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B3SISR · chapitre 1 Chapitre offert

Durcir l'infrastructure

Ce que tu sauras faire : Vérifier les éléments qui contribuent à la sûreté d'une infrastructure, choisir un référentiel de sécurité daté, durcir les serveurs Linux, les commutateurs et le Wi-Fi (surface d'attaque, comptes par défaut, SSH, correctifs, journalisation centralisée), auditer la conformité avec un outil, traiter les écarts et intégrer ces exigences dans un projet d'infrastructure.

2 h de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Sauf indication contraire, les exercices se situent chez Vellacor Services Numériques (Niort) et chez son client Kervanet Hôtels & Résidences, à l’automne 2026. Les avis de sécurité, versions de paquets et volumes des exercices 4, 8, 9 et 10 sont des hypothèses d’exercice (numéros fictifs), sauf mention contraire. Rappels : politique de correction de Vellacor — vulnérabilité exploitée sur un équipement exposé à Internet : sous 24 heures ; score CVSS de base de 7,0 et plus sans exploitation connue : 7 jours ; autres : fenêtre de maintenance mensuelle (dernier mardi du mois). Échelle CVSS : 0,1-3,9 faible ; 4,0-6,9 moyenne ; 7,0-8,9 élevée ; 9,0-10 critique.

Exercice 1

Classer des mesures

Application

Lucas a noté pêle-mêle les actions de son plan. Classe chacune dans une catégorie : A sûreté de fonctionnement ; B réduction de la surface d’attaque ; C réglage de configuration ; D correction de vulnérabilité ; E journalisation ; F audit de conformité.

  1. Tester l’autonomie de l’onduleur de la baie du siège.
  2. Désinstaller le serveur web de test oublié sur une machine de développement.
  3. Fixer MaxAuthTries 3 dans la configuration SSH des serveurs.
  4. Appliquer la mise à jour de sécurité de sudo sur KV-KERMAINT.
  5. Envoyer les journaux des pare-feu des sites au collecteur VEL-LOG01.
  6. Lancer lynis audit system sur un serveur et comparer avec l’audit précédent.
  7. Faire écouter sur 127.0.0.1 seulement une base de données qui n’est appelée que par une application de la même machine.
  8. Vérifier que tous les équipements prennent l’heure à la même source.
  9. Supprimer le compte d’usine de l’interface d’administration d’une borne.
  10. Remplir la fiche de conformité d’un commutateur au socle de Vellacor.

Pour finir, indique si chacun des documents suivants est une norme, un guide de bonnes pratiques ou un standard technique : ISO/IEC 27002:2022 ; ANSSI-BP-028 ; RFC 5425 ; CIS Benchmark pour Debian ; WPA3.

Voir le corrigé détaillé

Démarche. Pour chaque action, demande-toi ce qu’elle change : la capacité à fonctionner malgré une panne (sûreté), ce qui est exposé (surface), un réglage (configuration), une faille publiée (correction), la trace (journalisation) ou la preuve de conformité (audit).

N° Action Catégorie Justification
1 test de l’onduleur A sûreté protège d’une coupure de courant, événement non intentionnel
2 désinstaller le serveur de test B surface un service en moins, donc une porte en moins
3 MaxAuthTries 3 C configuration règle un service qu’on garde
4 mise à jour de sudo D correction supprime une vulnérabilité publiée
5 journaux des pare-feu vers VEL-LOG01 E journalisation traces hors de portée d’un attaquant
6 lynis audit system F audit mesure l’écart au référentiel
7 base de données sur 127.0.0.1 B surface le port de la base n’est plus joignable du réseau (c’est le réglage de MariaDB sur KV-KERMAINT)
8 même source de temps A sûreté (et E) des journaux qui se recoupent ; l’heure sert aussi aux certificats
9 compte d’usine supprimé B surface un identifiant connu de tous disparaît
10 fiche de conformité F audit preuve documentée de la conformité
Piège

Les actions 7 et 3 se ressemblent (on touche à la configuration d’un service) mais n’ont pas le même effet : limiter l’écoute supprime l’exposition du service sur le réseau (surface), alors que MaxAuthTries règle un service qui reste exposé. Les deux sont utiles.

Familles de référentiels. ISO/IEC 27002:2022 : norme. ANSSI-BP-028 : guide de bonnes pratiques. RFC 5425 : standard technique (transport de syslog sur TLS). CIS Benchmark : guide de bonnes pratiques. WPA3 : standard technique de la Wi-Fi Alliance.

Exercice 2

Lire une liste de services

Application

Voici la sortie relevée sur la machine du laboratoire LAB-UBU01 (10.20.50.20) avant son durcissement.

$ ss -tulpn
Netid State  Recv-Q Send-Q Local Address:Port Peer Address:PortProcess                          
udp   UNCONN 0      0            0.0.0.0:514       0.0.0.0:*    users:(("rsyslogd",pid=65,fd=6))
tcp   LISTEN 0      128          0.0.0.0:22        0.0.0.0:*    users:(("sshd",pid=63,fd=3))    
tcp   LISTEN 0      5            0.0.0.0:8000      0.0.0.0:*    users:(("python3",pid=71,fd=3)) 
  1. Que signifient les options t, u, l, p et n de la commande ss -tulpn ?
  2. Combien de services écoutent ? Pour chacun, indique le protocole, le port et le programme.
  3. Que veut dire l’adresse 0.0.0.0 ? Pourquoi est-ce un problème ?
  4. La machine n’est pas un collecteur de journaux et personne n’utilise le port 8000. Propose, pour chaque service, la décision (garder, restreindre, arrêter) et la commande Debian correspondante.
  5. Comment vérifier le résultat depuis un autre équipement du réseau ? Quelle précaution prends-tu avant ?
Voir le corrigé détaillé
  1. t : sockets TCP ; u : sockets UDP ; l : seulement celles qui sont en écoute ; p : affiche le processus ; n : adresses et ports en chiffres (pas de résolution de noms).

  2. Trois services écoutent :

Protocole Port Programme Rôle
UDP 514 rsyslogd réception de journaux syslog
TCP 8000 python3 serveur web de test
TCP 22 sshd administration à distance
  1. 0.0.0.0 signifie toutes les adresses IPv4 de la machine : le service répond sur chaque interface, y compris celles qui n’ont pas à le proposer. C’est contraire à la règle de l’ANSSI de réduire la surface des services réseau (R80).

  2. Décisions :

Service Décision Commande (Debian 13)
réception syslog UDP 514 retirer : la machine n’est pas un collecteur supprimer le fichier de /etc/rsyslog.d/ qui charge imudp, puis systemctl restart rsyslog
serveur web 8000 arrêter et supprimer arrêter le processus ; si c’est un service, systemctl disable --now <service> ; supprimer les fichiers de test
SSH 22 garder et restreindre ListenAddress 10.20.50.20 dans /etc/ssh/sshd_config.d/10-durcissement.conf, sshd -t, puis systemctl reload ssh
  1. On lance un balayage de ports depuis une autre machine du réseau, par exemple nmap -n -Pn -sT -sU -p T:1-65535,U:514 10.20.50.20 depuis LAB-LOG01. Précaution : ne balayer que des machines dont on a la charge, dans un périmètre autorisé par écrit (sinon, risque pénal : art. 323-1 C. pén.).
Exercice 3

Deux fichiers SSH qui se contredisent

Application

Sur une machine de maquette (même version d’OpenSSH que LAB-UBU01), le fichier principal /etc/ssh/sshd_config commence par Include /etc/ssh/sshd_config.d/*.conf et contient plus bas PermitRootLogin no. Le dossier sshd_config.d contient deux fichiers :

# 05-installation.conf (déposé par l'outil d'installation de la machine virtuelle)
PasswordAuthentication yes
PermitRootLogin prohibit-password

# 50-durcissement.conf (écrit par Lucas)
PasswordAuthentication no
X11Forwarding no
MaxAuthTries 3
AllowGroups ssh-admins

Lucas vérifie la configuration effective :

$ sshd -t && echo syntaxe OK
syntaxe OK
$ sshd -T | grep -E '^(passwordauthentication|permitrootlogin|x11forwarding|maxauthtries|allowgroups) '
maxauthtries 3
permitrootlogin without-password
passwordauthentication yes
x11forwarding no
allowgroups ssh-admins
  1. Pourquoi sshd -t ne signale-t-il aucune erreur alors que la configuration ne correspond pas au socle ?
  2. Explique pourquoi les mots de passe restent acceptés et pourquoi root peut toujours se connecter (avec une clé).
  3. Propose deux façons de corriger, et dis laquelle tu préfères.
  4. Après correction, quelles valeurs doivent apparaître pour passwordauthentication et permitrootlogin ?
  5. Ajoute au fichier de Lucas trois directives du socle de Vellacor qui manquent, en expliquant l’intérêt de chacune.
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  1. sshd -t contrôle la syntaxe : toutes les directives sont valides. Il ne contrôle pas que la configuration respecte le socle : c’est le rôle de sshd -T (configuration effective) comparé à la règle.

  2. Le fichier principal inclut d’abord sshd_config.d/*.conf, dans l’ordre alphabétique : 05-installation.conf est lu avant 50-durcissement.conf. Or OpenSSH retient la première valeur lue : PasswordAuthentication yes (du fichier 05) l’emporte sur no (fichier 50), et PermitRootLogin prohibit-password (fichier 05) l’emporte sur PermitRootLogin no écrit plus bas dans le fichier principal. prohibit-password (affiché without-password par sshd -T, ancien nom de la même valeur) autorise root avec une clé.

  3. Deux corrections :

    • supprimer (ou vider) 05-installation.conf, déposé par l’outil d’installation ;
    • renommer le fichier de Lucas pour qu’il soit lu en premier (01-durcissement.conf) et y ajouter PermitRootLogin no.

    La première est préférable : deux fichiers contradictoires restent un piège pour le prochain technicien. On peut combiner : supprimer le fichier 05 et nommer le fichier du socle 10-… pour qu’il passe avant ceux que d’autres outils pourraient déposer.

  4. Sur la maquette, après suppression du fichier 05 :

maxauthtries 3
permitrootlogin no
passwordauthentication no
x11forwarding no
allowgroups ssh-admins

passwordauthentication no et permitrootlogin no sont bien attendus.

  1. Directives à ajouter (trois au choix, parmi celles du socle) : ListenAddress <adresse d'administration> (écoute limitée, NT OpenSSH R25) ; AllowTcpForwarding no (le serveur ne sert pas de tunnel, R27) ; LogLevel VERBOSE (journalise l’empreinte de la clé utilisée : imputabilité) ; LoginGraceTime 30 (connexions en attente coupées vite) ; ClientAliveInterval 300 et ClientAliveCountMax 2 (session muette fermée) ; PermitRootLogin no (si le fichier 05 n’est pas supprimé).
Exercice 4

Scores CVSS et délais

Calcul

Le lundi 2 novembre 2026, quatre vulnérabilités concernent l’infrastructure. Les scores de base (CVSS-B) et de base et menace (CVSS-BT) ont été calculés à partir des vecteurs.

Réf. Équipement Vecteur de base CVSS-B Menace CVSS-BT
V1 pare-feu des sites (exposé à Internet) AV:N/AC:L/AT:N/PR:N/UI:N/VC:H/VI:H/VA:H/SC:N/SI:N/SA:N 9,3 E:A (alerte du CERT-FR publiée à 11 h) 9,3
V2 serveur web de KV-KERMAINT (réseau interne) AV:N/AC:L/AT:N/PR:N/UI:N/VC:H/VI:L/VA:N/SC:N/SI:N/SA:N 8,8 E:U 6,7
V3 sudo sur les serveurs Debian AV:L/AC:L/AT:N/PR:L/UI:N/VC:H/VI:H/VA:H/SC:N/SI:N/SA:N 8,5 E:P 7,1
V4 bibliothèque de génération de rapports AV:N/AC:H/AT:P/PR:L/UI:P/VC:L/VI:N/VA:N/SC:N/SI:N/SA:N 2,1 E:U 0,5
  1. Donne la gravité qualitative de chaque score CVSS-B.
  2. Traduis en français le vecteur de V3 : d’où l’attaquant agit-il, de quoi a-t-il besoin, qu’obtient-il ?
  3. Que signifient E:A, E:P et E:U ? Pourquoi le score de V2 baisse-t-il de 8,8 à 6,7 ?
  4. Applique la politique de Vellacor (score de base) : donne la date et, si besoin, l’heure limite de correction de chaque vulnérabilité.
  5. Les corrections ont été faites : V1 le mardi 3/11 à 15 h ; V2 le vendredi 6/11 ; V3 le jeudi 12/11 ; V4 le mardi 24/11. Calcule pour chacune la durée d’exposition depuis le 2/11 et dis si le délai est respecté. Calcule le taux de respect de la politique.
  6. V2 a un score de menace « moyen ». Faut-il pour autant la traiter dans la fenêtre mensuelle ? Argumente.
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1. Gravité qualitative (score de base). V1 9,3 : critique (9,0 à 10). V2 8,8 : élevée (7,0 à 8,9). V3 8,5 : élevée. V4 2,1 : faible (0,1 à 3,9).

2. Vecteur de V3. AV:L : l’attaquant agit localement, depuis la machine ; AC:L et AT:N : pas de protection particulière à contourner ni de condition sur la cible ; PR:L : il lui faut déjà un compte ordinaire ; UI:N : aucune action d’un utilisateur ; VC:H/VI:H/VA:H : il obtient un impact élevé sur la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité de la machine (il devient root) ; SC:N/SI:N/SA:N : pas d’impact direct sur d’autres systèmes.

3. Métrique de menace. E:A : vulnérabilité attaquée (exploitation signalée) ; E:P : preuve de concept publiée ; E:U : aucune exploitation signalée. Le score de V2 baisse de 8,8 à 6,7 parce qu’aucune exploitation n’est connue : la probabilité d’attaque à court terme est plus faible.

4. Dates limites. Politique appliquée au score de base, avec la règle prioritaire de l’exploitation :

Réf. Règle Limite
V1 exploitée + exposée : 24 h mardi 3/11/2026, 11 h (alerte du 2/11 à 11 h)
V2 CVSS-B 8,8 ≥ 7,0 : 7 jours lundi 9/11/2026
V3 CVSS-B 8,5 ≥ 7,0 : 7 jours lundi 9/11/2026
V4 CVSS-B 2,1 : maintenance mensuelle mardi 24/11/2026 (dernier mardi de novembre)

5. Exposition et respect.

Réf. Corrigé Exposition depuis le 2/11 Délai
V1 3/11, 15 h 1 jour et 4 h (28 h) dépassé de 4 h
V2 6/11 4 jours respecté
V3 12/11 10 jours dépassé de 3 jours
V4 24/11 22 jours respecté

Taux de respect = délais respectés ÷ vulnérabilités = 2 ÷ 4 × 100 = 50 %.

Interprétation : les deux dépassements portent sur les cas les plus graves (une faille exploitée sur un équipement exposé ; une élévation de privilèges). Il faut une procédure d’urgence (astreinte, contournement immédiat) et un suivi quotidien des correctifs à 7 jours.

6. V2. Non. La politique s’applique au score de base (8,8, élevé) : l’absence d’exploitation connue aujourd’hui peut changer demain, et le serveur porte une application utilisée sur tous les sites. Le score de menace sert à ordonner les corrections dans le délai, pas à les reporter au mois suivant.

Exercice 5

Trier un rapport Lynis

Analyse

Voici des extraits réels de l’audit de LAB-UBU01 (Lynis 3.1.7, 20/10/2026), avant durcissement :

  Hardening index : 66 [#############       ]
  Warnings (4):
  ! Found one or more vulnerable packages. [PKGS-7392]
  ! Nameserver 10.20.50.53 does not respond [NETW-2704]
  ! Couldn't find 2 responsive nameservers [NETW-2705]
  ! iptables module(s) loaded, but no rules active [FIRE-4512]
  Suggestions (45):
  * Configure maximum password age in /etc/login.defs [AUTH-9286]
  * Default umask in /etc/login.defs could be more strict like 027 [AUTH-9328]
  * To decrease the impact of a full /var file system, place /var on a separate partition [FILE-6310]
  * Disable drivers like USB storage when not used, to prevent unauthorized storage or data theft [USB-1000]
  * Consider hardening SSH configuration [SSH-7408]
    - Details  : X11Forwarding (set YES to NO)
  * Consider hardening SSH configuration [SSH-7408]
    - Details  : Port (set 22 to )
  * Enable logging to an external logging host for archiving purposes and additional protection [LOGG-2154]

Le socle de Vellacor interdit l’expiration périodique des mots de passe des utilisateurs (comptes d’administration par clé) et conserve le port 22 (SSH joignable seulement depuis le réseau d’administration). LAB-UBU01 est une maquette sans serveur DNS joignable.

  1. Explique la différence entre un avertissement et une suggestion, et le rôle de l’identifiant entre crochets.
  2. Classe chaque ligne dans une catégorie : à appliquer ; écart justifié ; propre à la maquette ; à étudier ou à traiter par un autre outil. Justifie en une phrase.
  3. Écris les lignes du fichier /etc/lynis/custom.prf qui déclarent les écarts justifiés.
  4. Après durcissement, l’indice passe de 66 à 80 et les suggestions de 45 à 31. Calcule l’évolution de l’indice en points et en pourcentage, et celle du nombre de suggestions en pourcentage.
  5. Julien propose de « désactiver les tests qui restent pour atteindre 90 ». Réponds-lui.
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1. Un avertissement signale un problème qui demande une action ou une décision rapide ; une suggestion propose une amélioration. L’identifiant (SSH-7408, AUTH-9286…) désigne le test : il permet d’en lire le détail (lynis show details SSH-7408), de suivre l’écart d’un audit à l’autre et de l’exclure par un profil.

2. Classement.

Ligne Catégorie Justification
PKGS-7392 paquets vulnérables (avertissement) à appliquer règle S-04 : mises à jour à faire dans le délai de la politique de correction
NETW-2704, NETW-2705 résolveurs muets (avertissements) propre à la maquette le résolveur de test du laboratoire isolé ne répond pas ; à vérifier sur les serveurs réels
FIRE-4512 pas de règle de pare-feu local (avertissement) à étudier ou autre outil le filtrage relève du pare-feu du site (B3SISR-02) ; un pare-feu local est une décision à inscrire au socle
AUTH-9286 durée de vie maximale des mots de passe écart justifié pas d’expiration périodique (ANSSI, CNIL, B3-05) ; administration par clé
AUTH-9328 masque 027 à appliquer recommandation R36 de l’ANSSI
FILE-6310 /var sur une partition séparée à étudier utile (R28 de l’ANSSI : partitionnement) mais se décide à l’installation : à prévoir dans le modèle de VM
USB-1000 pilote de stockage USB à appliquer (ou à étudier) un serveur virtuel n’a pas besoin de clés USB ; à tester sur le modèle de VM
SSH-7408 X11Forwarding à appliquer NT OpenSSH R28
SSH-7408 Port écart justifié SSH joignable seulement depuis le réseau d’administration (NT OpenSSH R26)
LOGG-2154 hôte de journalisation distant à appliquer règle S-06 : envoi vers le collecteur

3. Profil personnalisé.

# Écarts acceptés (décision J. Maréchal, 20/10/2026)
skip-test=SSH-7408:port
skip-test=AUTH-9286

Chaque ligne est commentée (qui a décidé, pourquoi) et reprise dans le socle comme exception.

4. Calculs.

  • Indice : 80 − 66 = + 14 points ; (80 − 66) ÷ 66 × 100 = + 21,21 %.
  • Suggestions : (31 − 45) ÷ 45 × 100 = − 31,11 %.

5. Réponse à Julien. Désactiver des tests pour faire monter l’indice ne rend pas le serveur plus sûr : on casse l’instrument de mesure. L’indice n’est pas un objectif ; ce qui compte, c’est que chaque écart restant soit corrigé ou accepté par écrit avec une raison. On n’exclut un test que pour un écart décidé et documenté dans le socle.

Exercice 6

Le commutateur de Port-Vendée

Analyse

Le commutateur KV-PVD-SW01 (ligne de commande de type Cisco IOS) a été installé en 2023. Son port 1 va au pare-feu du site, qui est le serveur DHCP ; les ports 2 à 6 servent aux postes et téléphones de la réception ; les ports 7 et 8 sont libres et donnent sur la salle des petits-déjeuners. Extrait de sa configuration :

service password-encryption
enable password 7 <valeur masquée>
ip http server
ip dhcp snooping vlan 10
ip dhcp snooping
!
interface GigabitEthernet1/0/1
 switchport mode trunk
 switchport trunk allowed vlan 10,20,30,40,99
!
interface range GigabitEthernet1/0/2 - 6
 switchport mode access
 switchport access vlan 10
 spanning-tree portfast
!
interface range GigabitEthernet1/0/7 - 8
 switchport access vlan 10
!
line vty 0 15
 transport input telnet ssh
 login
  1. Le lendemain de l’activation de la surveillance DHCP, aucun poste de la réception n’obtient d’adresse. Explique pourquoi et donne la correction.
  2. Relève au moins six autres écarts aux bonnes pratiques du cours (note de l’ANSSI DAT-NT-25 et guides de Cisco), en citant la règle quand c’est possible.
  3. Écris la configuration corrigée des ports 2 à 6 (un poste branché derrière un téléphone IP par prise ; la configuration de référence de Vellacor autorise alors 3 adresses MAC) et des ports 7 et 8.
  4. Avec ta configuration, que se passe-t-il si un client branche un petit commutateur sur la prise de la salle des petits-déjeuners, puis sur une prise de la réception ?
  5. Pourquoi faut-il essayer ces changements en maquette, puis les appliquer en maintenance ?
Voir le corrigé détaillé

1. La surveillance DHCP est active sur le VLAN 10, mais le port 1, qui mène au pare-feu (le vrai serveur DHCP), n’est pas déclaré de confiance. Toutes les réponses DHCP arrivant par ce port sont rejetées : plus aucun poste n’obtient d’adresse. Correction :

interface GigabitEthernet1/0/1
 ip dhcp snooping trust

Comme le pare-feu ne gère pas l’option 82, on ajoute aussi no ip dhcp snooping information option en configuration globale.

2. Autres écarts.

Écart Pourquoi c’est un problème Correction Référence
service password-encryption et enable password 7 le « type 7 » se décode en quelques secondes enable algorithm-type scrypt secret …, comptes nominatifs guide Cisco ; DAT-NT-25 R13, R15
ip http server serveur web d’administration inutile no ip http server (et no ip http secure-server) DAT-NT-25 R6
transport input telnet ssh Telnet fait circuler le mot de passe en clair transport input ssh DAT-NT-25 R4, R8
login sur les lignes virtuelles mot de passe de ligne partagé, pas de compte nominatif login local avec comptes nominatifs, ou annuaire (TACACS+, RADIUS) DAT-NT-25 R13, R19
ports 7 et 8 actifs dans le VLAN 10, en mode non fixé prise libre ouverte sur le réseau de la réception, négociation possible shutdown, VLAN 998 de quarantaine, mode accès DAT-NT-25 R26, R27
ports 2 à 6 sans switchport nonegotiate, sans sécurité de port ni garde BPDU un appareil de trop ou un commutateur pirate passe sécurité de port, garde BPDU guide Cisco
liaison 1 sans VLAN natif dédié ni nonegotiate VLAN natif = VLAN 1 par défaut, négociation DTP active switchport trunk native vlan 999, switchport nonegotiate DAT-NT-25 R26, R28, R29
inspection ARP absente usurpation de la passerelle possible ip arp inspection vlan 10 + ip arp inspection trust sur le port 1 guide Cisco

3. Configuration corrigée.

interface range GigabitEthernet1/0/2 - 6
 switchport mode access
 switchport access vlan 10
 switchport nonegotiate
 switchport port-security
 switchport port-security maximum 3
 switchport port-security violation restrict
 switchport port-security mac-address sticky
 spanning-tree portfast
 spanning-tree bpduguard enable
!
interface range GigabitEthernet1/0/7 - 8
 switchport mode access
 switchport access vlan 998
 shutdown

(spanning-tree bpduguard enable peut être remplacé par spanning-tree portfast bpduguard default en configuration globale.) La limite de 3 adresses, valeur de la configuration de référence de Vellacor (SISR-02), couvre le poste et le téléphone IP chaîné derrière lui (la configuration du VLAN de téléphonie, VLAN 40 chez Kervanet, relève de SISR-02).

4. Salle des petits-déjeuners : les ports 7 et 8 sont éteints, le petit commutateur ne s’allume même pas sur le réseau. Réception : dès que le petit commutateur envoie une BPDU, la garde BPDU met le port en « err-disabled » ; s’il n’envoie pas de BPDU (commutateur non administrable), la sécurité de port limite le nombre d’adresses à 3 et signale les suivantes (restrict : trames ignorées, compteur, message de journal et alerte SNMP).

5. Une erreur sur la surveillance DHCP ou l’inspection ARP coupe tout le site (question 1). On essaie donc la configuration en maquette, puis on l’applique en maintenance, site par site, en gardant l’accès console et une copie de la configuration précédente pour revenir en arrière.

Exercice 7

Le Wi-Fi des hôtels

Analyse

Pour la 8e résidence, l’installateur propose quatre réseaux Wi-Fi diffusés par toutes les bornes :

SSID Sécurité proposée VLAN
« KV-Personnel » WPA2/WPA3 en mode mixte (transition), clé commune à tous les sites 10
« Kervanet-Clients » réseau ouvert + portail captif 30
« Kervanet-Direction » SSID masqué, WPA2-Personnel 10
« Kervanet-Objets » (téléviseurs, sondes) WPA2-Personnel, WPS activé pour faciliter l’appairage 10
  1. Pour chaque réseau, relève les points contraires aux recommandations de l’ANSSI (« Les essentiels : sécurisation des réseaux Wi-Fi », v1.0, août 2026).
  2. Propose un plan corrigé (SSID, mode de sécurité, VLAN, isolement) et justifie chaque choix.
  3. Explique à Gwenaëlle Le Bihan, en cinq lignes, pourquoi un réseau « ouvert avec portail captif » n’est pas chiffré, et ce que change Wi-Fi Enhanced Open.
  4. Quelles règles d’administration des bornes ajoutes-tu au cahier des charges ?
Voir le corrigé détaillé

1. Points contraires aux recommandations.

SSID Points contraires
KV-Personnel mode mixte WPA2/WPA3 à éviter (secrets partagés entre modes) ; clé commune aux sites (un salarié parti la garde, une fuite touche tous les sites) ; pas d’authentification individuelle
Kervanet-Clients réseau non chiffré ; il doit être isolé du reste (VLAN 30 correct) et l’isolement entre clients doit être vérifié
Kervanet-Direction SSID masqué déconseillé (ne protège rien, les terminaux le cherchent partout) ; WPA2-Personnel au lieu d’un mode robuste ; même VLAN que les réceptions
Kervanet-Objets WPS activé (à désactiver systématiquement) ; objets dans le VLAN 10 des postes au lieu d’un réseau dédié

2. Plan corrigé.

SSID Sécurité VLAN Justification
KV-Personnel WPA3-Entreprise, EAP avec certificats (802.1X, B3-05), PMF 10 authentification individuelle, révocable au départ
Kervanet-Clients Wi-Fi Enhanced Open si les bornes le permettent, portail captif, isolement entre clients 30 chiffrement sans mot de passe commun, aucun accès interne
(Direction) supprimé : la direction utilise KV-Personnel — moins de SSID, mêmes règles pour tous
Kervanet-Objets WPA3-Personnel (ou WPA2 si les objets l’imposent, sur un SSID à part), clé propre au site, WPS désactivé VLAN dédié (par exemple 50 du site), flux filtrés les objets ne voient pas les postes

3. Message (exemple). « Le Wi-Fi des clients est un réseau ouvert : le portail captif ne sert qu’à accepter les conditions d’utilisation, il ne chiffre rien. Un autre client présent dans l’hôtel peut donc lire ce qui n’est pas protégé par HTTPS. Wi-Fi Enhanced Open chiffre chaque connexion séparément, sans mot de passe à distribuer, et reste compatible avec notre portail. Nous proposons de l’activer sur les bornes qui le permettent. »

4. Règles d’administration : identifiants d’usine changés ; administration en HTTPS ou SSH seulement, depuis le VLAN 99 ; micrologiciel à jour à la livraison puis selon la politique de correction ; journaux des bornes envoyés au collecteur ; pas de borne personnelle ; nom de SSID qui ne révèle rien de technique.

Exercice 8

Dimensionner la centralisation des journaux

Calcul et analyse

Lucas prépare le passage de tous les équipements sur le collecteur VEL-LOG01. Hypothèses (relevés moyens de l’exercice) : 14 serveurs Debian à 60 Mo de journaux par jour chacun ; 9 pare-feu (7 sites et 2 chez Vellacor) à 250 Mo par jour ; 60 commutateurs, bornes et onduleurs à 3 Mo par jour. Les fichiers sont compressés après rotation avec un rapport de 10 pour 1 ; ils sont conservés 365 jours. On garde une marge de 30 %. Le collecteur dispose de 500 Go libres. On prend 1 Go = 1 000 Mo.

Thomas Guéguen propose la configuration suivante pour les serveurs :

action(type="omfwd" target="10.20.99.26" port="514" protocol="udp")
  1. Calcule le volume brut produit par jour, puis le volume conservé sur un an après compression, puis avec la marge. Le collecteur suffit-il ?
  2. Le site de Royan envoie les journaux de son pare-feu (250 Mo par jour) et de 9 équipements à 3 Mo. Calcule son débit moyen vers Vellacor en kbit/s (1 Mo = 106 octets). Est-ce un problème pour le VPN ?
  3. Relève trois faiblesses de la configuration proposée par Thomas et écris la configuration du cours qui les corrige.
  4. Comment prouves-tu que la centralisation fonctionne (deux essais) ?
  5. Pourquoi conserver 365 jours et pas « tout, pour toujours » ? Pourquoi les administrateurs des serveurs surveillés ne doivent-ils pas avoir de droit d’écriture sur le collecteur ?
Voir le corrigé détaillé

1. Volumes.

Source Calcul Mo par jour
serveurs Debian 14 × 60 840
pare-feu 9 × 250 2 250
commutateurs, bornes, onduleurs 60 × 3 180
Total 3 270 Mo = 3,27 Go
  • Sur un an, brut : 3,27 × 365 = 1 193,55 Go.
  • Compressé (10 pour 1) : 1 193,55 ÷ 10 = 119,36 Go.
  • Avec la marge de 30 % : 119,36 × 1,3 = 155,16 Go.

Interprétation : 155,16 Go < 500 Go ; le collecteur suffit, avec de la place pour d’autres sources. Attention : les fichiers du jour en cours ne sont pas encore compressés ; la marge couvre cet effet.

2. Royan. Volume : 250 + 9 × 3 = 277 Mo par jour. Débit moyen = 277 × 106 × 8 ÷ 86 400 = 25 648 bit/s ≈ 25,65 kbit/s. Négligeable devant un VPN sur fibre ; il faut seulement surveiller les pointes (attaque, erreur en boucle) et la file d’attente du client si le VPN tombe.

3. Faiblesses de la proposition.

  • UDP : pas d’accusé de réception, les messages perdus ne sont pas renvoyés ;
  • en clair : les journaux (comptes, adresses, commandes) sont lisibles sur le chemin ;
  • aucune authentification : n’importe quelle machine peut se faire passer pour le collecteur ou envoyer de faux journaux ;
  • pas de file d’attente : si le collecteur est injoignable, les messages sont perdus.

Configuration corrigée (cours, partie 7) :

action(type="omfwd" target="10.20.99.26" port="6514" protocol="tcp"
       StreamDriver="gtls" StreamDriverMode="1"
       StreamDriverAuthMode="x509/name"
       StreamDriverPermittedPeers="vel-log01.vellacor.example"
       queue.type="LinkedList" queue.size="50000"
       action.resumeRetryCount="-1")

avec, dans global(), l’autorité de certification et le certificat du serveur (le nom autorisé est celui du certificat du collecteur, à adapter).

4. Preuves. Essai positif : logger -t verif-centralisation "test" sur le serveur, puis lecture du message dans le dossier de la machine sur le collecteur, à la bonne heure. Essai négatif : une connexion TLS sans certificat client (ou avec un certificat d’une autre autorité) est refusée par le collecteur.

5. Les journaux contiennent des données personnelles (comptes, adresses IP, heures) : on les garde le temps utile à la sécurité, en général six mois à un an selon la CNIL (B3-07), et la charte de Kervanet annonce un an. Les administrateurs des serveurs surveillés n’ont pas de droit d’écriture sur le collecteur pour respecter la séparation des tâches : un administrateur malveillant, ou un attaquant qui a volé son compte, ne peut pas effacer les traces de ses actions.

Exercice 9

Un correctif de sudo

Calcul et analyse

Le mercredi 4 novembre 2026, le bulletin de sécurité de Debian (numéro fictif) annonce une faille de sudo permettant à un utilisateur local d’obtenir les droits de root (CVSS-B 8,5 ; preuve de concept publiée). La version corrigée pour Debian 13 est 1.9.16p2-3+deb13u1 (numéros fictifs). Inventaire des serveurs ce jour-là (dpkg -s sudo) :

Serveur Version installée Rôle
VEL-GLPI 1.9.16p2-3 gestion de parc
VEL-LOG01 1.9.16p2-3+deb13u1 collecteur de journaux
VEL-SFTP 1.9.16p2-3+deb13u2 échange de fichiers
VEL-WEBKV 1.9.16p2-3 site de Kervanet
KV-KERMAINT 1.9.16p2-3 KerMaint
KV-TEL 1.9.16p2-3+deb13u1 téléphonie
KV-RECETTE 1.9.16p2-1 recette de KerMaint
  1. Quels serveurs sont vulnérables ? Explique ta comparaison des versions (+deb13u1, +deb13u2, -1).
  2. Un collègue affirme : « La version de sudo est 1.9.16p2 partout, donc tout est vulnérable. » Corrige-le.
  3. Quelle est la date limite de correction selon la politique de Vellacor ?
  4. Les serveurs vulnérables ont été corrigés : VEL-GLPI et VEL-WEBKV le 5/11, KV-RECETTE le 10/11, KV-KERMAINT le 13/11 (attente de la recette de KerMaint). Calcule les durées d’exposition et indique les éventuels dépassements.
  5. Faut-il redémarrer un service ou la machine après cette mise à jour ? Comment le vérifier ?
  6. Pour KV-KERMAINT, quelle mesure aurait permis de respecter le délai tout en protégeant la recette ?
Voir le corrigé détaillé

1. Comparaison. On compare la version complète du paquet à 1.9.16p2-3+deb13u1. Le suffixe +deb13u1 désigne la première mise à jour de Debian 13 ; +deb13u2, la deuxième, plus récente ; -1 est une révision plus ancienne que -3. (Sur un serveur, dpkg --compare-versions <installée> lt <corrigée> fait la comparaison sans erreur.)

Serveur Version Résultat
VEL-GLPI 1.9.16p2-3 vulnérable (plus ancienne)
VEL-LOG01 1.9.16p2-3+deb13u1 corrigé (identique)
VEL-SFTP 1.9.16p2-3+deb13u2 corrigé (plus récente)
VEL-WEBKV 1.9.16p2-3 vulnérable
KV-KERMAINT 1.9.16p2-3 vulnérable
KV-TEL 1.9.16p2-3+deb13u1 corrigé
KV-RECETTE 1.9.16p2-1 vulnérable

4 serveurs vulnérables sur 7.

2. Le numéro 1.9.16p2 est celui du logiciel d’origine. Debian rétroporte les correctifs sans changer ce numéro : seule la partie après le tiret (révision Debian, suffixe +deb13uN) montre si le correctif est présent. Trois serveurs sont déjà corrigés.

3. CVSS-B 8,5 (≥ 7,0), preuve de concept mais pas d’exploitation signalée et faille locale : délai de 7 jours. Limite : 4/11 + 7 jours = mercredi 11 novembre 2026 (jour férié, mais la limite reste la même : la correction se planifie avant).

4. Expositions.

Serveur Corrigé Exposition Délai
VEL-GLPI 5/11 1 jour respecté
VEL-WEBKV 5/11 1 jour respecté
KV-RECETTE 10/11 6 jours respecté
KV-KERMAINT 13/11 9 jours dépassé de 2 jours

5. sudo n’est pas un service qui tourne en permanence : chaque commande sudo lance le nouveau programme, aucun redémarrage n’est nécessaire. On le vérifie avec needrestart -r l, qui liste les services utilisant encore une ancienne bibliothèque, et en contrôlant la version installée (dpkg -s sudo). Seule une mise à jour du noyau impose un redémarrage de la machine.

6. Mettre à jour sudo d’abord sur KV-RECETTE (fait le 10/11), vérifier en quelques minutes que KerMaint n’est pas touché (un correctif de sudo ne modifie ni PHP ni Apache), puis appliquer sur KV-KERMAINT dans le délai, après un instantané de la machine virtuelle pour pouvoir revenir en arrière. Attendre la recette complète d’une évolution de KerMaint n’est pas justifié pour ce paquet ; si un report est nécessaire, il se décide par écrit, avec une date.

Exercice 10

Entraînement E7 : durcir le site de Royan

Entraînement E7

Format de l’épreuve E7 (étude de cas écrite de 4 h, à partir d’un dossier documentaire). Cet extrait correspond à environ 1 h 15 de travail. Barème indicatif sur 40 points. Tu es Lucas Ferrandi, alternant SISR chez Vellacor. Situation fictive d’étude de cas : les avis, versions, horaires et constats sont des hypothèses d’exercice.

Document 1 — Contexte

Kervanet exploite 7 établissements reliés au siège par des VPN IPsec ; Vellacor assure l’infogérance (contrat du 1/03/2022, disponibilité garantie de 99,5 % pour les VPN). L’assureur de Kervanet demande, avant le renouvellement de la garantie cyber : (a) si l’infrastructure est configurée selon un référentiel ; (b) si les journaux sont conservés hors des machines ; (c) en combien de temps une faille critique est corrigée. Julien Maréchal te demande l’audit du site pilote de Royan (Kervanet Phare de Royan, réseaux 10.44.x.0/24), puis des propositions pour le comité de direction et pour le projet de la 8e résidence (TRA).

Document 2 — Extrait du socle de Vellacor (v1.0 du 20/10/2026)

N° Règle
R-01 Aucun compte d’usine actif ; comptes d’administration nominatifs
R-02 Administration en SSH v2 ou HTTPS, seulement depuis le VLAN 99
R-03 Ports libres des commutateurs éteints, dans le VLAN 998 de quarantaine ; VLAN 1 jamais utilisé ; VLAN natif 999
R-04 Surveillance DHCP et inspection ARP sur les VLAN 10, 20, 30, 40 ; garde BPDU sur les ports d’accès
R-05 Wi-Fi du personnel en WPA3-Entreprise, ou à défaut clé propre au site changée chaque année ; WPS désactivé
R-06 Journaux de tous les équipements envoyés à VEL-LOG01 en TLS ; heure synchronisée
R-07 Correctifs selon la politique : exploitée et exposée sous 24 h ; CVSS-B ≥ 7,0 sous 7 jours ; autres, maintenance mensuelle
R-08 Onduleur testé chaque année ; configurations des équipements sauvegardées chaque semaine

Document 3 — Constats de la visite du 9 novembre 2026 à Royan

N° Constat
C1 Commutateur KV-ROY-SW01 : 9 ports libres (Gi1/0/19 à 24, Gi1/1/2 à 4) actifs, dans le VLAN 10
C2 KV-ROY-SW01 : interface web d’administration active en HTTP, joignable depuis le VLAN 10
C3 Pare-feu KV-ROY-FW01 : journaux conservés localement 7 jours seulement
C4 Onduleur de la baie : compte d’usine actif ; dernier test de batterie inconnu
C5 Wi-Fi du personnel KV-Personnel : WPA2/WPA3 Personnel en mode de transition, clé identique sur les 7 sites depuis 2023 ; WPS désactivé
C6 6 bornes KV-ROY-AP01 à AP06 en micrologiciel 7.4
C7 Dernière sauvegarde de la configuration de KV-ROY-SW01 : mars 2026
C8 Toutes les machines du site sont synchronisées sur le pare-feu du site
C9 Surveillance DHCP active sur le VLAN 10 seulement ; pas d’inspection ARP ; garde BPDU active
C10 Comptes d’administration du commutateur : un compte partagé admin
C11 Le pare-feu est à jour au 9 novembre
C12 Les postes de réception obtiennent leur adresse du pare-feu (DHCP)

Document 4 — Avis et alertes reçus

  • Lundi 9 novembre 2026 : avis de l’éditeur des bornes (fictif) : faille du micrologiciel 7.4, corrigée en 7.5 ; attaque possible par un appareil connecté au même réseau Wi-Fi, sans authentification, prise de contrôle de la borne et rebond vers le réseau ; vecteur CVSS:4.0/AV:A/AC:L/AT:N/PR:N/UI:N/VC:H/VI:H/VA:H/SC:H/SI:H/SA:H, score de base 9,4 ; aucune exploitation connue.
  • Mardi 10 novembre 2026, 16 h : alerte du CERT-FR (fictive) : faille des pare-feu du modèle utilisé par Kervanet, activement exploitée, interface VPN exposée à Internet ; score de base 9,3. Thomas Guéguen a corrigé les 7 pare-feu dans la nuit, le dernier à 1 h 30 le 11 novembre.

Document 5 — Extrait de la configuration de KV-ROY-SW01

ip http server
ip dhcp snooping vlan 10
ip dhcp snooping
spanning-tree portfast bpduguard default
interface GigabitEthernet1/1/1
 description vers KV-ROY-FW01
 switchport mode trunk
 ip dhcp snooping trust
interface range GigabitEthernet1/0/19 - 24 , GigabitEthernet1/1/2 - 4
 switchport access vlan 10
line vty 0 15
 transport input ssh
username admin privilege 15 password 7 <valeur masquée>

Document 6 — Hypothèses de volume

Pare-feu de Royan : 250 Mo de journaux par jour ; 9 autres équipements du site : 3 Mo par jour chacun ; compression 10 pour 1 ; conservation 365 jours ; 1 Go = 1 000 Mo.

Document 7 — Repères juridiques (résumés, à jour au 20/10/2026)

  • RGPD, art. 32 : le responsable du traitement et le sous-traitant mettent en œuvre des mesures de sécurité adaptées au risque et testent régulièrement leur efficacité.
  • Code pénal, art. 323-1 : accéder ou se maintenir frauduleusement dans un système de traitement automatisé de données est un délit.

Travail à faire

Mission 1 — Vérifier la conformité (10 points)

1.1 Pour chaque constat C1 à C12, indique s’il est conforme, partiellement conforme ou non conforme au socle (règle concernée), et s’il relève de la sûreté, de la sécurité ou des deux.

1.2 Calcule le taux de conformité du site (constats conformes ÷ constats examinés).

1.3 Classe les écarts en trois niveaux de priorité, en justifiant les deux premiers.

Mission 2 — Corriger le commutateur (10 points)

2.1 À partir du document 5, écris les commandes qui corrigent C1, C2, C9 et C10 (type Cisco IOS).

2.2 Explique ce qui se serait passé si la ligne ip dhcp snooping trust avait manqué sur le port Gi1/1/1, et comment tu aurais vérifié la configuration avant de la déployer.

Mission 3 — Traiter les vulnérabilités (10 points)

3.1 Explique le vecteur de la faille des bornes et donne sa gravité. Pourquoi AV:A n’est-il pas rassurant pour des bornes d’hôtel ?

3.2 Donne la date limite de correction des bornes, et la date et l’heure limites pour les pare-feu. Le délai des pare-feu a-t-il été tenu ?

3.3 Le correctif des bornes ne sera disponible que le 20 novembre. Propose une conduite à tenir conforme à la politique.

Mission 4 — Centraliser les journaux (5 points)

4.1 Calcule le volume à conserver pour Royan sur un an (compressé).

4.2 Justifie l’envoi en TLS plutôt qu’en UDP, et indique comment tu prouveras que les journaux de Royan arrivent bien.

Mission 5 — Rendre compte (5 points)

5.1 Rédige pour Gwenaëlle Le Bihan une réponse de dix lignes au plus aux trois questions de l’assureur (document 1), honnête sur ce qui reste à faire.

5.2 Propose trois exigences de sécurité à inscrire dans le cahier des charges de la 8e résidence, chacune avec son test de recette.

Voir le corrigé détaillé

AMission 1 — Vérifier la conformité

1.1

Constat Conformité Règle Sûreté ou sécurité
C1 9 ports libres actifs dans le VLAN 10 non conforme R-03 sécurité
C2 HTTP joignable depuis le VLAN 10 non conforme R-02 sécurité
C3 journaux du pare-feu gardés localement 7 jours non conforme R-06 les deux (traçabilité, perte en cas de panne)
C4 onduleur : compte d’usine, test inconnu non conforme R-01, R-08 les deux
C5 Wi-Fi en mode de transition WPA2/WPA3 Personnel, clé commune ; WPS désactivé partiellement conforme (WPS) ; la clé commune et le mode de transition ne respectent pas R-05 R-05 sécurité
C6 bornes en 7.4 conforme au 9/11 au matin (dernière version), à suivre (mission 3) R-07 sécurité
C7 configuration du commutateur sauvegardée en mars non conforme R-08 sûreté
C8 heure synchronisée conforme R-06 les deux
C9 surveillance DHCP sur le seul VLAN 10, pas d’inspection ARP partiellement conforme R-04 sécurité
C10 compte partagé admin non conforme R-01 sécurité
C11 pare-feu à jour conforme R-07 sécurité
C12 DHCP fourni par le pare-feu conforme (fonctionnement attendu, le port Gi1/1/1 est de confiance) R-04 —

1.2 Conformes : C6, C8, C11, C12 = 4 ; partiels : C5, C9 = 2 ; non conformes : C1, C2, C3, C4, C7, C10 = 6. Taux de conformité = 4 ÷ 12 × 100 = 33,33 %. Si l’on compte chaque constat partiel pour moitié : (4 + 2 × 0,5) ÷ 12 × 100 = 41,67 %. Les deux sont défendables : on annonce la méthode utilisée.

1.3 Priorités.

Priorité Écarts Justification
1 (immédiat) C2, C10, C4 (compte d’usine), C1 accès direct à l’administration ou au réseau depuis une prise ou un poste de réception ; identifiants connus
2 (sous un mois) C3, C9, C5 traçabilité et attaques internes ; changement de la clé Wi-Fi à organiser
3 (planifié) C7, C4 (test de batterie) sûreté, à intégrer à la maintenance

BMission 2 — Corriger le commutateur

2.1

! C2 : pas de serveur web d'administration
no ip http server
no ip http secure-server
! C9 : surveillance DHCP et inspection ARP sur les quatre VLAN
no ip dhcp snooping information option
ip dhcp snooping vlan 10,20,30,40
ip arp inspection vlan 10,20,30,40
interface GigabitEthernet1/1/1
 ip arp inspection trust
! C1 : ports libres éteints et isolés
interface range GigabitEthernet1/0/19 - 24 , GigabitEthernet1/1/2 - 4
 switchport mode access
 switchport access vlan 998
 shutdown
! C10 : comptes nominatifs, plus de compte partagé ni de type 7
username lferrandi algorithm-type scrypt secret <secret>
username tgueguen algorithm-type scrypt secret <secret>
no username admin
line vty 0 15
 login local
 transport input ssh

En pratique, on crée les comptes nominatifs avant de supprimer admin, depuis une session console, et l’on garde un compte local de secours sous enveloppe (DAT-NT-25, R18). L’accès à l’administration depuis le VLAN 99 seulement est imposé par le filtrage du pare-feu (B3SISR-02).

2.2 Sans ip dhcp snooping trust sur le port Gi1/1/1, le commutateur aurait rejeté toutes les réponses du pare-feu : plus aucun poste n’aurait obtenu d’adresse (C12), les réceptions auraient été coupées. Vérification avant déploiement : configuration essayée sur la maquette du laboratoire, puis contrôle show ip dhcp snooping (VLAN surveillés, port Gi1/1/1 « trusted ») et show ip dhcp snooping binding (des baux apparaissent), avec un poste de test qui renouvelle son adresse ; application en maintenance avec accès console.

CMission 3 — Traiter les vulnérabilités

3.1 AV:A : attaque depuis le réseau adjacent (ici, le même réseau Wi-Fi) ; AC:L/AT:N : simple ; PR:N/UI:N : sans compte ni action d’un utilisateur ; VC/VI/VA:H : prise de contrôle de la borne ; SC/SI/SA:H : impact élevé sur d’autres systèmes par rebond. Score 9,4 : critique. Dans un hôtel, le réseau adjacent, c’est le Wi-Fi des clients, ouvert à toute personne présente : n’importe quel client peut être l’attaquant.

3.2 Bornes : pas d’exploitation connue, CVSS-B ≥ 7,0 → 7 jours : lundi 16 novembre 2026. Pare-feu : exploitée et exposée → 24 h après l’alerte : mercredi 11 novembre 2026 à 16 h. Dernier pare-feu corrigé le 11/11 à 1 h 30, soit 9 h 30 après l’alerte : délai tenu.

3.3 Le correctif arrive le 20/11, après la limite du 16/11. Conduite : appliquer dès le 9/11 une mesure de contournement (par exemple, si l’éditeur l’indique, couper la fonction vulnérable, renforcer l’isolement entre clients et interdire l’accès aux interfaces des bornes depuis le VLAN 30), documenter l’écart (ticket, décision écrite de Julien Maréchal, information de Kervanet), surveiller les journaux des bornes, puis installer la 7.5 dès sa sortie, en maintenance, avec test d’une borne pilote.

DMission 4 — Centraliser les journaux

4.1 Royan : 250 + 9 × 3 = 277 Mo par jour ; sur un an compressé : 277 × 365 ÷ 10 = 10 110,5 Mo ≈ 10,11 Go.

4.2 TLS (TCP 6514) plutôt qu’UDP 514 : livraison avec accusé de réception et file d’attente si le VPN tombe ; confidentialité des journaux sur le chemin ; authentification mutuelle par certificats (pas de faux collecteur, pas de faux émetteur). Preuve : message de test envoyé depuis le pare-feu et le commutateur de Royan, retrouvé sur VEL-LOG01 dans le dossier de chaque équipement, à la bonne heure ; essai négatif d’une connexion sans certificat, refusée.

EMission 5 — Rendre compte

5.1 Réponse (exemple).

Madame, voici l’état au 11/11/2026. (a) Vellacor a adopté le 20/10/2026 un socle de configuration tiré des guides de l’ANSSI (GNU/Linux, commutateurs, Wi-Fi) ; l’audit du site pilote de Royan montre encore 6 écarts non conformes sur 12 points contrôlés, en cours de correction par ordre de priorité. (b) Les journaux des serveurs sont déjà copiés chez Vellacor ; ceux des pare-feu et des équipements réseau le seront, de façon chiffrée, d’ici fin décembre, pour une conservation d’un an. (c) Notre politique écrite impose 24 h pour une faille exploitée sur un équipement exposé et 7 jours pour une faille critique ou élevée ; en novembre, l’alerte sur les pare-feu a été traitée en 9 h 30. Nous vous transmettrons le tableau de suivi chaque mois.

5.2 Exigences pour la 8e résidence (trois au choix).

Exigence Test de recette
Aucun compte d’usine actif sur les équipements connexion avec l’identifiant d’usine refusée
Administration seulement depuis le VLAN 99, en SSH ou HTTPS essai depuis un poste du VLAN 10 refusé, depuis le VLAN 99 accepté
Ports libres éteints dans le VLAN 998 une prise libre ne donne aucun lien
Surveillance DHCP, inspection ARP, garde BPDU un faux serveur DHCP de maquette ne distribue aucun bail
Journaux reçus sur VEL-LOG01 en TLS message de test de chaque équipement retrouvé
Piège

À l’épreuve, ne promets pas « 100 % conforme » ni « aucun risque » : le correcteur attend un état chiffré et honnête, des priorités justifiées et des actions datées, en restant dans ton rôle (tu proposes, la direction décide).

Prêt pour le quiz ?

10 questions pour vérifier que tout est acquis.

Faire le quiz