Culture économique, juridique et managériale
Une fiche par chapitre : l’essentiel, les définitions, les méthodes et les pièges. La fiche du chapitre offert est en accès libre.
L'entreprise et le marché
L’essentiel
- Agents économiques : ménages (consommer, travailler, épargner), entreprises (produire des biens et services marchands), banques et sociétés financières (financer, assurer), État et administrations (services non marchands, redistribution, régulation), associations, reste du monde (non-résidents). Toujours préciser le rôle de l’agent dans la relation avec l’entreprise : client, fournisseur, prêteur, salarié, collecteur de prélèvements, régulateur.
- Quatre catégories d’entreprises (loi de 2008) : microentreprises, PME, ETI, grandes entreprises. En 2023, les microentreprises font 95,9 % des entreprises mais 16,3 % de la valeur ajoutée ; ETI et grandes entreprises (0,17 % des entreprises) en réalisent 60,5 %.
- Circuit économique : une dépense pour un agent est toujours une recette pour un autre. Relations d’échange : B to C, B to B, B to G.
- Demande décroissante, offre croissante avec le prix.
- Le prix varie → mouvement le long de la courbe ; un autre facteur (revenu, coût, mode, prix d’un substitut) → déplacement de la courbe.
- Le marché informe (le prix est un signal), coordonne (« main invisible », Adam Smith, 1776) et oriente les ressources : coordination décentralisée.
- Concurrence pure et parfaite : atomicité, homogénéité, libre entrée et sortie, transparence, mobilité des facteurs. Modèle de référence, jamais entièrement respecté.
- Structures : concurrence, concurrence monopolistique, oligopole, monopole, oligopsone, monopsone.
- Concurrence directe ou indirecte, par les prix ou hors prix : contrainte et aiguillon pour l’entreprise.
- Coopération : sous-traitance, partenariat, réseau de distribution, groupement d’achats, alliance ou coentreprise, coopétition ; l’entente sur les prix ou le partage des marchés est interdite.
- Défaillances du marché : asymétrie d’information (Akerlof, 1970) et externalités. Réduire l’asymétrie : garantie, label, réputation, contrat incitatif, obligation légale d’information. Corriger les externalités : réglementation, taxe (Pigou, 1920), marché de droits à polluer, subvention.
- Banques : collecter l’épargne, accorder des crédits, créer de la monnaie (« les crédits font les dépôts »), gérer les moyens de paiement.
- Fin juin 2026 (Banque de France) : crédits bancaires 65,4 % de l’endettement des entreprises, financement de marché 34,6 %.
Les définitions clés
- Agent économique : personne ou groupe qui prend des décisions économiques de façon autonome.
- Flux réel / flux monétaire : transfert de biens, services ou travail / transfert de monnaie, en sens inverse ; un transfert n’a pas de contrepartie directe.
- Production non marchande : fournie gratuitement ou à un prix très inférieur à son coût, financée par des prélèvements obligatoires ou des dons.
- Marché : lieu, réel ou virtuel, de rencontre de l’offre et de la demande, qui détermine un prix et une quantité.
- Prix d’équilibre : prix pour lequel quantité offerte = quantité demandée.
- Barrières à l’entrée : obstacles rendant difficile, coûteuse ou impossible l’arrivée d’un nouveau concurrent.
- Asymétrie d’information : une partie dispose d’informations que l’autre n’a pas ; sélection adverse (caractéristique cachée, avant le contrat) ; aléa moral (comportement caché, après).
- Externalité : effet, positif ou négatif, d’un agent sur un autre sans passer par le marché (ni paiement ni compensation).
- Capacité / besoin de financement : épargne > investissements / investissements > épargne.
- Action : titre de propriété (dividende, vote) ; obligation : titre de créance (intérêts, remboursement à l’échéance).
- Marché primaire / secondaire : titres neufs, l’entreprise reçoit l’argent / titres déjà émis, assure la liquidité.
Formules et méthodes
Identifier les agents : 1. repérer chaque acteur du dossier ; 2. le classer dans une catégorie d’agent ; 3. préciser son rôle ; 4. nommer le flux (réel, monétaire, transfert) ; 5. présenter en tableau (agent, catégorie, rôle, flux).
Présenter un marché : 1. délimiter (produit, clients, territoire) ; 2. décrire la demande ; 3. décrire l’offre ; 4. caractériser la structure et les écarts au modèle ; 5. repérer concurrence, coopérations, barrières ; 6. conclure sur les conséquences pour l’entreprise.
Repérer les externalités : 1. lister les effets dans les deux sens ; 2. vérifier l’absence de paiement ; 3. positive ou négative ; 4. produite ou subie ; 5. tirer une conséquence (image, réglementation, opportunité, aide).
Réponse argumentée (épreuve de 4 heures, dossier d’une dizaine de pages au maximum) : 1. analyser la question (verbe de consigne, notions) ; 2. définir chaque notion clé ; 3. exploiter le dossier en citant l’annexe ; 4. un paragraphe par argument : idée → explication par le cours → illustration par le dossier ; 5. conclure explicitement.
Les textes à connaître
- L420-1 C. com. : ententes interdites (fixation des prix, limitation de la production, répartition des marchés).
- L511-10 CMF : agrément obligatoire des établissements de crédit (BCE, sur proposition de l’ACPR). L311-1 CMF : opérations de banque.
- 1112-1 C. civ. : devoir d’information sur ce qui est déterminant pour le consentement, sauf l’estimation de la valeur.
- L110-1 C. env. : principe pollueur-payeur.
Les 3 pièges à éviter
- Confondre monopole et grande entreprise : le monopole, c’est l’absence de concurrent sur un marché précis, quelle que soit la taille.
- Appeler externalité un effet payé : l’externalité passe hors du marché ; regarder aussi celles que l’entreprise subit.
- Croire que l’entreprise se finance quand ses actions s’échangent en Bourse : elle ne reçoit l’argent que sur le marché primaire.