Aller au contenu
FUTUR BTS FuturBTS
P6 · chapitre 1 Chapitre offert

À quoi sert l’analyse financière

Ce que tu sauras faire : Situer la démarche d’analyse financière et la conduire dans l’ordre

40 min de cours 5 exercices corrigés 5 questions de quiz
FUTUR BTS

Cherche d’abord au brouillon, puis ouvre le corrigé. Les exercices vont du plus simple au plus exigeant : les points indiquent leur difficulté. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat.

Exercice 1

À qui parle-t-on ?

analyse

découverte · 10 min

Pour chacune de ces cinq demandes adressées au service comptable de Verrières Sombret, dis quel lecteur la formule et quel outil tu sortirais en premier.

a. « Pouvez-vous me confirmer que vous serez en mesure d’honorer la traite du 30 juin ? »

b. « Le comité social demande comment se répartit la richesse créée par l’entreprise. »

c. « Avant d’accorder le prêt, nous voulons savoir en combien d’années votre activité rembourserait votre dette. »

d. « Mes parts valent-elles mieux placées ici qu’ailleurs ? »

e. « Mon métier gagne-t-il de l’argent, indépendamment de la façon dont je l’ai financé ? »

Voir le corrigé détaillé

a. Le fournisseur (ou le porteur de l’effet). Outil : la trésorerie et les prévisions à court terme. Il ne s’intéresse ni au résultat ni aux capitaux propres : il veut savoir si l’argent sera là ce jour-là.

b. Les salariés et leurs représentants. Outil : le partage de la valeur ajoutée — chapitre 4.

c. Le banquier. Outil : le rapport dettes financières ÷ capacité d’autofinancement, qui donne ici 2,70 années.

d. L’investisseur (l’associé). Outil : la rentabilité financière, résultat net rapporté aux capitaux propres, soit 4,23 % ici.

e. Le dirigeant. Outil : l’excédent brut d’exploitation, qui mesure ce que le métier dégage avant toute décision de financement — 336 000,00 €.

Les cinq réponses sortent des mêmes comptes. C’est la question qui change, pas la matière première.

Exercice 2

Le commentaire en trois morceaux

rédaction

application · 15 min

Voici quatre constats bruts relevés sur les comptes d’une PME. Pour chacun, rédige une phrase de commentaire comportant le constat, une cause plausible et une conséquence.

a. Le stock de produits finis passe de 130 000,00 € à 180 000,00 € alors que les ventes sont stables.

b. Les charges de personnel représentent 77 % de la valeur ajoutée contre 71 % dans le secteur.

c. Le délai de règlement des clients atteint 56 jours, celui des fournisseurs 51 jours.

d. La trésorerie nette est identique d’un exercice à l’autre alors que l’entreprise a investi 401 000,00 €.

Astuce

Indice

Pour trouver la conséquence, demande-toi toujours : « et l’argent, alors ? » La plupart des constats d’analyse financière finissent par une phrase sur la trésorerie.

Voir le corrigé détaillé

Les formulations ci-dessous ne sont pas les seules possibles ; ce qui compte est la présence des trois morceaux.

a. Le stock de produits finis gagne 50 000,00 € à ventes constantes (constat), ce qui traduit une production supérieure aux sorties — anticipation d’une commande, ou invendus (cause) ; l’entreprise immobilise de la trésorerie dans son stock, et son besoin en fonds de roulement augmente d’autant (conséquence).

b. Le personnel absorbe 77 % de la valeur ajoutée contre 71 % dans le secteur (constat), ce qui signale une activité de main-d’œuvre peu automatisée, ou des salaires supérieurs à la moyenne (cause) ; il reste donc moins de richesse pour rémunérer les prêteurs et renouveler l’outil (conséquence).

c. L’entreprise encaisse ses clients en 56 jours et règle ses fournisseurs en 51 (constat), soit un décalage défavorable de 5 jours, probablement subi face à de gros donneurs d’ordre (cause) ; elle finance ses clients sur ses propres ressources, ce qui pèse sur son besoin en fonds de roulement (conséquence).

d. La trésorerie est inchangée malgré 401 000,00 € investis (constat), signe que l’investissement a été couvert par des ressources durables — capital et emprunt — et non par la trésorerie (cause) ; l’équilibre a donc été tenu, mais il faudra vérifier que le fonds de roulement n’a pas été entièrement absorbé par le besoin en fonds de roulement (conséquence).

C’est exactement ce que fera le chapitre 18.

Exercice 3

Trier avant de calculer

analyse

maîtrise · 20 min

Un sujet d’examen pose la question suivante : « Le dirigeant de Verrières Sombret envisage d’emprunter 300 000,00 € pour financer une nouvelle ligne de découpe. Le banquier vous demande votre avis. »

a. Parmi les dix outils ci-dessous, lesquels retiens-tu, et dans quel ordre ? Justifie chaque choix en une ligne.

Marge commerciale · capacité d’autofinancement · taux de partage de la valeur ajoutée · dettes financières rapportées à la CAF · rentabilité financière · fonds de roulement net global · besoin en fonds de roulement · délai de règlement des fournisseurs · autonomie financière · seuil de rentabilité

b. Quels outils écartes-tu, et pourquoi ?

c. Quelle information, absente des comptes, te manque pour conclure ?

Astuce

Indice

Demande-toi pour chaque outil : « le banquier y gagne-t-il une information sur son remboursement ? » Si la réponse est non, l’outil est hors sujet, même s’il est juste.

Voir le corrigé détaillé

a. Quatre outils suffisent, dans cet ordre :

1. La capacité d’autofinancement — 259 000,00 €. C’est elle qui remboursera l’emprunt : c’est donc par elle qu’on commence.

2. Les dettes financières rapportées à la CAF — 2,70 années aujourd’hui. Le nouvel emprunt porterait la dette à 1 000 000,00 €, soit près de quatre années de CAF — encore acceptable, mais plus du tout confortable.

3. L’autonomie financière — 49,38 % de capitaux propres dans le bilan. C’est ce qui dit s’il reste de la marge pour s’endetter.

4. Le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement — l’investissement va-t-il déséquilibrer le haut du bilan ? Aujourd’hui 646 000,00 € contre 596 000,00 €.

b. On écarte les six autres, et il faut savoir dire pourquoi :

· la marge commerciale ne concerne que l’activité de négoce, marginale ici ;

· le taux de partage de la valeur ajoutée intéresse les salariés, pas le prêteur ;

· la rentabilité financière intéresse l’associé : le banquier est remboursé avant lui, et se moque de ce qui reste ensuite ;

· le délai fournisseurs est un outil de trésorerie courante, pas de décision d’investissement ;

· le seuil de rentabilité relève du processus 5 et raisonne sur des coûts prévisionnels, pas sur les comptes publiés.

Écarter est une compétence évaluée : une copie qui sort les dix outils montre qu’elle n’a pas lu la question.

c. Il manque les flux futurs du projet. Les comptes disent ce que l’entreprise a fait, pas ce que la nouvelle ligne rapportera. Sans une prévision des recettes et des économies attendues, on ne peut pas dire si l’emprunt sera remboursé par le projet lui-même — et c’est précisément l’objet des chapitres 13 à 15.

Exercice 4

Le dossier de reprise de la Fonderie Chaunaise

cas

maîtrise · 18 min

Madame Ferrand dirige un atelier de mécanique. Elle envisage de racheter la Fonderie Chaunaise, une PME de trente salariés, et vous confie le dossier. Voici ce que le vendeur a transmis.

· Chiffre d’affaires hors taxes : 2 500 000,00 € en N−1, 2 800 000,00 € en N
· Valeur ajoutée : 1 000 000,00 € en N−1, 1 064 000,00 € en N
· Résultat de l’exercice : 100 000,00 € en N−1, 84 000,00 € en N
· Capacité d’autofinancement : 250 000,00 € en N−1, 210 000,00 € en N
· Dettes financières : 500 000,00 € en N−1, 840 000,00 € en N
· Trésorerie nette : +60 000,00 € en N−1, −40 000,00 € en N

a. Quel lecteur des comptes Madame Ferrand est-elle, et que cherche-t-elle exactement ? Rappelle la première étape de la démarche et dis pourquoi elle passe avant tout calcul.

b. Calcule le taux de variation du chiffre d’affaires et celui de la capacité d’autofinancement entre N−1 et N.

c. Calcule, pour chacun des deux exercices, le taux de valeur ajoutée, le taux de marge nette et la capacité de remboursement — dettes financières rapportées à la capacité d’autofinancement.

d. Range tes constats sous les trois questions du diagnostic.

e. Cite deux informations, absentes de ce tableau, sans lesquelles tu refuserais de conclure.

Astuce

Indice

Le chiffre d’affaires monte et tout le reste descend. Quand les grandeurs vont dans des sens opposés, c’est presque toujours là que se trouve le diagnostic.

Voir le corrigé détaillé

a. Elle est un repreneur, c’est-à-dire un investisseur.

Elle ne cherche ni à être payée comme un fournisseur, ni à être remboursée comme un banquier : elle cherche à savoir ce que vaut l’entreprise et ce qu’elle rapportera. Son horizon est long, et elle héritera aussi bien des dettes que de l’outil.

La première étape est de lire la question. Elle ne coûte rien et commande tout le reste : un repreneur ne regarde pas les mêmes chiffres qu’un fournisseur, et sortir la batterie complète des ratios avant d’avoir su pour qui l’on travaille, c’est perdre la moitié de son temps.

b. Deux grandeurs qui vont en sens contraire

Chiffre d’affaires : (2 800 000 − 2 500 000) ÷ 2 500 000 = +12,00 %.

Capacité d’autofinancement : (210 000 − 250 000) ÷ 250 000 = −16,00 %.

L’entreprise vend douze pour cent de plus et dégage seize pour cent de moins. Le premier constat du dossier est là, et il tient en une ligne.

c. Les trois indicateurs, exercice par exercice

Taux de valeur ajoutée : 1 000 000 ÷ 2 500 000 = 40,00 % en N−1 ; 1 064 000 ÷ 2 800 000 = 38,00 % en N.

Taux de marge nette : 100 000 ÷ 2 500 000 = 4,00 % en N−1 ; 84 000 ÷ 2 800 000 = 3,00 % en N.

Capacité de remboursement : 500 000 ÷ 250 000 = 2,00 années en N−1 ; 840 000 ÷ 210 000 = 4,00 années en N.

d. Les trois questions du diagnostic

· Est-elle performante ? Non, elle l’est de moins en moins. La croissance se paie : le taux de valeur ajoutée perd deux points, la marge nette un point. L’entreprise a vendu davantage en créant proportionnellement moins de richesse — achats plus chers, sous-traitance, ou prix consentis pour gagner les commandes.

· Est-elle équilibrée ? Le tableau n’y suffit pas, mais un signal est allumé. Les dettes financières ont augmenté de 840 000 − 500 000 = 340 000,00 € en un exercice, et la trésorerie a basculé du positif au négatif.

· Est-elle solvable ? C’est le point le plus préoccupant. La capacité de remboursement double, de deux à quatre années. Chaque euro emprunté en plus est remboursé par une capacité d’autofinancement en baisse : les deux mouvements se renforcent au lieu de se compenser.

e. Deux informations qui manquent

Deux suffisaient ; en voici quatre, toutes non chiffrées.

· À quoi ont servi les 340 000,00 € empruntés ? Un investissement productif qui n’a pas encore produit ne se lit pas comme un trou comblé.

· La clientèle est-elle concentrée ? Une croissance de douze pour cent obtenue chez un seul donneur d’ordre est une croissance fragile.

· Le dirigeant part-il avec le carnet de commandes ? C’est la question classique d’une reprise de PME.

· L’outil de production est-il à jour ? Des machines totalement amorties embellissent le résultat aujourd’hui et imposent un investissement demain.

La phrase à rendre : « La Fonderie Chaunaise grandit sans s’enrichir, et s’endette pour le faire : le prix de reprise doit être discuté sur la capacité d’autofinancement réelle, pas sur le chiffre d’affaires affiché. »

Exercice 5

Réécrire un commentaire qui ne dit rien

rédaction

maîtrise · 16 min

Un stagiaire a rendu le paragraphe suivant sur la Papeterie de l’Oise.

« Le chiffre d’affaires a augmenté, ce qui est une bonne nouvelle. Le résultat reste positif et les ratios sont corrects. La trésorerie a un peu baissé mais cela n’est pas grave. Pour améliorer la situation, l’entreprise devrait augmenter son chiffre d’affaires. »

Voici les chiffres dont il disposait.

· Chiffre d’affaires hors taxes : 4 000 000,00 € en N−1, 4 200 000,00 € en N
· Excédent brut d’exploitation : 480 000,00 € en N−1, 420 000,00 € en N
· Résultat de l’exercice : 120 000,00 € en N−1, 84 000,00 € en N
· Trésorerie nette : +150 000,00 € en N−1, −60 000,00 € en N

a. Relève quatre défauts du paragraphe. Nomme-les.

b. Calcule les trois taux de variation et les deux taux de marge — l’excédent brut d’exploitation rapporté au chiffre d’affaires, puis le résultat rapporté au chiffre d’affaires.

c. Chiffre la variation de la trésorerie nette.

d. Réécris le paragraphe en une dizaine de lignes. Chaque phrase doit porter un constat chiffré, une cause plausible et une conséquence, et la dernière doit nommer un levier que l’entreprise tient réellement.

Astuce

Indice

Le mot « augmenté » n’est pas un constat tant qu’il n’est pas suivi d’un pourcentage — et une hausse du chiffre d’affaires n’est une bonne nouvelle que si les marges suivent.

Voir le corrigé détaillé

a. Quatre défauts, et leur nom

· Aucun chiffre. « A augmenté », « a un peu baissé » : rien n’est mesuré, donc rien n’est démontré.

· Aucune comparaison. « Les ratios sont corrects » — corrects par rapport à quoi ? Ni au secteur, ni à l’exercice précédent, ni à un autre chiffre de l’entreprise.

· Aucune cause, aucune conséquence. Le commentaire s’arrête au constat et ne dit jamais pourquoi ni avec quel effet.

· Une recommandation vide. « Augmenter le chiffre d’affaires » est vrai de toutes les entreprises du monde, donc ne dit rien de celle-ci. Et c’est précisément la piste que les chiffres contredisent.

b. Les taux que le stagiaire n’a pas calculés

Chiffre d’affaires : (4 200 000 − 4 000 000) ÷ 4 000 000 = +5,00 %.

Excédent brut d’exploitation : (420 000 − 480 000) ÷ 480 000 = −12,50 %.

Résultat de l’exercice : (84 000 − 120 000) ÷ 120 000 = −30,00 %.

Marge brute d’exploitation : 480 000 ÷ 4 000 000 = 12,00 % en N−1 ; 420 000 ÷ 4 200 000 = 10,00 % en N.

Marge nette : 120 000 ÷ 4 000 000 = 3,00 % en N−1 ; 84 000 ÷ 4 200 000 = 2,00 % en N.

c. La trésorerie

−60 000 − 150 000 = −210 000,00 € en un exercice. Ce n’est pas « un peu » : c’est plus de deux fois le résultat de l’année.

d. Le paragraphe réécrit

Un modèle possible — ce n’est pas le seul texte recevable, mais tout texte recevable comporte les mêmes appuis.

« L’activité progresse de 5,00 %, mais l’excédent brut d’exploitation recule de 12,50 % et le résultat de 30,00 % : l’entreprise vend plus et gagne moins. Le taux de marge brute d’exploitation passe de 12,00 % à 10,00 %, soit deux points perdus sur le cœur même du métier.

Cette dégradation ne vient donc pas du volume : elle vient des prix ou des coûts. Une hausse du prix des matières non répercutée, ou des remises consenties pour obtenir les 200 000,00 € de chiffre d’affaires supplémentaires, expliqueraient ce profil.

La conséquence se lit en bas du bilan : la trésorerie nette perd 210 000,00 € et devient négative. L’entreprise finance désormais son exploitation à découvert, ce qui ajoute des frais financiers à une marge déjà en recul.

Le levier n’est pas de vendre davantage — c’est ce que l’entreprise vient de faire, et cela lui a coûté de l’argent. Il est de reprendre la marge : réviser les tarifs des commandes les moins rentables, renégocier les achats de pâte à papier, et vérifier ce que rapporte réellement chaque nouveau client gagné cette année. »

Compare les deux textes : le second ne contient pas un mot d’appréciation personnelle. Tout y est appuyé sur un pourcentage, et c’est cela que le correcteur crédite.

Prêt pour le quiz ?

5 questions pour vérifier que tout est acquis.

Faire le quiz