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CEJM · chapitre 1 Chapitre offert

L'entreprise et le marché

Ce que tu sauras faire : Identifier les agents économiques avec lesquels une entreprise est en relation, présenter le fonctionnement du marché sur lequel elle intervient, repérer ses externalités et expliquer comment banques et marché financier la financent.

1 h 40 de cours 10 exercices corrigés 10 questions de quiz

1. L’entreprise au milieu des agents économiques

Aucune entreprise ne vit seule. Elle achète, vend, emprunte, paie des salaires et des impôts : chaque jour, elle échange avec d’autres acteurs. Ce premier chapitre de CEJM t’apprend à les nommer, à comprendre leur rôle et à décrire les marchés où ils se rencontrent.

AAteliers Brivel, une PME et ses partenaires

Tout au long de la CEJM, tu suivras Ateliers Brivel, une PME d’Angers qui conçoit, assemble, vend et loue des vélos cargo à assistance électrique. L’entreprise est dirigée par Claire Morvan, présidente, et Yacine Belkadi, directeur général. Elle emploie 48 salariés fin 2025 et a réalisé 9,6 millions d’euros de chiffre d’affaires hors taxes (HT) en 2025. Lina Ferreira y prépare son BTS en alternance.

Le jour de son arrivée, Yacine demande à Lina de dresser la liste de « tous ceux avec qui Brivel fait affaire ». Elle commence par les clients, puis la liste s’allonge très vite :

  • des entreprises de livraison et des collectivités qui achètent ou louent des vélos pour leurs agents ;
  • des familles qui achètent le triporteur Tribu sur le site brivel.fr ;
  • un sous-traitant portugais qui soude les cadres, un équipementier allemand qui fournit moteurs et batteries, une coopérative d’Angers qui fabrique les caisses en bois ;
  • les 48 salariés, qui reçoivent un salaire chaque mois ;
  • la banque qui a prêté de quoi financer l’atelier, et un fonds régional d’investissement qui détient 20 % du capital ;
  • l’administration fiscale, à qui Brivel verse la TVA et l’impôt sur les sociétés, et l’Urssaf, qui collecte les cotisations sociales.

Lina vient de dessiner, sans le savoir, la carte des agents économiques en relation avec son entreprise. C’est exactement la première compétence attendue de toi : identifier les agents économiques en relation avec l’entreprise et leurs rôles.

BQu’est-ce qu’un agent économique ?

Définition

L'agent économique

Un agent économique est une personne, ou un groupe de personnes, qui prend des décisions économiques de façon autonome : produire, consommer, épargner, investir, prêter ou emprunter. Pour simplifier l’analyse, on regroupe les agents qui ont la même fonction principale dans une même catégorie.

Un agent n’est pas forcément une personne seule. Une famille (un ménage), une entreprise de 48 salariés ou l’État sont chacun considérés comme un agent, car ils prennent leurs décisions comme un seul centre de décision.

La comptabilité nationale de l’Insee distingue plusieurs grandes catégories d’agents, appelées secteurs institutionnels. Le programme de CEJM en retient quatre principales : les ménages, les entreprises, les banques et l’État. On y ajoute souvent les associations et le reste du monde, c’est-à-dire tous les agents situés à l’étranger.

Les agents économiques et leurs rôles
Agent Fonction principale Ressources principales Exemple en relation avec Brivel
Ménages consommer des biens et des services ; fournir leur travail ; épargner salaires, revenus de la propriété (loyers, intérêts, dividendes), prestations sociales les familles clientes ; les salariés de Brivel ; Claire et Yacine, associés
Entreprises (sociétés non financières) produire des biens et des services marchands, vendus à un prix qui couvre au moins leurs coûts chiffre d’affaires (ventes) Brivel elle-même ; ses clients professionnels ; ses fournisseurs
Banques et autres sociétés financières (assurances, fonds d’investissement) financer l’économie : collecter l’épargne, accorder des crédits, gérer les moyens de paiement ; assurer les risques intérêts, commissions, primes d’assurance la banque de Brivel ; le fonds régional ; son assureur
État et administrations publiques (État, collectivités locales, Sécurité sociale) produire des services non marchands (éducation, sécurité, routes), redistribuer les revenus, réguler l’économie impôts, taxes, cotisations sociales l’administration fiscale ; l’Urssaf ; la ville cliente qui équipe ses agents
Associations (institutions sans but lucratif au service des ménages) rendre des services non marchands aux ménages cotisations des membres, dons, subventions une association de promotion du vélo qui organise des essais
Reste du monde regrouper tous les agents non résidents qui échangent avec le pays — le sous-traitant portugais ; l’équipementier allemand ; de futurs clients belges
Piège

Ne confonds pas ménage et personne. Un ménage, au sens de l’Insee, regroupe toutes les personnes qui vivent dans un même logement. Un salarié de Brivel, son conjoint et leurs enfants forment un seul ménage. Autre confusion fréquente : l’entrepreneur individuel (un plombier à son compte, par exemple) est classé par l’Insee parmi les ménages, car son patrimoine professionnel et son patrimoine personnel sont très liés, même s’il produit comme une entreprise.

CUne même personne, plusieurs rôles

Une même personne peut intervenir comme plusieurs agents à la fois. Claire Morvan est salariée-dirigeante de Brivel (elle reçoit une rémunération), associée (elle peut recevoir des dividendes), consommatrice quand elle fait ses courses et contribuable quand elle paie ses impôts. Ce qui compte en économie, ce n’est pas la personne, mais la fonction qu’elle exerce dans l’échange observé.

C’est pour cela qu’à l’épreuve, quand on te demande d’« identifier les agents économiques », il faut toujours préciser le rôle de chaque agent dans la relation avec l’entreprise étudiée : client, fournisseur, prêteur, salarié, collecteur d’impôts, financeur, régulateur.

DLe poids des différentes entreprises

Le mot « entreprise » recouvre des réalités très différentes : le salon de coiffure de quartier, le cabinet d’expertise comptable de 30 personnes, Brivel ou un groupe mondial de l’automobile. Depuis la loi de modernisation de l’économie de 2008, la statistique publique les classe en quatre catégories selon leur effectif, leur chiffre d’affaires et leur total de bilan : microentreprises, petites et moyennes entreprises (PME), entreprises de taille intermédiaire (ETI) et grandes entreprises.

Exemple chiffré

Beaucoup de petites entreprises, quelques géants

L’Insee a publié en décembre 2025 la répartition des entreprises françaises en 2023 (secteurs principalement marchands, hors agriculture et finance).

Catégorie Nombre d’entreprises Salariés (en équivalent temps plein) Part de la valeur ajoutée
Microentreprises 4 042 715 2 524 200 16,3 %
PME (hors microentreprises) 163 992 4 323 900 23,2 %
Entreprises de taille intermédiaire 7 031 3 826 000 26,4 %
Grandes entreprises 312 4 167 900 34,1 %
Ensemble 4 214 050 14 841 900 100 %

Lecture. Les microentreprises représentent 4 042 715 ÷ 4 214 050 = 95,9 % des entreprises, mais seulement 16,3 % de la valeur ajoutée. À l’inverse, les 312 grandes entreprises (moins de 0,01 % du total) emploient 28,1 % des salariés (4 167 900 ÷ 14 841 900) et créent 34,1 % de la valeur ajoutée. Ensemble, ETI et grandes entreprises, soit 0,17 % des entreprises, réalisent 60,5 % de la valeur ajoutée.

Interprétation. Brivel, avec 48 salariés, est une PME. Elle traite à la fois avec des acteurs plus petits qu’elle (des artisans clients, des revendeurs indépendants) et avec des acteurs beaucoup plus grands (sa banque, son équipementier allemand). Ce rapport de taille pèse dans les négociations.

Source : Insee, « Le tissu productif français par catégorie d’entreprises en 2023 », Insee Focus n° 372, 10 décembre 2025 (données Ésane 2023). La valeur ajoutée est la richesse créée par l’entreprise : sa production moins les biens et services consommés pour la réaliser (notion approfondie au chapitre 4). Le total des salariés publié par l’Insee (14 841 900) diffère de 100 salariés de la somme des lignes, en raison des arrondis.

Exemple

Dans ton BTS : les mêmes agents, d'autres visages

  • MCO : une enseigne de prêt-à-porter vend à des ménages, achète à une centrale, emprunte pour rénover son magasin.
  • NDRC : un commercial d’un fabricant de matériel agricole négocie avec des exploitants (entrepreneurs individuels, donc des ménages pour l’Insee) et des coopératives.
  • GPME : l’assistante de gestion d’une PME du bâtiment relance les clients, paie les fournisseurs, prépare les déclarations de TVA pour l’administration fiscale.
  • CG : le cabinet comptable où Lina pourrait travailler a pour clients des entreprises, des associations et des entrepreneurs individuels.
  • SAM : l’assistante de direction d’un hôpital privé organise les relations avec l’agence régionale de santé, les mutuelles et les fournisseurs.
  • Communication : une agence travaille pour des annonceurs (entreprises), des collectivités (campagnes publiques) et des associations.
  • Commerce international : une PME exportatrice de cognac traite avec des importateurs étrangers (reste du monde) et une banque qui la couvre contre le risque de change.

2. Les échanges entre agents économiques

Les agents économiques ne vivent pas côte à côte : ils échangent. Chaque échange fait circuler, dans un sens, un bien, un service ou du travail, et dans l’autre, de la monnaie. Le circuit économique résume ces échanges.

AFlux réels et flux monétaires

Définition

Flux réel et flux monétaire

Un flux est un mouvement de valeur entre deux agents, mesuré sur une période.

  • Un flux réel est un transfert de biens, de services ou de travail (on dit aussi flux physique).
  • Un flux monétaire est un transfert de monnaie (paiement en espèces, virement, prélèvement…).

Dans un échange marchand, les deux flux circulent en sens inverse : le flux monétaire est la contrepartie du flux réel.

Quand une entreprise de livraison achète un vélo Porteur à Brivel, le vélo va de Brivel vers le client (flux réel) et 6 200 € HT, plus la TVA, vont du client vers Brivel (flux monétaire). Quand un salarié de Brivel travaille un mois, son travail va du ménage vers l’entreprise (flux réel) et son salaire va de l’entreprise vers le ménage (flux monétaire).

Certains flux monétaires n’ont pas de contrepartie directe : on parle de transferts. Les impôts, les cotisations sociales, les subventions et les prestations sociales sont des transferts. Quand Brivel paie l’impôt sur les sociétés, elle ne reçoit pas en échange un service précis : l’impôt finance l’ensemble des services publics.

BLe circuit économique

Le circuit économique est une représentation simplifiée de l’économie : on place les agents et on trace les flux qui les relient. Il permet de comprendre qu’une dépense pour un agent est toujours une recette pour un autre.

Le circuit économique simplifié
Ménages consomment, travaillent, épargnent Entreprises produisent, vendent, investissent Banques collectent et prêtent Reste du monde État et administrations services publics, redistribution travail salaires, dividendes biens et services paiement des achats épargne crédits exportations importations impôts, cotisations prestations sociales impôts, cotisations subventions flux réel flux monétaire
Les flèches pleines représentent les flux réels, les flèches en pointillé les flux monétaires qui en sont la contrepartie. Les banques collectent l'épargne et accordent des crédits ; l'État prélève des impôts et verse des prestations ; le reste du monde achète des exportations et vend des importations.

Lis le circuit à partir des ménages et des entreprises, le cœur de l’économie :

  1. Les ménages fournissent leur travail aux entreprises et reçoivent des revenus (salaires, dividendes).
  2. Avec ces revenus, ils consomment les biens et services produits par les entreprises, qui encaissent ainsi leur chiffre d’affaires.
  3. Ce que les ménages ne dépensent pas est épargné, souvent déposé à la banque. La banque prête aux entreprises qui veulent investir (crédits).
  4. L’État prélève des impôts et des cotisations sur les ménages et les entreprises ; il leur rend des services publics non marchands, verse des prestations sociales aux ménages et parfois des subventions aux entreprises.
  5. Le reste du monde achète des produits français (exportations) et vend ses propres produits en France (importations).

CÉchanges marchands et non marchands

Définition

Production marchande et non marchande

  • Une production est marchande quand elle est vendue sur un marché à un prix qui couvre au moins son coût de production. C’est le cas du vélo vendu par Brivel ou de la coupe de cheveux d’un salon de coiffure.
  • Une production est non marchande quand elle est fournie gratuitement ou à un prix très inférieur à son coût. Elle est financée par des prélèvements obligatoires (impôts, cotisations) ou par des dons. C’est le cas de l’enseignement public, de la police ou d’une piste cyclable municipale.

L’entreprise vit surtout d’échanges marchands, mais elle profite aussi d’une production non marchande : routes, formation des salariés dans les écoles publiques, sécurité, justice. Brivel, par exemple, bénéficie directement des pistes cyclables construites par les collectivités : elles rendent le vélo cargo plus attractif pour ses clients.

DLes relations d’échange de l’entreprise

Pour décrire les échanges d’une entreprise, on les classe selon le type de partenaire :

Les grandes relations d’échange d’une entreprise
Relation Partenaire Ce qui est échangé Exemple chez Brivel
Vente aux particuliers (B to C, business to consumer) ménages produits contre prix triporteur Tribu vendu sur brivel.fr à 5 490 € TTC
Vente aux entreprises (B to B, business to business) entreprises produits contre prix 15 biporteurs pour une société de livraison
Vente aux administrations (B to G, business to government) collectivités, État produits contre prix, souvent après un marché public location de 40 vélos à une métropole
Achats fournisseurs, sous-traitants matières, composants, prestations contre paiement cadres, moteurs, batteries, caisses
Emploi ménages (salariés) travail contre salaire 48 salariés
Financement banques, investisseurs capitaux contre intérêts ou dividendes emprunt bancaire ; entrée du fonds régional au capital
Prélèvements et aides administrations impôts et cotisations ; aides publiques TVA, impôt sur les sociétés, cotisations sociales

Ces relations d’échange seront revues au chapitre 13, qui montre comment le numérique les transforme (places de marché, ventes entre particuliers, plateformes).

Astuce

Pour identifier les agents économiques dans un dossier d’épreuve, suis l’argent : à chaque fois qu’une somme entre ou sort de l’entreprise, demande-toi qui paie, qui reçoit, et en échange de quoi. Tu obtiens à la fois l’agent et son rôle.

Méthode

Identifier les agents économiques en relation avec une entreprise

  1. Repère dans le dossier chaque acteur cité (client, fournisseur, banque, administration, salarié, concurrent…).
  2. Classe-le dans une catégorie d’agent : ménage, entreprise, banque ou société financière, administration publique, association, reste du monde.
  3. Précise son rôle dans la relation avec l’entreprise : client, fournisseur, prêteur, investisseur, employé, collecteur de prélèvements, régulateur.
  4. Nomme le flux échangé : flux réel (bien, service, travail) et flux monétaire en contrepartie, ou transfert sans contrepartie directe.
  5. Présente le tout dans un tableau : agent, catégorie, rôle, flux. C’est clair, rapide à lire et apprécié des correcteurs.

3. Le marché : rôle et fonctionnement

La plupart des échanges de l’entreprise passent par des marchés. Comprendre comment un marché fixe un prix, et pourquoi ce prix monte ou baisse, est indispensable pour analyser la situation d’une entreprise.

AQu’est-ce qu’un marché ?

Définition

Le marché

Un marché est le lieu, réel ou virtuel, où se rencontrent l’offre (les vendeurs) et la demande (les acheteurs) d’un bien, d’un service ou d’un facteur de production. Cette confrontation détermine un prix et une quantité échangée.

Le marché n’est pas forcément un lieu physique. Le marché des vélos cargo existe dans les magasins des revendeurs, sur les sites marchands, dans les appels d’offres des collectivités : partout où des vendeurs et des acheteurs de vélos cargo entrent en contact.

On distingue plusieurs grands types de marchés, sur lesquels l’entreprise intervient comme offreur ou comme demandeur.

Les principaux marchés sur lesquels intervient l’entreprise
Marché Ce qui s’échange Prix L’entreprise y est… Chapitre
Biens et services produits finis, composants, prestations prix de vente offreuse (elle vend) et demandeuse (elle achète à ses fournisseurs) celui-ci
Travail heures de travail, compétences salaire demandeuse de travail (elle embauche) chapitre 17
Capitaux (marché financier et marché monétaire) épargne, crédits, titres (actions, obligations) taux d’intérêt, cours des titres demandeuse de capitaux quand elle se finance partie 6 et chapitre 12
Changes devises (dollars, livres sterling…) taux de change demandeuse ou offreuse de devises quand elle importe ou exporte —

BLa demande, l’offre et le prix d’équilibre

La demande est la quantité d’un produit que les acheteurs souhaitent acheter à un prix donné. En général, plus le prix est élevé, moins la quantité demandée est grande : certains acheteurs renoncent, d’autres se tournent vers un produit de remplacement. La courbe de demande est donc décroissante.

L’offre est la quantité que les vendeurs souhaitent vendre à un prix donné. En général, plus le prix est élevé, plus la quantité offerte est grande : produire devient plus rentable, de nouveaux vendeurs sont attirés. La courbe d’offre est donc croissante.

Définition

Le prix d'équilibre

Le prix d’équilibre est le prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandée. À ce prix, tous les vendeurs qui acceptent ce prix trouvent un acheteur, et tous les acheteurs prêts à le payer trouvent un vendeur. La quantité correspondante est la quantité d’équilibre.

Exemple chiffré

Le marché de gros des fraises un samedi de juin

Sur un marché de gros régional, les producteurs (l’offre) et les commerçants détaillants (la demande) échangent des barquettes de fraises de 500 g. Voici les quantités, en milliers de barquettes, selon le prix.

Prix d’une barquette Quantité demandée Quantité offerte Situation Quantité réellement échangée
2,00 € 900 200 excès de demande de 700 (pénurie) 200
2,50 € 750 400 excès de demande de 350 400
3,00 € 600 600 équilibre 600
3,50 € 450 700 excès d’offre de 250 (surplus) 450
4,00 € 300 800 excès d’offre de 500 300

Démarche. On cherche le prix où l’offre égale la demande : 600 = 600 à 3,00 €. La quantité échangée y est la plus forte possible (600 000 barquettes) et les producteurs encaissent 3,00 × 600 000 = 1 800 000 €.

Pourquoi le prix tend vers 3,00 €. À 2,50 €, il manque 350 000 barquettes : des détaillants repartent les mains vides et acceptent de payer plus cher ; le prix monte. À 3,50 €, 250 000 barquettes restent invendues : des producteurs baissent leur prix pour écouler leur stock ; le prix descend.

Quand l’offre et la demande ne sont pas égales, la quantité réellement échangée est la plus petite des deux : on ne peut pas vendre plus que ce que les acheteurs veulent, ni acheter plus que ce que les vendeurs proposent.

La confrontation de l'offre et de la demande
A. L'équilibre et son ajustement prix quantité D O P* Q* excès d'offre le prix baisse excès de demande le prix monte B. Une hausse de la demande prix quantité D D2 O P1 P2 Q1 Q2 la demande augmente
Au-dessus du prix d'équilibre, l'offre dépasse la demande : les invendus poussent le prix à la baisse. En dessous, la demande dépasse l'offre : la pénurie pousse le prix à la hausse. Une hausse de la demande (courbe D2) déplace l'équilibre vers un prix et une quantité plus élevés.

CPourquoi l’équilibre se déplace

Le prix d’équilibre n’est pas figé. Il change dès que l’offre ou la demande se déplace, c’est-à-dire dès qu’un facteur autre que le prix modifie les quantités, quel que soit le prix.

Ce qui déplace l’offre et la demande
Ce qui change Effet Conséquence sur l’équilibre Exemple
Revenu des ménages en hausse, mode, nouvelle aide publique la demande augmente prix ↑, quantité ↑ une prime à l’achat d’un vélo cargo pour les familles
Hausse du prix d’un produit de remplacement la demande augmente prix ↑, quantité ↑ le carburant devient plus cher : les livreurs regardent le vélo cargo
Hausse du coût des composants, de l’énergie, des salaires l’offre diminue prix ↑, quantité ↓ les batteries coûtent 15 % plus cher
Progrès technique, arrivée de nouveaux vendeurs l’offre augmente prix ↓, quantité ↑ des modèles importés à bas prix arrivent sur le marché

Dans l’exemple des fraises, une vague de chaleur ajoute 150 000 barquettes demandées à chaque prix. À 3,00 €, la demande passe à 750 000 pour une offre de 600 000 : il y a pénurie, et le prix monte. Le nouvel équilibre se situe entre 3,00 € et 3,50 €, avec plus de 600 000 barquettes échangées.

DLe rôle du marché

Le marché ne sert pas seulement à fixer un prix. Il remplit trois fonctions essentielles.

  1. Il informe. Le prix est un signal : un prix qui monte indique que le produit est rare par rapport aux besoins ; un prix qui baisse, qu’il est abondant.
  2. Il coordonne. Des milliers de vendeurs et d’acheteurs qui ne se connaissent pas ajustent leurs décisions grâce au prix, sans qu’aucune autorité ne les organise. L’économiste Adam Smith parlait en 1776 d’une « main invisible ».
  3. Il oriente les ressources. Quand le prix d’un produit monte, produire ce bien devient plus rentable : les entreprises y consacrent plus de capitaux et de travail. Le marché alloue ainsi les ressources vers les productions les plus demandées.
À retenir

Le marché est un mécanisme de coordination décentralisée : par le prix, il informe, il ajuste l’offre et la demande, et il oriente les ressources. Mais il ne fonctionne bien que sous certaines conditions, rarement toutes réunies (partie 5).

ELe modèle de concurrence pure et parfaite

Pour étudier le marché, les économistes partent d’un modèle théorique, la concurrence pure et parfaite. Il repose sur cinq conditions.

Les cinq conditions de la concurrence pure et parfaite
Condition Signification Dans la réalité
Atomicité très nombreux vendeurs et acheteurs, chacun trop petit pour influencer le prix souvent fausse : quelques grands acteurs dominent beaucoup de marchés
Homogénéité du produit tous les produits sont identiques, seul le prix compte les entreprises différencient leurs produits (marque, design, service)
Libre entrée et sortie chacun peut entrer sur le marché ou le quitter sans obstacle il existe des barrières à l’entrée (partie 4)
Transparence de l’information tout le monde connaît le prix et la qualité de tous les produits l’information est souvent inégale (asymétrie, partie 5)
Mobilité des facteurs le travail et le capital se déplacent librement vers les activités les plus rentables changer de métier ou de secteur prend du temps

Ce modèle sert de point de comparaison. Aucun marché réel ne le respecte entièrement, et c’est justement en repérant quelles conditions manquent qu’on comprend le fonctionnement d’un marché réel.

FLes structures de marché

On caractérise un marché par le nombre d’offreurs et le nombre de demandeurs.

Les principales structures de marché
Structure Offreurs Demandeurs Conséquence Exemple
Concurrence (proche du modèle) très nombreux très nombreux personne ne fixe seul le prix marché de gros des fruits et légumes
Concurrence monopolistique nombreux, chacun avec un produit différencié nombreux chaque vendeur a un petit pouvoir sur son prix grâce à ce qui le distingue restaurants d’une ville, salons de coiffure, agences de communication
Oligopole quelques-uns nombreux chaque vendeur surveille les décisions des autres ; risque d’entente opérateurs de téléphonie mobile, grands constructeurs d’avions
Monopole un seul nombreux le vendeur fixe le prix ou la quantité réseau de transport d’électricité ; titulaire d’un brevet sur son invention
Oligopsone nombreux quelques-uns les acheteurs imposent leurs conditions quelques centrales d’achat face à des milliers de producteurs
Monopsone nombreux un seul l’acheteur unique fixe le prix un seul grand employeur dans un bassin d’emploi isolé
Piège

Ne confonds pas monopole et grande entreprise. Une grande entreprise peut être en concurrence acharnée, et une toute petite entreprise peut être en monopole local (la seule boulangerie d’un village). Le monopole se définit par l’absence de concurrent sur un marché précis, pas par la taille.

GPrésenter le marché d’une entreprise

La deuxième compétence attendue est de présenter le fonctionnement des marchés sur lesquels intervient l’entreprise. Pour Brivel, le marché principal est celui des vélos cargo à assistance électrique, mais il faut aussi penser aux produits qui répondent au même besoin : la camionnette électrique pour un livreur, la voiture pour une famille.

Méthode

Présenter le marché d'une entreprise

  1. Délimiter le marché : quel produit, pour quels clients, sur quel territoire ? (« vélos cargo électriques vendus aux professionnels en France ».)
  2. Décrire la demande : qui achète (ménages, entreprises, administrations), pourquoi, avec quelle évolution.
  3. Décrire l’offre : nombre et taille des concurrents, produits proposés, niveaux de prix.
  4. Caractériser la structure : concurrence, concurrence monopolistique, oligopole, monopole… et les écarts au modèle de concurrence pure et parfaite.
  5. Repérer les relations entre acteurs : concurrence directe ou indirecte, coopérations, barrières à l’entrée (partie 4).
  6. Conclure sur ce que cela implique pour l’entreprise : pression sur les prix, nécessité de se différencier, opportunité de croissance.
Exemple

Lina présente le marché de Brivel

  • Marché : vélos cargo à assistance électrique, en France, pour trois types de clients (professionnels et collectivités, revendeurs, particuliers).
  • Demande : entreprises de livraison du dernier kilomètre, artisans, collectivités qui équipent leurs agents, familles urbaines ; elle dépend des aides publiques, du prix des carburants et des aménagements cyclables.
  • Offre : de grands fabricants européens, des importateurs de modèles à bas prix, quelques ateliers artisanaux français ; Brivel se situe sur le haut de gamme (Porteur à 6 200 € HT).
  • Structure : concurrence monopolistique — de nombreux vendeurs, mais des produits différenciés par la charge, le confort, le service après-vente et la marque.
  • Conséquence : Brivel ne peut pas gagner sur le prix face aux importations ; elle doit justifier son prix par la qualité, la durée de vie, le service et la location avec entretien.

4. Concurrence, coopération et barrières à l’entrée

Sur un marché, les entreprises s’affrontent, mais elles coopèrent aussi. Et toutes ne peuvent pas entrer sur n’importe quel marché : des barrières protègent les entreprises déjà installées.

ALa concurrence

Définition

La concurrence

La concurrence est la situation dans laquelle plusieurs entreprises cherchent à attirer les mêmes clients. Elle pousse chaque entreprise à faire mieux que les autres : prix plus bas, meilleure qualité, innovation, meilleur service.

On distingue deux formes de concurrence selon la proximité des produits.

  • La concurrence directe oppose des entreprises qui vendent le même type de produit : Brivel et un autre fabricant de biporteurs électriques.
  • La concurrence indirecte oppose des produits différents qui répondent au même besoin : le vélo cargo et la camionnette électrique pour livrer en ville ; le cinéma et la plateforme de vidéo à la demande pour se divertir.

On distingue aussi deux terrains d’affrontement.

  • La concurrence par les prix : l’entreprise attire les clients avec un prix plus bas. Elle suppose des coûts bas (production en grande série, achats massifs, production à bas coût).
  • La concurrence hors prix : l’entreprise attire les clients par la qualité, l’innovation, la marque, le service, les délais. C’est le choix de Brivel, qui vend plus cher que les importateurs mais assure l’entretien, la garantie et la proximité.
À retenir

Pour l’entreprise, la concurrence est une contrainte (elle limite les prix et les marges) et un aiguillon (elle oblige à innover et à s’améliorer). Pour le client, elle est en principe favorable : plus de choix, des prix plus bas, une meilleure qualité. C’est pourquoi le droit la protège (chapitre 6).

BLes relations de coopération

Concurrence ne veut pas dire guerre permanente. Les entreprises coopèrent souvent, y compris avec leurs concurrents.

Définition

La coopération entre entreprises

La coopération est une relation dans laquelle des entreprises mettent en commun des moyens, des compétences ou des informations pour atteindre un objectif qu’elles atteindraient moins bien seules, tout en restant juridiquement indépendantes.

Les principales formes de coopération
Forme Principe Exemple
Sous-traitance une entreprise (le donneur d’ordre) confie à une autre la fabrication d’une partie de son produit selon ses spécifications Brivel fait souder ses cadres par un sous-traitant portugais
Partenariat avec un fournisseur relation durable, avec des engagements réciproques (volumes, qualité, développement commun) Brivel et la coopérative qui fabrique ses caisses en bois depuis 2019
Réseau de distribution (revendeurs, franchise) des commerçants indépendants distribuent les produits d’une marque 70 vélocistes revendent les vélos Brivel
Groupement d’achats des entreprises achètent ensemble pour obtenir de meilleurs prix Brivel et deux autres fabricants achètent ensemble leurs batteries
Alliance, coentreprise des entreprises, parfois concurrentes, mènent ensemble un projet précis, éventuellement dans une société commune deux constructeurs automobiles développent ensemble une batterie
Coopétition des concurrents coopèrent sur un point (recherche, achats, logistique) et restent concurrents sur le reste deux enseignes concurrentes partagent un entrepôt dans une ville

Pourquoi coopérer ? Pour partager les coûts (recherche, achats, logistique), accéder à une compétence qu’on n’a pas, atteindre une taille suffisante face à de grands fournisseurs ou clients, ou réduire les risques d’un projet nouveau. Les choix de « faire ou faire faire » (sous-traitance, impartition) seront approfondis au chapitre 8.

Point juridique

Coopérer, oui ; s'entendre sur les prix, non

L’article L420-1 du Code de commerce interdit les actions concertées, conventions ou ententes qui ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser la concurrence sur un marché, notamment lorsqu’elles tendent à faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché, à limiter la production ou à répartir les marchés.

Ce que cela veut dire concrètement. Brivel et ses deux partenaires peuvent acheter ensemble leurs batteries. Ils ne peuvent pas profiter de leurs réunions pour se mettre d’accord sur leurs prix de vente aux clients ou se partager les régions de France : ce serait une entente, sanctionnée par l’Autorité de la concurrence. Le droit de la concurrence est étudié au chapitre 6.

Article L420-1 du Code de commerce, version en vigueur depuis le 16/05/2001, lu sur Légifrance — à jour au 14/10/2026.

CLes barrières à l’entrée

Si un marché est rentable, de nouvelles entreprises devraient y entrer, augmenter l’offre et faire baisser les prix. Ce n’est pas toujours le cas, parce qu’il existe des barrières à l’entrée.

Définition

Les barrières à l'entrée

Les barrières à l’entrée sont les obstacles qui rendent difficile, coûteuse ou impossible l’arrivée d’une nouvelle entreprise sur un marché. Elles protègent les entreprises déjà présentes de nouveaux concurrents et leur permettent de pratiquer des prix plus élevés.

Les principales barrières à l’entrée
Type Barrière Exemple
Économiques économies d’échelle : les entreprises installées produisent en grande quantité, donc à un coût unitaire plus bas un nouveau fabricant de voitures ne peut pas égaler d’emblée les coûts d’un constructeur qui en produit des millions
montant des investissements de départ construire une usine, un réseau de fibre optique, un hôpital
accès à la distribution les places en rayon des supermarchés sont déjà occupées par les grandes marques
coûts de changement pour le client changer de logiciel de comptabilité oblige un cabinet à reformer tous ses collaborateurs
Technologiques et juridiques brevets l’attelage rapide de Brivel est breveté : un concurrent ne peut pas le copier
autorisations obligatoires (agrément, licence, diplôme) une banque doit obtenir un agrément avant d’exercer ; un expert-comptable doit être inscrit à l’Ordre
normes techniques ou de sécurité un vélo à assistance électrique doit respecter des normes de sécurité avant d’être vendu
Commerciales et stratégiques notoriété et fidélité à la marque un nouveau soda doit investir massivement en publicité face aux marques connues
comportements des entreprises en place baisser fortement ses prix à l’arrivée d’un concurrent, multiplier les références en rayon
Point juridique

Une barrière réglementaire : l'agrément des banques

Selon l’article L511-10 du Code monétaire et financier, les établissements de crédit doivent obtenir un agrément avant d’exercer leur activité. Pour un établissement installé en France, cet agrément est délivré par la Banque centrale européenne, sur proposition de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Ce que cela veut dire concrètement. On ne peut pas ouvrir une banque comme on ouvre une boutique. L’agrément vérifie notamment que l’établissement dispose de fonds propres suffisants et de dirigeants compétents. Cette barrière protège les déposants, mais elle limite aussi le nombre de concurrents.

Article L511-10 du Code monétaire et financier, version en vigueur du 10/04/2026 au 11/01/2027 (ordonnance n° 2026-255 du 8 avril 2026), lue sur Légifrance — à jour au 14/10/2026.

Les barrières à l’entrée ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi. Un brevet récompense l’innovation ; un agrément protège les clients ; mais des barrières trop fortes réduisent la concurrence et permettent aux entreprises installées de maintenir des prix élevés. Pour une entreprise, il faut se poser deux questions : quelles barrières me protègent ? et quelles barrières m’empêchent d’entrer sur un nouveau marché ?

Exemple

Les barrières autour de Brivel

  • Ce qui protège Brivel : son brevet sur l’attelage rapide, sa marque déposée, son réseau de 70 revendeurs, sa relation avec les collectivités (gagner un marché public suppose des références), son service d’entretien.
  • Ce qui protège les leaders européens face à Brivel : leurs économies d’échelle (ils produisent beaucoup plus de vélos, donc à un coût unitaire plus bas), leur notoriété, leur accès aux grandes chaînes de magasins de sport.
  • Ce qui protège peu le marché : un importateur peut faire fabriquer des vélos cargo en Asie sans usine en France ; la barrière principale est alors la norme de sécurité et la confiance des clients.

5. Les défaillances du marché : asymétrie d’information et externalités

Le marché ne fonctionne pas toujours bien. Quand l’acheteur et le vendeur ne disposent pas de la même information, ou quand un échange touche des personnes qui n’y participent pas, le prix ne joue plus correctement son rôle.

AL’asymétrie d’information

Définition

L'asymétrie d'information

Il y a asymétrie d’information quand l’une des parties à un échange dispose d’informations que l’autre n’a pas sur la qualité du produit, sur ses intentions ou sur son comportement futur. Le modèle de concurrence pure et parfaite suppose au contraire la transparence.

Exemple classique : sur le marché des vélos d’occasion, le vendeur sait si le moteur a déjà été réparé ou si la batterie a été mal rechargée ; l’acheteur, lui, ne le voit pas. L’économiste George Akerlof a montré en 1970, à propos des voitures d’occasion, qu’une telle situation peut faire disparaître les bons produits du marché.

On distingue deux situations.

Les deux formes d’asymétrie d’information
Sélection adverse Aléa moral
Moment avant la signature du contrat après la signature du contrat
Ce qui est caché une caractéristique (la qualité du produit, le risque que présente le client) un comportement (l’effort, la prudence)
Mécanisme l’acheteur, qui ne sait pas distinguer les bons produits des mauvais, propose un prix moyen ; les vendeurs de bons produits trouvent ce prix trop bas et se retirent ; il ne reste que les mauvais produits une fois protégée par le contrat, une partie modifie son comportement aux dépens de l’autre
Exemple vélos d’occasion : les vendeurs de vélos en très bon état refusent un prix « moyen » et vendent ailleurs un client qui a souscrit une assurance vol attache son vélo moins soigneusement ; un loueur de vélos qui facture un forfait d’entretien bâcle les révisions
Exemple chiffré

Comment l'asymétrie fait fuir les bons vélos

Sur un marché de vélos cargo d’occasion, imagine qu’il y a autant de vélos « en très bon état » (valeur réelle 3 000 €) que de vélos « fatigués » (valeur réelle 1 200 €), et que l’acheteur ne peut pas les distinguer.

Démarche. L’acheteur raisonne sur la valeur moyenne : (3 000 + 1 200) ÷ 2 = 2 100 €. Il ne propose pas plus.

Conséquence. Le propriétaire d’un vélo en très bon état refuse de le céder 2 100 € alors qu’il en vaut 3 000 : il le garde ou le vend à un proche. Il ne reste bientôt que des vélos fatigués sur le marché ; les acheteurs le comprennent et baissent encore leur prix. Le marché des bons vélos d’occasion s’effondre, alors que des acheteurs étaient prêts à payer leur vrai prix.

Comment réduire l’asymétrie d’information ? Les entreprises et les pouvoirs publics disposent de plusieurs moyens.

Réduire l’asymétrie d’information
Moyen Principe Exemple
Garantie le vendeur s’engage sur la qualité : s’il ment, il paie un garage qui garantit 12 mois ses voitures d’occasion
Label, certification par un tiers un organisme indépendant atteste la qualité label de qualité, contrôle technique d’un véhicule
Réputation, marque, avis clients le vendeur qui triche perd ses clients futurs une marque connue a beaucoup à perdre si elle déçoit
Contrat incitatif le contrat pousse l’autre partie à bien se comporter franchise d’assurance laissée à la charge de l’assuré ; bonus-malus ; prime liée aux résultats
Obligation légale d’information la loi oblige la partie qui sait à informer l’autre devoir d’information avant la signature d’un contrat
Point juridique

Le devoir d'information avant le contrat

Selon l’article 1112-1 du Code civil, celle des parties qui connaît une information dont l’importance est déterminante pour le consentement de l’autre doit l’en informer, dès lors que cette dernière l’ignore légitimement ou fait confiance à son cocontractant. Ce devoir ne porte pas sur l’estimation de la valeur de la prestation. Les parties ne peuvent ni le limiter ni l’exclure. Son non-respect peut engager la responsabilité de celui qui devait informer et entraîner l’annulation du contrat.

Ce que cela veut dire concrètement. Si Brivel vend un vélo reconditionné dont elle sait que le cadre a été ressoudé, elle doit le dire à l’acheteur : c’est une information déterminante. En revanche, elle n’a pas à lui dire qu’elle l’a racheté 800 € pour le revendre 2 400 € : c’est une estimation de la valeur. Le droit réduit ainsi l’asymétrie d’information. Ce texte sera étudié en détail au chapitre 2, consacré au contrat.

Article 1112-1 du Code civil, créé par l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016, version en vigueur depuis le 01/10/2016, lue sur Légifrance — à jour au 14/10/2026.

Astuce

Pour distinguer les deux formes d’asymétrie, pose une seule question : le problème existe-t-il déjà avant la signature ? Si oui (la qualité est cachée), c’est de la sélection adverse. S’il naît du comportement après la signature, c’est de l’aléa moral.

BLes externalités

Définition

Les externalités

Il y a externalité quand l’activité d’un agent économique a un effet sur un autre agent — favorable ou défavorable — sans que cet effet passe par le marché, c’est-à-dire sans paiement ni compensation.

  • L’externalité est positive quand l’effet est favorable : l’autre agent y gagne sans payer.
  • L’externalité est négative quand l’effet est défavorable : l’autre agent subit un coût sans être indemnisé.

Quelques exemples pour fixer les idées :

  • un apiculteur installé près d’un verger : ses abeilles pollinisent gratuitement les arbres du voisin (externalité positive) ;
  • une entreprise qui forme ses salariés : s’ils partent chez un concurrent, celui-ci profite de cette formation sans l’avoir payée (externalité positive pour le concurrent) ;
  • une usine qui rejette des fumées : les riverains subissent la pollution sans être indemnisés (externalité négative) ;
  • une camionnette de livraison qui circule en ville : elle contribue au bruit, à la pollution de l’air et aux embouteillages subis par tous (externalité négative).

Pourquoi parle-t-on de défaillance du marché ? Parce que le prix ne tient pas compte de ces effets. L’usine qui pollue ne paie pas le coût qu’elle impose aux riverains : son produit est vendu trop bon marché et produit en trop grande quantité. À l’inverse, l’apiculteur n’est pas payé pour la pollinisation : l’activité utile à la société est insuffisamment développée.

Repérer les externalités pour l'entreprise
Externalité positive Externalité négative Produite par l'entreprise Subie par l'entreprise Elle profite à d'autres agents sans être payée. Brivel : ses vélos réduisent bruit et pollution en ville. Elle impose un coût à d'autres agents sans les indemniser. Brivel : bruit et camions de livraison autour de l'atelier. Elle profite gratuitement de l'activité d'autres agents. Brivel : pistes cyclables construites par la ville. Elle supporte un coût causé par d'autres agents. Brivel : embouteillages à l'entrée du parc d'activités. Dans tous les cas, l'effet passe hors du marché : aucun prix, aucune compensation.
Une entreprise peut produire des externalités (elle crée des effets sur d'autres agents) ou en subir (elle reçoit les effets de l'activité des autres). Dans les deux cas, elles peuvent être positives ou négatives.

Le programme te demande de repérer l’existence d’externalités pour l’entreprise. Il faut regarder dans les deux sens : les externalités que l’entreprise produit et celles qu’elle subit.

Méthode

Repérer les externalités dans une situation d'entreprise

  1. Liste les effets de l’activité de l’entreprise sur d’autres agents (riverains, autres entreprises, collectivité), et les effets de l’activité des autres sur l’entreprise.
  2. Vérifie qu’il n’y a pas de paiement : si l’effet est payé (achat, indemnité, redevance), ce n’est pas une externalité.
  3. Qualifie l’effet : positif (gain gratuit) ou négatif (coût non compensé).
  4. Précise le sens : externalité produite par l’entreprise ou subie par elle.
  5. Tire une conséquence : risque pour l’image, possible réglementation ou taxe, opportunité commerciale, demande d’aide publique.
Exemple

Les externalités de Brivel

Externalité Positive ou négative Produite ou subie par Brivel
Chaque vélo cargo qui remplace une camionnette réduit le bruit, la pollution et les embouteillages en ville positive produite
L’atelier, en périphérie, génère du bruit et des livraisons de camions pour les voisins négative produite
Les pistes cyclables construites par la ville rendent le vélo cargo plus attractif positive subie
Une autre entreprise installée à côté provoque des embouteillages à l’entrée du parc d’activités, ce qui retarde les livraisons négative subie

CCorriger les externalités

Puisque le marché ne tient pas compte des externalités, les pouvoirs publics interviennent pour les internaliser, c’est-à-dire pour les faire entrer dans les calculs de ceux qui les provoquent.

Les outils pour corriger les externalités
Outil Principe Exemple
Réglementation (normes, interdictions) on fixe un plafond ou une obligation normes d’émission de polluants imposées aux véhicules neufs
Taxe on fait payer celui qui crée l’externalité négative ; c’est l’idée de l’économiste Arthur Pigou (1920) taxe sur les carburants, taxe sur la mise en décharge des déchets
Marché de droits à polluer on fixe un total d’émissions autorisées et on laisse les entreprises échanger leurs quotas système européen d’échange de quotas de CO₂ pour l’industrie
Subvention on paie celui qui crée une externalité positive pour qu’il en produise davantage aide à l’achat d’un vélo ; crédit d’impôt pour la recherche
Point juridique

Le principe pollueur-payeur

L’article L110-1 du Code de l’environnement énonce, parmi les principes qui inspirent la protection de l’environnement, le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur.

Ce que cela veut dire concrètement. Ce n’est pas à la collectivité de payer pour la pollution provoquée par une entreprise. C’est un fondement juridique de l’internalisation des externalités négatives : taxes, obligations de dépollution, financement de la collecte des déchets par les fabricants.

Article L110-1, II, 3° du Code de l’environnement, version en vigueur depuis le 25/08/2021 (loi n° 2021-1104 du 22 août 2021), lu sur Légifrance — à jour au 14/10/2026.

Pour l’entreprise, l’internalisation des externalités change la donne : une taxe ou une norme augmente les coûts des activités polluantes, une subvention rend plus attractives les activités utiles. Brivel en profite plutôt (ses vélos réduisent les nuisances urbaines) ; un transporteur qui utilise de vieilles camionnettes diesel en subit le coût. Le rôle de l’État dans la régulation de l’économie est développé au chapitre 5.

6. Les banques et le marché financier

Pour produire et investir, les entreprises ont besoin d’argent qu’elles n’ont pas toujours. Les banques et le marché financier font le lien entre ceux qui ont de l’épargne et ceux qui en ont besoin.

ABesoin et capacité de financement

Tous les agents n’ont pas la même situation financière. Certains dépensent moins qu’ils ne gagnent, d’autres l’inverse.

Définition

Capacité et besoin de financement

  • Un agent a une capacité de financement quand son épargne dépasse ses investissements : il peut prêter ou placer le surplus. C’est en général le cas des ménages pris dans leur ensemble.
  • Un agent a un besoin de financement quand ses investissements dépassent son épargne : il doit emprunter ou trouver de nouveaux apporteurs de capitaux. C’est en général le cas des entreprises, qui investissent beaucoup, et souvent des administrations publiques.

Le système financier sert à faire passer l’épargne des agents à capacité de financement vers les agents à besoin de financement. Il le fait de deux façons : par l’intermédiaire des banques (financement indirect) ou directement sur le marché financier (financement direct).

Financement indirect et financement direct
Financement indirect (intermédiation bancaire) Agents à capacité de financement surtout les ménages Agents à besoin de financement surtout les entreprises Banques collectent, prêtent, portent le risque Marché financier actions, obligations risque porté par l'épargnant dépôts crédits achat de titres fonds levés Financement direct (marché financier)
Dans le financement indirect, la banque s'interpose : elle collecte l'épargne et accorde des crédits en prenant le risque à sa charge. Dans le financement direct, l'entreprise émet des actions ou des obligations achetées par les épargnants sur le marché financier ; ceux-ci portent eux-mêmes le risque.

BLe rôle des banques

Définition

La banque et les opérations de banque

Une banque est un établissement de crédit, agréé, qui réalise les opérations de banque. Selon l’article L311-1 du Code monétaire et financier, ces opérations comprennent la réception de fonds remboursables du public, les opérations de crédit et les services bancaires de paiement.

Article L311-1 du Code monétaire et financier, version en vigueur depuis le 01/01/2014, lu sur Légifrance — à jour au 14/10/2026.

Les banques jouent quatre rôles pour l’entreprise.

  1. Collecter l’épargne : elles reçoivent les dépôts des ménages et des entreprises (comptes courants, livrets).
  2. Accorder des crédits : crédits à court terme pour financer l’activité courante (découvert, facilités de caisse, escompte des factures clients), crédits à moyen et long terme pour financer les investissements (machines, bâtiments). En prêtant, la banque sélectionne les projets et prend le risque que l’emprunteur ne rembourse pas : elle le rémunère par le taux d’intérêt.
  3. Créer de la monnaie : quand une banque accorde un crédit, elle crédite le compte de l’emprunteur d’une somme qui n’existait pas avant. On dit que « les crédits font les dépôts ». La monnaie est détruite quand le crédit est remboursé. Cette création est encadrée par la Banque centrale européenne.
  4. Gérer les moyens de paiement : virements, cartes, prélèvements, encaissement des ventes en ligne.

Le rôle des banques est particulièrement important pour les PME, qui ont rarement accès au marché financier : pour elles, le crédit bancaire est souvent la seule source de financement externe en dehors des associés.

Astuce

Pourquoi passer par une banque ?

Un ménage qui épargne 5 000 € ne prêterait pas directement à Brivel : il ne connaît pas l’entreprise, il veut récupérer son argent quand il le souhaite et il ne veut pas tout perdre si elle fait faillite. La banque, elle, analyse les dossiers, regroupe des milliers de dépôts, répartit ses risques sur des milliers de prêts et transforme une épargne disponible en crédits longs. C’est l’intermédiation.

CLe marché financier

Définition

Le marché financier

Le marché financier est le marché sur lequel s’échangent des titres à moyen et long terme, principalement des actions et des obligations. Il permet aux entreprises (et aux États) de se financer directement auprès des épargnants, sans passer par un crédit bancaire.

  • Une action est un titre de propriété d’une partie du capital d’une société. Son détenteur, l’actionnaire, peut recevoir un dividende (une part du bénéfice) et vote en assemblée générale.
  • Une obligation est un titre de créance : l’entreprise emprunte et s’engage à verser des intérêts chaque année, puis à rembourser la somme à l’échéance.

Le marché financier comporte deux compartiments complémentaires.

  • Le marché primaire est celui des titres neufs : une entreprise émet des actions (augmentation de capital) ou des obligations (emprunt), et elle reçoit l’argent. C’est là qu’elle se finance.
  • Le marché secondaire (la Bourse au sens courant) est celui des titres déjà émis : les investisseurs se les revendent entre eux. L’entreprise ne reçoit rien, mais ce marché est indispensable, car il permet aux épargnants de récupérer leur argent quand ils le veulent (on parle de liquidité). Sans lui, peu d’épargnants accepteraient d’acheter des titres neufs.

Le cours de Bourse d’une action exprime aussi ce que les investisseurs pensent des perspectives de l’entreprise : c’est un signal sur sa valeur.

Exemple chiffré

Comment se financent les entreprises françaises ?

Selon la Banque de France, à fin juin 2026, l’encours des financements des sociétés non financières résidentes s’élève à 2 192,7 milliards d’euros :

Source de financement Encours (Md€) Part
Crédits bancaires 1 434,1 1 434,1 ÷ 2 192,7 = 65,4 %
Financement de marché (titres de dette) 758,6 758,6 ÷ 2 192,7 = 34,6 %
Total 2 192,7 100 %

Le crédit bancaire progresse de 3,8 % sur un an et le taux d’intérêt moyen des nouveaux financements est de 3,64 % en juin 2026.

Interprétation. En France, près des deux tiers de l’endettement des entreprises passent par les banques. Le financement de marché est surtout utilisé par les grandes entreprises et les ETI, qui ont la taille suffisante pour émettre des titres.

Source : Banque de France, « Financement des entreprises — juin 2026 », publié le 10/08/2026 (données provisoires). Ces chiffres ne comprennent que l’endettement ; le financement par actions n’y figure pas.

Banque ou marché financier : ce qui change pour l’entreprise
Critère Crédit bancaire (financement indirect) Marché financier (financement direct)
Qui y a accès toutes les entreprises, dont les PME surtout les grandes entreprises et ETI, cotées ou connues des investisseurs
Coût taux d’intérêt fixé avec la banque, garanties souvent exigées intérêts des obligations ou dividendes ; frais d’émission élevés
Qui porte le risque la banque les épargnants qui achètent les titres
Contrepartie relation suivie avec un banquier, remboursements réguliers obligation d’informer le public, exposition au jugement des investisseurs
Exemple Brivel a 1,8 M€ d’emprunts bancaires fin 2025 un grand groupe de transport émet 500 M€ d’obligations
Piège

Ne confonds pas action et obligation. L’actionnaire est propriétaire d’une part de l’entreprise : il n’est pas remboursé et sa rémunération (le dividende) dépend des bénéfices. L’obligataire est prêteur : il reçoit un intérêt fixé à l’avance et il est remboursé à l’échéance, que l’entreprise fasse des bénéfices ou non.

Brivel n’est pas cotée en Bourse, mais elle s’est aussi financée sans crédit bancaire : un fonds régional d’investissement est entré à son capital en 2022 et détient 20 % des actions. Ce capital-investissement finance des PME non cotées en échange d’une part du capital : c’est un apport en fonds propres, pas un prêt. Les différents modes de financement et le choix entre eux sont étudiés en détail au chapitre 12.

7. Du cours à la copie : répondre à une question d’épreuve

À l’épreuve de CEJM, tu ne récites pas le cours : tu t’en sers pour analyser la situation d’une entreprise à partir d’un dossier documentaire. Chaque question appelle une réponse construite et argumentée.

ACe qu’attend le correcteur

L’épreuve de CEJM dure 4 heures. Elle s’appuie sur une situation d’entreprise et sur un dossier documentaire d’une dizaine de pages au maximum (articles, données chiffrées, extraits de textes juridiques, documents internes). Une série de questions structure ton travail ; elles portent sur les trois champs — économique, juridique et managérial.

Le verbe de la question indique le travail attendu.

Les verbes de consigne les plus fréquents
Verbe Ce qu’on attend Exemple
Identifier, repérer nommer précisément, à partir du dossier, en justifiant par un indice « Identifiez les agents économiques en relation avec l’entreprise. »
Caractériser décrire avec les notions du cours (nature, type, traits principaux) « Caractérisez le marché sur lequel intervient l’entreprise. »
Analyser décomposer, expliquer les causes et les conséquences « Analysez les effets de l’arrivée de produits importés. »
Justifier, montrer prouver une affirmation avec des arguments et des faits du dossier « Montrez que l’entreprise subit une asymétrie d’information. »
Argumenter, apprécier, discuter peser le pour et le contre, puis conclure « Appréciez l’intérêt d’un groupement d’achats pour l’entreprise. »
Proposer formuler une solution réaliste et la justifier « Proposez des solutions pour rassurer les acheteurs. »

BConstruire une réponse argumentée

Méthode

Construire une réponse argumentée en CEJM

  1. Analyse la question : souligne le verbe de consigne, les notions du cours et ce qui concerne l’entreprise (« identifier » ne demande pas la même chose qu’« apprécier »).
  2. Mobilise le cours : écris la définition de chaque notion clé en une phrase. C’est le socle de ta réponse et le correcteur la cherche.
  3. Exploite le dossier : relève les faits utiles en citant l’annexe (« annexe 2 : … »). Ne recopie pas : sélectionne et reformule.
  4. Construis tes arguments : un paragraphe par argument, selon le schéma idée → explication par le cours → illustration par le dossier. Pour une question qui appelle un jugement, présente les arguments pour, puis les limites.
  5. Conclus : réponds explicitement à la question posée, en une ou deux phrases, et donne si possible une conséquence ou une recommandation pour l’entreprise.
Exemple

Une réponse argumentée rédigée

Question. « Montrez que le marché des vélos cargo d’occasion souffre d’une asymétrie d’information et proposez une solution à Brivel. »

Définition. Il y a asymétrie d’information lorsqu’une partie à l’échange dispose d’informations que l’autre n’a pas, par exemple sur la qualité du produit.

Argument. Sur le marché de l’occasion, le vendeur connaît l’état réel du vélo (usure de la batterie, chocs subis), alors que l’acheteur ne peut pas le vérifier facilement. Il s’agit d’une sélection adverse : faute de pouvoir distinguer les bons vélos des mauvais, l’acheteur propose un prix moyen, ce qui décourage les vendeurs de vélos en bon état. Le dossier indique ainsi que des acheteurs renoncent par crainte d’une batterie fatiguée.

Solution. Brivel peut réduire cette asymétrie en vendant des vélos reconditionnés et contrôlés dans son atelier, avec un diagnostic de batterie remis à l’acheteur et une garantie de 12 mois. La garantie engage Brivel sur la qualité : c’est un signal crédible, que les vendeurs particuliers ne peuvent pas offrir.

Conclusion. L’asymétrie d’information freine le marché de l’occasion ; en apportant l’information et la garantie qui manquent aux acheteurs, Brivel peut transformer ce défaut du marché en avantage concurrentiel.

Piège

Trois erreurs coûtent cher à l’épreuve : réciter le cours sans l’appliquer au dossier ; paraphraser le dossier sans notion du cours ; ne pas conclure. Une bonne réponse contient toujours les trois : la notion, le fait du dossier, la réponse à la question.

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Erreur Ce qu’il faut faire
Lister des agents sans dire leur rôle toujours préciser le rôle de l’agent dans la relation avec l’entreprise (client, fournisseur, prêteur…)
Classer l’entrepreneur individuel parmi les entreprises au sens de l’Insee dans la comptabilité nationale, il fait partie des ménages ; dans le langage courant, on peut parler d’entreprise individuelle, mais il faut savoir la nuance
Confondre flux réel et flux monétaire le flux réel est un bien, un service ou du travail ; le flux monétaire est le paiement en contrepartie
Dire que « le prix d’équilibre est le prix le plus juste » c’est le prix où offre et demande sont égales ; il ne dit rien de la justice
Confondre un mouvement le long de la courbe et un déplacement de la courbe une variation du prix fait glisser le long de la courbe ; un autre facteur (revenu, coût, mode) déplace la courbe
Confondre monopole et grande entreprise le monopole, c’est un seul vendeur sur un marché précis, quelle que soit sa taille
Croire que coopérer avec un concurrent est toujours interdit la coopération est permise ; l’entente sur les prix ou le partage des marchés est interdite
Confondre sélection adverse et aléa moral sélection adverse = caractéristique cachée avant le contrat ; aléa moral = comportement caché après
Appeler « externalité » un effet qui est payé une externalité passe hors du marché, sans paiement ni compensation
Oublier les externalités subies par l’entreprise regarder dans les deux sens : produites et subies
Confondre action et obligation action = part de propriété, dividende variable ; obligation = prêt, intérêt fixé, remboursement
Dire que l’entreprise se finance en Bourse quand ses actions s’échangent l’entreprise ne reçoit l’argent que sur le marché primaire (émission de titres neufs)

L’essentiel du chapitre

À retenir

À retenir

  • Un agent économique est un centre de décision autonome. Les principaux : ménages (consommer, travailler, épargner), entreprises (produire des biens et services marchands), banques et sociétés financières (financer), État et administrations (services non marchands, redistribution, régulation), associations, reste du monde. Toujours préciser le rôle de l’agent dans la relation avec l’entreprise.
  • Les agents échangent des flux réels (biens, services, travail) contre des flux monétaires ; les transferts (impôts, prestations, subventions) n’ont pas de contrepartie directe. Le circuit économique relie tous ces flux.
  • Le marché est la rencontre de l’offre et de la demande. La demande baisse quand le prix monte, l’offre augmente. Le prix d’équilibre égalise les deux. Le prix informe, coordonne et oriente les ressources.
  • La concurrence pure et parfaite (atomicité, homogénéité, libre entrée, transparence, mobilité) sert de référence. Structures réelles : concurrence monopolistique, oligopole, monopole, oligopsone, monopsone.
  • La concurrence peut être directe ou indirecte, par les prix ou hors prix. Les entreprises coopèrent aussi (sous-traitance, partenariat, groupement, alliance, coopétition), sans aller jusqu’à l’entente interdite (art. L420-1 C. com.).
  • Les barrières à l’entrée (économies d’échelle, investissements, brevets, agréments, normes, notoriété) protègent les entreprises en place.
  • Asymétrie d’information : une partie sait ce que l’autre ignore. Sélection adverse (avant le contrat) et aléa moral (après). Remèdes : garantie, label, réputation, contrat incitatif, devoir d’information (art. 1112-1 C. civ.).
  • Externalité : effet sur un autre agent sans passer par le marché, positive ou négative, produite ou subie par l’entreprise. Correction : normes, taxes (pollueur-payeur, art. L110-1 C. env.), quotas, subventions.
  • Les banques collectent l’épargne, accordent des crédits, créent de la monnaie et gèrent les paiements (financement indirect). Le marché financier permet de se financer directement par actions et obligations (marché primaire) et rend les titres liquides (marché secondaire). En France, près des deux tiers de l’endettement des entreprises sont bancaires (Banque de France, juin 2026).
  • À l’épreuve : définition → fait du dossier → argument → conclusion.

Sources et références

  • Arrêté du 15 février 2018 portant définition du programme et de l’épreuve de « culture économique, juridique et managériale » communs à plusieurs spécialités de brevet de technicien supérieur (NOR ESRS1803369A, JORF du 6 mars 2018), annexe I, thème 1, et annexes II et III — version consolidée lue sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Code civil, article 1112-1 (ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016), en vigueur depuis le 01/10/2016 — lu sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Code de commerce, article L420-1, en vigueur depuis le 16/05/2001 — lu sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Code de l’environnement, article L110-1, en vigueur depuis le 25/08/2021 — lu sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Code monétaire et financier, article L311-1 (en vigueur depuis le 01/01/2014) et article L511-10 (version en vigueur du 10/04/2026 au 11/01/2027) — lus sur Légifrance le 14/10/2026.
  • Insee, « Le tissu productif français par catégorie d’entreprises en 2023 », Insee Focus n° 372, 10 décembre 2025.
  • Banque de France, « Financement des entreprises — juin 2026 », publication du 10 août 2026.
  • G. A. Akerlof, « The Market for “Lemons”: Quality Uncertainty and the Market Mechanism », The Quarterly Journal of Economics, vol. 84, n° 3, 1970, p. 488-500.
  • A. C. Pigou, The Economics of Welfare, Londres, Macmillan, 1920.
  • A. Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776.

Contenu original FuturBTS. Ateliers Brivel et les personnes citées sont fictifs. Aucun passage, exemple ou exercice n’est repris d’un manuel existant.

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