1. Le dossier, mémoire de l’installation
Une installation électrique ne se comprend pas en la regardant : les câbles sont dans des goulottes, les protections derrière des portes, les réglages dans des appareils. Tout ce qu’il faut savoir est écrit dans le dossier technique. Ce chapitre t’apprend à t’y retrouver vite et sans erreur.
APourquoi ce chapitre compte
Lundi 9 novembre 2026, Élodie Fournel, responsable maintenance de Calvérac Électricité, appelle Bilal Ouazzani, apprenti en 2e année de BTS.
« Samedi, on fait la visite annuelle du coffret de la pompe à colle M6, chez Ternevault, sur la ligne 2. Tu prépares la fiche de la visite : repères des appareils, réglages, points à contrôler, historique. Tout est dans le dossier technique. Je veux la fiche pour jeudi. »
Bilal ouvre le dossier : quatre folios de schémas, une notice en anglais, une plaque de moteur, un extrait de la GMAO (gestion de la maintenance assistée par ordinateur, le logiciel qui enregistre toutes les interventions) et deux rapports de vérification. Par où commencer ? C’est l’objet de ce chapitre.
Ce chapitre t’apprend à lire, extraire et organiser des informations. Il ne décrit aucune opération à faire toi-même sur une installation. Les relevés, les consignations, les mesures et les interventions cités sont faits par des personnes habilitées par leur employeur, pour ces opérations (revois U6-01 « Prévenir le risque électrique » et U6-02 « Comprendre l’habilitation électrique »).
BÀ quoi sert un dossier technique
À quoi ça sert ? À savoir comment l’installation est faite sans avoir à la démonter, et à intervenir en sécurité.
Dossier technique
Le dossier technique d’une installation électrique est l’ensemble des documents qui la décrivent telle qu’elle est réalisée : schémas, plans, notes de calcul, notices des matériels, rapports d’essais et de vérification. En maintenance, on y ajoute l’historique des interventions.
Le dossier sert à chaque étape du métier de technicien :
- préparer une intervention : quels appareils, quels réglages, quelles pièces de rechange ;
- mettre en sécurité : le chargé de consignation identifie toutes les sources sur le schéma avant de consigner (U6-02) ;
- diagnostiquer une panne : comparer ce qui devrait se passer (le schéma) à ce qui se passe (les symptômes), dans U5-04 « Diagnostiquer un dysfonctionnement » ;
- modifier l’installation : savoir où ajouter un départ, ce que le câble supporte ;
- prouver : montrer au client, à l’organisme de vérification ou à l’inspection du travail que l’installation est conforme.
En 2025, un technicien d’une autre entreprise devait remplacer un voyant sur un coffret de Ternevault. Sans schéma, il aurait dû ouvrir le coffret sous tension pour « voir où arrivent les fils ». Avec le schéma, il savait que le voyant était alimenté en 24 V par un transformateur protégé par un fusible, et quel appareil consigner. Le dossier remplace la recherche à tâtons, qui est à la fois lente et dangereuse.
CCe que contient le dossier
Un dossier technique complet rassemble six familles de documents.
| Famille | Exemples | Ce que tu y cherches |
|---|---|---|
| schémas | unifilaire, schéma de puissance, schéma de commande, bornier | les repères, les liaisons, les protections, les sources |
| plans | implantation des appareils, cheminement des câbles | où se trouve chaque appareil, par où passe chaque câble |
| notices et fiches techniques | plaque du moteur, fiche du relais thermique, notice du variateur | caractéristiques, réglages, codes de défaut, consignes de maintenance |
| notes de calcul | bilan de puissance, sections, réglages des protections | pourquoi tel câble, tel calibre, tel réglage |
| rapports | vérification initiale ou périodique, procès-verbal d’essais | anomalies relevées, valeurs mesurées à une date donnée |
| historique | interventions enregistrées dans la GMAO, comptes rendus | pannes passées, pièces changées, durées d’arrêt |
DOE et DIUO
- Le DOE (dossier des ouvrages exécutés) est remis par l’entreprise qui a réalisé les travaux au client, à la réception du chantier. Il décrit l’installation telle qu’elle a été construite, avec les modifications faites en cours de chantier. Son contenu est fixé par le contrat (marché de travaux, CCTP, cahier des clauses techniques particulières).
- Le DIUO (dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage) rassemble les informations qui facilitent la prévention des risques lors des interventions futures sur un bâtiment : plans, notes techniques, accès. Le maître d’ouvrage le fait établir et compléter par le coordonnateur de sécurité, au fil de la conception et des travaux (C. trav., art. L. 4532-16). Pour un bâtiment destiné à recevoir des travailleurs, il comprend le dossier de maintenance des lieux de travail, donc le dossier technique électrique présenté ci-dessous (art. R. 4532-95).
Le DOE n’est pas un « classeur de fin de chantier » sans importance. Si le DOE reprend les schémas du projet sans les modifications du chantier, le technicien qui interviendra dans cinq ans travaillera sur un schéma faux. C’est pour cela que Calvérac met à jour ses schémas au fil du chantier (U7-06 « Constituer le dossier du projet »).
DCe que prévoit le Code du travail
À quoi sert la règle ? À garantir que l’employeur dispose toujours d’une description à jour des installations électriques de ses locaux.
Le dossier technique dans le Code du travail
- Qui l’établit : le maître d’ouvrage (celui qui fait construire) établit un dossier technique qui décrit les installations électriques réalisées et leurs caractéristiques ; il le transmet à l’employeur (art. R. 4215-2). Ce dossier fait partie du dossier de maintenance des lieux de travail (art. R. 4211-3).
- Ce qu’il contient : un arrêté du 20 avril 2012 (applicable aux marchés passés depuis le 1er juillet 2012) en fixe le contenu : les cahiers de prescriptions techniques qui ont servi à réaliser les installations, les notes de calcul des canalisations et du choix et du réglage des protections, les schémas unifilaires (avec si besoin un synoptique des tableaux), les plans d’exécution (sources, tableaux, principales canalisations), les plans des canalisations enterrées, des prises de terre et des conducteurs principaux de protection, les copies des attestations de conformité et, s’il y a des locaux à risque d’explosion, les documents de conformité et les notices des matériels qui y sont installés.
- Qui le tient à jour : quand l’employeur fait réaliser une installation nouvelle ou modifie la structure d’une installation existante, il complète et met à jour ce dossier (art. R. 4226-6).
Principe expliqué d’après les articles R. 4211-3, R. 4215-2 et R. 4226-6 du Code du travail et les articles 1er à 3 de l’arrêté du 20 avril 2012 (Légifrance, versions en vigueur au 23/10/2026).
Ce que cela veut dire pour Ternevault : quand Calvérac ajoutera la ligne 3 en 2027, Ternevault devra disposer des nouveaux schémas. Ce sera dans le DOE de Calvérac, que Ternevault intégrera à son dossier technique.
EUn dossier vivant
Une installation change : on ajoute un départ, on remplace un moteur, on modifie un réglage. Si le dossier ne suit pas, il ment.
Indice de révision
L’indice (ou indice de révision) est une lettre ou un numéro qui identifie la version d’un document : A pour la première version, B pour la première modification, et ainsi de suite. Il figure dans le cartouche (le cadre d’identification en bas du folio) avec la date et la nature de la modification.
Avant toute exploitation d’un document, vérifie trois choses : c’est le bon équipement (titre, repère), c’est la dernière version (indice, date), et elle correspond à ce qui est installé (aucun écart signalé). Un schéma périmé est plus dangereux qu’une absence de schéma, parce qu’on lui fait confiance.
2. Lire les symboles et les repères
Un schéma est écrit dans une langue commune à tous les électriciens : des symboles normalisés pour les appareils, des lettres pour les nommer, des chiffres pour les bornes. Une fois ces trois codes connus, n’importe quel schéma devient lisible.
ALes symboles normalisés
À quoi ça sert ? À ce qu’un schéma dessiné au Mans soit compris à Lyon, à Madrid ou à Montréal.
Les symboles graphiques des schémas électriques sont définis par la CEI 60617 (CEI : Commission électrotechnique internationale), reprise en Europe et en France sous la référence NF EN 60617. La CEI les publie aujourd’hui sous forme d’une base de données. Ce cours redessine les symboles les plus courants, sans reproduire la norme.
Contact à fermeture, contact à ouverture
- Un contact à fermeture (en anglais NO, normally open) est ouvert au repos : il se ferme quand on actionne l’appareil (bouton appuyé, bobine alimentée).
- Un contact à ouverture (NC, normally closed) est fermé au repos : il s’ouvre quand on actionne l’appareil.
Sur un schéma, chaque appareil est représenté au repos : bobines non alimentées, boutons relâchés, relais thermique non déclenché, installation hors tension. Pour comprendre le fonctionnement, tu imagines ensuite ce qui change quand on agit sur l’appareil.
Ne confonds pas le disjoncteur (une croix sur le contact : il coupe automatiquement en cas de défaut), le sectionneur (un trait : il isole un circuit, mais n’est pas fait pour couper un courant, ni de charge ni de défaut) et le contact principal de contacteur (un demi-cercle : il commande la marche et l’arrêt). Les trois se ressemblent ; leur rôle est très différent.
BLes lettres repères des appareils
Chaque appareil reçoit un repère : une ou deux lettres qui disent sa famille, puis un numéro. Le repère est écrit sur le schéma, sur la nomenclature et sur une étiquette collée sur l’appareil.
| Lettre | Famille d’appareils | Exemples dans le fil rouge |
|---|---|---|
| Q | appareils de coupure de puissance : disjoncteur, sectionneur, interrupteur | Q0 (général du TGBT), Q25, Q6 |
| KM | contacteur (commande d’un circuit de puissance) | KM6 (pompe à colle) |
| KA | relais auxiliaire (commande de circuits de commande) | KA1 d’un automatisme |
| F | protection : fusible, relais thermique | F6, F61, F62 |
| S | appareil de commande manuelle ou de position : bouton, interrupteur de position | S61 (arrêt), S62 (marche) |
| H | signalisation : voyant, avertisseur | H61, H62 |
| M | moteur | M6, M11 |
| T | transformateur | T1 (poste), T61 (commande) |
| X | bornier, prise de raccordement | X6 |
| W | câble, conducteur | W25, W26 |
| B | capteur (pression, température, présence) | un pressostat B6 |
| U | convertisseur, variateur de vitesse | U3, U11 |
| E | chauffage, éclairage | E6 (réchauffeur de la cuve) |
Le TGBT (tableau général basse tension) est le tableau principal d’un site ; les tableaux qu’il alimente sont des tableaux divisionnaires, comme les tableaux d’atelier TD-AT1 et TD-AT2 de Ternevault.
Ces lettres sont un usage, pas une loi universelle. Certains dossiers récents utilisent des repères à deux lettres définis par la norme internationale de structuration des installations (NF EN IEC 81346-2), d’autres dossiers anciens des lettres différentes. Lis toujours la légende ou la nomenclature du dossier avant de conclure.
CLes repères des bornes
À quoi ça sert ? À raccorder et à contrôler chaque fil au bon endroit : les bornes des appareils portent des chiffres normalisés, imprimés sur l’appareil et reportés sur le schéma.
Lire le repère d'un contact auxiliaire
- Lis le premier chiffre : c’est le numéro d’ordre du contact sur l’appareil (1er, 2e, 3e…).
- Lis le second chiffre : 1-2 = contact à ouverture ; 3-4 = contact à fermeture.
- Exemples : 13-14 = premier contact, à fermeture ; 21-22 = deuxième contact, à ouverture ; 43-44 = quatrième contact, à fermeture.
- Cas particulier : sur un relais thermique, 95-96 est le contact à ouverture et 97-98 le contact à fermeture.
DLes conducteurs et les câbles
Chaque câble a un repère (W25, W26) et une désignation qui décrit sa constitution. Sur les schémas de Calvérac, on lit par exemple « W25 · 4G6 · 35 m » : câble W25, 4 conducteurs, dont un vert-et-jaune (la lettre G), de 6 mm² de section, longueur environ 35 m. Le choix de la section est étudié dans U4-12 « Dimensionner câbles et protections ».
Les couleurs des conducteurs
- Vert-et-jaune : réservé au conducteur de protection (PE), relié à la terre. Jamais pour autre chose.
- Bleu clair : réservé au neutre quand il existe.
- Phases : les autres couleurs. Dans les câbles courants à 4 conducteurs sans neutre, les phases sont marron, noir, gris.
Ces règles de la NF C 15-100 permettent de reconnaître un conducteur, mais ne remplacent jamais une vérification d’absence de tension faite par une personne habilitée : un fil peut avoir été mal raccordé.
3. Les différents schémas
Un même équipement est décrit par plusieurs schémas, du plus simple au plus détaillé. Chacun répond à une question différente. Savoir lequel ouvrir fait gagner un temps précieux.
ADu principe au câblage
| Document | Ce qu’il montre | Question à laquelle il répond |
|---|---|---|
| schéma de principe (synoptique) | les fonctions et leurs liaisons | « Comment ça marche, globalement ? » |
| schéma unifilaire | la distribution, un trait par liaison | « D’où vient l’alimentation, quelle protection en amont ? » |
| schéma de puissance (multifilaire) | chaque conducteur de puissance | « Par où passe le courant du moteur ? » |
| schéma de commande (développé) | les circuits de commande, branche par branche | « Pourquoi le moteur démarre-t-il, ou pas ? » |
| bornier (plan de raccordement) | chaque borne, côté intérieur et extérieur | « Quel fil arrive sur quelle borne ? » |
| plan d’implantation | la place des appareils | « Où est F6 dans le coffret ? » |
Le schéma de principe est la porte d’entrée : il ne montre aucun fil, seulement ce que fait l’installation.
Bilal commence par ce schéma. Il comprend que la pompe M6 envoie la colle de la cuve n° 2 vers l’encolleuse (la machine qui dépose la colle sur le carton). Si M6 s’arrête, la ligne 2 s’arrête. Il note aussi que la colle est chauffée par le réchauffeur E6 : une information qui servira plus tard.
BLe schéma unifilaire
À quoi ça sert ? À voir toute la chaîne de distribution d’un coup d’œil : de la source jusqu’au récepteur.
Schéma unifilaire
Dans un schéma unifilaire, une liaison qui comporte plusieurs conducteurs est représentée par un seul trait. Le nombre de conducteurs est indiqué par de petits traits obliques (trois traits pour une liaison triphasée) ou par une mention écrite.
Remonter la chaîne d'alimentation sur un unifilaire
- Pars du récepteur (ici M6).
- Remonte trait par trait et note chaque appareil rencontré : F6, KM6, Q6, câble W25, Q25, jeu de barres de TD-AT2, Q2, TGBT, Q0, T1.
- Repère les tableaux traversés (CP6, TD-AT2, TGBT) : ce sont les lieux où se trouvent les appareils.
- Cherche s’il existe une autre source qui peut alimenter le même circuit (secours, inverseur, onduleur, photovoltaïque).
- Conclus : la liste ordonnée est la chaîne d’alimentation ; le premier appareil de séparation en amont de la zone est celui que le chargé de consignation utilisera.
Pour la visite de samedi, Bilal note : « M6 est alimenté par Q6 dans CP6 ; CP6 est alimenté par Q25 de TD-AT2, câble W25. Pas d’autre source. » C’est l’information dont le chargé de consignation de Ternevault aura besoin. Bilal ne consigne rien : il prépare.
CLe schéma de puissance
À quoi ça sert ? À suivre le chemin du courant du moteur, conducteur par conducteur.
Schéma multifilaire et folio
- Un schéma multifilaire représente chaque conducteur par un trait : trois traits pour les trois phases, un pour le PE.
- Un folio est une page numérotée d’un dossier de schémas. Il est découpé en colonnes numérotées en haut, qui servent d’adresse.
On lit ce folio de haut en bas, comme le courant :
- Q6 (disjoncteur, 25 A) protège contre les courts-circuits et permet d’isoler le départ ;
- KM6 (contacteur) met le moteur en marche ou à l’arrêt ; le renvoi « → 2.2 » dit où se trouve sa bobine ;
- F6 (relais thermique, réglé à 21,7 A) protège le moteur contre les surcharges (U4-06 « Le moteur asynchrone ») ;
- X6 est le bornier : les câbles extérieurs y sont raccordés ;
- T61, protégé par F61 (deux fusibles au primaire) et F62 (au secondaire), abaisse 400 V en 24 V pour la commande.
Vérifier la cohérence de la plaque et du réglage
Données : M6, 11 kW utiles, rendement η = 0,917, cos φ = 0,80, tension entre phases U = 400 V ; réglage de F6 : 21,7 A.
- Puissance absorbée : Pa = Pu / η = 11 000 W / 0,917 ≈ 11 996 W.
- Courant de ligne : I = Pa / (√3 × U × cos φ) = 11 996 W / (1,732 × 400 V × 0,80) ≈ 21,6 A.
- Comparaison : la plaque indique 21,7 A ; F6 est réglé à 21,7 A.
Interprétation : le réglage de F6 correspond au courant assigné du moteur. Ordre de grandeur cohérent : environ 2 A par kW utile pour un moteur en 400 V (11 kW → environ 22 A).
DLe schéma de commande
À quoi ça sert ? À comprendre pourquoi un moteur démarre, s’arrête ou refuse de démarrer.
Schéma développé de commande
Le schéma développé dessine les circuits de commande en branches verticales entre deux lignes d’alimentation (ici 24 V en haut, 0 V en bas). Chaque branche se termine par un récepteur de commande (bobine, voyant). Les contacts d’un même appareil peuvent être dessinés dans des branches différentes : on les relie par leur repère.
On lit la branche de la colonne 2 de haut en bas. Le courant atteint la bobine de KM6 seulement si tous les contacts en série sont fermés :
- F6 95-96 (fermé au repos) : il s’ouvre si le relais thermique déclenche ;
- S61 (bouton d’arrêt, fermé au repos) : il s’ouvre quand on appuie ;
- S62 (bouton de marche, ouvert au repos) ou le contact KM6 13-14 placé en parallèle.
Auto-maintien
L’auto-maintien est le montage d’un contact à fermeture du contacteur (ici KM6 13-14) en parallèle sur le bouton de marche. Quand KM6 est alimenté, ce contact se ferme et remplace le bouton : le contacteur reste alimenté après qu’on a relâché S62. Seule une ouverture du circuit (S61 ou F6) le fait retomber.
Après un déclenchement de F6, le moteur ne repart pas tout seul quand le relais thermique est réarmé : il faut un nouvel appui sur S62, puisque l’auto-maintien est perdu. C’est une sécurité voulue. Et le réarmement n’est fait que par une personne habilitée et désignée, après avoir cherché la cause du déclenchement.
ESuivre un renvoi entre folios
Dans un dossier de plusieurs folios, un même appareil apparaît à plusieurs endroits : les contacts principaux de KM6 sur le folio de puissance, sa bobine et ses contacts auxiliaires sur le folio de commande. Les renvois permettent de passer de l’un à l’autre.
Retrouver tous les contacts d'un appareil
- Trouve la bobine de l’appareil (par exemple KM6, folio 2, colonne 2).
- Lis la table des contacts dessinée sous la bobine : chaque ligne donne un contact (1-2, 13-14…) et son adresse « folio.colonne ».
- Va à chaque adresse et vérifie que le contact porte bien le repère de l’appareil.
- En sens inverse : près d’un contact, le renvoi donne l’adresse de la bobine.
Bilal cherche ce qui allume le voyant H61. Folio 2, colonne 4 : le contact KM6 23-24. La table des contacts de KM6 confirme : « 23-24 → 2.4 ». Conclusion de Bilal : « H61 indique que la bobine de KM6 est alimentée, pas forcément que le moteur tourne. Si Q6 est ouvert, H61 peut être allumé alors que M6 est arrêté. » C’est exactement le genre de remarque qu’on attend d’un technicien supérieur.
FBornier et implantation
Les deux derniers folios du dossier répondent à des questions pratiques : quel fil sur quelle borne, et où se trouve chaque appareil.
Le dossier contient aussi un plan de la zone : il montre où sont le tableau, le coffret, le moteur et par où passent les câbles. Il sert à préparer l’accès, le balisage de la zone de travail et le temps de déplacement.
GLe cartouche et l’indice
À quoi ça sert ? À identifier chaque folio et à savoir s’il est à jour.
Bilal trouve dans la pochette de la porte de CP6 un folio 2 (commande) à l’indice A, alors que le dossier de Calvérac est à l’indice B. Ce folio 2 à l’indice A ne montre ni le voyant H62 ajouté en septembre 2024 ni le contact 97-98 de F6 qui l’allume. Il le signale à Élodie : la copie de la porte doit être remplacée par l’indice B. Ce n’est pas un détail : un dépanneur qui lirait le folio A chercherait un voyant de défaut qui « n’existe pas ».
HPlans du bâtiment et dessins mécaniques
À quoi ça sert ? Une installation électrique s’inscrit dans un bâtiment et entraîne des machines : le dossier contient aussi des documents d’architectes et de mécaniciens.
- Le plan de situation place le bâtiment dans la commune (accès, voirie, réseaux publics) ; le plan de masse montre le bâtiment sur son terrain, avec les abords, les accès, l’emplacement du poste de livraison et des tranchées.
- Les plans architecturaux (plans de niveaux, coupes, façades) donnent les murs, les cloisons, les hauteurs sous plafond et les ouvertures, souvent à l’échelle 1/100 ou 1/50. On les adapte en y reportant tableaux, cheminements, luminaires et prises : c’est le fond des plans d’implantation électriques (U7-06). Ils signalent aussi les contraintes : murs coupe-feu à ne pas percer sans précaution, faux plafonds, matériaux, isolation.
- Un dessin d’ensemble de mécanique représente un sous-ensemble (un motoréducteur, un palier, un accouplement) avec une nomenclature : un repère par pièce, sa désignation, sa quantité. Une vue éclatée montre l’ordre de montage. On y lit comment le mouvement passe du moteur à la machine : arbre, clavette, accouplement, roulements, réducteur.
Lire un dessin mécanique pour une intervention
Avant de remplacer un moteur, repère sur le dessin d’ensemble comment il est fixé et accouplé : bride ou pattes, diamètre et longueur de l’arbre, type d’accouplement. Une donnée de la plaque (hauteur d’axe, forme de fixation) permet de vérifier qu’un moteur de rechange se monte sans adaptation (U4-13).
4. Notices et documentations de constructeurs
Les schémas disent comment les appareils sont reliés ; les documents des constructeurs disent ce que chaque appareil sait faire, comment le régler et comment l’entretenir. Une partie de ces documents est en anglais.
ALa plaque signalétique
À quoi ça sert ? À connaître les caractéristiques assignées d’un appareil (celles pour lesquelles il est construit) sans document supplémentaire : elle est fixée sur l’appareil lui-même.
Valeur assignée
Une valeur assignée (ou nominale) est la valeur fixée par le constructeur pour un fonctionnement normal : puissance utile, tension, courant, vitesse. Le moteur M6 a une puissance utile assignée de 11 kW et un courant assigné de 21,7 A sous 400 V.
Le courant à retenir dépend de la tension du réseau. La plaque de M6 indique « 21,7 A / 12,6 A » pour « 400 V Δ / 690 V Y ». Sur le réseau de Ternevault (400 V entre phases), le moteur est couplé en triangle et absorbe 21,7 A : c’est cette valeur qui règle F6, pas 12,6 A.
BLa fiche technique et la notice
La fiche technique (en anglais datasheet) résume les caractéristiques d’un matériel : calibres, plages de réglage, dimensions, conditions d’emploi. La notice (manual) explique l’installation, le réglage, la mise en service et la maintenance. Elles viennent du constructeur, souvent via le grossiste (pour Calvérac, Sorbelin Distribution Électrique).
| Appareil | Information | Valeur | Usage pour la visite |
|---|---|---|---|
| KM6 | calibre en catégorie AC-3 sous 400 V | 25 A | vérifier qu’il dépasse 21,7 A |
| KM6 | tension de la bobine | 24 V ~, 50 Hz | cohérente avec T61 |
| F6 | plage de réglage | 17 à 25 A | 21,7 A est dans la plage |
| F6 | contacts auxiliaires | 95-96 et 97-98 | identiques au folio 2 |
| T61 | puissance, tensions | 63 VA, 400 V / 24 V | courant secondaire maximal 63 / 24 ≈ 2,6 A |
| F62 | calibre | 2 A | protège le secondaire de T61 |
La catégorie d’emploi AC-3 désigne l’usage d’un contacteur pour démarrer et arrêter des moteurs asynchrones à cage : c’est le calibre à comparer au courant du moteur.
Le transformateur de commande T61
Données : T61, 63 VA, 400 V / 24 V.
- Courant secondaire assigné : I2 = S / U2 = 63 VA / 24 V ≈ 2,63 A.
- Courant primaire assigné : I1 = S / U1 = 63 VA / 400 V ≈ 0,158 A.
Interprétation : F62 (2 A) est inférieur à 2,63 A : il protège bien le secondaire contre une surcharge. F61 (1 A) protège le primaire et son câblage ; son calibre, plus élevé que 0,158 A, tient compte du fort courant d’appel à la mise sous tension d’un transformateur (choix du constructeur, à respecter tel quel).
CLes documents en anglais
Les matériels viennent de constructeurs du monde entier : beaucoup de fiches techniques et de notices sont en anglais. Tu dois savoir en extraire les informations techniques, même si ton anglais est hésitant. Pour le vocabulaire et pour l’oral d’anglais (E2), revois ANG-22 « L’anglais de l’électrotechnicien ».
| Anglais | Français | Ce qu’il faut en retenir |
|---|---|---|
| setting range | plage de réglage | 17 à 25 A : on règle le cadran au courant de la plaque du moteur |
| trip class 10A | classe de déclenchement 10A | une des classes qui fixent la durée de déclenchement en surcharge ; adaptée aux démarrages courts |
| auxiliary contacts: 1 NC + 1 NO | contacts auxiliaires : un à ouverture, un à fermeture | 95-96 coupe KM6 ; 97-98 allume H62 |
| reset: manual or automatic | réarmement manuel ou automatique | réglé en manuel : le relais ne se réarme pas seul |
| test button | bouton de test | simule un déclenchement, pour les essais faits par une personne habilitée |
| ambient temperature compensation | compensation de la température ambiante | le réglage reste juste de −20 à +60 °C |
Exploiter un document en anglais
- Repère le type de document : datasheet (caractéristiques), manual (notice), wiring diagram (schéma de câblage).
- Cherche d’abord les nombres et les unités : ils se lisent dans toutes les langues.
- Traduis les mots-clés autour des nombres (rated, range, class, max.).
- Fais attention aux faux amis et aux notations : la virgule décimale s’écrit avec un point en anglais (5.5 kW = 5,5 kW).
- Recopie l’information traduite dans ta fiche, avec la référence du document.
« Reset: automatic » ne veut pas dire « c’est mieux ». Un relais thermique en réarmement automatique peut relancer un circuit sans intervention humaine. Sur CP6, le réarmement est manuel, et l’auto-maintien empêche de toute façon un redémarrage seul. Si tu trouves un relais en position automatique alors que le dossier dit manuel, c’est un écart à signaler.
DLes fiches d’éclairage
À quoi ça sert ? Comparer des luminaires, ou vérifier un remplacement, demande de comprendre ce qu’une fiche technique dit de la lumière.
La lumière est une onde électromagnétique, comme les ondes radio ou les infrarouges, mais de longueur d’onde λ comprise entre environ 380 et 780 nm (le visible). Longueur d’onde et fréquence sont liées par λ = c / f, avec c ≈ 3 × 108 m/s : du côté des courtes longueurs d’onde se trouvent les ultraviolets, du côté des grandes les infrarouges, puis les micro-ondes et les ondes radio. La lumière transporte son énergie par paquets, les photons, d’énergie E = h × f (h ≈ 6,63 × 10−34 J·s) : un photon bleu (450 nm, 2,76 eV) porte plus d’énergie qu’un photon rouge (650 nm, 1,91 eV), et un photon ultraviolet encore plus.
| Grandeur | Unité | Sens | Repère |
|---|---|---|---|
| Flux lumineux | lumen (lm) | quantité de lumière émise, pondérée par la sensibilité de l’œil (maximale vers 555 nm) | 4 000 lm |
| Efficacité lumineuse | lm/W | flux par watt consommé | LED 4 000 lm / 30 W ≈ 133 lm/W |
| Éclairement | lux (lx) = lm/m² | lumière reçue par une surface ; se mesure au luxmètre | 300 à 500 lx sur un bureau |
| Température de couleur | kelvin (K) | teinte : 2 700 K chaude, 4 000 K neutre, 6 500 K froide | 4 000 K en atelier |
| Indice de rendu des couleurs (IRC) | 0 à 100 | fidélité des couleurs éclairées | ≥ 80 au poste de travail |
Une lampe à incandescence ou le soleil ont un spectre continu : toutes les longueurs d’onde sont présentes. Une lampe à décharge (sodium, mercure) a un spectre de raies : quelques longueurs d’onde seulement, chacune correspondant à un photon d’énergie précise émis par les atomes du gaz. Une LED blanche associe une raie bleue et une large bande jaune. La température de couleur vient du rayonnement d’un corps chaud : plus il est chaud, plus son maximum d’émission se déplace vers le bleu (λmax × T ≈ 2,9 × 10−3 m·K : vers 500 nm pour le soleil à 5 800 K, vers 970 nm, dans l’infrarouge, pour un filament à 3 000 K, qui chauffe donc plus qu’il n’éclaire).
Le risque des rayonnements optiques
Les ultraviolets brûlent la peau et les yeux ; une lumière bleue intense fatigue la rétine ; les infrarouges chauffent. Les fiches classent les sources par groupe de risque photobiologique, et l’arc d’un court-circuit émet un rayonnement dangereux : ne regarde jamais une source intense de près et respecte les écrans et lunettes prévus (U6-01).
5. L’historique de maintenance
Les schémas décrivent l’installation telle qu’elle doit être ; l’historique raconte ce qui lui est arrivé. Pannes répétées, pièces changées, observations des intervenants : c’est souvent là que se cache la clé d’un diagnostic.
ACe que contient l’historique
À quoi ça sert ? À ne pas recommencer à zéro à chaque panne, et à repérer les défauts qui se répètent.
Ordre de travail et compte rendu
- Un ordre de travail (OT) est la demande enregistrée d’une intervention : équipement, date, nature (préventive ou corrective), intervenants.
- Le compte rendu d’intervention décrit ce qui a été constaté et fait : symptômes, mesures relevées, cause trouvée, pièces remplacées, durée, état final.
Dans une GMAO, chaque équipement a une fiche (repère, caractéristiques, documents associés) et un historique (la liste de ses OT). On distingue :
- la maintenance préventive, faite avant la panne, souvent selon un planning (visites, contrôles, remplacements systématiques) ;
- la maintenance corrective, faite après une défaillance.
Ces formes de maintenance, le plan de maintenance et les indicateurs (comme le temps moyen entre défaillances) sont traités dans U5-06 « Organiser la maintenance ». Ici, l’objectif est de lire un historique et d’en extraire ce qui est utile.
BLire un historique
Pour s’entraîner, Élodie confie à Bilal l’historique 2025 du compresseur d’air M3 de Ternevault, piloté par son variateur U3 (un variateur de vitesse alimente le moteur à fréquence réglable, U4-06).
| Date | Type | Constat et action | Durée de l’intervention | Arrêt de production |
|---|---|---|---|---|
| samedi 18/01 | préventive | visite trimestrielle | 90 min | 0 |
| mardi 11/02 | corrective | défaut OH du variateur ; filtre de ventilation de l’armoire encrassé, remplacé | 45 min | 30 min |
| samedi 19/04 | préventive | visite trimestrielle | 90 min | 0 |
| mardi 24/06 | corrective | défaut OH ; filtre encrassé, remplacé | 40 min | 25 min |
| mardi 08/07 | corrective | défaut OH ; ventilateur de l’armoire hors service, remplacé | 70 min | 60 min |
| samedi 19/07 | préventive | visite trimestrielle | 90 min | 0 |
| mardi 16/09 | corrective | fuite d’air sur un raccord | 60 min | 0 |
| samedi 18/10 | préventive | visite trimestrielle | 90 min | 0 |
| mardi 25/11 | corrective | capteur de pression défaillant, remplacé | 50 min | 40 min |
Extraire des chiffres d'un historique
- Nombre d’interventions : 4 préventives + 5 correctives = 9.
- Durée des correctives : 45 + 40 + 70 + 60 + 50 = 265 min, soit 4 h 25 min.
- Arrêts de production : 30 + 25 + 60 + 0 + 40 = 155 min, soit 2 h 35 min.
- Part du défaut OH : 3 correctives sur 5, soit 60 % des correctives ; arrêts dus à OH : 30 + 25 + 60 = 115 min, soit 115 / 155 ≈ 74 % des arrêts.
Interprétation : un seul défaut, la surchauffe du variateur, explique les trois quarts des arrêts. Ce qu’on en tire n’est pas encore un diagnostic : c’est une piste à transmettre (ventilation de l’armoire de U3 à contrôler, filtres à remplacer plus souvent avant l’été).
Ne mélange pas durée d’intervention et durée d’arrêt de production. Une visite préventive du samedi dure 90 min mais n’arrête pas la production ; une fuite d’air réparée sans arrêter le compresseur non plus. C’est l’arrêt de production qui coûte au client.
CLes rapports de vérification
Le dossier contient aussi les rapports des organismes de vérification, comme Alvesque Contrôle chez Ternevault. Ils listent les anomalies constatées à une date donnée, avec leur localisation (tableau, départ, repère). Le contenu des vérifications et l’interprétation des mesures d’isolement, de continuité ou de terre sont étudiés dans U5-03 « Contrôler la sécurité d’une installation ».
Dans le dernier rapport d’Alvesque Contrôle, Bilal cherche les lignes qui concernent TD-AT2 et CP6. Il en trouve une (fictive) : « TD-AT2, départ Q25 : étiquette de repérage absente ». Il l’ajoute à sa fiche : la visite de samedi est l’occasion de poser l’étiquette et de lever l’anomalie, ce qui sera noté dans le compte rendu.
6. Organiser l’information extraite
Extraire une information ne suffit pas : il faut la ranger pour qu’elle serve à quelqu’un, la croiser avec d’autres sources et signaler ce qui ne colle pas. C’est le travail attendu d’un technicien supérieur à l’E5.
AUne méthode en six étapes
Exploiter un dossier technique
- Formuler la question : « Que faut-il savoir pour préparer la visite de CP6 ? » ou « Pourquoi F6 déclenche-t-il ? ».
- Repérer les documents utiles : schémas, notices, historique, rapports. Ne lis pas tout : choisis.
- Vérifier la version : indice, date, cohérence avec les autres documents et avec ce qui est installé.
- Extraire : repères, valeurs, réglages, renvois, dates. Recopie avec l’unité et la source.
- Croiser et organiser : rassemble les informations dans un tableau ; cherche les incohérences (deux valeurs différentes pour un même réglage, un appareil absent d’un folio).
- Transmettre : une fiche claire, datée, avec les écarts et les points à vérifier par une personne habilitée.
BLa fiche de synthèse
Mardi 10 novembre 2026, Bilal remet sa fiche à Élodie. Elle tient sur une page.
| Rubrique | Contenu extrait | Source |
|---|---|---|
| équipement | pompe à colle M6, ligne 2, coffret CP6 | dossier TER-L2-CP6, indice B |
| alimentation | Q25 de TD-AT2 (32 A), câble W25 4G6, 35 m ; aucune autre source | folio 1, unifilaire |
| appareil de séparation | Q25 (TD-AT2), à consigner par le chargé de consignation désigné par Ternevault | unifilaire |
| réglages | F6 réglé à 21,7 A, réarmement manuel ; Q6 25 A | folio 1, fiche de F6 |
| moteur | 11 kW, 400 V triangle, 21,7 A, IE3, IP55, 2024 | plaque de M6 |
| commande | 24 V ~ par T61 (63 VA), F61 2 × 1 A, F62 2 A | folio 1, folio 2 |
| historique | thermographie du 15/03/2025 : borne X6:5 à 48 °C, resserrée hors tension | GMAO |
| anomalies connues | étiquette de Q25 absente (rapport de vérification) ; copie du folio 2 de la porte à l’indice A | rapport, constat |
| points de la visite | serrage du bornier X6 (surtout X6:5), état de KM6, essai de F6 avec le bouton de test, voyants, étiquettes, remplacement du folio de la porte | notices, historique |
| intervenants | opérations faites par le technicien habilité désigné par Élodie ; Bilal en exécutant sous sa conduite | titres d’habilitation (U6-02) |
Une bonne fiche de synthèse est courte, sourcée (chaque information dit d’où elle vient) et actionnable : celui qui la lit sait quoi faire, avec quoi, et sur quel appareil. Elle sépare clairement ce qui est sûr (lu dans un document à jour) de ce qui reste à vérifier.
CLes écarts entre dossier et terrain
Le terrain ne correspond pas toujours au dossier : une modification a été faite sans mise à jour, un fil a été déplacé, une étiquette est tombée. Ces écarts sont fréquents dans les installations anciennes.
Écart
Un écart est une différence entre ce que dit le dossier et ce qui est constaté sur l’installation : appareil absent ou en plus, repère différent, réglage différent, raccordement différent, version de document périmée.
Traiter un écart
- Décris-le précisément : où, quoi, constaté par qui, quand.
- Ne conclus pas trop vite : qui a raison, le dossier ou le terrain ? Une modification volontaire a pu ne pas être reportée.
- Évalue l’effet possible sur la sécurité et sur le fonctionnement (par exemple, une source oubliée sur le schéma est un danger grave pour une consignation).
- Signale-le au responsable (chez Calvérac : Élodie Fournel ; chez le client : Thierry Bouvet), par écrit.
- Fais vérifier par une personne habilitée, puis mets à jour le dossier avec un nouvel indice.
Ne corrige jamais un schéma « de mémoire » ou d’après ce qu’on t’a dit au téléphone. Et ne corrige jamais l’installation pour la faire coller au schéma sans décision du responsable : le schéma est peut-être faux. Dans les deux cas, l’écart est signalé, vérifié, puis tracé.
DLe dossier à l’épreuve E5
À l’E5 Analyse, diagnostic, maintenance, la commission (un professeur de physique-chimie et un professeur de sciences et techniques industrielles) te confie une activité sur un support authentique : une installation réelle et son dossier. En forme ponctuelle, la première partie de l’épreuve (environ 1 h 30 recommandée) sert justement à prendre connaissance du support et à présenter les solutions retenues (voir U5-09 « Réussir l’épreuve E5 »).
Ce que la commission observe
- Tu trouves vite le bon document et tu vérifies sa version.
- Tu lis correctement les symboles, les repères et les renvois.
- Tu extrais des valeurs avec leur unité et tu vérifies leur cohérence (plaque, réglage, calcul).
- Tu organises l’information dans un tableau ou une fiche.
- Tu identifies ce qui doit être mesuré ou vérifié par une personne habilitée, et tu proposes un protocole (U5-02 « Mesurer les grandeurs électriques »).
- Tu signales les écarts au lieu de les ignorer.
Erreurs fréquentes
| Erreur | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Travailler sur un schéma sans regarder l’indice | vérifie toujours le cartouche : indice, date, nature de la dernière modification |
| Lire un schéma « en fonctionnement » | les appareils sont dessinés au repos : bobines non alimentées, boutons relâchés |
| Confondre disjoncteur, sectionneur et contacteur | croix = disjoncteur ; trait = sectionneur ; demi-cercle = contacteur |
| Croire que 13-14 est un contact à ouverture | le second chiffre donne la fonction : 1-2 ouverture, 3-4 fermeture |
| Oublier les renvois | un appareil a des contacts sur plusieurs folios : suis la table des contacts |
| Régler un relais thermique avec la mauvaise tension | prends le courant de la plaque qui correspond à la tension du réseau |
| Confondre arrêt d’intervention et arrêt de production | seul l’arrêt de production mesure la gêne du client |
| Ignorer un document en anglais | extrais d’abord les nombres et unités, puis les mots-clés (ANG-22) |
| Corriger un écart sans le signaler | un écart est signalé, vérifié par une personne habilitée, puis tracé dans un nouvel indice |
| Déduire l’absence de tension d’une couleur ou d’un schéma | seule la VAT (vérification d’absence de tension) faite par une personne habilitée le garantit (U6-02) |
L’essentiel du chapitre
À retenir
- Dossier technique : schémas, plans, notices et fiches, notes de calcul, rapports, historique ; il décrit l’installation telle qu’elle est. Établi par le maître d’ouvrage et transmis à l’employeur (C. trav., art. R. 4215-2 ; contenu fixé par l’arrêté du 20/04/2012), tenu à jour par l’employeur après toute modification (art. R. 4226-6).
- DOE : dossier des ouvrages exécutés, remis au client à la réception. DIUO : informations pour la prévention lors des interventions futures (art. L. 4532-16).
- Indice : la version d’un document ; seul le document à jour est fiable.
- Symboles (CEI 60617) dessinés au repos ; lettres repères usuelles Q, KM, KA, F, S, H, M, T, X, W, B, U, E (à vérifier dans la légende de chaque dossier).
- Bornes : 1-2, 3-4, 5-6 puissance ; A1-A2 bobine ; auxiliaires : premier chiffre = rang, second = fonction (1-2 ouverture, 3-4 fermeture) ; relais thermique 95-96 et 97-98 ; moteur U1, V1, W1.
- Schémas : principe → unifilaire → puissance → commande → bornier → implantation ; renvoi « folio.colonne » et table des contacts.
- Auto-maintien : contact du contacteur en parallèle sur le bouton de marche ; l’arrêt ou le relais thermique le fait retomber.
- Documents de constructeurs : plaque (valeurs assignées), fiche technique, notice ; en anglais, chercher d’abord nombres et unités.
- Historique : OT et comptes rendus ; distinguer préventif et correctif, durée d’intervention et arrêt de production ; repérer les défauts répétitifs.
- Méthode : question → documents → version → extraction → tableau → synthèse et écarts.
- Sécurité : extraire et préparer, oui ; toute opération sur l’installation est faite par une personne habilitée et désignée.
Sources et références
- Arrêté du 21 février 2020 portant définition et fixant les conditions de délivrance du BTS « Électrotechnique », modifié notamment par l’arrêté du 30 mars 2026 (session 2027) : compétence C2, définition de l’épreuve E5 (voir ANALYSE_REFERENTIEL_ELEC.md) ; liens entre compétences et tâches (T3.1, T4.1 à T4.3) d’après le document éduscol STI « BTS Électrotechnique — liens unités de formation, compétences et activités » (consulté le 23/10/2026).
- Code du travail, art. R. 4211-3, R. 4215-2, R. 4226-6, L. 4532-16 et R. 4532-95, versions en vigueur lues sur Légifrance le 23/10/2026.
- Arrêté du 20 avril 2012 relatif au dossier technique des installations électriques des bâtiments destinés à recevoir des travailleurs, articles 1er à 3, lu sur Légifrance le 23/10/2026.
- CEI 60617 / NF EN 60617, symboles graphiques pour schémas (formes des symboles comparées à la base de données en ligne de la CEI le 23/10/2026) ; NF EN IEC 81346-2, classification et lettres de repérage ; NF C 15-100, couleurs des conducteurs : normes citées par leur référence, présentées en principe, non reproduites.
- FuturBTS : U4-04, U4-06, U4-12, U5-02 à U5-06, U5-09, U6-01, U6-02, U7-05, U7-06 ; ANG-22 « L’anglais de l’électrotechnicien ».
Contenu original FuturBTS. Calvérac Électricité, Papeteries Ternevault, Sorbelin Distribution Électrique, Alvesque Contrôle et les personnes citées sont fictifs ; schémas, plaques, fiches techniques, historiques et rapports sont des exemples créés pour ce cours. Aucun symbole, tableau ni extrait de norme n’est reproduit : les symboles sont redessinés.