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CGE · chapitre 1 Chapitre offert

Réussir l'épreuve de CGE

Ce que tu sauras faire : Connaître précisément l'épreuve de culture générale et expression (écrit de 3 h, CCF, oral de contrôle), lire la note de service du thème « Le vrai du faux » et organiser son année avec des écrits de travail efficaces.

1 h 30 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz

1. La CGE en BTS : ce qu’on attend de toi

La culture générale et expression, ou CGE, n’est pas « du français comme au lycée ». C’est une matière d’examen commune à la plupart des BTS, avec ses règles, son thème annuel et ses méthodes. Avant d’apprendre à répondre à des questions ou à écrire un essai, il faut savoir précisément ce que l’on te demandera.

ANora, Malik et le premier cours

Nora prépare un BTS MCO en alternance dans une boutique d’optique. Malik est en BTS SIO. Ils n’ont pas grand-chose en commun, sauf une chose : le mardi matin, ils se retrouvent dans la même salle, avec Mme Vasseur, leur professeure de culture générale et expression. Tu les suivras dans tous les chapitres de cette matière.

Au premier cours de deuxième année, Mme Vasseur écrit au tableau : « Le vrai du faux ». Puis elle pose trois questions.

  • « Combien de temps dure l’épreuve ? » Nora répond « quatre heures », parce que sa cousine lui a parlé d’une épreuve de quatre heures avec une synthèse. Faux : c’était l’ancienne épreuve. Depuis la session 2025, l’écrit dure 3 heures et la synthèse a disparu.
  • « Qu’est-ce qu’on doit lire ? » Malik pense qu’il y a une liste d’œuvres obligatoires. Faux : il y a un thème, une problématique et une bibliographie indicative. Personne ne te demandera d’avoir lu un livre précis.
  • « Quand commence-t-on à réviser ? » Silence dans la salle. La bonne réponse est : aujourd’hui, parce que la CGE se prépare comme un sport d’endurance, par petites séances régulières.

Ce chapitre répond à ces trois questions. Il te donne une vue complète de l’épreuve, puis les outils de travail dont tu te serviras toute l’année.

BDeux objectifs, huit compétences

Le programme de CGE est fixé par l’arrêté du 13 juillet 2023. Son annexe I donne à l’enseignement deux objectifs : consolider tes compétences langagières, à l’oral comme à l’écrit, et nourrir ta culture générale et humaniste. Les deux vont ensemble.

Point juridique

Arrêté du 13 juillet 2023 (CGE en BTS)

L’arrêté du 13 juillet 2023 (JORF du 2 août 2023) fixe les objectifs et contenus de la CGE (annexe I), les compétences travaillées (annexe II) et la définition de l’épreuve (annexe III). Sa définition de l’épreuve s’applique depuis la session 2025 ; elle a remplacé celle des arrêtés de 2005 et de 2006. Il n’a été modifié qu’une fois, le 4 décembre 2024, pour l’étendre à l’outre-mer.

Ce que cela veut dire concrètement : les annales d’avant 2025 (avec synthèse, en 4 heures) ne correspondent plus à ton épreuve. Tu peux encore y lire des documents intéressants, mais pas t’y entraîner tel quel.

Texte consolidé lu sur Légifrance, à jour au 14/10/2026.

L’annexe II décrit huit compétences. Retiens-les : chaque chapitre de cette matière en travaille une ou plusieurs.

Les huit compétences de la CGE (annexe II) et où tu les travailles
Compétence En clair Chapitres
S’exprimer à l’oral en interaction écouter, approuver, nuancer, contester 08
S’exprimer à l’oral en continu présenter seul, de façon claire et structurée 08
Argumenter à l’écrit écrire un essai personnel, structuré et nuancé 05, 06
Recourir aux écrits de travail prendre des notes, tenir un carnet, planifier 01
Comprendre et interpréter un texte dégager le sens explicite et implicite 02, 03
Tisser des liens entre des textes comparer, confronter des documents 04
Réfléchir sur la langue améliorer et réviser sa propre expression 07
Mobiliser une culture commune convoquer des références de façon personnelle 01, 09 à 12

Ce chapitre s’occupe surtout de deux compétences : les écrits de travail et la culture commune. Ce sont des compétences de fond, qui ne se voient pas directement sur la copie, mais sans lesquelles le reste ne tient pas.

Définition

Écrits de travail

Les écrits de travail sont tous les écrits que tu produis pour toi, et non pour être notés : prises de notes, carnet de lecture, fiches, listes de références, brouillons, plans. L’annexe II parle de la capacité à « ressaisir rapidement à l’écrit l’essentiel » d’un texte ou d’un discours, à garder trace d’une réflexion et à planifier un écrit ou un oral.

Définition

Culture commune

La culture commune désigne l’ensemble des références (œuvres, idées, faits, débats) partagées par la classe et enrichies par chacun. La mobiliser de manière personnelle, c’est savoir convoquer une référence au bon moment pour éclairer ta réflexion, et non réciter une liste de titres.

CCe qui change par rapport au lycée

Au lycée, l’épreuve de français portait sur des objets d’étude et des œuvres au programme. En BTS, la logique est différente.

Du français au lycée à la CGE en BTS
Au lycée En BTS (CGE)
Ce qu’on étudie des objets d’étude et des œuvres imposées un thème par an en 2e année, avec une problématique
Les documents surtout des textes littéraires textes littéraires et non littéraires, images, tableaux statistiques, films, presse
Ce qu’on attend l’analyse précise d’un texte la confrontation de documents et une réflexion personnelle argumentée
Ta culture celle du programme celle que tu construis : lectures, films, expositions, actualité
L’écrit final commentaire, dissertation, contraction réponses à des questions sur un corpus et essai

La plus grande différence tient en une phrase : on attend de toi une pensée personnelle et nuancée, nourrie par une culture que tu t’es constituée. Le correcteur ne cherche pas la « bonne réponse » ; il cherche une réflexion claire, appuyée sur des exemples précis.

Piège

« La culture générale, on l'a ou on ne l'a pas »

C’est l’idée la plus fausse sur cette matière. La culture évaluée en CGE est une culture sur un thème précis, connu dès le mois d’avril de l’année précédente. Elle se construit en quelques mois, avec une méthode. Nora, qui lit peu de romans, a autant de chances que Malik, qui dévore des essais sur l’IA : ce qui compte, c’est la régularité et la façon de garder trace de ce que l’on découvre.

DÀ quoi sert la CGE dans ton métier

On pourrait croire que la CGE est la matière « à part » du BTS. C’est l’inverse : l’arrêté de 2023 rappelle que la maîtrise de la langue est un atout professionnel. Dans tous les BTS concernés, on te demandera de comprendre vite un document, de défendre une position devant un client, un responsable ou un jury, de rédiger un écrit clair.

Le thème 2027 rejoint en plus directement ton futur métier. Nora, en boutique, est confrontée aux faux avis en ligne et aux contrefaçons de montures. Malik, en SIO, travaille avec des outils d’IA générative, dont la note de service rappelle qu’ils ne peuvent pas garantir la véracité de ce qu’ils produisent. Distinguer le vrai du faux, ce n’est pas qu’un sujet de culture : c’est une compétence de professionnel.

2. L’épreuve écrite de 3 heures

L’épreuve ponctuelle est la forme la plus répandue : un sujet national, le même jour pour tous les BTS concernés. Elle compte deux parties de même poids. Connaître sa structure exacte te permet de t’entraîner dans les conditions réelles et de ne perdre aucun point par simple maladresse.

ALe sujet : un corpus, des questions, deux sujets d’essai

Le jour de l’épreuve, tu reçois un sujet qui comprend trois éléments.

Définition

Corpus

Un corpus est un ensemble de documents réunis pour être étudiés ensemble. En CGE, il compte deux ou trois documents de nature différente (textes littéraires, textes non littéraires, documents iconographiques, tableaux statistiques, etc.), tous en lien avec le thème de l’année. Chacun est daté et situé dans son contexte.

Le sujet comprend donc :

  1. Le corpus : par exemple un extrait de roman du XIXe siècle, un article de presse récent et une photographie ou une affiche.
  2. La première partie : deux à quatre questions sur ces documents.
  3. La deuxième partie : deux sujets d’essai, entre lesquels tu choisis.
L'épreuve écrite de CGE en un coup d'œil
Écrit de 3 heures · note sur 20 · thème « Le vrai du faux » Le corpus 2 ou 3 documents de nature différente texte littéraire ou non, image, tableau statistique… datés et situés étudié exemples possibles 1 Questions sur le corpus 2 à 4 questions qui confrontent les documents et les interprètent /10 · réponses nuancées, argumentées 2 Essai 1 sujet au choix parmi 2 ; appui sur corpus, lectures, cours, culture /10 · argumenté et nuancé
Un même corpus sert aux deux parties : on l'étudie dans la première, on peut s'en servir comme source d'exemples dans la seconde. Les deux parties ont le même poids.
À retenir

La structure de l'écrit (annexe III)

  • Durée : 3 heures. Note sur 20.
  • Partie 1 — questions sur le corpus (/10) : 2 à 4 questions qui confrontent les documents et invitent à les interpréter ; réponses nuancées et argumentées.
  • Partie 2 — essai (/10) : un sujet au choix parmi deux, en rapport avec le thème ; traitement argumenté et nuancé, appuyé sur tes connaissances personnelles, le corpus, tes lectures et le cours.
  • Les deux parties sont d’égale importance.

BPartie 1 : les questions sur le corpus

Les questions ne sont pas des questions de cours. Elles portent sur les documents du sujet et te demandent presque toujours de les mettre en relation. Le texte officiel emploie deux verbes : les questions confrontent les documents et invitent à les interpréter.

On rencontre en général trois grands types de questions, que le chapitre 04 étudie en détail.

Les types de questions de la partie 1 (aperçu)
Type Exemple de formulation sur le thème 2027 Ce qu’on attend
Comprendre un document « Comment l’auteur montre-t-il que la rumeur se nourrit d’elle-même ? » une lecture précise d’un seul document, avec des preuves
Confronter des documents « Comparez la manière dont les documents 1 et 3 présentent l’illusion. » points communs, différences, complémentarités
Interpréter, donner un avis « Selon vous, l’illusion est-elle toujours une tromperie ? Vous répondrez en vous appuyant sur les documents. » une position nuancée, fondée sur le corpus
Astuce

Le mot qui compte dans la consigne

Le texte officiel exige des réponses « nuancées et argumentées ». Une réponse d’une ligne, même juste, ne peut pas avoir tous les points. Une réponse se construit comme un petit raisonnement : une idée, une référence précise au document, une explication. Tu verras la méthode complète au chapitre 04.

CPartie 2 : l’essai

Définition

Essai

L’essai est un texte argumentatif dans lequel tu réponds de façon personnelle, structurée et nuancée à une question liée au thème. L’annexe II précise qu’il impose peu de contraintes formelles : ce n’est pas une dissertation avec un plan imposé, mais une réflexion qui doit être cohérente et appuyée sur des exemples.

Tu choisis un sujet sur deux. Les sujets peuvent prendre la forme d’une question (« Faut-il toujours dire la vérité ? »), d’une affirmation ou d’une citation à discuter. Pour les traiter, tu disposes de quatre réservoirs d’exemples, que l’arrêté cite lui-même :

  1. Tes connaissances personnelles : ton expérience, ton métier, l’actualité.
  2. Le corpus du sujet : les documents de la partie 1 sont aussi des exemples possibles pour l’essai.
  3. Tes lectures : romans, essais, articles lus dans l’année.
  4. Le cours : les œuvres et les idées étudiées en classe.
Piège

Réutiliser le corpus, oui ; ne citer que lui, non

Le corpus est une source d’exemples parmi d’autres. Un essai qui ne s’appuie que sur les documents du sujet montre que tu n’as pas de culture personnelle sur le thème. Vise au moins deux références extérieures au corpus, précises (auteur, titre, date, ce qu’elles montrent). C’est le rôle du carnet de lecture et des fiches de référence (partie 5).

Les chapitres 05 et 06 te donnent la méthode de l’essai : analyser le sujet, trouver une problématique, construire un plan, rédiger.

DCe que le correcteur évalue

L’annexe III énonce cinq capacités que l’épreuve vérifie. Elles forment, en pratique, la grille de lecture du correcteur.

Les cinq capacités évaluées et ce qu’elles signifient sur ta copie
Capacité (annexe III) Ce que le correcteur regarde
Comprendre, interpréter et apprécier des textes de nature variée as-tu bien compris chaque document, y compris l’image ou le tableau ?
Tisser des liens entre des connaissances acquises et un texte nouveau sais-tu relier un document que tu découvres à ce que tu as étudié ?
Rendre compte d’une culture acquise en formation tes références sont-elles précises et pertinentes ?
Raisonner, argumenter, faire part d’une opinion nuancée ta pensée progresse-t-elle ? Évites-tu les jugements tranchés ?
Formuler ses idées avec clarté et précision ta langue est-elle correcte, ton propos lisible ?
À retenir

Ce que le texte ne fixe pas

L’arrêté ne fixe ni la longueur des réponses ni la répartition des 10 points entre les questions de la partie 1. Le sujet peut indiquer un barème question par question ; s’il ne le fait pas, considère que chaque question compte et qu’une question oubliée coûte cher. Pour la longueur, les repères habituels sont donnés au chapitre 04 (questions) et au chapitre 06 (essai).

La langue compte partout. Elle n’est pas notée à part, mais une copie truffée de fautes ou de phrases bancales rend la pensée illisible : elle pénalise la clarté, donc toutes les capacités à la fois. Le chapitre 07 te donne une méthode de relecture.

EGérer ses 3 heures

Trois heures passent très vite. Les candidats qui échouent n’ont souvent pas manqué d’idées : ils ont mal réparti leur temps, rédigé une partie 1 trop longue et bâclé l’essai, ou inversement. Puisque les deux parties valent chacune 10 points, elles méritent un temps comparable.

Voici une répartition indicative, calculée pour 180 minutes.

Un exemple de répartition des 180 minutes
Étape Durée Horaire (début à 9 h)
1. Lire tout le sujet : questions et les deux sujets d’essai 10 min 9 h 00 - 9 h 10
2. Lire et annoter les documents 25 min 9 h 10 - 9 h 35
3. Partie 1 : préparer les réponses au brouillon 15 min 9 h 35 - 9 h 50
4. Partie 1 : rédiger au propre 35 min 9 h 50 - 10 h 25
5. Essai : choisir le sujet, l’analyser, trouver la problématique et le plan 25 min 10 h 25 - 10 h 50
6. Essai : rédiger au propre 55 min 10 h 50 - 11 h 45
7. Relire toute la copie 15 min 11 h 45 - 12 h 00
Total 180 min

La partie 1 occupe ainsi 85 minutes (étapes 1 à 4) et l’essai 80 minutes (étapes 5 et 6), plus 15 minutes de relecture. L’équilibre correspond au barème.

Méthode

Construire et tenir son plan de temps

  1. Lis tout le sujet en premier, y compris les deux sujets d’essai : en lisant les documents, tu repéreras déjà des exemples utiles pour l’essai.
  2. Écris tes horaires en haut de ton brouillon (« 10 h 25 : je passe à l’essai »). Un horaire écrit se respecte mieux qu’une intention.
  3. Ne rédige pas tout au brouillon : au brouillon, des idées, des références, un plan ; au propre, la rédaction. Recopier un texte entier fait perdre 30 minutes.
  4. Respecte l’heure de passage à l’essai, même si une réponse n’est pas parfaite. Une réponse correcte et un essai complet valent mieux qu’une réponse parfaite et un essai inachevé.
  5. Garde la relecture, même courte : elle corrige des fautes qui coûtent cher en clarté.

Rien ne t’oblige à traiter les parties dans l’ordre. Certains candidats préfèrent commencer par l’essai, quand ils sont encore frais. C’est possible, à deux conditions : lire d’abord tout le sujet et le corpus, et signaler clairement chaque partie sur la copie.

Exemple chiffré

Malik et le temps majoré

Malik bénéficie d’un aménagement d’épreuve : un temps majoré d’un tiers. Son épreuve dure donc 180 × 4/3 = 240 minutes, soit 4 heures. Il garde les mêmes proportions : chaque étape est multipliée par 4/3. La rédaction de l’essai passe de 55 à environ 73 minutes, la relecture de 15 à 20 minutes. Le principe ne change pas : un horaire écrit pour chaque étape.

FCalendrier et coefficient

L’écrit de CGE fait partie des épreuves communes des BTS : le même sujet est donné le même jour à tous les candidats des spécialités concernées.

Exemple chiffré

La date de l'écrit 2027

Pour la session 2027, l’écrit de CGE a lieu le mardi 11 mai 2027, de 9 h à 12 h en métropole (calendrier des épreuves communes, arrêté du 28 septembre 2026, BO n° 38 du 8 octobre 2026). Outre-mer, les horaires locaux et parfois le sujet diffèrent.

L’épreuve est identique pour tous, mais son coefficient dépend de ton BTS. Il est fixé par le règlement d’examen de chaque spécialité.

Coefficient de l’épreuve de CGE (E1) selon le BTS
BTS Coefficient
Comptabilité et gestion (CG) 4
MCO, NDRC, Commerce international 3
SIO, Tourisme, Électrotechnique 2
GPME, SAM voir le règlement d’examen de ton BTS
Astuce

Calcule ce que pèse la CGE pour toi

Un coefficient de 3 signifie que chaque point gagné en CGE compte trois fois dans le total. Pour Nora (BTS MCO, coefficient 3), passer de 9 à 12 en CGE, c’est 9 points de plus dans le total des points de l’examen. Rares sont les matières où quelques mois de méthode rapportent autant.

3. Le contrôle en cours de formation et l’épreuve de contrôle

L’épreuve ponctuelle n’est pas la seule forme d’évaluation. Selon ton statut et ton établissement, tu peux être évalué en contrôle en cours de formation. Et si ta moyenne générale est juste en dessous de 10, une épreuve orale de contrôle peut te repêcher : la CGE en fait partie.

ALe contrôle en cours de formation (CCF)

Définition

Contrôle en cours de formation (CCF)

Le CCF est une forme d’évaluation organisée par ton établissement, pendant l’année, sous la responsabilité de tes professeurs. Il remplace l’épreuve ponctuelle pour les candidats qui y ont droit. Le règlement d’examen de ton BTS précise qui passe l’épreuve en CCF ; ton établissement te l’indique en début d’année.

En CGE, le CCF comprend deux situations d’évaluation de même poids, toutes deux en relation avec le thème de deuxième année.

Les deux situations du CCF de CGE (annexe III)
Situation 1 Situation 2
Compétence visée argumenter à l’écrit lire, interpréter, échanger à l’oral
Durée indicative 2 heures 1 heure : 40 min de préparation, 20 min d’échanges
Exemples officiels version finale d’un essai après des versions préparatoires ; prise de position dans un débat interprétatif ; justification écrite du choix d’un texte ou d’une image dans un corpus plusieurs candidats découvrent un même texte, le lisent seuls, puis en discutent entre eux et avec l’enseignant
Attendus principaux texte clair, structuré, langue maîtrisée, nuance, engagement personnel discours oral et non récité, reformulation d’un texte complexe, réponses sur l’explicite et l’implicite, prise en compte des autres, accord et désaccord justifiés
À retenir

Ce que le CCF change pour toi

Le CCF n’est pas plus facile, il est réparti. Les compétences sont les mêmes que pour l’écrit : argumenter (chapitres 05 et 06), lire et interpréter (chapitres 02 et 03), échanger à l’oral (chapitre 08). La différence : une partie de la note se joue à l’oral, et les dates sont fixées par ton établissement. Note-les dès qu’elles sont connues.

BL’épreuve de contrôle : l’oral de « rattrapage »

À la fin de l’examen, le jury calcule ta moyenne générale. Trois situations sont possibles.

Point juridique

Code de l'éducation, article D643-22

Les candidats qui obtiennent une moyenne générale d’au moins 10 sur 20 sont admis. Ceux qui ont moins de 8 sont ajournés. Ceux qui ont au moins 8 et moins de 10 et une moyenne d’au moins 10 sur 20 aux épreuves professionnelles de leur spécialité peuvent se présenter aux épreuves de contrôle, qu’ils choisissent parmi celles définies par arrêté. Le jury retient alors la meilleure note obtenue par le candidat entre l’épreuve initiale et l’épreuve de contrôle ; le candidat est admis si sa nouvelle moyenne atteint 10.

Ce que cela veut dire concrètement : si tu es dans cette zone, tu peux choisir la CGE comme épreuve de contrôle. Si tu fais mieux à l’oral qu’à l’écrit, ta nouvelle note remplace l’ancienne ; si tu fais moins bien, tu gardes ta note d’écrit.

Article D643-22 du code de l’éducation, version en vigueur depuis le 5 juin 2022, lue sur Légifrance le 14/10/2026.

Pour la session 2027, les épreuves de contrôle sont définies par l’arrêté du 21 juillet 2026. Le candidat passe deux épreuves orales, qu’il choisit dans une liste de disciplines ; la CGE (« culture générale et expression ou français ») en fait partie.

Point juridique

L'épreuve de contrôle de CGE (arrêté du 21 juillet 2026)

  • Préparation : 20 minutes. Oral : 20 minutes, noté sur 20.
  • Le sujet est lié au thème de l’année et comporte deux documents : l’un textuel, l’autre non textuel.
  • Consigne fixe : « En quoi ces documents éclairent-ils votre réflexion sur le thème au programme ? »
  • Déroulement : 10 minutes de présentation et de confrontation des documents, puis 10 minutes d’entretien à partir de ton propos.
  • Compétences évaluées : communiquer oralement ; apprécier un message ; tirer parti des documents lus dans l’année et de la réflexion menée en cours ; rendre compte d’une culture acquise en cours de formation.

Ce que cela veut dire concrètement : la consigne est connue d’avance. Tu peux donc t’y préparer toute l’année, à condition d’avoir des références personnelles sur le thème et de savoir confronter un texte et une image.

Arrêté du 21 juillet 2026 portant définition des épreuves de contrôle du BTS pour la session 2027 (JORF du 5 août 2026), articles 1 et 2 et annexe, point 1, lus sur Légifrance le 14/10/2026.

Piège

Compter sur le rattrapage

L’épreuve de contrôle n’est accessible qu’à des conditions précises (moyenne entre 8 et 10 et moyenne d’au moins 10 aux épreuves professionnelles). Elle ne remplace pas une vraie préparation. En revanche, elle montre bien une chose : les références accumulées pendant l’année servent à l’écrit comme à l’oral.

CComparer les trois formes

Écrit ponctuel, CCF et épreuve de contrôle
Écrit ponctuel CCF Épreuve de contrôle
Qui ? candidats qui ne sont pas en CCF candidats désignés par le règlement d’examen candidats entre 8 et 10 de moyenne, sous conditions
Quand ? mardi 11 mai 2027 (métropole) pendant l’année, dates fixées par l’établissement après les résultats de l’examen
Forme écrit de 3 h 1 écrit (2 h) + 1 oral (1 h, dont 40 min de préparation) oral : 20 min de préparation, 20 min de passage
Documents corpus de 2 ou 3 documents un texte, un corpus ou un sujet d’essai selon la situation 2 documents : un textuel, un non textuel
Ce qu’on évalue questions sur corpus (/10) + essai (/10) argumentation écrite ; lecture et interaction orale confrontation des documents et culture sur le thème

Dans les trois cas, un seul thème sert de cadre : celui de la note de service de l’année. C’est l’objet de la partie suivante.

4. Le thème de l’année et la note de service

En deuxième année, tout tourne autour d’un thème unique, renouvelé chaque année et publié au Bulletin officiel. Pour la session 2027, c’est « Le vrai du faux ». La note de service qui l’annonce est ton premier document de travail : elle se lit, s’annote et se relit.

ACe que contient la note de service

L’annexe I de l’arrêté de 2023 prévoit qu’un thème est étudié chaque année en deuxième année et que l’épreuve « s’inscrit dans la perspective » de ce thème. Il est publié au Bulletin officiel (BO) avec un intitulé, une problématique et des indications bibliographiques.

Point juridique

Note de service du 1er avril 2026 (thème de la session 2027)

La note de service du 1er avril 2026 (NOR ESRS2608144N), publiée au BO n° 17 du 23 avril 2026, fixe le thème de CGE de deuxième année pour la session 2027 : « Le vrai du faux ». Elle abroge, à l’issue de la session 2026, la note qui fixait le thème précédent.

Ce que cela veut dire concrètement : tous les sujets 2027 (écrit, CCF, oral de contrôle) seront en lien avec ce thème. Un nouveau thème sera publié au printemps 2027 pour la session 2028 : si tu redoubles, tu changeras de thème.

Texte lu sur le site du ministère (rubrique Bulletin officiel) le 14/10/2026.

La note se compose de six rubriques. Chacune a une utilité précise.

Les rubriques de la note de service et leur usage
Rubrique Contenu pour « Le vrai du faux » Comment t’en servir
Intitulé « Le vrai du faux » le retenir mot pour mot ; réfléchir à l’ambiguïté de la formule
Problématique un texte de quatre paragraphes la lire comme un texte argumentatif : axes, tensions, questions
Mots-clefs quatre séries de mots (plus de soixante) construire ton lexique du thème ; repérer les sous-thèmes
Expressions « le mentir-vrai », « un noble mensonge », « village Potemkine », « le roi est nu »… les comprendre, les placer avec justesse dans une copie
Bibliographie indicative littérature, essais, films, bandes dessinées, arts plastiques et architecture choisir tes lectures et tes œuvres ; ce n’est pas une liste obligatoire
Ressources en ligne dossiers d’exposition, podcasts, document sonore des points d’entrée rapides et sûrs
Astuce

Un titre qui se lit de deux façons

« Le vrai du faux » peut s’entendre comme dans l’expression « démêler le vrai du faux » : il faut séparer les deux. Mais la problématique joue aussi sur un autre sens : il y a peut-être du vrai dans le faux, une vérité que seule la fiction ou l’illusion permet d’atteindre. Garde ces deux lectures en tête : beaucoup de sujets naissent de cette tension.

BLire la problématique « Le vrai du faux »

Définition

Problématique (de la note de service)

La problématique est le texte qui délimite le thème et indique les questions qu’il soulève. Elle ne donne pas de réponse ; elle ouvre des pistes, souvent opposées. Les sujets d’examen s’en inspirent directement. À ne pas confondre avec la problématique d’un essai, la question précise que tu construis toi-même à partir du sujet (chapitre 05).

La problématique de 2027 avance en quatre mouvements. Résumés avec nos mots, ils donnent ceci.

Les quatre mouvements de la problématique 2027 (résumé)
Mouvement Idée principale Références citées par la note Chapitre
1. Le brouillage contemporain notre époque fabrique de faux documents, de fausses images, des mondes artificiels ; le numérique et l’IA générative rendent le tri plus difficile (« post-vérité ») Umberto Eco, La Guerre du faux ; la ville factice de The Truman Show 09
2. Le plaisir de l’illusion on aime être trompé par l’art ; la fiction n’est pas le mensonge : elle invente pour dévoiler Zeuxis chez Pline l’Ancien ; la mimèsis d’Aristote ; le baroque ; le « mentir-vrai » d’Aragon ; Coleridge 10
3. Consommation et authenticité simili, toc, fausse monnaie, contrefaçon ; hommage, plagiat, mystification ; la valeur des copies — 11 et 12
4. Conclusion penser les liens et les séparations nécessaires du vrai et du faux ; ne pas confondre l’illusion esthétique et la désinformation — tous

La phrase pivot de la note est celle-ci : « Il y a un vrai du faux, un vrai qui peut-être n’est accessible que par le faux. » Elle résume la tension centrale du thème : le faux est parfois un danger (la désinformation), parfois un chemin vers la vérité (la fiction, l’art).

De la note de service à tes sujets d'entraînement
Note de service BO n° 17 23/04/2026 problématique mots-clefs bibliographie 1. Mouvements brouillage actuel plaisir de l'illusion authenticité liens et séparations 2. Tensions infox ≠ information fiction ≠ mensonge plaisir ≠ duperie original ≠ copie 3. Questions « Aimons-nous être trompés ? » « Une copie a-t-elle de la valeur ? » 4. Références classées par question texte littéraire · œuvre visuelle · essai · fait réel
On ne lit pas la problématique comme un texte à apprendre : on en tire des axes, puis des questions, puis des références pour chaque question.
Méthode

Lire une problématique de note de service

  1. Lis-la une première fois d’un trait, sans rien noter, pour l’impression d’ensemble.
  2. Découpe-la en mouvements : en général, un paragraphe = une idée. Donne un titre court à chacun.
  3. Repère les oppositions : danger / plaisir, tromper / dévoiler, original / copie. Les sujets naissent des tensions.
  4. Relève les références citées (auteurs, œuvres, notions) : ce sont des pistes de lecture sûres.
  5. Transforme chaque mouvement en questions : « L’illusion est-elle toujours une tromperie ? », « Une copie peut-elle avoir de la valeur ? »
  6. Relis-la tous les mois : ce que tu as appris entre-temps te fera voir des choses nouvelles.
Exemple

Malik transforme le mouvement 1 en questions

Malik lit le premier mouvement. Il y relève l’opposition entre propagande et fait, entre infox et information, et la remarque sur les IA génératives. Il en tire trois questions d’entraînement :

  • « Le numérique rend-il plus difficile la distinction du vrai et du faux ? »
  • « Peut-on faire confiance à une image ? »
  • « Une machine peut-elle dire la vérité ? »

Pour chacune, il ouvre une page dans son carnet numérique, avec deux colonnes : « arguments » et « références ». La troisième question le passionne : il y rattache ce qu’il sait du fonctionnement probabiliste des IA génératives, que la note mentionne elle-même.

CExploiter mots-clefs, expressions et bibliographie

Les mots-clefs de la note sont regroupés en quatre séries. On peut leur donner un titre pour les mémoriser.

Les quatre séries de mots-clefs de la note (extraits)
Série (titre proposé) Quelques mots-clefs de la note
Fiction et illusion vérité, mensonge, véracité, crédulité, fiction, mimesis, illusion scénique, trompe-l’œil, effets spéciaux, chimère
Tromperie infox, désinformation, manipulation, imposture, mystification, canular, propagande, bourrage de crâne, post-vérité
Copie imitation, simulacre, leurre, contrefaçon, copie, toc, simili, faussaire, authenticité, restauration, factice
Réel et virtuel réalité, réalisme, monde virtuel, métavers, avatar, hyperréalisme, mirage, simulation, illusionniste, prestidigitation
Méthode

Construire son lexique du thème

  1. Recopie chaque mot-clef que tu ne sais pas définir précisément (par exemple : véracité, controuver, simulacre, mystification).
  2. Cherche sa définition dans un dictionnaire de référence et note-la avec tes mots.
  3. Distingue les mots proches : véracité (qualité de celui qui dit vrai, ou de ce qui est conforme à la vérité) n’est pas vraisemblance (ce qui paraît vrai).
  4. Écris une phrase d’exemple liée au thème pour chaque mot.
  5. Réutilise ces mots dans tes copies : un vocabulaire précis montre une pensée précise.

Les expressions de la note sont des outils prêts à l’emploi, à condition de les comprendre. Un « village Potemkine » désigne une façade trompeuse construite pour faire illusion devant un visiteur important. « Le roi est nu » vient du conte d’Andersen, Les Habits neufs de l’empereur : c’est le moment où quelqu’un ose dire la vérité que tout le monde voit sans oser la dire. Les chapitres 09 à 12 reviennent sur ces expressions.

La bibliographie indicative est longue : 25 auteurs en littérature, 13 essais, 20 films, 4 bandes dessinées, 15 artistes ou architectes. Elle sert à choisir des œuvres solides, pas à tout lire (partie 6).

DDu thème aux sujets possibles

Les sujets d’essai ne sortent jamais de nulle part : ils reprennent presque toujours une tension de la problématique. S’entraîner, c’est donc anticiper ces tensions, sans chercher à « deviner le sujet ».

Des tensions de la problématique aux sujets d’essai possibles
Tension Exemple de sujet d’entraînement
Désinformation / information « Est-il encore possible de distinguer le vrai du faux ? »
Fiction / mensonge « Peut-on dire la vérité en racontant des histoires ? »
Plaisir de l’illusion / risque d’être dupe « Aimons-nous être trompés ? »
Original / copie « Une copie peut-elle avoir autant de valeur que l’original ? »
Mensonge / vie sociale « Faut-il toujours dire la vérité ? »
Piège

Apprendre des essais par cœur

Certains étudiants préparent trois essais complets et espèrent tomber dessus. C’est risqué : le sujet du jour sera formulé autrement, et un essai récité répond à côté de la question. Prépare plutôt des références et des arguments classés par tension : ils s’adapteront à n’importe quelle formulation.

5. Les écrits de travail

Les écrits de travail ne sont pas notés, mais ils font la note. Prendre des notes, tenir un carnet de lecture, rédiger des fiches de référence, préparer un brouillon : ce sont les gestes qui transforment des heures de lecture en exemples précis le jour de l’épreuve.

APrendre des notes efficacement

Tu prends des notes dans trois situations : en cours, en lisant et en écoutant (un podcast, une conférence, un film). Le but n’est pas de tout écrire, mais de ressaisir l’essentiel pour pouvoir le retrouver et le réutiliser.

Définition

Prise de notes

La prise de notes consiste à garder par écrit l’essentiel d’un discours entendu ou d’un texte lu, sous une forme abrégée et organisée, pour pouvoir le réutiliser. Elle suppose de sélectionner (garder l’idée, pas chaque mot), de condenser (abréger) et d’organiser (hiérarchiser).

Pour aller vite, on utilise des abréviations et des symboles. Le plus important est d’utiliser toujours les mêmes, pour pouvoir te relire dans six mois.

Abréviations et symboles utiles en CGE
Abréviation ou symbole Sens Abréviation ou symbole Sens
→ entraîne, a pour conséquence ≠ s’oppose à, différent de
← est causé par = est, équivaut à
+ / − plus / moins, avantage / inconvénient ↗ / ↘ augmente / diminue
ex. exemple cf. voir, se reporter à
qqn / qqch quelqu’un / quelque chose pb / pbq problème / problématique
V / F vrai / faux ds dans
≈ à peu près, ressemble à ∴ donc
Méthode

Prendre des notes en cours ou en écoutant

  1. Prépare ta page : date, source (cours, titre du podcast, nom de l’intervenant), thème en haut. Trace une marge à gauche (environ un quart de la page).
  2. Dans la colonne de droite, note les idées sous forme de phrases courtes ou de mots-clés, avec tes abréviations. Va à la ligne à chaque idée nouvelle.
  3. Repère les signaux de l’orateur : « d’abord », « mais », « en résumé », « retenez que » annoncent une idée importante ou un changement de partie.
  4. Note mot pour mot seulement les définitions, les dates, les titres exacts et les courtes formules qui pourraient devenir des citations.
  5. Après coup, dans la marge, écris les mots-clés de chaque passage et une question à laquelle il répond. Termine par un résumé de deux ou trois lignes en bas de page.
Exemple

Nora prend des notes sur Zeuxis

En cours, Mme Vasseur raconte l’histoire que Pline l’Ancien rapporte au livre XXXV de son Histoire naturelle : le peintre Zeuxis a peint des raisins si ressemblants que des oiseaux sont venus les becqueter. Nora note :

  • colonne de droite : « Pline l’A., Hist. nat., l. XXXV → Zeuxis peint raisins → oiseaux trompés = illusion parfaite. Mais Z. déçu : enfant qui porte raisins pas assez ressemblant (sinon oiseaux auraient eu peur) ∴ illusion partielle. »
  • marge, après coup : « Zeuxis — illusion / mimèsis — plaisir d’être trompé ? »
  • résumé en bas : « Anecdote antique : l’art réussit quand il trompe. Utile pour un sujet sur le plaisir de l’illusion (cf. ch. 10). »

En trois lignes, elle a une référence datée, comprise, et classée.

BLe carnet de lecture

Définition

Carnet de lecture

Le carnet de lecture est un carnet personnel (papier ou numérique) où tu gardes trace de tout ce que tu lis, vois et entends en lien avec le thème : livres, films, expositions, articles, podcasts, mais aussi tes réactions, tes citations préférées et les idées qu’ils t’inspirent. L’annexe II le cite explicitement comme outil de la compétence « écrits de travail ».

Le carnet de lecture n’est pas un cahier de cours. Il est personnel : il contient ce qui t’a frappé, ce que tu as aimé ou détesté, et pourquoi. C’est précisément cette dimension personnelle que l’épreuve valorise : « mobiliser de manière personnelle une culture commune ».

Méthode

Tenir un carnet de lecture utile

  1. Une entrée par œuvre ou par document, datée, avec les références complètes : auteur, titre exact, date de publication ou de sortie, genre.
  2. Un résumé en cinq lignes maximum, avec tes mots.
  3. Une ou deux citations courtes, recopiées exactement, avec leur source (page, chapitre, minute du film).
  4. Ta réaction : ce qui t’a frappé, surpris, gêné. C’est ce qui rendra ta référence vivante dans une copie.
  5. Le lien avec le thème : à quelle tension de la problématique l’œuvre se rattache-t-elle ? Quels mots-clefs illustre-t-elle ?
  6. Relis ton carnet une fois par mois et complète les liens entre les œuvres.
Exemple

Deux carnets, deux styles

Nora tient un carnet papier qu’elle emporte en boutique. Elle y colle parfois des tickets d’exposition et note ce qu’elle entend : le jour où une cliente lui demande si une monture vendue en ligne à 15 € est « une vraie », elle écrit une entrée « contrefaçon et toc » et la relie au troisième mouvement de la problématique.

Malik préfère un carnet numérique : une note par référence, avec des étiquettes (« fiction », « tromperie », « copie », « réel et virtuel ») qui reprennent les quatre séries de mots-clefs. En un clic, il retrouve toutes ses références sur la tromperie.

Les deux formules conviennent. Ce qui compte, c’est la régularité et la précision des références.

CLa fiche de référence

Le carnet garde tout. La fiche de référence, elle, sélectionne : c’est l’outil qui prépare directement l’essai.

Définition

Fiche de référence

Une fiche de référence présente une œuvre ou un document en vue de l’utiliser comme exemple : identité précise, contenu utile, idées que l’œuvre permet de défendre, sujets où la placer. Elle tient sur une demi-page. Vingt à trente fiches bien faites suffisent pour l’année.

Modèle de fiche de référence
Rubrique Ce que tu y écris
Identité auteur, titre exact, date, genre (roman, film, tableau…), contexte en une ligne
En deux phrases de quoi il s’agit
Moment ou détail précis une scène, un passage, un détail de l’image : c’est ce que tu décriras dans ta copie
Citation courte une formule exacte, avec sa source (facultatif)
Idées qu’elle illustre deux ou trois idées, formulées comme des arguments
Mouvements de la problématique et mots-clefs par exemple : mouvement 2, « mimèsis », « trompe-l’œil »
Sujets possibles les questions d’essai où elle serait utile
La chaîne des écrits de travail
Lire, voir, écouter cours, livre, film, podcast, expo Prise de notes sélectionner, abréger, organiser Carnet de lecture tout garder, daté, personnel Fiche de référence sélectionner pour l'essai Brouillon et copie exemple précis, expliqué relecture mensuelle : relier les œuvres septembre → mai jour de l'épreuve
Chaque écrit prépare le suivant : ce que tu notes en septembre devient une fiche en décembre, puis un exemple précis dans ta copie en mai.
Piège

La référence plaquée

Une référence n’a de valeur que si elle est précise et expliquée. « Comme dans 1984 d’Orwell » ne prouve rien. « Dans 1984 (1949), Orwell imagine un ministère chargé de réécrire sans cesse les archives pour qu’elles s’accordent avec la version officielle du jour : le faux n’y est plus une exception, il devient un système » montre que tu as compris l’œuvre et que tu sais t’en servir. La fiche de référence sert à préparer cette précision.

DPlanifier un écrit : le brouillon

Le brouillon est le dernier écrit de travail, celui du jour de l’épreuve. Il n’est pas relevé ni noté, mais il conditionne la qualité de la copie. Le bon brouillon n’est pas un texte rédigé : c’est un plan détaillé.

Méthode

Organiser son brouillon le jour de l'épreuve

  1. Une feuille par partie (ou deux zones séparées) : partie 1 d’un côté, essai de l’autre. Écris tes horaires en haut.
  2. Pendant la lecture du corpus, note sur la feuille de l’essai toutes les idées et références qui te viennent pour les deux sujets : tu les trieras plus tard.
  3. Pour chaque question : l’idée principale, les éléments des documents à citer (avec ligne ou détail de l’image), l’ordre de la réponse.
  4. Pour l’essai : les mots-clés du sujet, la problématique, le plan, et pour chaque partie les arguments et exemples, en abrégé.
  5. Rédige au propre directement à partir de ce plan. Seules l’introduction et la conclusion de l’essai peuvent être rédigées au brouillon, si le temps le permet.

6. Se constituer une culture sur le thème

Le jour de l’épreuve, tu ne pourras utiliser que ce que tu auras gardé en mémoire. La culture se construit donc en amont, avec des sources choisies, une manière active de lire et de regarder, une vérification systématique et un calendrier réaliste.

AOù trouver ses références

Tu as besoin de références variées : des époques différentes (Antiquité, XVIIe siècle, XXe siècle, aujourd’hui) et des arts différents (littérature, cinéma, peinture, bande dessinée, photographie, presse). Un essai qui mobilise un tableau baroque, un roman du XXe siècle et un fait d’actualité montre une vraie culture.

Les sources de références et leur usage
Source Exemples pour « Le vrai du faux » Point fort Précaution
Le cours œuvres et notions étudiées en classe (chapitres 09 à 12) références sûres, déjà expliquées les autres candidats les auront aussi : ajoute ta touche personnelle
La bibliographie de la note Corneille, L’Illusion comique ; Orwell, 1984 ; Peter Weir, The Truman Show ; Welles, Vérités et mensonges choisies par l’institution, en lien direct avec le thème ne pas tout lire : choisir cinq ou six œuvres et les connaître vraiment
Les ressources en ligne de la note dossier de presse de l’exposition « Fake News. Art, fiction, mensonge » (Fondation groupe EDF) ; exposition « Faux et faussaires » (Archives nationales) ; podcasts France Culture ; Welles, La Guerre des mondes (1938, INA) courtes, fiables, souvent gratuites les expositions citées sont terminées : leurs dossiers et pages restent consultables
L’actualité une fausse image virale, un procès en contrefaçon, un débat sur l’IA montre que tu relies le thème au monde vérifier la source (voir plus loin)
Ta vie et ton métier faux avis clients, contrefaçon en boutique, hameçonnage informatique exemples personnels, originaux à utiliser en complément, jamais seuls
Astuce

La règle des quatre domaines

Vise, pour chaque grande tension du thème, une référence dans quatre domaines : un texte littéraire, une œuvre visuelle (tableau, photo, film, BD), un essai ou une idée (un philosophe, un sociologue) et un fait réel (histoire ou actualité). Avec quatre tensions et quatre domaines, tu as environ seize références solides : de quoi traiter presque tous les sujets.

BLire, voir, écouter activement

Regarder The Truman Show un soir avec des amis ne fait pas une référence. Le regarder en se demandant ce qu’il dit du vrai et du faux, et en notant trois scènes précises, en fait une. La différence tient à une attitude : la lecture active.

Méthode

Transformer une œuvre en référence

  1. Avant : lis la présentation de l’œuvre (date, auteur, contexte) et rappelle-toi la problématique. Pose-toi une question : « Que va-t-elle m’apprendre sur le vrai et le faux ? »
  2. Pendant : note les moments marquants (page, minute, détail d’un tableau). Pour un film, deux ou trois scènes suffisent.
  3. Juste après : écris ta réaction à chaud dans le carnet. Elle disparaît vite.
  4. Dans la semaine : rédige la fiche de référence, en reliant l’œuvre à un mouvement de la problématique.
  5. Plus tard : relie-la à une autre œuvre qui dit la même chose ou le contraire. C’est ce lien qui nourrira tes confrontations.

Une œuvre longue peut être connue par un extrait étudié en classe et une présentation solide. Mais ne dis d’une œuvre que ce que tu sais vraiment : n’invente jamais.

Piège

Citer de mémoire, approximativement

Une citation fausse ou mal attribuée fait plus de tort qu’aucune citation. Recopie toujours tes citations depuis une source fiable (le livre lui-même, une édition en ligne sérieuse comme Wikisource ou Gallica pour les textes anciens) et garde-les courtes : une ligne suffit. Si tu as un doute sur les mots exacts, reformule plutôt que de citer.

CVérifier avant de retenir

Puisque le thème porte sur le vrai et le faux, il serait paradoxal de remplir son carnet de références fausses. Or les erreurs circulent beaucoup : citations attribuées à de grands auteurs qui ne les ont jamais écrites, dates fantaisistes, anecdotes embellies.

Exemple

La dent d'or : une leçon de méthode de 1687

Dans son Histoire des oracles (1687, première dissertation, chapitre IV), Fontenelle raconte une histoire qu’il présente comme survenue en 1593 : on rapporte qu’un enfant de Silésie, âgé de sept ans, a vu pousser une dent d’or. Des savants publient aussitôt des livres pour expliquer ce prodige et se répondent les uns aux autres. Puis un orfèvre examine la dent : ce n’est qu’une feuille d’or habilement appliquée. Fontenelle conclut : « on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. »

La leçon vaut pour ton carnet : assure-toi du fait avant d’en chercher l’explication. Fontenelle le dit lui-même au début du chapitre : « Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. »

Méthode

Vérifier une référence avant de la noter

  1. Remonte à la source : l’œuvre elle-même, ou une source institutionnelle (bibliothèque nationale, musée, éditeur, site officiel). Un réseau social n’est pas une source.
  2. Vérifie l’identité : nom exact de l’auteur, titre exact, date de publication ou de sortie. Pour un tableau : musée qui le conserve, date.
  3. Recoupe une information surprenante avec une deuxième source indépendante.
  4. Méfie-toi des citations trop belles sans référence précise (œuvre, chapitre, page) : beaucoup sont apocryphes, c’est-à-dire faussement attribuées.
  5. Note dans ton carnet d’où vient l’information : tu pourras la revérifier.
Définition

Apocryphe

Se dit d’un texte ou d’une citation dont l’attribution est fausse ou douteuse. Une citation apocryphe circule sous le nom d’un auteur célèbre qui ne l’a jamais écrite. Le mot vient du grec et désignait d’abord des textes religieux non reconnus.

DUn plan de travail jusqu’au 11 mai 2027

La culture se construit dans la durée. Du lundi 2 novembre 2026 au mardi 11 mai 2027, il y a 190 jours, soit 27 semaines et un jour. C’est largement assez, à condition de s’y mettre chaque semaine.

Exemple chiffré

Ce que donne une routine de 2 heures par semaine

Mme Vasseur propose à la classe une routine de 2 heures par semaine en dehors du cours : une heure de lecture ou de visionnage, une heure de fiches et de relecture du carnet. Sur 27 semaines, cela représente 27 × 2 = 54 heures de travail personnel. À raison d’une fiche de référence par semaine, on obtient 27 fiches le jour de l’épreuve : exactement ce qu’il faut pour traiter n’importe quel sujet.

Un calendrier indicatif pour la session 2027
Période Priorité Objectif concret
Octobre-novembre lire la note de service ; méthode des questions lexique du thème ; 4 premières fiches ; carnet commencé
Décembre-janvier méthode de l’essai ; une œuvre longue 12 fiches ; un premier essai complet en 3 heures
Février-mars entraînements complets ; oral 20 fiches ; deux sujets complets chronométrés ; un oral blanc
Avril-mai révision du carnet et des fiches ; langue 25 à 30 fiches relues ; tableau de synthèse « tensions × références » ; relecture ciblée des fautes habituelles
Méthode

Organiser sa semaine de CGE

  1. Bloque un créneau fixe dans ton agenda, comme un rendez-vous professionnel (par exemple le dimanche de 18 h à 19 h, et une heure dans les transports).
  2. Alterne les supports : une semaine un texte, la suivante un film ou un podcast, puis une exposition ou une œuvre d’art en ligne.
  3. Termine chaque semaine par une fiche de référence.
  4. Une fois par mois, relis ton carnet et ta problématique annotée.
  5. Toutes les six semaines, fais un entraînement chronométré (une partie de sujet au moins).
Exemple

L'alternance, un atout

Nora craignait de ne pas avoir le temps, avec ses semaines en entreprise. Elle a fait l’inverse : elle écoute un podcast de la note de service dans le train, note trois idées sur son téléphone et les recopie le soir dans son carnet. En boutique, elle note les situations liées au thème (faux avis, contrefaçons, retouches de photos publicitaires). Son métier lui fournit des exemples que personne d’autre n’aura.

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Erreurs fréquentes
Erreur Ce qu’il faut faire
S’entraîner sur des annales d’avant 2025 sans adaptation l’épreuve a changé : 3 h, questions sur corpus et essai, plus de synthèse
Croire qu’il faut avoir lu toute la bibliographie elle est indicative : choisir cinq ou six œuvres et les connaître vraiment
Passer 2 h sur la partie 1 et bâcler l’essai les deux parties valent 10 points chacune : partager le temps, écrire ses horaires
Répondre aux questions en une ligne les réponses doivent être nuancées et argumentées
Ne citer que le corpus dans l’essai ajouter des références personnelles précises, extérieures au corpus
Citer une œuvre sans la connaître ou une citation de mémoire ne dire que ce que l’on sait ; recopier les citations depuis une source fiable
Tenir un carnet sans références complètes toujours auteur, titre exact, date, genre
Commencer à réviser en avril une routine hebdomadaire dès l’automne
Confondre CCF et épreuve ponctuelle vérifier en début d’année la forme qui te concerne
Compter sur l’oral de contrôle il n’est accessible qu’entre 8 et 10 de moyenne, sous conditions

L’essentiel du chapitre

À retenir

À retenir

  • La CGE est fixée par l’arrêté du 13 juillet 2023 : deux objectifs (langue et culture), huit compétences, une épreuve redéfinie depuis la session 2025.
  • Écrit ponctuel de 3 h : un corpus de 2 ou 3 documents de nature différente ; partie 1 : 2 à 4 questions qui confrontent et interprètent les documents (/10) ; partie 2 : essai sur un sujet au choix parmi deux (/10). Plus de synthèse.
  • Session 2027 : écrit le mardi 11 mai 2027, 9 h-12 h (métropole). Coefficient de 2 à 4 selon le BTS.
  • CCF : deux situations de même poids, un écrit argumentatif (environ 2 h) et un oral de lecture et d’interaction (1 h, dont 40 min de préparation).
  • Épreuve de contrôle (moyenne entre 8 et 10, sous conditions) : oral de 20 min après 20 min de préparation, deux documents (un textuel, un non textuel), consigne fixe : « En quoi ces documents éclairent-ils votre réflexion sur le thème au programme ? »
  • Thème 2027 : « Le vrai du faux » (note de service du 1/04/2026, BO n° 17 du 23/04/2026) : intitulé, problématique en quatre mouvements, mots-clefs, expressions, bibliographie indicative, ressources en ligne.
  • Lire la problématique : découper en mouvements, repérer les tensions, relever les références, transformer en questions.
  • Écrits de travail : prise de notes (abréger, sélectionner, organiser), carnet de lecture (personnel, daté, sourcé), fiche de référence (identité, détail précis, idées, sujets), brouillon (plan détaillé, pas texte rédigé).
  • Culture : des références variées (époques, arts), lues activement, vérifiées à la source ; une routine de 2 h par semaine donne environ 27 fiches d’ici l’épreuve.

Sources et références

  • Arrêté du 13 juillet 2023 relatif aux objectifs et contenus de l’enseignement de culture générale et expression, aux compétences travaillées et à la définition de l’épreuve de culture générale et expression du brevet de technicien supérieur (NOR ESRS2318552A, JORF du 2 août 2023), modifié par l’arrêté du 4 décembre 2024 ; annexes I, II et III. Texte consolidé lu sur Légifrance, à jour au 14/10/2026.
  • Note de service du 1-4-2026, « Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS pour la session 2027 », NOR ESRS2608144N, BO n° 17 du 23 avril 2026, et son annexe « Le vrai du faux ». Lue sur education.gouv.fr le 14/10/2026.
  • Arrêté du 21 juillet 2026 portant définition des épreuves de contrôle du brevet de technicien supérieur pour la session 2027 (NOR ESRS2617038A, JORF du 5 août 2026), articles 1 et 2 et annexe, point 1. Lu sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Code de l’éducation, article D643-22 (version en vigueur depuis le 5 juin 2022, issue du décret n° 2022-850 du 3 juin 2022). Lu sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Arrêté du 28 septembre 2026 fixant les dates des épreuves écrites communes du BTS, session 2027 (NOR ESRE2625597A, BO n° 38 du 8 octobre 2026), annexe « Calendrier des épreuves communes des BTS – Session 2027 » (PDF). Consulté le 14/10/2026.
  • Règlements d’examen des BTS concernés (coefficients) : arrêtés de création ou de modification de chaque spécialité, publiés au Journal officiel et consultables sur Légifrance.
  • Fontenelle, Histoire des oracles (1687), première dissertation, chapitre IV, texte lu sur Wikisource (fr.wikisource.org, « Histoire des oracles ») ; date de la première édition contrôlée sur le catalogue général de la BnF.
  • Pline l’Ancien, Histoire naturelle, livre XXXV, § 65-66 (Zeuxis et Parrhasios), texte latin lu sur Wikisource (la.wikisource.org).

Contenu original FuturBTS. Les personnes citées dans les exemples (Mme Vasseur, Nora, Malik) sont fictives. Aucun passage, exemple ou exercice n’est repris d’un manuel existant.

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