Reconnaître l’épreuve et ses exigences
tridécouverte · 15 min
a. Un camarade te prête des annales de 2021. Que peux-tu en tirer, et qu’est-ce qui n’est plus valable ?
b. Sur vingt points, combien vaut l’essai ? Quelle conséquence cela a-t-il sur la gestion du temps ?
c. Classe ces quatre phrases en « paraphrase » ou « analyse » :
1. L’auteur dit que la rumeur se répand plus vite que le démenti.
2. En plaçant le démenti après la rumeur, l’auteur suggère que l’ordre d’arrivée compte davantage que la vérité.
3. Le document 2 est une photographie prise en 1962.
4. Que le document 2 soit une photographie, et non un texte, explique qu’il convainque sans argumenter.
d. Deux sujets d’essai te sont proposés. Le premier t’intéresse mais tu n’as aucun exemple ; le second t’ennuie mais tu en as quatre. Lequel choisis-tu, et pourquoi ?
e. Il te reste dix minutes et ton essai est écrit. Que relis-tu, et dans quel ordre ?
Indice
Pour la question c, demande-toi chaque fois si la phrase apprend quelque chose à quelqu’un qui vient de lire le corpus.
Voir le corrigé détaillé
a. Ce qu’on tire d’annales de 2021.
Ce qui n’est plus valable : la forme de l’épreuve. Un sujet de 2021 annonce une synthèse de documents notée sur 40 et une écriture personnelle notée sur 20, sur un total de 60 points. Cette épreuve n’existe plus depuis la session 2025. Le corrigé enseigne en particulier deux habitudes devenues fausses : le tableau de confrontation systématique et l’interdiction de donner son avis dans la première partie.
Ce qui reste parfaitement utile : le corpus lui-même. Quatre documents choisis par un concepteur de sujet forment un excellent matériau de lecture. Tu peux t’en servir en inventant tes propres questions, ou simplement en t’entraînant à repérer ce qui oppose les documents.
Et une troisième chose reste utile, moins évidente : les thèmes anciens. Un thème de 2021 n’est pas celui de ta session, mais les lectures qu’il suppose enrichissent ta culture générale, et rien n’interdit d’employer dans un essai un exemple rencontré à cette occasion.
b. Le poids de l’essai.
L’essai vaut 10 points sur 20, soit la moitié de l’épreuve — exactement autant que les questions sur le corpus.
La conséquence est arithmétique, et elle est sévère. Un candidat qui consacre deux heures aux questions et cinquante minutes à l’essai répartit son temps dans la proportion de 70 contre 30, alors que les points se répartissent 50 contre 50. Il travaille beaucoup pour la partie où il gagnera au mieux un point de plus, et il abandonne celle où il peut en perdre cinq.
Une heure pour les questions, une heure dix pour l’essai plan compris : c’est le seul découpage cohérent avec le barème.
c. Paraphrase ou analyse.
*· Phrase 1 — paraphrase. Elle redit ce que le document dit, avec d’autres mots. Un correcteur qui vient de lire le texte n’apprend rien.
· Phrase 2 — analyse. Elle ne dit pas seulement ce que l’auteur affirme, mais ce que la construction du texte suggère : l’ordre d’apparition devient un argument.
· Phrase 3 — paraphrase, et même simple relevé. Donner la nature et la date d’un document est un préalable nécessaire, mais ce n’est pas encore une réponse.
· Phrase 4 — analyse. Elle tire une conséquence de la nature du document : une photographie agit autrement qu’un texte, et cette différence est exploitée.*
Ce qui distingue 3 de 4 est précieux : c’est exactement la même information — le document 2 est une photographie — mais la phrase 4 en fait quelque chose. Relever n’est pas analyser ; analyser, c’est tirer une conséquence de ce qu’on a relevé.
d. Le choix du sujet.
Le second, sans hésiter — celui qui t’ennuie et sur lequel tu as quatre exemples.
La raison est que l’intérêt ne se note pas, et les exemples si. Un essai est une argumentation illustrée : sans exemple précis, tu écriras deux pages d’affirmations générales, et l’affirmation générale est précisément ce que le barème ne récompense pas.
Il y a même une chance que le sujet cesse de t’ennuyer en cours de route : un sujet devient intéressant quand on a de quoi le traiter. L’inverse est rarement vrai.
e. Les dix dernières minutes.
Dans cet ordre :
*1. Les accords — sujet-verbe, participes passés, accords dans le groupe nominal. Ce sont les fautes les plus visibles et les plus rapides à corriger.
2. Les temps — la concordance, et surtout la stabilité : un paragraphe qui passe du présent au passé sans raison.
3. La ponctuation — les points manquants en fin de phrase longue, et les virgules qui séparent un sujet de son verbe.
4. Les mots liens — vérifier qu’il y en a un au début de chaque paragraphe.*
Ce qu’on ne relit pas, c’est le fond. En dix minutes, on ne refait pas un raisonnement, et l’essayer produit des ratures qui brouillent la copie. La relecture de fin est une relecture de forme, assumée comme telle — et elle rapporte plus que n’importe quelle correction d’idée faite dans la précipitation.