a. Elle est un repreneur, c’est-à-dire un
investisseur.
Elle ne cherche ni à être payée comme un fournisseur, ni à être
remboursée comme un banquier : elle cherche à savoir ce que vaut
l’entreprise et ce qu’elle rapportera. Son horizon est long, et
elle héritera aussi bien des dettes que de l’outil.
La première étape est de lire la question. Elle
ne coûte rien et commande tout le reste : un repreneur ne regarde pas
les mêmes chiffres qu’un fournisseur, et sortir la batterie complète des
ratios avant d’avoir su pour qui l’on travaille, c’est perdre la moitié
de son temps.
b. Deux grandeurs qui vont en sens contraire
Chiffre d’affaires : (2 800 000 − 2 500 000) ÷ 2 500 000 =
+12,00 %.
Capacité d’autofinancement : (210 000 − 250 000) ÷ 250 000 =
−16,00 %.
L’entreprise vend douze pour cent de plus et dégage seize pour
cent de moins. Le premier constat du dossier est là, et il tient en une
ligne.
c. Les trois indicateurs, exercice par exercice
Taux de valeur ajoutée : 1 000 000 ÷ 2 500 000 =
40,00 % en N−1 ; 1 064 000 ÷ 2 800 000 =
38,00 % en N.
Taux de marge nette : 100 000 ÷ 2 500 000 = 4,00 %
en N−1 ; 84 000 ÷ 2 800 000 = 3,00 % en N.
Capacité de remboursement : 500 000 ÷ 250 000 = 2,00
années en N−1 ; 840 000 ÷ 210 000 = 4,00
années en N.
d. Les trois questions du diagnostic
· Est-elle performante ? Non, elle l’est de
moins en moins. La croissance se paie : le taux de valeur ajoutée
perd deux points, la marge nette un point. L’entreprise a vendu
davantage en créant proportionnellement moins de richesse — achats plus
chers, sous-traitance, ou prix consentis pour gagner les commandes.
· Est-elle équilibrée ? Le tableau n’y suffit
pas, mais un signal est allumé. Les dettes financières ont augmenté
de 840 000 − 500 000 = 340 000,00 € en un exercice, et
la trésorerie a basculé du positif au négatif.
· Est-elle solvable ? C’est le point le plus
préoccupant. La capacité de remboursement double,
de deux à quatre années. Chaque euro emprunté en plus est remboursé par
une capacité d’autofinancement en baisse : les deux mouvements se
renforcent au lieu de se compenser.
e. Deux informations qui manquent
Deux suffisaient ; en voici quatre, toutes non
chiffrées.
· À quoi ont servi les 340 000,00 € empruntés ? Un
investissement productif qui n’a pas encore produit ne se lit pas comme
un trou comblé.
· La clientèle est-elle concentrée ? Une croissance
de douze pour cent obtenue chez un seul donneur d’ordre est une
croissance fragile.
· Le dirigeant part-il avec le carnet de commandes ?
C’est la question classique d’une reprise de PME.
· L’outil de production est-il à jour ? Des machines
totalement amorties embellissent le résultat aujourd’hui et imposent un
investissement demain.
La phrase à rendre : « La Fonderie Chaunaise
grandit sans s’enrichir, et s’endette pour le faire : le prix de reprise
doit être discuté sur la capacité d’autofinancement réelle, pas sur le
chiffre d’affaires affiché. »