a. Deux fonctions en cause, et c’est ce qui rend le
diagnostic utile
· Le doublon — la collecte. Une même pièce est
entrée deux fois dans le système. Rien n’a mal calculé : c’est la saisie
qui a eu lieu deux fois.
· La facture saisie pour son montant toutes taxes comprises —
la collecte, si c’est la saisie qui s’est trompée ; le traitement, si
c’est un paramétrage de ventilation qui l’impose. Le total
est juste, sa répartition ne l’est pas : la taxe déductible est partie
dans la charge. Si c’est un réglage du logiciel qui a imposé
cette ventilation, alors la défaillance est dans le traitement, et elle
touche toutes les factures de ce fournisseur — c’est la
première chose à vérifier.
· L’écriture sans pièce et l’identifiant partagé — la
collecte. Un fait est entré dans le système sans sa pièce
ni son auteur : rien ne relie l’écriture à un document ni à une
personne. On ne peut ni la justifier ni l’imputer, et c’est la
traçabilité qui est atteinte. Ce n’est pas un défaut de
stockage : rien n’a été perdu après coup.
b. Le solde corrigé
Le doublon a porté une seconde fois le montant hors
taxes :
· effet du doublon : 1 040,00 € de trop.
La facture du Nord aurait dû se ventiler ainsi :
· hors taxes : 4 830,00 / 1,20 = 4 025,00 €
· taxe déductible : 4 025,00 × 0,20 = 805,00 €
· vérification : 4 025,00 + 805,00 = 4 830,00 €
· effet de la mauvaise ventilation : 4 830,00 − 4 025,00 =
805,00 € de trop au 607.
Solde corrigé :
96 480,00 − 1 040,00 − 805,00 = 94 635,00 €
Et la troisième anomalie n’est pas chiffrée, parce
qu’on ne sait pas encore ce qu’elle recouvre. Si aucune pièce n’est
retrouvée, elle sort à son tour et le compte tombe à 94 635,00 −
2 600,00 = 92 035,00 €. Tant qu’on ne sait pas, on l’écrit et on
ne la retire pas d’autorité : une écriture sans pièce n’est pas
forcément fausse, elle est injustifiée, et ce n’est pas la même
chose.
c. La correction d’une écriture validée
On ne modifie pas, on ne supprime pas : on
contre-passe. Une écriture validée est figée, et c’est
cette irréversibilité qui garantit l’intégrité.
On passe donc l’écriture inverse de la saisie en
double :
· 401 Fournisseurs — débit 1 248,00 €
· 607 Achats de marchandises — crédit 1 040,00 €
· 44566 TVA sur autres biens et services — crédit
208,00 €
Contrôle de l’équilibre : 1 040,00 + 208,00 = 1 248,00 €.
Débit = crédit.
Le libellé doit dire ce qu’il annule : « annulation double saisie
facture Boisdirect n° 8812 ». Les deux écritures restent
visibles, et c’est voulu : l’historique fait partie de la
preuve.
d. Trois contrôles, un par anomalie
· Doublon : un contrôle d’unicité à
la saisie sur le couple fournisseur et numéro de facture. Le
logiciel refuse, ou au moins alerte. C’est un contrôle préventif, et il
coûte un paramétrage.
· Ventilation : un contrôle de
cohérence — la taxe déductible saisie doit retomber sur le
montant hors taxes multiplié par le taux. Ici, un montant hors taxes
sans aucune taxe déductible sur un fournisseur français aurait déclenché
l’alerte.
· Écriture sans pièce : un identifiant
nominatif pour chacun, et l’obligation de rattacher une
référence de pièce à toute écriture. Tant que plusieurs personnes
partagent un identifiant, aucune trace n’a de valeur — et la traçabilité
est la qualité qui ne se rattrape jamais après coup.