Ce que tu sauras faire : Identifier les actifs, les menaces et les vulnérabilités d'un système d'information, exprimer ses besoins de sécurité (disponibilité, intégrité, confidentialité, preuve), recenser les conséquences d'une perte de l'un de ces critères, évaluer et hiérarchiser des risques avec une matrice de criticité, proposer un traitement, et situer cette analyse dans la méthode EBIOS Risk Manager, la menace actuelle et le cadre juridique.
1 h 45 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.
Sauf indication contraire, les exercices se situent chez Vellacor
Services Numériques (Niort) et chez son client Kervanet Hôtels &
Résidences, en octobre 2026. Utilise les échelles du cours : besoins de
sécurité de 1 à 4 ; gravité (G) et vraisemblance (V) de 1 à 4 ;
criticité = G × V ; zones faible (1 à 3), modéré (4 et 6), élevé (8 et
9), critique (12 et 16). Les montants et les fréquences sont des
hypothèses d’exercice.
Exercice 1
Les mots du risque
Application
Associe chaque terme (1 à 10) à sa définition (A à J).
Terme
Définition
1. Actif essentiel
A. Faiblesse d’un élément du système qu’une menace peut
exploiter
2. Actif support
B. Protection contre les pannes, les erreurs et les accidents
3. Menace
C. Information ou activité dont l’organisation a besoin pour
fonctionner
4. Vulnérabilité
D. Information exacte et complète, non modifiée sans
autorisation
5. Impact
E. Cause possible d’un incident : action malveillante, accident ou
erreur
6. Sécurité
F. Capacité à établir qui a fait quoi, quand et comment
7. Sûreté
G. Élément technique, humain ou organisationnel qui porte une
information ou une activité
8. Intégrité
H. Protection contre les actes malveillants, intentionnels
9. Confidentialité
I. Dommage subi par l’organisation quand la menace se réalise
10. Preuve
J. Information accessible aux seules personnes autorisées
Voir le corrigé détaillé
1 → C ; 2 → G ; 3 → E ; 4 → A ; 5 → I ; 6 → H ; 7 → B ; 8 → D ; 9 → J
; 10 → F.
Piège
Menace et vulnérabilité se confondent souvent. La
menace est la cause qui vient frapper l’actif (un
courriel piégé, une panne) ; la vulnérabilité est la
faiblesse de l’actif qui la laisse réussir (un compte sans double
authentification, l’absence de redondance). On agit rarement sur la
menace, presque toujours sur la vulnérabilité.
Exercice 2
Quel critère, quel périmètre ?
Application
Pour chaque situation, indique le ou les critères DICP atteints
(disponibilité, intégrité, confidentialité, preuve) et s’il s’agit d’un
problème de sécurité ou de sûreté.
Justifie en une phrase.
L’alimentation d’une borne Wi-Fi de Royan tombe en panne : les
clients du deuxième étage n’ont plus de Wi-Fi pendant une
journée.
Un attaquant modifie, dans une requête envoyée à l’API KerResa,
le prix d’une suite pour le ramener à 1 €.
Une clé USB contenant un export non chiffré du fichier des
clients de la fidélité est perdue dans un train par un salarié de
Kervanet.
Les trois veilleurs de nuit de Royan utilisent le même compte
nuit.roy ; une remise de 50 % a été accordée à tort une
nuit, sans qu’on sache par qui.
Un robot envoie 30 000 requêtes par seconde au site de
réservation, qui ne répond plus.
Romain Daguet, développeur, publie par erreur un jeton d’accès à
l’API KerResa dans un dépôt de code public.
Une mise à jour défectueuse de KerMaint enregistre toutes les
durées d’intervention à 0 minute pendant deux jours.
Un salarié licencié se connecte, avec son compte resté actif, au
serveur de fichiers pour effacer le dossier « Qualité ».
Voir le corrigé détaillé
Critère(s)
Périmètre
Justification
a)
disponibilité
sûreté
panne matérielle, sans intention de nuire ; le service est
inaccessible
b)
intégrité
sécurité
modification volontaire et non autorisée d’une donnée (le prix)
c)
confidentialité
sûreté
perte accidentelle ; les données peuvent être lues par n’importe qui
(et c’est une violation de données personnelles, B3-02)
d)
preuve (et intégrité de la facturation)
sécurité ou sûreté selon l’origine
le compte partagé empêche d’imputer l’action ; on ne sait pas si la
remise est une erreur ou une fraude
e)
disponibilité
sécurité
attaque par déni de service, volontaire
f)
confidentialité (puis intégrité et disponibilité si le jeton est
utilisé)
sûreté
erreur humaine, sans intention ; mais un attaquant peut l’exploiter
très vite
g)
intégrité
sûreté
défaut logiciel ; les données enregistrées sont fausses
h)
disponibilité et intégrité (données effacées)
sécurité
acte malveillant interne, rendu possible par un compte non désactivé
(vulnérabilité organisationnelle)
Astuce
Pour trancher entre sécurité et sûreté, pose une seule question : «
quelqu’un a-t-il voulu nuire ? » Si oui, sécurité ; si
non, sûreté. Le cas d) montre qu’on ne peut parfois pas répondre : c’est
justement l’absence de preuve qui pose problème.
Exercice 3
Classer les risques de Vellacor
Calcul
Julien Maréchal fait l’analyse des risques du système d’information
de Vellacor lui-même. Il retient six risques.
Code
Risque
Gravité
Vraisemblance
A
Compromission du compte d’administration de Thomas Guéguen
4
2
B
Vol d’un portable de développeur (disque chiffré)
2
2
C
Défiguration du site web de Kervanet, hébergé chez Vellacor
2
3
D
Panne d’un des deux hyperviseurs de Vellacor (en grappe)
1
2
E
Attaque des clients de Vellacor au moyen de son outil de prise de
main à distance
4
2
F
Fuite de secrets (jetons de l’API KerResa) depuis la forge
logicielle GitLab
3
3
Calcule la criticité de chaque risque et indique sa
zone.
Classe les risques du plus prioritaire au moins prioritaire, en
appliquant la règle du cours en cas d’égalité.
Quelle décision la règle de Vellacor impose-t-elle pour chaque
zone représentée ?
Après traitement, la vraisemblance de F tombe à 1 et celle de A à
1. Calcule les nouvelles criticités. Faut-il encore une mesure sur A ?
Justifie.
Voir le corrigé détaillé
a) Criticité = gravité × vraisemblance.
Code
G
V
Criticité
Zone
A
4
2
8
élevé
B
2
2
4
modéré
C
2
3
6
modéré
D
1
2
2
faible
E
4
2
8
élevé
F
3
3
9
élevé
b) Classement : F (9), puis
A (8) et E (8) à égalité (même gravité
4 : on peut les présenter ensemble, ou départager par l’étendue des
conséquences — E touche tous les clients de Vellacor, il est raisonnable
de le placer avant A), puis C (6), B
(4), D (2).
c) Zone élevée (F, A, E) : réduire en
priorité, dans les trois mois. Zone modérée (C, B) : réduire
dans l’année, dans le budget courant. Zone faible (D) :
accepter et surveiller (la grappe de deux hyperviseurs
est déjà une mesure de réduction). Aucun risque n’est critique.
d) F : 3 × 1 = 3, zone faible. A :
4 × 1 = 4, zone modérée.
Oui, il faut garder une mesure sur A : sa gravité reste
4. Même peu vraisemblable, la compromission d’un compte
d’administration peut atteindre tous les systèmes. La règle de prudence
du cours s’applique : un risque de gravité 4 n’est jamais laissé sans
protection (ici : double authentification, compte d’administration
distinct du compte de bureautique, journalisation des connexions).
Piège
Ne confonds pas « criticité faible » et « risque disparu ». Les
mesures font baisser la vraisemblance ; elles doivent être
maintenues (mises à jour, revues) pour que la note
reste valable.
Exercice 4
Lire les chiffres de la menace
Calcul et analyse
Document — Extraits de deux publications officielles
ANSSI, panorama de la cybermenace 2025 (publié le 11/03/2026) : 3
586 événements de sécurité traités ; 1 366 incidents (1 361 en 2024) ;
128 compromissions par rançongiciel ; 196 incidents d’exfiltration de
données (130 en 2024).
Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d’activité 2025 (publié en mars
2026) : plus de 504 000 demandes d’assistance (+ 20 %) ; menaces des
entreprises et associations : piratage de compte 21 %, hameçonnage 16 %,
fraude au virement 13,5 %, rançongiciel 8,1 %, violation de données 6,6
% des parcours d’assistance.
Calcule l’évolution, en pourcentage, du nombre d’incidents
traités par l’ANSSI et du nombre d’exfiltrations entre 2024 et
2025.
Calcule la part des exfiltrations et celle des rançongiciels dans
les incidents de 2025.
Calcule la part totale des trois premières menaces des
professionnels selon cybermalveillance.gouv.fr. Que remarques-tu sur
leur nature ?
Lucas écrit dans son rapport : « En 2025, il y a eu en France 1
366 + 504 000 = 505 366 cyberattaques. » Explique pourquoi cette phrase
est fausse.
Rédige deux phrases utilisables dans la note à Gwenaëlle Le Bihan
pour justifier la vraisemblance du risque R2 (hameçonnage puis piratage
d’un compte de réception).
Voir le corrigé détaillé
a) Formule : évolution = (valeur 2025 − valeur 2024)
÷ valeur 2024.
c) 21 + 16 + 13,5 = 50,5 % des
parcours d’assistance des professionnels. Ces trois menaces exploitent
surtout la crédulité des personnes et la
faiblesse des mots de passe (comptes protégés par un
seul mot de passe, réutilisé ou volé), bien plus que des failles
techniques complexes. La sensibilisation et la double authentification y
répondent directement.
d) La phrase additionne deux grandeurs
différentes et en tire une conclusion qu’aucune ne
permet :
les 1 366 incidents sont ceux traités par l’ANSSI,
surtout pour des administrations et des organisations importantes ;
les 504 000 sont des demandes d’assistance sur
cybermalveillance.gouv.fr, majoritairement de particuliers ; une demande
n’est pas forcément une attaque réussie, et une même victime peut faire
plusieurs démarches ;
les deux périmètres peuvent se recouper, et beaucoup de victimes ne
signalent rien.
On ne connaît donc pas « le nombre de cyberattaques en France ». Il
faut citer chaque chiffre avec sa source, sa date et ce qu’il
compte.
e) Exemple de rédaction : « D’après le rapport 2025
de cybermalveillance.gouv.fr (publié en mars 2026), le piratage de
compte (21 %) et l’hameçonnage (16 %) sont les deux premières menaces
signalées par les entreprises et associations. Nos réceptions reçoivent
régulièrement de tels courriels, dont un nouvel exemple le 13 octobre :
nous estimons donc ce risque quasi certain à l’échelle
d’une année (vraisemblance 4). »
Exercice 5
Les besoins de sécurité des applications
Analyse
Sarah Cherif prépare, pour Anaïs Lecoq, l’expression des besoins de
sécurité des actifs liés aux applications de Kervanet.
Informations recueillies auprès de Kervanet :
Interventions de KerMaint : les techniciens
consultent et clôturent leurs interventions sur tablette ; en cas de
panne, ils peuvent noter sur papier pendant une demi-journée, au-delà
les urgences (chauffage, ascenseur) sont mal suivies ; les durées
servent à facturer certaines prestations aux propriétaires des
résidences.
Comptes de fidélité de « Kervanet & Moi » :
nom, courriel, téléphone, solde de points, historique des séjours ; les
points ont une valeur d’achat ; l’application peut être indisponible une
journée sans grave conséquence.
Journal des connexions à l’API KerResa : il
enregistre, pour chaque appel, la plateforme, le jeton utilisé, l’heure
et l’opération ; il a servi en septembre à prouver à une plateforme
partenaire qu’elle avait elle-même annulé 14 réservations
contestées.
Grille tarifaire (prix par chambre et par date) :
publiée en partie sur le site, mais la stratégie de prix par période et
par plateforme n’est connue que de la direction ; une erreur de prix est
appliquée immédiatement à toutes les réservations en ligne.
Pour chacun des quatre actifs, propose un niveau de besoin (1 à
4) en disponibilité, intégrité, confidentialité et preuve, en justifiant
chaque niveau par une conséquence tirée des informations
ci-dessus.
Ces quatre actifs sont-ils des actifs essentiels ou des actifs
supports ? Cite deux actifs supports qui les portent.
Pourquoi Sarah doit-elle faire valider ces niveaux par Gwenaëlle
Le Bihan ?
Voir le corrigé détaillé
a) Proposition (à un niveau près, si la
justification tient) :
Actif
D
I
C
P
Justifications
Interventions de KerMaint
3
3
2
2
D 3 : au-delà d’une demi-journée, les urgences sont
mal suivies (interruption supportable de quelques heures) ; I
3 : les durées servent à facturer, une erreur non détectée crée
un litige ; C 2 : informations internes sans caractère
sensible ; P 2 : savoir qui a clôturé est utile, sans
être exigé par un tiers
Comptes de fidélité
2
3
4
3
D 2 : une journée d’indisponibilité est supportable
; I 3 : les points ont une valeur d’achat, un solde
faux est une perte ou un litige ; C 4 : données
personnelles de nombreux clients, une fuite engage la responsabilité de
Kervanet ; P 3 : il faut pouvoir retracer l’usage des
points en cas de contestation
Journal des connexions à KerResa
2
4
3
4
D 2 : son indisponibilité n’arrête pas les
réservations, s’il continue d’enregistrer ; I 4 : un
journal modifiable ne prouve rien ; C 3 : il contient
les jetons et des informations commerciales sur les partenaires ;
P 4 : il a servi à prouver la responsabilité d’un
partenaire, la preuve doit être opposable à un tiers
Grille tarifaire
3
4
3
3
D 3 : sans tarifs, pas de vente en ligne ;
I 4 : une erreur s’applique immédiatement à toutes les
réservations en ligne ; C 3 : la stratégie de prix
n’est connue que de la direction (une partie des prix est publique, d’où
3 et non 4) ; P 3 : il faut savoir qui a changé un
prix
Piège
Le journal des connexions a un besoin de disponibilité
modeste mais un besoin de preuve et d’intégrité
maximal : les critères sont indépendants. Un journal qu’un
administrateur peut modifier sans trace perd toute valeur de preuve
(protection des journaux : B3-07).
b) Ce sont des actifs essentiels
(informations ou activités utiles au métier). Actifs supports qui les
portent : la VM KV-KERMAINT et sa base MariaDB ; l’API
KerResa et ses serveurs ; l’application mobile « Kervanet & Moi » ;
les tablettes des techniciens ; les comptes des développeurs ; le réseau
et le VPN des sites. (Deux suffisent.)
c) Les besoins de sécurité traduisent des
enjeux métier (coût d’un arrêt, valeur des points,
sensibilité des tarifs) que seul le responsable de l’organisation
connaît et assume. Le prestataire propose, le client
valide : c’est aussi ce qui fonde la responsabilité de
chacun et le budget des mesures.
Exercice 6
Des services détournés
Analyse
Caractérise chacune des trois situations suivantes en suivant la
méthode du cours : service et usage normal, source et objectif, mode
opératoire, vulnérabilité exploitée, critères DICP atteints,
conséquences pour Kervanet et pour les tiers, piste de mesure (avec le
chapitre où elle est étudiée).
Wi-Fi des clients (SISR). Un client de l’hôtel
Kervanet Remblai utilise le Wi-Fi des clients pour télécharger des films
protégés et attaquer un site de jeux en ligne. Quelques semaines plus
tard, l’opérateur de Kervanet transmet une demande d’identification
portant sur l’adresse publique de l’hôtel.
API KerResa (SLAM). Un vendredi soir de juillet,
un programme automatisé crée 640 réservations « en attente de paiement »
sur les hôtels de La Rochelle et de Royan, avec de fausses identités.
Les chambres sont bloquées pendant 30 minutes chacune, puis libérées et
aussitôt réservées à nouveau.
Formulaire de demande de séminaire du site web
(SLAM). En une nuit, 9 000 demandes arrivent par le formulaire
seminaire.php, avec des liens vers des sites douteux dans
le champ « message ». La commerciale de Kervanet ne retrouve plus les
vraies demandes.
Voir le corrigé détaillé
a) Wi-Fi des clients (SISR)
Élément
Analyse
Service et usage normal
accès Internet offert aux clients de l’hôtel, par un portail
captif
Source et objectif
un client ; objectif personnel (contenus gratuits) puis malveillant
(attaque d’un site tiers)
Mode opératoire
utilisation de la connexion de l’hôtel, qui apparaît sur Internet
sous l’adresse publique de Kervanet
Vulnérabilité
absence de filtrage des usages (ports, protocoles de partage) ; si
les connexions ne sont pas journalisées, impossibilité de retrouver
l’auteur
Critères atteints
preuve (imputabilité de la connexion) ;
disponibilité possible (adresse placée sur liste noire,
débit saturé pour les autres clients)
Conséquences
pour les tiers : ayants droit lésés, site attaqué ; pour Kervanet :
demande d’identification, mise en cause possible, atteinte à
l’image
Piste de mesure
journaliser les connexions du portail captif (qui, quand, quelle
adresse interne) avec une durée de conservation encadrée ; filtrer
certains protocoles ; isoler le Wi-Fi (déjà fait) — B3SISR-02, et
obligations de conservation en CEJMA-10
b) API KerResa (SLAM)
Élément
Analyse
Service et usage normal
création de réservations par le site web, l’application et les
plateformes partenaires
Source et objectif
attaquant inconnu, concurrent ou personne cherchant à nuire ;
objectif : empêcher Kervanet de vendre un soir de forte demande (ou
revendre des chambres bloquées)
Mode opératoire
robot qui crée en boucle des réservations « en attente de paiement »
avec de fausses identités, renouvelées dès leur libération
Vulnérabilité
absence de limite du nombre de réservations par client, par adresse
ou par jeton ; absence de contrôle anti-robot ; délai de blocage sans
paiement
Critères atteints
disponibilité du stock de chambres (l’API répond,
mais le service rendu, vendre, est bloqué) ; intégrité
des données (fausses réservations)
Conséquences
ventes perdues un vendredi soir de juillet (haute saison) ; clients
qui réservent ailleurs ; nettoyage de la base
Piste de mesure
limitation du débit par source et par jeton, contrôle anti-robot à
la création, réduction du délai de blocage, alerte sur un volume anormal
— B3SLAM-02, B3SLAM-04
c) Formulaire de demande de séminaire (SLAM)
Élément
Analyse
Service et usage normal
formulaire public par lequel une entreprise demande un devis de
séminaire
Source et objectif
robot de diffusion de messages indésirables ; objectif : publier des
liens (référencement de sites douteux, hameçonnage)
Mode opératoire
envoi automatique de milliers de formulaires remplis
Vulnérabilité
aucun contrôle anti-robot, aucune limite par adresse, champ «
message » sans filtrage des liens
Critères atteints
disponibilité du service commercial (les vraies
demandes sont noyées), intégrité de la base
demande_seminaire
Conséquences
demandes réelles perdues ou traitées en retard, temps de tri, risque
qu’un salarié clique sur un lien piégé
Piste de mesure
contrôle anti-robot, limite de fréquence, validation et filtrage des
champs, suppression en lot des fausses demandes — B3SLAM-02
À retenir
Dans les trois cas, le service fonctionne
normalement : c’est son usage qui est
détourné. La vulnérabilité est presque toujours une absence de
limite (débit, quantité, contrôle d’identité) ou de
trace.
Exercice 7
Un rançongiciel sur le serveur de fichiers
Calcul et analyse
Un mardi de novembre (basse saison), un rançongiciel chiffre le
serveur de fichiers KV-FIC du siège de Kervanet (940 Go de
données). Les copies de la sauvegarde chez Vellacor, à Niort, sont
intactes ; la dernière date de la nuit précédente. La restauration passe
par le tunnel VPN entre le siège et Vellacor, au débit utile de 200
Mbit/s. L’objectif de reprise (RTO) fixé pour KV-FIC est de
8 h. Avant la restauration, l’analyse, le nettoyage et les contrôles
prennent 4 h.
Hypothèses de coût :
30 salariés administratifs perdent la moitié de leur productivité
pendant 14 h de travail, à un coût horaire chargé de 30 € ;
intervention de Vellacor hors forfait : 20 h à 90 € HT ;
analyse de l’attaque par un prestataire spécialisé : 4 500 € HT
;
données de la journée perdues : 1 h de ressaisie pour chacun des 30
salariés, à 30 € de l’heure.
Recense les conséquences de cet incident pour Kervanet, critère
par critère (disponibilité, intégrité, confidentialité, preuve), en
précisant celles qui sont certaines et celles qui sont seulement
possibles.
Calcule la durée du transfert des 940 Go (1 Go = 109
octets), puis la durée totale estimée de l’arrêt. L’objectif de 8 h
est-il tenu ?
Lucas avait proposé un serveur de sauvegarde local au siège,
KV-PBS, qui permettrait de restaurer au débit utile de 800
Mbit/s. Calcule la nouvelle durée d’arrêt et conclus.
Calcule le coût direct de l’incident. Cite deux coûts indirects
non chiffrés.
Les journaux montrent que l’attaquant a copié le dossier « RH »
avant de chiffrer. Quelles obligations en découlent pour Kervanet et
pour Vellacor ? Réponds en principe et indique les chapitres où ces
règles sont détaillées.
Voir le corrigé détaillé
a) Conséquences critère par critère :
Critère
Conséquences certaines
Conséquences possibles
Disponibilité
les documents de gestion du siège sont inaccessibles jusqu’à la
restauration ; le travail fait depuis la dernière sauvegarde (la nuit
précédente) est perdu
arrêt plus long si la restauration échoue ou si d’autres serveurs
sont touchés
Intégrité
les fichiers chiffrés sont inutilisables
fichiers modifiés par l’attaquant avant le chiffrement ; sauvegarde
à contrôler avant restauration
Confidentialité
— (pas certaine au départ)
copie des fichiers avant chiffrement (double extorsion) : contrats,
documents RH
Preuve
—
journaux effacés par l’attaquant : déroulement de l’attaque
difficile à établir
b) Données : 940 Go = 940 × 109 octets ;
débit 200 Mbit/s = 200 × 106 bit/s.
Formule : durée (s) = volume (octets) × 8 ÷ débit (bit/s).
Calcul : 940 × 109 × 8 ÷ (200 × 106) =
37 600 s, soit 10,44 h.
Durée totale : 4 + 10,44 = 14,44 h. L’objectif de 8
h n’est pas tenu : il est dépassé de 6,44
h.
c) 940 × 109 × 8 ÷ (800 × 106)
= 9 400 s = 2,61 h ; durée totale : 4 + 2,61 =
6,61 h. L’objectif de 8 h est tenu avec 1,39
h de marge ; le transfert est raccourci de 7,83
h. Le serveur local se justifie par la
disponibilité ; la copie de Niort reste indispensable
comme copie hors site (règle 3-2-1, B1-05).
d) Coût direct :
productivité : 30 × 0,5 × 30 × 14 = 6 300 € ;
intervention de Vellacor : 20 × 90 = 1 800 € ;
analyse de l’attaque : 4 500 € ;
ressaisie : 30 × 1 × 30 = 900 € ;
total : 6 300 + 1 800 + 4 500 + 900 = 13 500
€.
Coûts indirects non chiffrés (deux parmi) : atteinte à l’image auprès
des salariés et des partenaires ; hausse de la prime d’assurance ; temps
de la direction consacré à la crise ; coût d’une éventuelle publication
des données.
e) Les documents RH contiennent des données
personnelles : il y a violation de
données.
Vellacor, sous-traitant, doit prévenir
Kervanet sans tarder.
Kervanet, responsable du traitement,
documente la violation et la notifie à la
CNIL, si possible dans les 72 heures après en
avoir eu connaissance, s’il existe un risque pour les salariés ; si le
risque est élevé, elle informe aussi les salariés
concernés.
Kervanet peut porter plainte (atteinte à un système
de traitement automatisé de données) et chercher de l’aide sur
cybermalveillance.gouv.fr.
« Les sauvegardes sont intactes, donc l’incident est réglé. » La
sauvegarde rend la disponibilité, pas la
confidentialité : des données copiées par l’attaquant
restent dans la nature.
Exercice 8
Faut-il investir ?
Calcul et analyse
Gwenaëlle Le Bihan doit choisir les mesures à financer en 2027.
Vellacor lui propose trois mesures.
Mesure
Risque visé
Coût annuel
Effet attendu
M1 Double authentification sur la messagerie et le logiciel
hôtelier
piratage de compte (3 200 € par incident)
2 400 €
fréquence ramenée de 2 à 0,5 incident par an
M2 Lien 4G/5G de secours dans les 6 sites hors siège
coupure de la fibre d’un site (150 € par heure de coupure)
abonnement 35 € HT par mois et routeur
290 € HT amorti sur 4 ans, par site
sans secours : 1 coupure de 8 h par site et par an ; avec secours :
90 % de cette perte évitée
M3 Campagne annuelle de sensibilisation à l’hameçonnage
piratage de compte (3 200 € par incident)
1 800 €
fréquence ramenée de 2 à 1,2 incident par an
Rappelle la formule de la perte annuelle estimée.
Pour M1 et M2, calcule la perte annuelle sans mesure, avec
mesure, la baisse obtenue, le gain net et le rapport entre la baisse et
le coût.
Même travail pour M3, prise seule.
On combine M1 et M3 : la double authentification divise la
fréquence par 4, et la sensibilisation la multiplie ensuite par 0,6.
Calcule la fréquence et le gain net de la combinaison. Vaut-il mieux M1
seule, ou M1 et M3 ? Discute, en tenant compte de ce que le calcul ne
mesure pas.
À partir de combien de coupures par site et par an la mesure M2
devient-elle rentable (gain net nul) ?
Quelles limites vois-tu à ces calculs ?
Voir le corrigé détaillé
a) Perte annuelle estimée = coût d’un incident ×
fréquence annuelle. Une mesure est rentable si la baisse de la perte
annuelle dépasse son coût annuel.
Sur ce seul risque, M1 seule (gain net 2 400 €) est meilleure :
ajouter M3 après M1 ne fait baisser la perte que de 1 600 − 960 =
640 € pour 1 800 € de dépense. Mais le calcul ne mesure
qu’un risque : la sensibilisation réduit aussi la
fraude au virement, le rançongiciel par courriel piégé (R1) et les
erreurs de manipulation. Sur l’ensemble des risques, la combinaison se
défend. La décision appartient à la direction, éclairée par ces deux
lectures.
e) On cherche le nombre n de coupures par site et
par an tel que la baisse égale le coût : 6 × n × 8 × 150 × 0,90 = 2 955,
d’où n = 2 955 ÷ 6 480 = 0,456. Dès qu’on attend
environ une coupure tous les deux ans par site, la
mesure est rentable. La coupure de Royan en août 2026 rend cette
hypothèse réaliste.
f) Limites : les fréquences et l’efficacité des
mesures sont des estimations (il faut les présenter
comme des ordres de grandeur) ; les coûts indirects (image, clients
perdus) ne sont pas comptés, ce qui sous-estime
l’intérêt des mesures ; un événement rare mais grave (gravité 4) n’est
pas bien représenté par une moyenne ; les mesures agissent souvent sur
plusieurs risques à la fois.
Exercice 9
Une étude EBIOS Risk Manager
Analyse
Vellacor anime une étude EBIOS RM avec Kervanet. Lors des réunions,
Sarah a noté pêle-mêle les éléments suivants.
« Prendre des réservations en ligne, jour et nuit. »
« L’API KerResa et sa base de données. »
« Le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI est appliqué à 70 % ;
les écarts sont listés. »
« Un groupe cybercriminel qui cherche à obtenir une rançon. »
« Un concurrent qui veut connaître la politique tarifaire. »
« Les plateformes partenaires de réservation et le prestataire
Vellacor ont des accès à KerResa. »
« Fuite du fichier des clients de la fidélité » (gravité 3).
« Le groupe cybercriminel compromet le prestataire, puis utilise ses
accès pour chiffrer les serveurs de Kervanet. »
« Courriel piégé à un technicien de Vellacor → vol de son mot de
passe → connexion à l’outil de prise de main → déploiement du
rançongiciel ; vraisemblance 2. »
« Double authentification sur tous les comptes d’administration de
Vellacor ; accès cloisonnés par client ; risque résiduel accepté par la
direction le 30/11/2026. »
« Le fichier des clients de la fidélité. »
« La messagerie et les comptes d’administration des techniciens de
Vellacor. »
Classe chaque élément dans l’atelier où il est produit (1 à 5) et
nomme la notion d’EBIOS RM correspondante (valeur métier, bien support,
socle de sécurité, source de risque et objectif visé, partie prenante,
événement redouté, scénario stratégique, scénario opérationnel, mesure
ou risque résiduel).
Rédige un second scénario stratégique pour le couple « concurrent
/ connaître la politique tarifaire », en passant par une partie
prenante.
Pourquoi l’élément 8 concerne-t-il directement Vellacor, et
quelles mesures Vellacor peut-elle prendre chez elle pour réduire ce
risque chez tous ses clients ?
12. Messagerie et comptes d’administration de Vellacor
1 (puis 4)
biens supports (chez une partie prenante)
b) Exemple : « Un concurrent, pour
connaître la politique tarifaire de Kervanet, obtient d’une
plateforme partenaire de réservation (partie prenante),
par un salarié indélicat ou par un compte piraté, le jeton d’accès de
cette plateforme à l’API KerResa ; il interroge ensuite l’API en se
faisant passer pour elle et aspire toutes les grilles de prix.
Événement redouté : divulgation de la stratégie
tarifaire (atteinte à la confidentialité). »
c) Vellacor est une partie prenante
qui dispose d’accès d’administration chez Kervanet : la compromettre
ouvre le chemin vers son client. C’est une attaque par la chaîne
d’approvisionnement, qui menace en même temps les autres
clients de Vellacor. Mesures chez Vellacor : double authentification sur
tous les comptes d’administration et sur l’outil de prise de main ;
comptes d’administration distincts par client
(cloisonnement) ; postes d’administration dédiés ; journalisation et
revue des connexions aux clients ; sensibilisation des techniciens ;
sauvegardes de ses propres systèmes hors ligne. Ces mesures protègent
tous les clients à la fois.
Exercice 10
Entraînement E7 : la cartographie des risques de Kervanet
Entraînement E7
Extrait d’étude de cas (durée conseillée : 1 h 15). Contexte
SISR. Barème indicatif sur 20 : mission 1, 5 points ; mission 2, 9
points ; mission 3, 6 points.
Contexte. Tu es Lucas Ferrandi, alternant en BTS SIO
option SISR chez Vellacor Services Numériques, prestataire d’infogérance
de Kervanet Hôtels & Résidences. Gwenaëlle Le Bihan, directrice
administrative et financière de Kervanet, doit présenter au comité de
direction du 15 novembre 2026 une cartographie des risques informatiques
et un budget de sécurité pour 2027. Julien Maréchal, ton tuteur, te
confie la préparation du dossier.
ADossier documentaire
Document 1 — Kervanet en bref (octobre 2026)
7 établissements sur la côte atlantique (370 chambres ou logements),
siège à La Rochelle ; environ 140 salariés permanents, 210 en saison ;
une 8e résidence ouvrira à La Tranche-sur-Mer au printemps 2027.
Siège : 2 hyperviseurs, contrôleurs de domaine, serveur de fichiers
KV-FIC (940 Go de données), téléphonie IP, serveur de
KerMaint ; sauvegarde chaque nuit vers Vellacor (Niort) par un tunnel
VPN au débit utile de 200 Mbit/s ; copie hors site à Poitiers et copie
hors ligne mensuelle.
Chaque site : pare-feu, VPN IPsec vers le siège, Wi-Fi des clients
isolé avec portail captif ; seul le siège dispose d’un lien Internet de
secours 4G/5G.
Applications : logiciel de gestion hôtelière en ligne (éditeur
externe) ; API de réservation KerResa (disponibilité garantie 99,5 % par
mois) ; KerMaint.
Environ 38 000 fiches clients actives. Vellacor est sous-traitant de
Kervanet pour les données personnelles.
Objectifs de reprise : KV-FIC 8 h ; KerMaint 4 h ; coût
d’une heure de coupure d’un site (réception en mode dégradé) : 150
€.
Document 2 — Extrait du journal des incidents
2026
Date
Incident
Durée ou effet
22/08
Fibre du site de Royan coupée par des travaux de voirie ; routeur
4G/5G de dépannage apporté par Vellacor
193 min d’indisponibilité du VPN de Royan en août
07/10
KerMaint en erreur sur tous les sites : disque saturé par un journal
de débogage resté actif après une mise à jour
1 h 15
10/10
Logiciel hôtelier indisponible aux Sables-d’Olonne : panne chez
l’éditeur
4 h 50
13/10
Courriel imitant l’extranet d’une plateforme de réservation reçu par
26 adresses des réceptions : 3 clics, 1 saisie d’identifiants (Royan) ;
mot de passe réinitialisé et sessions fermées le jour même
(VEL-2026-4396)
aucune connexion frauduleuse trouvée au 16/10
Document 3 — Échelles de Vellacor
Gravité : 1 mineure, 2 significative, 3 grave, 4 critique.
Vraisemblance : 1 peu vraisemblable, 2 vraisemblable, 3 très
vraisemblable, 4 quasi certain. Criticité = gravité × vraisemblance.
Zones : 1 à 3 faible (accepter et surveiller) ; 4 et 6 modéré (réduire
dans l’année) ; 8 et 9 élevé (réduire dans les trois mois) ; 12 et 16
critique (traiter immédiatement, direction informée). À criticité égale,
le risque le plus grave passe en premier.
Document 4 — Risques présélectionnés par Julien
Maréchal
Code
Risque
G
V
R1
Rançongiciel chiffrant les serveurs du siège après un courriel
piégé
4
3
R2
Coupure de la fibre d’un site hors siège
2
3
R3
Piratage du compte d’un réceptionniste après hameçonnage
3
4
R4
Usage illicite du Wi-Fi des clients par un client
2
2
R5
Panne du logiciel hôtelier chez l’éditeur
2
2
Document 5 — Chiffres de la menace
ANSSI, panorama de la cybermenace 2025 (11/03/2026) : 1 366 incidents
traités, 128 compromissions par rançongiciel, 196 exfiltrations (130 en
2024) ; exploitation rapide des vulnérabilités des équipements exposés
sur Internet. Cybermalveillance.gouv.fr, rapport 2025 (mars 2026) :
premières menaces des entreprises et associations : piratage de compte
(21 %), hameçonnage (16 %), fraude au virement (13,5 %).
Document 6 — Cadre juridique (résumé)
RGPD : le responsable du traitement et son sous-traitant prennent
des mesures de sécurité adaptées au risque ; une violation de données
présentant un risque pour les personnes est notifiée à la CNIL, si
possible dans les 72 heures, par le responsable du traitement ; le
sous-traitant prévient le responsable du traitement sans tarder.
Directive NIS 2 (UE 2022/2555) : vise les entités au moins moyennes
(50 salariés ou plus, ou chiffre d’affaires et bilan supérieurs à 10 M€)
de 18 secteurs listés en annexes I et II (dont la gestion des services
TIC interentreprises, mais pas l’hôtellerie). Au 20/10/2026, la loi
française de transposition n’est pas publiée : le projet de loi est en
cours d’examen au Parlement.
Code pénal : l’accès ou le maintien frauduleux dans un système, son
entrave et la modification frauduleuse de ses données sont des
délits.
Document 7 — Mesures chiffrées par Vellacor
Mesure
Coût annuel
Lien 4G/5G de secours dans les 6 sites hors siège (abonnement 35 €
HT par mois et routeur 290 € HT amorti sur 4 ans, par site)
à calculer
Serveur de sauvegarde local KV-PBS au siège
(restauration au débit utile de 800 Mbit/s)
2 100 €
Double authentification sur la messagerie et le logiciel
hôtelier
2 400 €
BTravail à faire
Mission 1 — Les besoins et les incidents (5
points)
1.1 Pour les actifs essentiels « réservations », « documents de
gestion du siège » et « accès des clients au Wi-Fi », propose un niveau
de besoin (1 à 4) en disponibilité, intégrité, confidentialité et
preuve, en justifiant brièvement à partir du dossier.
1.2 Pour chacun des quatre incidents du document 2, indique le
critère atteint et s’il relève de la sécurité ou de la sûreté. Explique
pourquoi l’incident du 13/10 doit malgré tout figurer dans l’analyse,
alors qu’il n’a encore causé aucun dommage connu.
Mission 2 — L’analyse des risques (9 points)
2.1 Rédige le risque R4 sous la forme d’une phrase complète (source,
menace, vulnérabilité, actif, impact) et indique le critère
principalement en jeu.
2.2 Calcule la criticité des cinq risques du document 4, indique leur
zone et classe-les.
2.3 Recense les conséquences d’une réalisation de R1 sur
KV-FIC (disponibilité, confidentialité, preuve) et calcule
la durée de l’arrêt avec la restauration actuelle (4 h d’analyse et de
contrôles avant restauration, puis transfert de 940 Go). Fais le même
calcul avec KV-PBS, et conclus au regard de l’objectif de
reprise.
2.4 Pour R2, on retient une coupure de 8 h par site hors siège et par
an, et 90 % de la perte évitée par un lien de secours. Calcule le coût
annuel de la mesure, la perte annuelle sans et avec la mesure, et le
gain net.
2.5 Propose une option de traitement pour chacun des cinq risques, en
une ligne chacun.
Mission 3 — Le cadre juridique et la note de synthèse (6
points)
3.1 Kervanet et Vellacor sont-elles soumises à la directive NIS 2 en
octobre 2026 ? Raisonne pour chacune, puis indique en quoi la directive
peut quand même concerner Vellacor.
3.2 Si l’attaque R1 s’accompagnait d’une copie des fiches clients,
quelles obligations auraient Kervanet et Vellacor, et quels organismes
publics pourraient-elles solliciter ?
3.3 Rédige, pour Gwenaëlle Le Bihan, une note de 10 à 15 lignes qui
présente les deux risques prioritaires, les mesures recommandées pour
2027 avec leur coût, et le risque résiduel à accepter.
Voir le corrigé détaillé
Corrigé indicatif : les niveaux de besoin et les options de
traitement admettent d’autres réponses justifiées ; les calculs n’en
admettent qu’une.
AMission 1 — Les besoins et les incidents
1.1 (2,5 points)
Actif essentiel
D
I
C
P
Justification (document)
Réservations
4
4
3
3
disponibilité garantie à 99,5 % par mois et réservations jour et
nuit (doc. 1) ; une réservation fausse crée un litige ; données de
clients ; il faut retracer qui a créé ou annulé
Documents de gestion du siège
2
3
3
2
objectif de reprise de 8 h (doc. 1) : interruption d’une journée au
plus ; documents RH et contrats, réservés à certains salariés
Accès des clients au Wi-Fi
2
1
2
3
service de confort, dégradé sans arrêt de l’hôtel ; la preuve compte
pour retrouver l’auteur d’un usage illicite (R4)
1.2 (2,5 points)
Incident
Critère atteint
Périmètre
22/08 fibre de Royan
disponibilité
sûreté (accident de travaux)
07/10 KerMaint disque saturé
disponibilité
sûreté (erreur d’exploitation)
10/10 logiciel hôtelier des Sables
disponibilité
sûreté (panne chez un tiers, l’éditeur)
13/10 courriel imitant une plateforme
confidentialité visée (identifiants), puis potentiellement tous
sécurité (hameçonnage)
L’incident du 13/10 doit figurer dans l’analyse, car il prouve que la
menace est active contre Kervanet : il justifie une
vraisemblance élevée du risque R3, même sans dommage
connu. Une analyse de risques porte sur ce qui peut
arriver, pas seulement sur ce qui est arrivé ; et la tentative a failli
réussir : un identifiant a bien été saisi, seule la réaction rapide a
évité le piratage du compte.
BMission 2 — L’analyse des risques
2.1 (1,5 point) « Un client de
l’hôtel (source) utilise la connexion Wi-Fi mise à sa
disposition pour télécharger des contenus illicites ou attaquer un site
tiers (menace : usage illicite d’un service) ; faute de
journalisation suffisante des connexions du portail
captif et de filtrage (vulnérabilité), les actes sont
rattachés à l’adresse publique de l’hôtel
(actif support : Wi-Fi des clients ; actif essentiel : accès
Internet des clients, réputation de Kervanet) ; Kervanet reçoit
une demande d’identification sans pouvoir désigner l’auteur et voit sa
responsabilité ou son image mise en cause (impact). »
Critère principal : preuve (imputabilité).
2.2 (2 points)
Rang
Code
G
V
Criticité
Zone
1
R1 rançongiciel
4
3
12
critique
2
R3 piratage de compte
3
4
12
critique
3
R2 coupure de fibre
2
3
6
modéré
4
R4 usage illicite du Wi-Fi
2
2
4
modéré
4
R5 panne du logiciel hôtelier
2
2
4
modéré
R1 passe avant R3 à criticité égale, car sa gravité est plus forte
(règle du document 3). R4 et R5 sont à égalité parfaite.
2.3 (2,5 points) Conséquences de R1 sur
KV-FIC :
disponibilité : documents du siège inaccessibles
pendant la restauration ; travail depuis la dernière sauvegarde perdu
;
confidentialité : copie possible des documents RH
et des contrats avant chiffrement (double extorsion), avec obligation de
notification si des données personnelles sont touchées ;
preuve : journaux possiblement effacés, analyse de
l’attaque plus difficile.
Durée avec la restauration actuelle : transfert = 940 ×
109 × 8 ÷ (200 × 106) = 37 600 s = 10,44
h ; arrêt = 4 + 10,44 = 14,44 h > 8 h :
objectif non tenu.
Avec KV-PBS : transfert = 940 × 109 × 8 ÷
(800 × 106) = 9 400 s = 2,61 h ; arrêt = 4 +
2,61 = 6,61 h ≤ 8 h : objectif tenu,
avec 1,39 h de marge.
Conclusion : pour 2 100 € par an, KV-PBS rend l’objectif
de reprise atteignable ; la copie hors site de Niort et la copie hors
ligne restent nécessaires contre un sinistre ou un attaquant qui
atteindrait le serveur local.
La mesure est rentable même avec une hypothèse prudente ; la coupure
de Royan (193 min en août) montre que le risque est réel.
2.5 (1 point)
Risque
Option de traitement
R1
réduire (sauvegarde locale KV-PBS,
sauvegardes hors ligne testées, sensibilisation, droits réduits) et
transférer une partie (assurance cyber)
R3
réduire (double authentification, sensibilisation
des réceptions)
R2
réduire (lien 4G/5G de secours dans chaque
site)
R4
réduire (journalisation des connexions du portail
captif, filtrage)
R5
transférer (convention de niveau de service de
l’éditeur) et accepter le reste avec le mode dégradé
papier
CMission 3 — Le cadre juridique et la note de synthèse
3.1 (2 points)
Kervanet : environ 140 salariés, donc au moins une
entreprise moyenne ; mais l’hôtellerie ne figure pas
dans les 18 secteurs des annexes (doc. 6). Elle n’est pas
concernée en principe.
Vellacor : son activité (infogérance) relève de la
gestion des services TIC interentreprises (annexe I),
mais avec 26 salariés (et 2,48 M€ de chiffre d’affaires) c’est une
petite entreprise : pas concernée en
principe.
En toute hypothèse, en octobre 2026, la loi
française de transposition n’est pas publiée : les
obligations ne s’appliquent pas encore directement.
Effet indirect pour Vellacor : ses clients soumis à
NIS 2 (établissements de santé, collectivités, entreprises de secteurs
critiques) devront maîtriser la sécurité de leur chaîne
d’approvisionnement et lui imposeront des exigences
contractuelles (double authentification, notification des incidents,
audits). Se préparer est un argument commercial.
3.2 (1,5 point) La copie des fiches clients est une
violation de données personnelles.
Vellacor, sous-traitant, prévient Kervanet sans
tarder ; Kervanet, responsable du traitement,
notifie la CNIL, si possible dans les 72
heures, et informe les clients si le risque pour eux est élevé
; elle documente l’incident. Organismes : CNIL
(notification), cybermalveillance.gouv.fr (assistance,
mise en relation avec des prestataires), police ou
gendarmerie (plainte pour atteinte à un système de traitement
automatisé de données) ; l’ANSSI et le
CERT-FR publient alertes et guides (Kervanet n’étant
pas une entité régulée, son interlocuteur d’assistance est d’abord
cybermalveillance.gouv.fr).
3.3 (2,5 points) Exemple de note :
À : Gwenaëlle Le Bihan, directrice administrative et
financière — De : Lucas Ferrandi, Vellacor —
Objet : risques informatiques prioritaires et budget
2027
Notre analyse retient deux risques critiques
(criticité 12 sur 16). Le premier est un rançongiciel
sur les serveurs du siège : aujourd’hui, restaurer le serveur de
fichiers prendrait environ 14 h 30, au-delà de l’objectif de 8 h. Le
second est le piratage du compte d’un réceptionniste
après un courriel piégé : ces courriels visent déjà nos réceptions (13
octobre), et le piratage de compte est la première menace signalée par
les entreprises en 2025 (cybermalveillance.gouv.fr).
Nous recommandons pour 2027 : la double authentification sur la
messagerie et le logiciel hôtelier (2 400 € par an) ; un serveur de
sauvegarde local au siège, qui ramène la reprise à environ 6 h 40 (2 100
€ par an) ; un lien de secours dans les six sites hors siège (2 955 €
par an), qui évite environ 6 480 € de pertes annuelles estimées. Total :
7 455 € par an.
Il restera un risque résiduel : un attaquant déterminé, ou une panne
simultanée de plusieurs liens, reste possible. Nous vous proposons de
l’accepter formellement et d’étudier une assurance cyber. Kervanet n’est
pas soumise à la directive NIS 2, mais le RGPD l’oblige à protéger les
données de ses 38 000 clients par des mesures adaptées : cette analyse
en constitue la justification.
Total des mesures : 2 400 + 2 100 + 2 955 = 7 455 €
par an.
Astuce
Une note à une direction : une idée par paragraphe,
des montants, une décision demandée.
Pas de sigle technique sans explication, pas de détail de
configuration.
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