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U6 · chapitre 1 Chapitre offert

Prévenir le risque électrique

Ce que tu sauras faire : Expliquer comment le courant agit sur le corps, reconnaître un contact direct, un contact indirect, un court-circuit et un arc, évaluer et classer les risques électriques d'un chantier, choisir les mesures de prévention dans l'ordre de priorité, et savoir quoi faire en cas d'accident.

2 h 30 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Les exercices se situent chez Calvérac Électricité (Le Mans) et chez ses clients Papeteries Ternevault (Sablé-sur-Sarthe) et Quervany Immobilier (Le Mans), en 2026-2027. Toutes les opérations sur les installations et toutes les mesures citées sont faites par des personnes habilitées par leur employeur ; tu analyses des documents, des situations et des relevés fournis. Grille de cotation de Calvérac : gravité G et fréquence F de 1 à 4 ; criticité C = G × F ; faible de 1 à 3, à traiter de 4 à 6, prioritaire de 8 à 16. Seuils d’effets du courant et tensions limites : ceux du cours.

Exercice 1

Les mots du risque électrique

Application

Associe chaque terme (1 à 8) à sa définition (A à H).

Terme Définition
1. Électrisation A. Partie conductrice accessible d’un matériel, sans tension en temps normal
2. Électrocution B. Contact avec une masse mise sous tension par un défaut d’isolement
3. Partie active C. Passage d’un courant électrique dans le corps humain
4. Masse D. Liaison accidentelle entre deux pièces conductrices à des potentiels différents
5. Contact direct E. Électrisation qui entraîne la mort
6. Contact indirect F. Conducteur ou pièce destiné à être sous tension en fonctionnement normal
7. Court-circuit G. Procédure qui empêche le maintien ou le retour de la tension sur une partie d’installation
8. Consignation H. Contact avec une partie active sous tension
Voir le corrigé détaillé

1 → C ; 2 → E ; 3 → F ; 4 → A ; 5 → H ; 6 → B ; 7 → D ; 8 → G.

Piège

Partie active et masse se confondent souvent. La partie active est faite pour être sous tension (un conducteur de phase). La masse ne l’est jamais en temps normal : elle ne le devient qu’à cause d’un défaut. D’où les deux types de contact : direct (partie active) et indirect (masse en défaut).

Exercice 2

Classer les tensions de Ternevault

Application

Inès prépare la page « Domaines de tension » du dossier de prévention du site de Sablé-sur-Sarthe à partir du synoptique ci-dessous.

Synoptique simplifié de l'usine Ternevault
A réseau du distributeur 20 kV ~ transformateur 20 kV / 410 V B TGBT : jeu de barres 400 V ~ C moteur de l'onduleuse 400 V ~ D éclairage de l'atelier 230 V ~ alimentation 230 V ~ / 24 V = E automate de la ligne 3 24 V = F bornes de recharge 400 V ~ onduleur PV G chaînes PV jusqu'à 780 V = H chariot élévateur 48 V = (batterie) Synoptique simplifié du site de Sablé-sur-Sarthe ; ~ : alternatif ; = : continu.
Les lettres A à H repèrent les parties de l'installation à classer. ~ : courant alternatif ; = : courant continu.
  1. Pour chaque repère de A à H, indique le domaine de tension (TBT, BT, HTA ou HTB) et justifie par la limite du Code du travail utilisée.

  2. Un collègue écrit : « E et H sont en TBT, donc on peut y travailler sans aucune précaution. » Corrige cette phrase.

  3. Le fournisseur d’une future installation annonce une tension continue de 1 600 V. Dans quel domaine serait-elle ? Pourquoi est-ce une information importante pour la préparation du chantier ?

Voir le corrigé détaillé

a) On compare la tension à la limite du domaine, en regardant d’abord si le courant est alternatif ou continu.

Repère Tension Type Domaine Justification
A 20 kV = 20 000 V alternatif HTA 1 000 V < 20 000 V ≤ 50 000 V
B 400 V alternatif BT 50 V < 400 V ≤ 1 000 V
C 400 V alternatif BT même raisonnement que B
D 230 V alternatif BT 50 V < 230 V ≤ 1 000 V
E 24 V continu TBT 24 V ≤ 120 V
F 400 V alternatif BT 50 V < 400 V ≤ 1 000 V
G jusqu’à 780 V continu BT 120 V < 780 V ≤ 1 500 V
H 48 V continu TBT 48 V ≤ 120 V

Le transformateur relie un circuit HTA (côté 20 kV) et un circuit BT (côté 410 V). Comme une installation est classée d’après la plus grande tension qui y existe (art. R. 4226-2), le poste de transformation est une installation du domaine HTA.

b) Correction : « E et H sont en TBT : le risque de choc électrique y est réduit, mais pas supprimé. Une batterie de chariot de 48 V peut débiter un courant de court-circuit très élevé et provoquer un arc et des brûlures. Et l’alimentation de l’armoire E est elle-même alimentée en 230 V : en amont, on est en BT. Les opérations restent réalisées par des personnes habilitées, selon l’évaluation des risques. »

c) 1 600 V en continu dépasse la limite de 1 500 V de la BT : c’est le domaine HTA. L’information est importante, car le domaine de tension détermine les habilitations nécessaires (voir U6-02), les distances à respecter, les équipements de protection et les procédures. Une équipe habilitée seulement en basse tension ne pourrait pas intervenir.

Piège

Ne retiens pas une seule limite « 1 000 V » pour toute la basse tension : elle vaut pour l’alternatif. En continu, la BT va jusqu’à 1 500 V. Les installations photovoltaïques, en continu, se classent avec la colonne « continu ».

Exercice 3

Direct ou indirect ?

Analyse

Pour chaque situation, indique s’il s’agit d’un contact direct, d’un contact indirect ou d’un autre danger électrique (court-circuit, arc), puis cite une protection collective qui aurait évité ou limité l’accident.

  1. Chez Ternevault, la carcasse métallique d’une pompe de colle est sous tension à cause d’un bobinage abîmé ; un opérateur la touche en la nettoyant.

  2. Sur le chantier de Quervany, un plaquiste coupe un câble encastré dans une cloison et touche le conducteur de phase dénudé.

  3. Dans l’atelier de Calvérac, une rallonge à la gaine fendue laisse voir un conducteur ; un électricien la saisit à cet endroit.

  4. Lors d’un essai, un technicien laisse tomber un tournevis non isolé entre deux barres d’un tableau ; un éclair se produit.

  5. La porte métallique d’une armoire n’est pas reliée au conducteur de protection ; un conducteur desserré vient toucher la porte.

  6. Un opérateur ouvre un coffret de prise dont le couvercle manque et pose les doigts sur les bornes.

Voir le corrigé détaillé
Type Raisonnement Une protection collective
a) contact indirect la carcasse est une masse, mise sous tension par un défaut d’isolement masse reliée au conducteur de protection et coupure automatique par un DDR
b) contact direct le conducteur de phase est une partie active repérage des câbles encastrés et mise hors tension des circuits de la zone avant les travaux de cloisons
c) contact direct le conducteur visible est une partie active retrait de la rallonge abîmée ; contrôle des rallonges ; prises de chantier protégées par DDR 30 mA (protection complémentaire)
d) court-circuit et arc l’outil relie deux barres à des potentiels différents travail hors tension après consignation ; à défaut, écrans isolants posés par du personnel habilité
e) contact indirect (en cas de contact avec la porte) la porte est une masse ; le conducteur desserré crée un défaut d’isolement liaison de la porte au conducteur de protection et DDR
f) contact direct les bornes sont des parties actives enveloppe complète (couvercle remis), ouverture seulement avec un outil
Astuce

Pose-toi une question : « La pièce touchée est-elle faite pour être sous tension ? » Oui : contact direct. Non, elle l’est à cause d’un défaut : contact indirect.

Exercice 4

Le courant et ses effets

Calcul

On s’appuie sur la loi d’Ohm (I = U ÷ R) et sur les seuils du cours (courant alternatif).

  1. Une personne touche une partie active à 230 V et le sol. Calcule la résistance du trajet dans le corps au-dessous de laquelle le courant dépasse 10 mA, puis 25 mA.

  2. Refais le calcul du seuil de 25 mA pour une tension de contact de 50 V, puis de 24 V. Que montrent ces résultats sur l’intérêt de la très basse tension ?

  3. Pour 400 V et 25 mA, calcule la résistance limite. Compare avec le résultat de 230 V.

  4. Une victime est restée « collée » à une pièce sous tension, sans pouvoir respirer. Les témoins ont mis quatre minutes à faire couper le courant. Quel effet du tableau du cours explique qu’elle ne pouvait pas lâcher ? Pourquoi le délai de quatre minutes est-il particulièrement grave ?

  5. Cite trois facteurs, autres que la tension, qui peuvent rendre le courant plus fort ou plus dangereux pour cette victime.

Voir le corrigé détaillé

D’après la loi d’Ohm, le courant atteint un seuil I quand la résistance vaut R = U ÷ I. Si la résistance est plus faible, le courant est plus fort.

a) U = 230 V.

  • Seuil 10 mA = 0,010 A : R = 230 V ÷ 0,010 A = 23 000 Ω.
  • Seuil 25 mA = 0,025 A : R = 230 V ÷ 0,025 A = 9 200 Ω.

Si la résistance du trajet est inférieure à 23 000 Ω, la victime ne peut plus lâcher ; au-dessous de 9 200 Ω, ses muscles respiratoires peuvent être tétanisés.

b) Seuil de 25 mA :

  • sous 50 V : R = 50 V ÷ 0,025 A = 2 000 Ω ;
  • sous 24 V : R = 24 V ÷ 0,025 A = 960 Ω.

Plus la tension est basse, plus il faut une résistance faible pour atteindre le seuil dangereux. Sous 24 V, il faudrait une résistance de trajet inférieure à 960 Ω, soit près de dix fois moins qu’en 230 V (230 ÷ 24 ≈ 9,6). C’est tout l’intérêt de la très basse tension : on rend le seuil beaucoup plus difficile à atteindre.

c) U = 400 V, I = 0,025 A : R = 400 V ÷ 0,025 A = 16 000 Ω. La résistance limite est plus élevée qu’en 230 V (9 200 Ω) : le seuil est atteint plus facilement. Un contact entre deux phases (400 V) est plus dangereux qu’un contact entre une phase et la terre (230 V).

d) La victime ne pouvait pas lâcher à cause de la contracture (dès 10 mA) ; elle ne pouvait pas respirer à cause de la tétanisation des muscles respiratoires (dès 25 mA). L’INRS indique une asphyxie au-delà de 3 minutes : 4 minutes, c’est au-delà de ce délai. D’où l’importance de repérer l’arrêt d’urgence à l’avance et de faire couper immédiatement.

e) Trois facteurs parmi : la durée du passage ; le trajet (main-pieds ou main-main, passant par le thorax) ; la surface de contact (main entière) ; l’état de la peau (mouillée, en sueur) ; le type de sol (mouillé, métallique).

Piège

Ces calculs ne donnent pas « la résistance du corps » : elle varie beaucoup d’une personne et d’une situation à l’autre. Ils montrent seulement à partir de quand un seuil est dépassé. On ne compte jamais sur la résistance du corps pour se protéger.

Exercice 5

Un défaut dans l’atelier

Calcul et analyse

L’atelier de câblage de Calvérac est alimenté en schéma TT. Le technicien habilité d’Alvesque Contrôle a relevé les prises de terre ci-dessous. On étudie un défaut franc entre la phase et la masse d’un touret motorisé de classe I. On néglige la résistance des câbles. Tension limite : UL = 50 V (local sec).

Le circuit du touret de l'atelier
U0 = 230 V ~ ~ RB = 5 Ω Q2 : disjoncteur 16 A différentiel de sensibilité IΔn à choisir N L touret motorisé (classe I) M défaut franc RA = 35 Ω PE sol de l'atelier Valeurs relevées le lundi 5/10/2026 par le technicien habilité d'Alvesque Contrôle (prises de terre).
Source 230 V, prise de terre du neutre RB = 5 Ω, disjoncteur Q2 de 16 A dont la sensibilité différentielle est à choisir, touret de classe I en défaut, prise de terre des masses RA = 35 Ω. Appareils représentés en position ouverte.
  1. Calcule le courant de défaut Id puis la tension de contact Uc de la masse du touret. La masse est-elle dangereuse ?

  2. Le disjoncteur de 16 A, sans fonction différentielle, peut-il couper rapidement ce défaut ? Justifie.

  3. Calcule la sensibilité IΔn maximale du dispositif différentiel qui garantit une tension de contact au plus égale à UL au seuil de déclenchement.

  4. Parmi les sensibilités 30 mA, 300 mA, 1 A et 3 A, lesquelles respectent la condition ? Laquelle conseilles-tu pour le circuit d’un outil manipulé à la main, et pourquoi ?

  5. Lors de la vérification suivante, la prise de terre RA est relevée à 120 Ω. Un DDR de 500 mA protège-t-il encore correctement ? Calcule la résistance RA maximale admissible avec ce DDR, puis indique qui doit agir et comment.

Voir le corrigé détaillé

a) Le courant de défaut traverse les deux prises de terre en série.

  • Formule : Id = U0 ÷ (RA + RB).
  • Calcul : Id = 230 V ÷ (35 Ω + 5 Ω) = 230 V ÷ 40 Ω = 5,75 A.
  • Tension de contact : Uc = RA × Id = 35 Ω × 5,75 A = 201,25 V, soit environ 201 V.

201 V est très supérieur à UL = 50 V : la masse est dangereuse. Vérification de l’ordre de grandeur : RA représente 35/40 de la résistance totale, la masse prend donc 87,5 % de 230 V, soit environ 201 V.

b) Non. Le défaut fait circuler 5,75 A, alors que le disjoncteur est prévu pour laisser passer jusqu’à 16 A en fonctionnement normal (5,75 ÷ 16 ≈ 0,36 fois son calibre). Il ne détecte pas ce courant comme anormal : la masse resterait sous 201 V sans limite de durée.

c) Au seuil de déclenchement, la tension de contact vaut RA × IΔn. Condition : RA × IΔn ≤ UL, donc IΔn ≤ UL ÷ RA = 50 V ÷ 35 Ω ≈ 1,43 A.

d)

IΔn RA × IΔn Condition (≤ 50 V)
30 mA 35 × 0,03 = 1,05 V respectée
300 mA 35 × 0,3 = 10,5 V respectée
1 A 35 × 1 = 35 V respectée
3 A 35 × 3 = 105 V non respectée

Pour un outil manipulé à la main, on conseille 30 mA (haute sensibilité) : il protège contre les contacts indirects et apporte en plus une protection complémentaire contre les contacts directs, puisque son seuil est du même ordre que celui des effets graves (25 mA).

e) Avec RA = 120 Ω et IΔn = 0,5 A : RA × IΔn = 120 Ω × 0,5 A = 60 V > 50 V. La condition n’est plus respectée. Résistance maximale admissible avec ce DDR : RA ≤ UL ÷ IΔn = 50 V ÷ 0,5 A = 100 Ω.

Qui agit : Alvesque Contrôle signale l’écart dans son rapport ; Calvérac, qui exploite l’atelier, fait rechercher la cause (connexion de terre dégradée, prise de terre corrodée) et remettre la prise de terre en état par du personnel habilité ; en attendant, on peut faire installer un DDR plus sensible (30 mA : 120 × 0,03 = 3,6 V). La valeur est revérifiée après travaux.

Piège

Ne confonds pas les deux appareils : le disjoncteur protège les câbles contre les surintensités ; le dispositif différentiel protège les personnes contre les contacts indirects. Un même boîtier peut faire les deux (disjoncteur différentiel), mais ce sont deux fonctions distinctes.

Exercice 6

Coter les risques de Quervany

Calcul et analyse

Fabrice Delorme a relevé cinq situations pour le lot électricité de la rénovation du pôle tertiaire Quervany (bureaux en partie occupés).

Code Situation G F
R1 dépose d’anciens luminaires dont l’alimentation n’a pas été identifiée 4 2
R2 utilisation de rallonges abîmées, constatée chaque semaine 3 3
R3 perçage de cloisons pouvant contenir des câbles encastrés sous tension 3 2
R4 raccordement du coffret de chantier sur un départ du TGBT existant 4 1
R5 éclairage provisoire dans des sanitaires au sol mouillé 2 2
  1. Calcule la criticité de chaque situation et indique sa zone.

  2. Classe les situations de la plus prioritaire à la moins prioritaire, en appliquant la règle du cours en cas d’égalité.

  3. Pour R1 et R2, propose trois mesures chacune, dans l’ordre de priorité de la prévention.

  4. Une stagiaire propose de « baisser la gravité de R4 à 2, puisque Fabrice est très expérimenté ». Réponds-lui.

Voir le corrigé détaillé

a) et b) Criticité C = G × F.

Rang Code G F C Zone
1 R2 3 3 9 prioritaire
2 R1 4 2 8 prioritaire
3 R3 3 2 6 à traiter
4 R4 4 1 4 à traiter
5 R5 2 2 4 à traiter

R4 et R5 ont la même criticité (4) : R4 passe avant, car sa gravité est la plus forte (4 contre 2). R4 reçoit une mesure obligatoire (gravité 4).

c) Mesures dans l’ordre de priorité :

  • R1 (luminaires) : 1. identifier et consigner les circuits d’éclairage de la zone avant la dépose, par le chargé de consignation désigné ; 2. faire vérifier l’absence de tension par une personne habilitée avec un dispositif adapté avant toute dépose ; 3. confier la dépose à des intervenants habilités pour cette opération, sous la responsabilité de Fabrice, et repérer les circuits sur le plan.
  • R2 (rallonges) : 1. retirer immédiatement les rallonges abîmées et les remplacer ; 2. alimenter le matériel depuis le coffret de chantier, avec des prises protégées par DDR 30 mA, et privilégier les outils sur batterie ; 3. contrôle visuel des rallonges chaque matin, rappel de la consigne lors du quart d’heure sécurité.

d) La gravité décrit le dommage si l’accident arrive : un contact dans un TGBT en 400 V peut être mortel, quelle que soit l’expérience de l’intervenant. L’expérience de Fabrice peut faire baisser la fréquence (et encore : F = 1 est déjà le minimum), pas la gravité. G reste à 4.

Exercice 7

Ce que dit le Code du travail

Droit

Pour chaque situation, indique la règle applicable (en citant l’article du Code du travail vu dans le cours), ce qu’elle veut dire concrètement et la réponse à donner.

  1. Thierry Bouvet, de Ternevault, demande à Calvérac de raccorder le nouveau départ de la ligne 3 dans le TGBT un mardi, en pleine production, « sans couper, pour gagner du temps ».

  2. Un chef d’équipe d’un sous-traitant propose de demander à Inès, stagiaire au bureau d’études, de « vérifier vite au multimètre » si un câble est alimenté.

  3. En arrivant sur le chantier de Quervany, Bilal trouve la porte du local TGBT ouverte et un capot de l’armoire déposé, laissant des barres nues dans sa zone de passage.

  4. Pour un chantier proche de pièces sous tension, un responsable propose de distribuer des gants isolants à toute l’équipe au lieu de poser des écrans et un balisage.

  5. Un électricien de Calvérac dont l’habilitation autorise les opérations au voisinage de pièces nues sous tension n’a pas d’attestation du médecin du travail. Son habilitation est-elle valable en novembre 2026 ?

Voir le corrigé détaillé

a) Règle : les travaux sont faits hors tension, sauf si couper rend l’exploitation dangereuse ou en cas d’impossibilité technique (art. R. 4544-4) ; des travaux sous tension exigent un ordre écrit du chef d’établissement justifiant leur nécessité et une habilitation spécifique (art. R. 4544-7 et R. 4544-11). Concrètement : « gagner du temps » ne justifie pas un travail sous tension, et Calvérac n’en fait pas. Réponse : proposer le raccordement pendant l’arrêt de maintenance du samedi, avec consignation de la partie concernée.

b) Règle : les opérations sur les installations, y compris les mesurages et vérifications, ne peuvent être effectuées que par des travailleurs habilités (art. R. 4544-2 et R. 4544-9), l’habilitation étant délivrée par l’employeur (art. R. 4544-10). Concrètement : Inès n’est pas habilitée pour cette opération et un multimètre n’est pas un dispositif de vérification d’absence de tension adapté. Réponse : refuser poliment et faire appel à une personne habilitée de Calvérac.

c) Règle : le travailleur alerte immédiatement l’employeur d’une situation présentant un danger grave et imminent et de toute défectuosité des protections ; il peut se retirer de la situation (art. L. 4131-1). Chacun veille aussi à la sécurité des autres (art. L. 4122-1). Concrètement : Bilal ne passe pas, ne touche à rien, empêche l’accès si possible et prévient aussitôt Fabrice, qui fait mettre la zone en sécurité avec l’exploitant (Quervany).

d) Règle : parmi les principes généraux de prévention, les protections collectives ont la priorité sur les protections individuelles (art. L. 4121-2, 8°) ; le voisinage doit d’abord être supprimé par consignation ou, à défaut, traité par éloignement, obstacle ou isolation (art. R. 4544-4). Concrètement : écrans, balisage et organisation d’abord ; les gants s’ajoutent, ils ne remplacent pas.

e) Règle : depuis le 1er octobre 2025, une habilitation qui autorise les opérations au voisinage de pièces nues sous tension n’est valable que si le travailleur détient une attestation du médecin du travail de non-contre-indication, valable cinq ans (art. R. 4544-10 et R. 4544-11-1, décret n° 2025-355). Un avis d’aptitude délivré auparavant au titre du suivi individuel renforcé tient lieu d’attestation pendant cinq ans à compter de sa délivrance. Réponse : en novembre 2026, sans attestation ni avis d’aptitude encore valable, l’habilitation n’est pas valable pour le voisinage ; Calvérac doit organiser l’examen médical et, en attendant, ne pas lui confier ces opérations.

Exercice 8

Un presque-accident au tableau TD-E2

Analyse

Lundi 14 septembre 2026, chez Ternevault, l’éclairage d’une partie de l’atelier s’éteint. Un opérateur de production, non habilité, va au tableau d’éclairage TD-E2, situé dans un local normalement fermé. La clé est restée sur la serrure. Il ouvre le tableau pour réarmer le disjoncteur déclenché. En approchant la main, il frôle l’emplacement d’un obturateur manquant, ressent une secousse et retire la main. Il n’est pas blessé. Le sol est mouillé par une fuite de la toiture signalée trois semaines plus tôt. Thierry Bouvet demande à Élodie Fournel, de Calvérac, de l’aider à analyser l’événement. Constat réalisé après la mise hors tension du tableau par un électricien habilité de Ternevault :

Le tableau TD-E2 lors du constat
tableau d'éclairage TD-E2, porte ouverte (vue de face) 1 2 3 4 1 clé laissée sur la serrure (local et tableau normalement fermés) 2 obturateur absent : barres nues accessibles au doigt 3 disjoncteur déclenché que l'opérateur voulait réarmer 4 flaque d'eau au sol (fuite de la toiture)
Repères 1 à 4 : clé sur la serrure, obturateur absent laissant les barres accessibles, disjoncteur déclenché, flaque d'eau au sol.
  1. De quel type de contact s’agit-il ? Justifie avec le schéma.

  2. La secousse ressentie correspond à quel ordre de grandeur de courant selon les seuils de l’INRS ? Quel facteur visible sur le schéma aurait pu aggraver l’accident ?

  3. Classe les causes en trois familles : techniques, organisationnelles, humaines (formation, information).

  4. Selon l’INRS, un salarié de production non habilité mais formé ne peut faire une manœuvre simple (comme réarmer un disjoncteur) que si elle est prévue hors des locaux réservés aux électriciens et si le matériel empêche par construction tout contact avec une partie active (IP2X en basse tension). Ces conditions étaient-elles remplies ici ? Explique.

  5. Propose au moins cinq mesures, rangées dans l’ordre de priorité de la prévention, et indique pour chacune qui la réalise.

  6. Pourquoi faut-il analyser un événement qui n’a fait aucun blessé ?

Voir le corrigé détaillé

a) Contact direct : l’emplacement sans obturateur laisse accessibles les barres, qui sont des parties actives (repère 2). Il ne s’agit pas d’une masse en défaut.

b) Une secousse électrique correspond, selon l’INRS, à environ 5 mA en alternatif (au-delà de la simple perception à 0,5 mA, en deçà de la contracture à 10 mA). Facteur aggravant visible : la flaque d’eau (repère 4) ; des pieds mouillés réduisent la résistance du trajet, le courant aurait pu être plus fort.

c) Causes :

Famille Causes
techniques obturateur absent (parties actives accessibles, enveloppe ne garantissant plus IP2X/IPXXB) ; fuite de toiture non réparée
organisationnelles clé laissée sur la serrure ; local normalement fermé mais accessible ; pas de procédure claire pour un éclairage qui s’éteint (qui appeler ?) ; fuite signalée trois semaines plus tôt sans suite
humaines (formation, information) opérateur non habilité et non informé de ce qu’il peut faire ou non ; réflexe de « dépanner soi-même »

d) Non, aucune des conditions n’était remplie. L’opérateur n’était pas formé au risque électrique ; le tableau se trouve dans un local normalement fermé, réservé, et non à un emplacement prévu pour les opérateurs ; surtout, l’obturateur manquant laissait des parties actives accessibles au doigt : la protection par construction (IP2X) n’existait plus. L’opération « simple » de réarmement exposait donc l’opérateur à un contact direct. De plus, un disjoncteur qui déclenche signale peut-être un défaut : son réarmement demande d’en chercher la cause.

e) Mesures dans l’ordre de priorité :

Ordre Mesure Qui
1 remettre l’obturateur (et vérifier les autres emplacements) pour rétablir la protection contre les contacts directs électricien habilité de Ternevault ou de Calvérac, après mise hors tension
2 réparer la fuite de toiture et assécher le local service travaux de Ternevault
3 rechercher la cause du déclenchement du disjoncteur électricien habilité
4 gérer les clés : clé retirée de la serrure, liste des détenteurs, local fermé Thierry Bouvet (responsable maintenance)
5 consigne d’appel : en cas de coupure d’éclairage, prévenir la maintenance, ne jamais ouvrir un tableau direction du site, encadrement de production
6 informer les opérateurs sur le risque électrique et sur les opérations interdites sans habilitation Ternevault, avec l’appui de Calvérac

f) Un presque-accident a les mêmes causes qu’un accident grave : seule la chance a fait la différence. L’analyser permet de corriger ces causes avant qu’un accident se produise et de mettre à jour l’évaluation des risques (DUERP). C’est aussi l’occasion de remonter des défauts installés depuis longtemps (obturateur absent).

Exercice 9

Corriger une consigne d’urgence

Analyse

Pour le chantier de la ligne 3, un stagiaire d’une autre entreprise a rédigé ce projet de consigne, à afficher dans la base vie.

EN CAS D’ACCIDENT ÉLECTRIQUE 1. Dégagez rapidement la victime en la tirant par ses vêtements. 2. Remettez le courant pour y voir clair et vérifier l’installation. 3. Appelez le 17. 4. Si la victime parle normalement, laissez-la reprendre son poste. 5. Prévenez votre chef d’équipe en fin de journée.

  1. Relève chaque erreur et explique pourquoi elle est dangereuse ou inexacte.

  2. Rédige la consigne corrigée (8 à 10 lignes), adaptée au chantier de la ligne 3 chez Ternevault, en prévoyant les informations à compléter sur place.

  3. Lors de l’accueil sécurité, quelles deux vérifications Fabrice Delorme peut-il demander à chaque intervenant pour s’assurer que la consigne est comprise ?

Voir le corrigé détaillé

a) Erreurs :

Ligne Erreur Pourquoi
1 dégager la victime en la tirant tant que le courant n’est pas coupé, toucher la victime (même ses vêtements, souvent humides) expose le sauveteur : il ferme la boucle à son tour ; il faut faire couper le courant d’abord
2 remettre le courant danger de nouvelle électrisation de la victime et des sauveteurs ; l’installation reste hors tension jusqu’à l’accord du responsable
3 appeler le 17 le 17 est le numéro de la police ; les secours sont le 15, le 18 ou le 112
4 laisser reprendre le poste une électrisation peut causer des lésions invisibles (brûlures internes, troubles du rythme du cœur) : avis des secours ou du service de santé au travail
5 prévenir en fin de journée l’encadrement est prévenu immédiatement ; l’accident est déclaré et analysé

b) Consigne corrigée (exemple) :

EN CAS D’ACCIDENT ÉLECTRIQUE — CHANTIER LIGNE 3, PAPETERIES TERNEVAULT 1. Ne touchez pas la victime. Faites couper le courant : arrêt d’urgence situé ……… ; coupure générale ……… ; ou appelez l’électricien habilité présent. 2. En haute tension ou si vous ne savez pas couper : éloignez-vous et faites éloigner tout le monde. 3. Alertez : 15, 18 ou 112. Donnez l’adresse exacte (………), le lieu précis, « accident électrique », l’état de la victime. 4. Une fois le courant coupé : les sauveteurs secouristes (noms : ………) portent les premiers secours. Défibrillateur : ………. 5. Restez avec la victime jusqu’à l’arrivée des secours ; envoyez quelqu’un les guider. 6. Prévenez immédiatement Fabrice Delorme (tél. ………) et le responsable du site. 7. Ne remettez rien sous tension sans l’accord du responsable.

c) Deux vérifications possibles : demander à chacun de montrer l’arrêt d’urgence et la coupure générale sur place ; lui faire réciter les numéros d’urgence et l’adresse à donner (ou montrer où ils sont affichés). On peut aussi lui demander de citer le nom d’un sauveteur secouriste de l’équipe.

Exercice 10

Le chantier Quervany sous contrôle

Entraînement E6

Format de l’épreuve E6 : tu conduis le chantier réalisé par l’équipe de Calvérac (phase 2 : pilotage, suivi, gestion des risques et des aléas). Le dossier ci-dessous est fourni ; tu réponds par écrit aux questions de la commission. Durée conseillée : 1 h 15.

ADossier

Annexe 1 — Contexte. Calvérac réalise le lot électricité de la rénovation du niveau 1 du pôle tertiaire Quervany (Le Mans). Les bureaux de l’aile gauche restent occupés par les salariés de Quervany Immobilier pendant les travaux. Le TGBT existant, sous tension, est exploité par Quervany (responsable technique : Mme Laure Sorbier). Fabrice Delorme est chargé de travaux ; Bilal fait partie de l’équipe dans les limites de son habilitation. Calvérac applique une règle interne : toute prise de courant de chantier est protégée par un dispositif différentiel de 30 mA au plus.

Annexe 2 — Plan du niveau 1.

Plan simplifié du niveau 1
pôle tertiaire Quervany — niveau 1 (plan simplifié, sans échelle) bureaux occupés (salariés de Quervany) zone de travaux Calvérac (balisée, accès réservé) local technique TGBT existant sous tension, exploité par Quervany T CC1 palier, escalier anciens faux plafonds à déposer accès du chantier CC1 : coffret de chantier ; pointillés : câble provisoire depuis le départ Q12 du TGBT (T).
Zone de travaux balisée au centre, coffret de chantier CC1, local technique du TGBT existant (T), bureaux occupés à gauche.

Annexe 3 — Schéma unifilaire du coffret de chantier CC1.

Coffret de chantier CC1
TGBT existant (Quervany) Q12 : 4P 40 A différentiel 500 mA câble provisoire coffret CC1 Q0 : interrupteur- sectionneur général QP1 16 A 30 mA prise 16 A QP2 16 A 30 mA prise 16 A QE 10 A 30 mA éclairage QX 20 A prise 20 A (tri) PE prise de terre du bâtiment : RA = 22 Ω Schéma unifilaire simplifié (un trait par circuit) ; appareils représentés en position ouverte.
Alimentation par le départ Q12 du TGBT existant (différentiel 500 mA) ; quatre départs dans le coffret ; prise de terre du bâtiment RA = 22 Ω.

Annexe 4 — Relevés fournis. Prise de terre du bâtiment : RA = 22 Ω (Alvesque Contrôle, mardi 6/10/2026). Essais des dispositifs différentiels du coffret CC1 faits par le technicien habilité de Calvérac lors de la mise en service du coffret : QP1 conforme ; QP2 conforme ; QE ne déclenche pas lors de l’essai.

Annexe 5 — Extrait de l’évaluation du chantier.

Code Situation G F
Q1 intervention dans le local du TGBT existant pour le raccordement du coffret 4 1
Q2 dépose des anciens luminaires au-dessus des faux plafonds 4 2
Q3 passage des salariés de Quervany près de la zone de travaux 3 2

Annexe 6 — Aléa. Le grossiste Sorbelin Distribution Électrique annonce un retard de deux semaines sur la livraison du nouveau tableau d’étage. Mme Sorbier écrit à Fabrice : « Pour ne pas perdre de temps, raccordez donc les deux bureaux de l’aile droite directement sur l’ancien tableau pendant la pause de midi, sans couper : mes équipes ne doivent pas être privées de courant. »

BQuestions de la commission

Partie 1 — Les dangers du chantier (6 points)

1.1 À partir du plan (annexe 2), repère trois sources de danger électrique sur le chantier et, pour chacune, la mesure collective visible sur le plan ou à ajouter.

1.2 Analyse le schéma du coffret CC1 (annexe 3) au regard de la règle interne de Calvérac. Quelle anomalie relèves-tu ? Que proposes-tu ?

1.3 Vérifie, avec les relevés de l’annexe 4, que le dispositif différentiel de 500 mA du départ Q12 assure la protection contre les contacts indirects (UL = 50 V). Donne le calcul.

1.4 Que doit-il se passer pour le départ QE après l’essai non conforme ? Qui agit ?

Partie 2 — Risques et aléa (9 points)

2.1 Calcule la criticité des trois situations de l’annexe 5, classe-les et propose deux mesures pour la plus critique.

2.2 Rédige la réponse de Fabrice à Mme Sorbier (8 à 12 lignes) : explique pourquoi sa demande ne peut pas être acceptée en t’appuyant sur les règles du Code du travail, et propose une solution qui préserve l’activité de Quervany.

2.3 Le retard de livraison décale le chantier de deux semaines. Cite deux conséquences de ce décalage sur la prévention du risque électrique (documents, équipe, coactivité) que Fabrice doit traiter.

Partie 3 — Réagir (5 points)

3.1 Un salarié de Quervany est électrisé en touchant un ancien luminaire déposé mais resté raccordé. Il reste conscient. Décris les actions de Fabrice dans l’ordre, des premières secondes jusqu’au lendemain.

3.2 La commission te demande : « Le coffret de chantier est protégé par des différentiels de 30 mA. Le salarié aurait-il pu être électrisé quand même ? » Réponds en deux ou trois phrases.

Voir le corrigé détaillé

APartie 1 — Les dangers du chantier

1.1 Trois sources de danger et leurs mesures :

Source de danger Mesure collective
le TGBT existant sous tension (local technique T) local fermé à clé, accès réservé aux personnes habilitées et autorisées par Quervany ; intervention seulement après accord de l’exploitant et consignation de la partie concernée
les anciens faux plafonds contenant des luminaires et câbles peut-être encore alimentés identification des circuits, consignation avant dépose, vérification d’absence de tension par une personne habilitée
le coffret de chantier CC1 et le câble provisoire qui le relie au TGBT coffret fermé, câble protégé contre l’écrasement et repéré, prises protégées par DDR 30 mA, zone de travaux balisée (déjà sur le plan)

On peut aussi citer les câbles encastrés dans les cloisons conservées.

1.2 Le départ QX (prise 20 A triphasée) n’a pas de dispositif différentiel dans le coffret. Il n’est protégé que par le différentiel de 500 mA du départ Q12, ce qui ne respecte pas la règle interne de Calvérac (DDR de 30 mA au plus sur toute prise de chantier). Proposition : ne pas utiliser la prise QX (condamnée et signalée) tant qu’un dispositif différentiel de 30 mA n’a pas été ajouté par le bureau d’études et installé par du personnel habilité ; mettre à jour le schéma du coffret.

1.3 Condition en schéma TT : RA × IΔn ≤ UL.

  • Données : RA = 22 Ω ; IΔn = 500 mA = 0,5 A ; UL = 50 V.
  • Calcul : RA × IΔn = 22 Ω × 0,5 A = 11 V.
  • Conclusion : 11 V ≤ 50 V, la condition est respectée. Autre présentation : IΔn maximal = 50 V ÷ 22 Ω ≈ 2,27 A ; 0,5 A est bien inférieur.

1.4 Un DDR qui ne déclenche pas à l’essai ne protège plus. Le départ QE est mis hors service (circuit coupé et condamné, étiquette « hors service »), l’éclairage provisoire est assuré autrement, et l’appareil est remplacé par un électricien habilité de Calvérac, puis essayé à nouveau avant la remise en service. Fabrice Delorme organise et trace l’action (fiche de non-conformité, mise à jour du dossier du coffret).

BPartie 2 — Risques et aléa

2.1 Criticités : Q1 : 4 × 1 = 4 (à traiter) ; Q2 : 4 × 2 = 8 (prioritaire) ; Q3 : 3 × 2 = 6 (à traiter). Classement : Q2, puis Q3, puis Q1 (Q1 reçoit une mesure obligatoire, car G = 4).

Deux mesures pour Q2 : consigner les circuits d’éclairage de la zone avant la dépose, avec vérification d’absence de tension par une personne habilitée ; confier la dépose à des intervenants habilités pour l’opération, sous la responsabilité de Fabrice, après repérage des circuits.

2.2 Exemple de réponse :

Madame Sorbier,

Je comprends votre souci de ne pas priver vos équipes de courant. Nous ne pouvons cependant pas raccorder ces bureaux sur l’ancien tableau sans couper. Le Code du travail impose de faire les travaux hors tension (art. R. 4544-4) ; un travail sous tension n’est admis qu’à titre exceptionnel, sur ordre écrit justifiant sa nécessité et par du personnel spécialement habilité (art. R. 4544-7 et R. 4544-11). Gagner du temps n’en fait pas partie, et Calvérac ne pratique pas de travaux sous tension.

Je vous propose de réaliser ce raccordement lors d’une coupure programmée de ces deux bureaux, en dehors des heures d’occupation (par exemple un samedi matin), après consignation par notre chargé de consignation. Si une coupure en semaine est indispensable, nous pouvons la limiter à une plage courte, annoncée à l’avance à vos équipes, avec des postes provisoires dans une autre salle. Je vous envoie un planning ajusté pour validation d’ici demain.

Fabrice Delorme, chef de chantier, Calvérac Électricité

2.3 Deux conséquences à traiter (parmi d’autres) :

  • Documents : mettre à jour le planning, le plan de prévention avec Quervany (dates de coactivité, coupures programmées) et l’évaluation des risques (la zone de travaux reste plus longtemps à côté de bureaux occupés).
  • Équipe : vérifier que les intervenants prévus sur les nouvelles dates sont disponibles et habilités pour les opérations (et que les habilitations et attestations restent valables) ; prévoir l’accueil sécurité des nouveaux venus.
  • Coactivité : le décalage peut faire coïncider le chantier avec d’autres entreprises (plâtrerie, peinture) : coordination, balisage, information des salariés de Quervany.

CPartie 3 — Réagir

3.1 Ordre des actions :

  1. Protéger : ne pas toucher la victime tant que le circuit n’est pas coupé ; faire couper le courant (arrêt d’urgence, coupure du départ concerné par une personne habilitée) ; éloigner les autres personnes.
  2. Alerter : appeler le 15, le 18 ou le 112, même si la victime est consciente ; donner le lieu exact, « accident électrique », son état.
  3. Secourir : une fois le courant coupé, faire intervenir un sauveteur secouriste ; rester avec la victime ; guider les secours.
  4. Informer immédiatement Mme Sorbier (exploitant et employeur de la victime) et la direction de Calvérac ; laisser l’installation hors tension et en l’état.
  5. Le lendemain : participer avec Quervany à la déclaration et à l’analyse des causes (pourquoi ce luminaire était-il encore raccordé ?), mettre à jour l’évaluation des risques et le plan de prévention, informer l’équipe.

3.2 Oui. Le luminaire était sans doute alimenté par l’ancienne installation, et non par le coffret de chantier : les DDR de 30 mA du coffret ne protégeaient pas ce circuit. Et même sur un circuit protégé, un DDR ne détecte pas un courant qui passe d’un conducteur actif à l’autre à travers le corps ; il limite la durée d’une électrisation par fuite à la terre, il ne l’empêche pas. La vraie protection était la consignation du circuit avant la dépose.

À retenir

À l’E6, la commission attend que tu raisonnes en chef de chantier : tu ne fais pas l’opération toi-même, tu l’organises, tu fais respecter l’ordre de priorité de la prévention, tu traites l’aléa sans sacrifier la sécurité, et tu mets à jour les documents.

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