’on saute. Si un client est à la fois entreprise et collectivité — un office public de l’habitat, par exemple —, il sera compté deux fois et la somme dépassera 100 %. Quand un total de pourcentages ne fait pas 100, la cause est presque toujours là, pas dans les arrondis.

BPourcentage d’un pourcentage, et points

À retenir

Un pourcentage de pourcentage se multiplie

Prendre t % de t′ % d’un tout revient à prendre (t × t′) ÷ 100 pour cent de ce tout.

30 % de 40 % font 12 %, et non 70 % ni 1 200 %. On multiplie les coefficients : 0,30 × 0,40 = 0,12.

Le cas se présente tout le temps en gestion : 40 % du chiffre d’affaires vient des collectivités, et 30 % de ces ventes portent sur des vitrages → les vitrages vendus aux collectivités font 12 % du chiffre d’affaires total.

Définition

Le point de pourcentage

L’unité dans laquelle on exprime l’écart entre deux pourcentages. Passer de 8 % à 10 %, c’est une hausse de 2 points, et non de 2 %.

La confusion entre « points » et « pour cent » est un classique d’examen. Passer de 8 % à 10 % représente 2 points d’écart, mais 25 % d’augmentation (2 ÷ 8). Les deux affirmations sont vraies et ne disent pas la même chose : la première mesure un écart, la seconde une évolution.

Exemple

Deux phrases pour un même fait

La marge nette de Verrières Sombret est passée de 1,6 % à 2,0 % du chiffre d’affaires.

· « La marge a gagné 0,4 point. » Exact. C’est l’écart entre les deux taux.

· « La marge a augmenté de 25 %. » Exact aussi : 0,4 ÷ 1,6 = 0,25.

· « La marge a augmenté de 0,4 %. » Faux — c’est la confusion, et elle donne un chiffre plus de soixante fois trop petit (0,4 point d’écart contre 25 % d’évolution).

Quand on parle d’un taux qui change, on emploie « points ». Quand on parle d’une quantité qui change, on emploie « pour cent ». Cette règle simple suffit à ne plus se tromper.

3. Au tableur, et en épreuve

L’épreuve se passe sur ordinateur. Autant savoir écrire les formules en même temps qu’on apprend les calculs.

ALes formules qui suffisent

Cinq formules de tableur pour tout ce chapitre
Ce qu’on veut La formule Le point de vigilance
La proportion d’une partie =B2/$B$8 Le dollar fige le total quand on recopie vers le bas — sans lui, la deuxième ligne diviserait par la mauvaise case
Appliquer un pourcentage =B2*20% ou =B2*$C$1 Mettre le taux dans une cellule, jamais dans la formule : on le change une fois au lieu de vingt
Retrouver la valeur avant hausse =B2/(1+$C$1) On divise, on ne soustrait pas — c’est le piège du chapitre
Un total =SOMME(B2:B41) Vérifier que la plage couvre bien toutes les lignes
Compter selon un critère =NB.SI(B2:B41;">=3000") Le critère est entre guillemets, avec l’opérateur à l’intérieur ; « au moins » s’écrit >=, « plus de » s’écrit >

La première ligne vaut d’être comprise une fois pour toutes. Un tableur recopié déplace les références : B2/B8 devient B3/B9 à la ligne suivante, et l’on divise par une cellule vide. Le signe dollar bloque la référence — $B$8 reste $B$8 partout. C’est l’erreur numéro un des situations d’évaluation, et elle se voit immédiatement : la somme des pourcentages ne fait pas 100.

À retenir

La vérification qui prend trois secondes

Après tout tableau de répartition : la somme des pourcentages fait-elle 100 ?

Si oui, le dénominateur est probablement le bon. Si non, cherche dans cet ordre : une référence non figée, une catégorie oubliée, un élément compté deux fois. Avec des parts arrondies au centième, les arrondis n’expliquent qu’un écart de quelques centièmes de point.

BCe qu’on attend d’une réponse

Méthode

Répondre à une question de pourcentage en épreuve

  1. Écrire le calcul avant le résultat : « 6 ÷ 40 = 0,15 ». Un résultat seul ne rapporte pas les points du raisonnement.

  2. Donner l’arrondi demandé — au centième, au dixième de point. À défaut d’indication, deux décimales.

  3. Mettre l’unité : %, €, points. Un nombre nu est ambigu.

  4. Rédiger une phrase de lecture : « 15 % des commandes de mars portent sur des vitrages vendus à des collectivités ». C’est elle qui prouve qu’on a compris le dénominateur.

La quatrième étape est celle qui distingue. Deux copies donnent 15 % ; celle qui écrit la phrase montre qu’elle sait de quoi 15 % est la part. En mathématiques appliquées, on note autant l’interprétation que le calcul — c’est ce qui distingue ces mathématiques des autres.

Piège

L’arrondi qu’on fait trop tôt

Arrondir en cours de calcul propage l’erreur.

On calcule une part de 32,98 %, on l’arrondit à 33 %, puis on l’applique à 3 400 000 € : on obtient 1 122 000 € au lieu de 1 121 320 €. 680 € d’écart, sur un seul arrondi.

La règle : on garde toutes les décimales jusqu’au bout, et l’on arrondit une seule fois, à la fin. Au tableur, c’est automatique — à condition de chaîner les cellules plutôt que de retaper les résultats affichés.

À retenir

Les quatre phrases du chapitre

1. Avant tout calcul : quelle est la partie, quel est le tout ? Un pourcentage sans son dénominateur ne veut rien dire.

2. Pour annuler une hausse de 20 %, on divise par 1,20 — on ne retire pas 20 %.

3. Un point mesure l’écart entre deux taux ; un pour cent mesure une évolution. De 8 % à 10 % : 2 points, soit 25 %.

4. On arrondit une seule fois, à la fin — et l’on écrit toujours une phrase de lecture.

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